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18 novembre 2019

moi instit…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 17 h 36 min

Je n’ai aucune qualification supérieure pour m’exprimer, je n’en ai pas plus que nombre d’enseignants de tous niveaux, pas plus que bien des parents, que bien de nos concitoyens attentifs à leur Ecole, bien moins que tous les chercheurs, les gens de réflexion et d’expérience qui consacrent leurs heures à mieux connaître, mieux ouvrir des voies à la transmission des savoirs, à l’instruction comme à l’Education…

Je ne suis qu’un homme qui fut d’abord un élève en de nombreuses écoles de la ruralité, de petites villes, de quartiers plus imposants en grandes cités. Un garçon trempé dans les centres de vacances, le scoutisme autant que les surprises parties, un écolier perdu, un cancre assumé, puis un normalien convaincu, passionné par sa première compréhension d’une évidence : apprendre pour mieux transmettre à ceux en devenir, voire en manque. Une révélation qui ne m’a plus quitté.

A travers mon métier d’enseignant, à travers mes engagements associatifs, j’ai voulu, réussi avec plus ou moins de bonheur selon les circonstances, les cas parfois, répondre à cette conviction.

Longtemps ce fut dans le cadre de ce que nous nommions alors l’enseignement aux inadaptés, de tous âges, avant que ne se créent des structures plus précises, puis encore plus longtemps en établissement ordinaire, notamment en direction ordinaire, englobant une belle hétérogénéité…

Comme bien de mes collègues, j’ai frappé à de nombreuses portes, dont des associations diverses, ouvert bien des ouvrages, tentés bien des essais…

Toutes ces années, toutes ces heures intenses par leurs espoirs, leurs doutes, leurs réussites et leurs échecs, tous ces moments heureux et malheureux, n’ont fait que renforcer mes orientations pour les transformer en certitudes.

-                  L’élève, qu’il soit très jeune, à peine organisé dans sa communication ou qu’il soit adulte toujours en besoin d’apprendre, est unique. Ignorer ce truisme essentiel c’est non-seulement « assassiner Mozart » mais c’est aussi refouler la chance de chacun d’utiliser les ressources qu’il possède et qu’un regard trop formaté ne permet pas de faire éclore.

-                  Un élève peut acquérir des connaissances par lui-même, avec le soutien d’un enseignant particularisé, voire même matérialisé par la vaste richesse de nos vecteurs depuis qu’existent des marques de mémoire, de transmission. Mais l’apprenant ne pourra jamais s’épanouir sans la confrontation avec les autres. le groupe est écoute, questions, propositions, recherches, essais et miroir…

-                  J’ai appris avec mes premiers élèves dits a-scolaires, dits inadaptés, dits en difficultés d’apprentissages et ou de comportements… combien ils avaient de similitudes dans leurs besoin de savoir, autant que de diversités dans leurs possibilités d’y répondre. J’’ai appris combien était grande leur fragilité ; avec tous j’ai appris, après l’avoir vécu moi-même, combien étaient lourds de conséquence les incidents de leur vie, combien ils pouvaient les sublimer ou les éteindre…

 

Chacun n’est pas un Robinson Crusoé… « Nul n’est une île riche en ressources innées en lui-même… ». Négliger que ces îles soient susceptibles de s’éroder au lieu de se solidifier est une erreur essentielle.

 

Notre vocation, pour moi ce n’est pas un mot énorme, est d’accueillir l’enfant que l’on nous confie, de le mener de son niveau d’être pensant à un niveau supérieur en lui fournissant les savoirs, les outils qui lui donneront l’autonomie à laquelle ses aptitudes le conduisent. Cela sans angélisme aveugle mais sans découragement non plus.

La mise en œuvre de notre fonction, dans notre forme de société, nous conduit à mettre nos élèves en situation collective, à assurer notre enseignement dans une classe, groupes de niveau sinon d’âges. La prise en compte de cette double réalité, diversité et objectifs programmés pour l’ensemble, doit, et heureusement mène souvent, à une pédagogie adaptée, voire différenciée.

 

Ces principes peu à peu établis, pendant presque 10 ans, en solitaire, dans mes classes dites de perfectionnement, élémentaires ou professionnelles, je dus les confronter d’abord à ma première classe élémentaire, un CE2, puis à toute l’école qui m’était confiée.

Pour la première, j’ai dû m’ajuster et comprendre les nuances, pas de blocage de lecture par exemple mais des compréhensions rapides ou lentes, des précocités surprenantes devant une situation problème, passer de mes élèves que j’accompagnais presque un par un, à ma trentaine globalement mieux armés mais individuellement divers, me demanda bien des remises à jours. Merci tous mes profs de Beaumont, merci à mes maîtres de stage, merci à ce prof de gym qui a su me dire « Pense que tu es ton élève pour savoir si tu es clair… Fais fermer les yeux à ta classe pour anticiper un mot à écrire, un calcul à effectuer, une notion à répéter, un saut à préparer… ». Il m’a fallu cette gymnastique, entre autres, pour passer de la classe spécialisée à la classe « ordinaire »… Merci à mes années de perfectionnement qui m’ont appris à rechercher les moments d’intérêt général pour capter l’attention de tous, les rassembler dans l’écoute et la curiosité. Merci encore à eux qui m’ont appris à mettre en valeur ce que chacun avait de fort à faire valoir…

Pour la seconde, la responsabilité d’une école, ce fut plus difficile. Les habitudes de vie solitaire, avec des comptes à rendre uniquement à mon inspecteur, pour mes méthodes, à mon directeur (c’était une école énorme dans une banlieue industrielle où j’alphabétisais des adultes certains soirs) pour mes obligations administratives et de surveillance, ne m’avaient pas préparé à ces fonctions.

Très vite j’ai dû me pencher sur des « cas » : quelques comportements difficiles pour la vie en communauté, que je voyais débarquer en garde dans ma classe de croque-mitaine, des enfants du voyage, des enfants primo-arrivants, les retard scolaires étaient traités soit la le redoublement, soit par l’orientation en classes spéciales dans un autre établissement…

Plus tard, l’organisation des cycles permis un suivi des enfants non plus par niveaux mais par classes successives, avec possibilité de moments pour revenir combler des lacunes ou surpasser pour profiter d’une précocité. Les problèmes de conduite faisaient l’objet d’une réflexion collective avec des déplacements ou des attentions particulières.

Très vite s’est imposé la nécessité de prendre en compte le suivi de tous les élèves de l’école, voire du groupe scolaire avec des liens farts et réguliers entre maternelle et élémentaire… Mois fréquents mais utiles avec le collège.

Notre établissement intégrait des enfants primo-arrivants non francophones, des enfants du « voyage » et répondait parfois aux demandes d’accueil d’élèves en réinsertion après prise en charge en instituts… Toutes actions auraient été impossibles sans une compréhension claire des familles et un engagement collectif des enseignants…

Ce système permettait de gérer le projet global et ses finalités diverses, faire des bilans nécessaires pour les ajustements, de considérer les enfants de toute l’école, voire de tout le groupe scolaire, comme l’objet de l’attention de chacun. Les règles de vie bien établies par tous et notamment avec les élèves était expliquées aux familles, tant en réunions générales, qu’en rencontres personnalisées. Les familles, les partenaires locaux étaient le plus souvent impliqués dans nos projets et nos recherches de solutions…

Peu à peu s’est formé une communauté, traduites en actes, en confiance, en transparence et permettant le règlement des conflits. Le principe de l’école sécurisée, non pas refermée sur elle–même mais tranquillisée lorsque ses portes étaient refermées sur la journée de classe était admise par tous, pas d’intrusion mais des moments d’explication.

J’aurai bientôt, peut-être, 4 fois 20 ans et toujours mon regard vers un enfant le singularise, difficile, impossible d’oublie qu’un jour je fus instit et que toujours je fus et je demeure éducateur.envol

7 mars 2017

RÊVER L’ECOLE ENSEMBLE

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 10 h 45 min

ECOLE HIER AUJOURD'HUI

                          Rêveur mais têtu, je voudrais donner, sinon ma force, inexistante, mais surtout ma conviction qu’un vrai réveil pour l’Ecole est  possible…

                      Je m’affirme rêveur et avoir rêvé mes engagements, dans et autour de l’école… mais de les avoir vécus aussi avec une communauté construite peu à peu, et bien éelle. Parfois, ce vécu a mal tourné, ensemble nous l’avons corrigé. Nul enseignant n’y a perdu son originalité mais tous ont pu réaliser leurs projets sans ignorer les autres et sans rompre la cohérence, amont, présent et aval des suivis.  10ans d’enseignement spécialisé, 30 de direction avec classe et un seul regret «  trop vite passé, insuffisamment accompli… », mais  pas de remords..

« Qu’est-ce qu’un vrai rêve ? C’est un rêve qui dure. Et, s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. » Eric ORSENNA.

L’essentiel est l’enfant ! Aussi curieux, aussi éveillé soit-il, il aura toujours besoin d’être motivé, guidé, exercé… pour que les outils de la connaissance, du savoir-faire, du savoir vivre avec les autres ne soient pas les seuls fruits de sa spontanéité.

L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps.

L’Ecole ne sera véritablement ce service efficace qu’avec, pour chaque établissement, un projet adapté autant aux objectifs  éducatifs de notre société qu’à la réalité de la population scolaire qu’elle prend en charge.

L’Ecole ne sera véritablement cet outil d’excellence, capable de faire vivre ce projet, que si elle est dotée d’une équipe compétente dans ses individualités et cohérente dans le suivi total des élèves depuis son arrivée dans l’établissement jusqu’à sa sortie. Une équipe capable d’aider ses membres les plus fragiles, de remédier aux erreurs de mise en place du projet de fonctionnement… Une équipe solidaire et lucide.

L’Ecole ne sera performante que si un animateur responsable, formé aux tâches de gestion, de relations, d’orientation est le vrai directeur de cette équipe.

Il est terrible de constater que ces évidences, incontestables pour toute institution, reste, dans notre système éducatif, indéterminées, uniquement laissées à l’initiative, la bonne volonté, de ceux qui essaient de les mettre en œuvre… Avec tout ce que cela représente d’aléatoire. La chance scolaire d’un enfant relève de la loterie : la « bonne école » – la « bonne classe », sans cohérence assurée dans le même établissement, sans suivi de similitude lors des déménagements. Oui la carte scolaire au choix devient alors un privilège.

            Structurer les établissements est un préalable sur lequel, ensuite, on peut greffer des moyens. Le contraire n’est que construction sur du sable…

            Le discours final, de mon cri : « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! », « l’Essentiel. » se veut la véritable base d’une école dans laquelle tous les artisans de belle volonté ont une chance de s’épanouir et d’épanouir le présent de nos enfants. Leur donner, à tous, une chance pour un futur à la hauteur de leurs possibilités, toutes différences prises en compte, est-ce vraiment impossible ?

Chacun d’entre nous est un prolétaire fondamental dont la seule vraie richesse, étymologique et de fait, reste au moment du grand dépouillement, nos enfants et leur devenir.

Je sais, on n’est pas sérieux quand on a 74 ans ; je sais qu’il faut laisser Saint Ex., son Petit Prince, rêver et laisser les gens sérieux compter les étoiles et allumer, éteindre les réverbères, mais comme la vie serait mieux possible, si la belle politique mettait un peu d’utopie dans ses projets et écoutait ceux qui ont vécu avec passion leur quotidien avec et pour les autres.

 

Victor Coudesabot |
Savoirses |
P4corneille |
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