Réfléchir et dire… un peu

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27 novembre 2016

Un conte pour tous: MON AMI TIMBO

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 20 h 10 min

Dans la ménagerie du cirque TABOUM, Timbo le lionceau se laisse mourir..  Des chasseurs l’ont enlevé dans un grand filet. Il a été mis en cage, transporté en voiture, en avion, en train, en camion puis vendu au cirque pour être dressé.

Son dompteur ne peut rien tirer de Timbo ; le lionceau reste dans le coin de sa cage. Même quand on l’en sort, il s’aplatit, ne bouge pas, ne grogne pas, ne mange pas…

Autour de lui, les autres animaux se désespèrent. Tous ont essayé de lui parler : les autres lions bien sûr, les tigres, les éléphants, les chevaux, les ours, les chiens savants, les otaries aussi, même les puces car dans ce cirque on montre un ballet de puces ! Rien n’y fait et Timbo maigrit, maigrit, il peut à peine marcher maintenant.

Les gens du cirque ne savent plus quoi inventer ! Le vétérinaire lui fait des piqûres pour le soigner mais ça ne suffit pas. Timbo est trop triste, beaucoup trop triste…

C’est Sherpa, le tigre,  qui propose une solution : il faut donner envie de vivre à Timbo et lui, il ne connaît qu’une façon de distraire les gens tristes : faire le cirque !

- Comment ? dit l’otarie, nous ne sommes que des bêtes dressées. Sans nos dompteurs, nos écuyères nous ne pouvons pas jouer.

- Et sans les acrobates, les jongleurs, les magiciens, les musiciens, les clowns aussi, comment monter le spectacle ? s’inquiète l’ours.

- Depuis le temps que nous regardons les numéros, grogne l’éléphant, nous les connaissons tous. En répétant bien et vite, nous allons organiser un spectacle formidable pour TIMBO.

- Moi, rugit le lion je connais un vieux dompteur. Il ne travaille plus ; il nettoie les pistes. C’est mon ami Je suis certain qu’il nous aidera…

C’est ainsi que moi, Thomas, lors de ma visite , le lendemain, dans la ménagerie, je ne peux m’en passer, j’ai été attiré par mon ami, le lion Mazza. On se comprend rien qu’en se regardant tous les deux

Il me fit tout comprendre et j’ai décidé de les aider.

Pendant trois nuits, alors que tous les gens du cirque dormaient, les animaux, eux, ont travaillé. J’ai ouvert et refermé les cages ; mes amis  se glissaient sous le chapiteau et répétaient, répétaient puis sans bruit, regagnaient la ménagerie.

Enfin le lundi soir, jour sans spectacle, tout était prêt.

Vers minuit, j’ai porté, il était lourd, le petit lion fatigué dans un fauteuil roulant et je l’ai roulé sous le chapiteau. Tout était éteint. J’ai installé Timbo à la meilleure place des gradins. Le lionceau ne bougeait toujours pas.

Soudain, une douce musique s’éleva ; les lumières s’allumèrent doucement, bleues, vertes, orange… Des chevaux pleins de plumes, de sonnettes caracolèrent autour de la grande piste ; un coup de cymbales et des tigres bondirent sur leur dos puis les lions sautèrent par-dessus ces pyramides. L’ours, au milieu, claquait son fouet.

Les otaries se dandinaient sur des vélos à une roue en se lançant des ballons…

Timbo ouvrit un œil puis l’autre ; il redressa sa grosse tête. Tout ce mouvement, toutes ces lumières, cette musique le surprenaient. Peu à peu, il se redressait. Lorsque les singes se mirent à jongler avec des bananes, il était émerveillé. Les agiles éléphants, en équilibre sur un énorme ballon, le firent presque applaudir,

Merveille, les chiens savants apparurent habillés en clowns blancs, en gugusses. Ce ne furent que pirouettes, chutes dans des bassines, nuages de farine, fausses claques, tartes à la crème, farces…

Maintenant Timbo, riait, riait. Il n’était plus triste.

Doucement, je lui apportai un grand bol de pâté que le petit lion commença à manger en regardant le spectacle…. presque sans s’en rendre compte. Bientôt, il dévora le reste du pâté, puis ce fut un jambon, un rôti…. Il avait tellement faim.

Le spectacle se termina par un grand défilé. Le petit lion debout sur ses pattes arrière applaudissait de toutes ses forces.

Les animaux vinrent tous l’entourer et ce fut une grande joie pour tous. Ses pattes m’entouraient…

Le lendemain, les gens de la ménagerie furent très étonnés de voir Timbo sur ses pattes, bien éveillé et rugissant de plaisir.

Très vite le petit lion guidé par ses amis les animaux devint célèbre Les petits, les grands, tous voulaient le voir bondir, traverser les cerceaux de feu, rugir… Il était magnifique.

Timbo était devenu le Roi du Cirque TABOUM et moi, je suis son ami.

Peut-être, un jour, un beau jour forcément, viendras-tu l’applaudir…un-lion-dans-un-cirque-

26 novembre 2016

L’école, ça ne date pas d’aujourd’hui…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 18 h 07 min

            Apprendre, ce beau verbe incontournable, sans doute avant même que l’Homme descende de son arbre…        Apprendre par soi-même, tirer la leçon de ses expériences d’échaudé où de «bien aise »…

            Apprendre à autrui, par hasard, mieux par intention à agrandir ses connaissances et ses savoir-faire… L’enseignant et l’apprenant !

Survivre pour une société, c’est progresser dans la grande osmose des échanges et des complémentarités individuelles. Progresser même dans les catastrophes régressives auxquelles il faut échapper avec pour seule arme, non pas la force, destructrice, toujours éphémère au bout du compte, mais l’intelligence…. Cette interaction sans cesse renouvelée, perfectionnée de  l’ontogénèse vers la phylogénèse qui se développe même dans le marasme.

Apprendre est donc la ressource vitale de toute société !

L’un de mes profs en 3ème, s’élevait contre les nostalgiques d’hier : « Avec vous, jamais l’homme ne serait descendu de son arbre ! »

Mais enseigner est-ce si évident ? Il faut la rencontre entre deux volontés, l’une qui montre, démontre parfois, l’autre qui écoute, réagit et assimile.

Il faut, pour l’un et l’autre, y consacrer du temps, tous les experts ne sont pas disposés à « perdre du temps » auprès des arpètes.

Le premier sens originel de la racine d’école, le « skholê » grec signifiait « loisir » parce que consacrer du temps à écouter un maître, hors du temps de travail, «  le tripalum » latin, la torture tout simplement, c’était « fare niente »  pas farniente mais fainéanter…

            Donc ne pouvait se donner le temps d’apprendre en écoutant les sages, druides, philosophes, moines, écolâtres ?  maîstrescholes  régents… que ceux qui en avaient le loisir.

            De schola à escole, la dualité maître/disciples s’est construite longtemps essentiellement  avec ceux des classes sociales qui en avait le temps et qui en laissait le temps à leurs rejetons. Le cadet, pour les nobles, futurs religieux, magistrats, s’ils n’étaient pas militaires en compensation de l’héritage accaparé par l’aîné pouvait prendre le temps d’étudier…

            Peu scolaire jusqu’à Charlemagne, plus de regroupement, pourtant existants avec les écoles communales gallo-romaines vouées à l’imprégnation de la culture, de la langue des vainqueurs chez les celtes vaincus. Peste noire et invasions barbares rendirent moins évidentes les priorités d’instruction.

            Heureusement l’Eglise, si utile à Clovis pour asseoir son pouvoir, , ménagea, dans les monastères pour les novices, à leur porte pour les autres, parfois même dans le maison du curé de village, des lieux d’enseignement… Lire mais pas tout, les psaumes sans les mystères des textes sacrés…

           PETITE ECOLE

  Alors Charlemagne, pas père de l’Ecole ? Mais pourquoi on le chante alors ? Pourquoi l’afficher dans nos classes la main sur la tête des bons élèves, le courroux aux yeux pour les cancres ?

Ce « sacré Charlemagne » nous lui devons au moins les prémices des Ecoles Normales, des IUFM, bientôt des centres de formation, ou je ne sais quelle appellation…  S’il essaimait les petites écoles, il promenait surtout avec lui, de palais en palais, son groupe de  maîstreschole, de maîtres es écoles, capables de penser pédagogie, de parler pédagogies et de former des « régents ».

Bon, bien qu’ouverte à tous, la porte n’était franchie que par les enfants de famille qui pouvaient se permettre de se passer des bras de leurs enfants… Le maître, pour compenser la gratuité décrétée par l’empereur, recevait une rétribution, le premier salaire d’enseignement reconnu comme fonction publique. Pas de quoi mener grand train et les cadeaux en nature des familles aidaient bien un quotidien difficile. Il fallait bien être dans l’impossibilité de faire autre chose pour se résoudre à tenir école… D’ailleurs, en dehors de laïcs dûment agréés par l’Eglise, la plupart des enseignants étaient des religieux, moines ou curés officiant à leur domicile.

Lire, un peu écrire, compter surtout pour devenir de bons commis et apprendre les « bonnes manières » remplissaient l’essentiel de cette scolarité de base. Les bonnes manières, cette façon de se conduire imitée sur celle des nobles, si séduisante pour les « bourgeois » bien nantis  des villes, au point de vouloir montrer leur urbanité et oublier leur ascendance de « vilains ». Se différencier de la lourdeur et de la rusticité des rustauds des champs…

Ma foi, l’instruction à l’école, existait, certes plus frustre que celle dispensée par les précepteurs dans les familles de bon lignage mais entrait dans les possibilités sociales, dans les esprits… Sans doute dans les espoirs.

Sauf que, la construction balbutiante, perdit beaucoup de son intérêt lorsque les ravages de la Guerre de Cent Ans autant que de la Peste Noire plaça la survie bien avant les études…

            Mais nous l’avons posé en truisme dès le début… pas de grande marche de l’humanité sans enrichissement des connaissances et des savoir-faire, même puisé dans les catastrophes…Plus les acquis s’additionnent, se multiplient, plus ils ont besoin d’être organisés, entendus, compris, enseignés donc…

Après l’enseignement uniquement oral, on a utilisé le support de l’écriture dès que possible. Son développement s’est accentué avec l’avènement de l’imprimerie ; et, à notre époque, l’explosion de tous les médias a totalement modifié les structures et les manières d’enseigner et d’apprendre.

Nous n’en sommes pas encore à Petite Poucette, mais ça vient !

Obligatoire l’école ?

L’Ecole n’est pas obligatoire, celle d’en mettre une publique à la disposition des enfants, si… Pour les parents, l’enseignement lui est un devoir, à garantir à leur enfants jusqu’à l’âge de 16 ans, au moins, quitte à eux de choisir sa forme et de se soumettre aux contrôles de respect des programmes

L’usage le plus courant, désigne comme école «un établissement d’enseignement maternel (pré élémentaire) ou primaire (élémentaire)» destiné aux enfants dès le plus jeune âge (à partir de 2/3 ans) jusqu’à l’entrée au collège (à 10/11 ans).

L’enseignement obligatoire pout tous implique la recherche de tous les moyens pour assurer ce droit aux enfants en offrant les moyens de tenir compte des différences, handicap culturels, physiques, psychologiques… et précocité…

Ça c’est une autre et belle histoire…

 Et l’Ecole buissonnière.

Aujourd’hui, faire l’école buissonnière, «c’est ne pas aller à l’école en cachette» et par extension, ce sens s’est étendu au-delà du domaine scolaire et cela signifie: «ne pas aller travailler».

Mais, au Moyen âge, l’école buissonnière était une école clandestine tenue en plein air, dans des endroits écartés par des maîtres qui n’acceptaient pas de payer la redevance à l’église, et au XVIème siècle, l’école buissonnière était également une école clandestine ouverte par les Huguenots, sans l’autorisation de l’évêque».

 eleves-et-ordinateurs        

   Et la récré ?

Ce n’est pas une école aussi à raconter ?

25 novembre 2016

Marie et moi de Maurice CAREME

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 15 h 14 min

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Une découverte et un emprunt  à Frank VASSEUR. Merci!

Simple et beau…

Marie et moi

Marie et moi, on s’aime bien.

Nous partageons nos petits pains.

Se trompe-t-elle de chemin ? C’est moi qui la prends par la main.

Elle rit parfois pour un rien.

Je la laisse rire sans fin.

Je ne suis qu’un jeune gamin,

Mais, quand je la tiens par la main,

Je me sens brusquement capable De tenir tête même au diable.

N’empêche que j’ai peur des chiens,

Et si, par hasard, il en passe,

C’est toujours Marie qui les chasse.

Et c’est elle sur le chemin,

Qui me reprend alors la main.

Marie et moi, on s’aime bien.

Nous nous sentons, dans le matin,

Des deux moitiés d’un même pain.

 

 

24 novembre 2016

Enseigner selon moi…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 58 min

Enseigner selon moi…

Enseigner, c’est apprendre à vouloir faire, puis apprendre à faire bien, puis apprendre à faire mieux.

L’élève qui rabâche des mots, des tables, des dates, des règles, des formules… est comme l’apprenti auquel on demande de marteler sans cesse un morceau de fer, limer, raboter un morceau de bois, gâcher du ciment, taper des lignes… pour peaufiner d’abord le geste sans viser une réalisation aboutie, pétrir sans voir naître son pain.

Un élève, un apprenti qui constate ses manques,  a besoin, mieux ressent la nécessité d’explications nouvelles ou correctives progresse avec intelligence. Je me souviens d’un enfant plutôt réfractaire aux apprentissages formels amené à jouer de la trompette dans une fanfare ; que de couacs, peu à peu corrigés pour obtenir un air satisfaisant avec des conseils qui lui ont donné confiance er envie de savoir plus, mieux et se lancer dans les études musicales…  Ainsi, à  celui qui ânonne les notes d’une portée, je préfère l’élève, l’apprenti, confronté à une tâche véritable progressive en complexité, mais vérifiable : écrire un texte, résoudre une situation mathématique, cuisiner un plat, monter un mur… Un élève qui voit ses lacunes pour finaliser son devoir, son projet,  a besoin de la méthode et de la connaissance qui lui permettra de progresser visiblement dans sa réalisation. Qu’ensuite ces savoirs reconnus comme utiles sont à expliquer, mémoriser, approfondir, réviser est évident…  Avec ses « leçons », le faire deviendra de tâtonnant à bien et peut-être faire mieux, que le maître d’école ou d’apprentissage, pourquoi pas ?

Quel bricoleur n’a pas d’abord décidé de fabriquer, rater, demander conseils inventer, puis être fier de son ouvrage, bancal peut être, mais personnel, mais améliorable, mais encourageant… vers des connaissances reconnues comme utiles, nécessaires, mieux comme souhaitées.

Le difficile pour un enseignant est certainement la mise en situation puis l’appréciation des lacunes à combler … Je sais l’obstacle de l’effectif trop important, du temps mal réparti, des espaces mal adaptés… mais le plus important est sans doute celui de la formation à cette pédagogie.

En classes spéciales, en école maternelles aussi, l’enseignant est peut-être plus près de cette souplesse ; ça marche et je sais des pays nordiques qui ont mis en place cet enseignement plus différencié, personnalisé… Des novateurs français ou étrangers l’ont mis sur rails mais pas notre Education Nationale. Il faut dire que notre société n’est pas prête à privilégier l’intelligence, l’envie de connaître, au détriment de la spécialisation  matraquage qui conduira à en faire des techniciens formatés.

Une anecdote vécue : Lors d’une semaine passée en centre d’information à la forêt et à la météo, non loin de notre école, une maman m’a objecté que c’était une perte de temps éloignée des « fondamentaux ». Je lui ai proposé de nous accompagner et de participer aux activités de ce CM1 ; avec les enfants, elle a mesuré, calculé, tracé les itinéraires, classé plantes et animaux, lus les appareils de mesures puis aidé groupes ou élèves à rédiger les observations …  Elle a retrouvé les acquis de base nécessaires pour réaliser ces travaux, parfois même au-delà du programme spécifique… Surtout elle a vu l’application des enfants.

L’élève, l’apprenti abouti est celui qui se détache du lot des robots, sera celui qui va au-delà de sa spécialité et fera preuve d’originalité parce qu’il aura appris à vouloir faire mieux et autrement, libéré des formalismes et surtout avec les bases acquises se montrer inventif, progressif, apte à évoluer tant dans sa vie professionnelle, dans a vie sociale, sa vie familiale et ses loisirs !

Enseigner c’est conduire un enfant, un adolescent, un adulte fragilisé par ses lacunes, vers la liberté et les moyens d’être bien quelque soit sa personnalité, ses moyens, handicaps ou précocité…

Réflexion sur la taille d’une école….

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 21 h 08 min

J’ai commencé par 32 classes dans un cours complémentaire près des usines Renault), du CP à la 3ème. J’avais la classe de perf et je me sentais bien isolé, des groupes mais pas de vrais échanges… Puis école de 16 classes, dans un grand ensemble dont 3 spéciales. J’avais celle des ados et nous étions bien seuls. Les collègues fonctionnaient par niveau surtout (ni cycles ni conseil d’école, des maîtres parfois).Puis direction sans décharge de 6 classes dont une CLIN (primo arrivants et enfants du voyage… Beaucoup mieux pour les concertations mais classes mixtes souvent pour équilibrer les effectifs… Enfin 12 classes, plus une Clin, plus un poste adaptation, 1/2 décharge et ce fut formidable pendant 20 ans. De vrais cycles, un Conseil des maîtres actif, des regroupements possible pour les soutiens; un solide Conseil d’Ecole avec un vrai projet pour des actions et des suivis personnalisés… Peu à peu, autour, une communauté bien présente sans être envahissante… Des crises parfois dures comme partout mais plus facile à dépasser dans ces conditions.

Je dois ajouter que l’école maternelle travaillait en belle collaboration avec nous, pour les projets, les suivis pédagogiques et les connaissances du travail de chacun, à tous les niveaux.. Nous avions la chance de pouvoir compter aussi sur les rencontres avec les profs de 6ème.

Je me suis toujours opposé à la fusion maternelle élémentaire, même quand on me l’a proposée. Je connais des villages qui ont opté pour poursuivre  la séparation même si cela entraîne des transports et les résultats sont probants… Tant que cela est possible, il faut ménager ces deux espaces scolaires en multipliant les échanges…

Ce n’est pas tant la taille de l’école qui compte mais bien son équipe, son organisation et j’ose le dire sa direction ! On peut faire sans, c’est mieux avec…

l’Ecole par tous…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 12 h 14 min

Pourquoi dans cette campagne ne parle- t-on pas vraiment d’enseignement, d’éducation nationale, (Je laisse l’éducation individuelle aux familles avec aides si besoin)  ? Nos politiques candidats parlent d’Ecole et de reformes de structures. Comme d’habitude, elles seront soient imposées, soient bâclées voire abandonnées par démagogie plus que par démocratie, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient inutiles pour beaucoup mais mosaïques, sans ciment entre elles… Une seule fois en 50 ans (56 même) j’ai participé à une véritable consultation –réflexion (M.SAVARY je crois), amenant chaque école à réunir sa communauté, exprimer des remarques positives ou non, les faire remonter d’échelon en échelon comme des cahiers de doléances… Puis finalement, plouf changement de gouvernement et comme me l’avait répondu M.FERRY sur une antenne «  Les placards des ministres de l’Education  Nationale sont chargés en projets bien rangés.. ».

Dans des établissements ces concertations ont conduit à un profond changement relationnel, d’abord dans l’équipe pédagogique, avec et non pas contre, la communauté des familles et intervenants… Dans des écoles cela persiste heureusement mais de façon aléatoire…. Livres, envolées déclamatoires seront-ils suivis de cette osmose véritable dont a besoin notre système ? Tout dans l’histoire de notre Ecole montre que sans elle, nous continuerons à faire du puzzle sans jamais atteindre à un tableau clair pour tous les acteurs…

… Et l’école restera une loterie pour les enfants…

23 novembre 2016

MON ESSENTIEL POUR QUE RENAISSE L’ECOLE

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 19 min

Qu’est-ce qu’une conscience collective éveillée autour de l’école pourrait vraiment changer?

Tout et pas grand chose…

Tout, parce que lorsque, ensemble, sincèrement vous  labourez le sol, l’aérez bien, mettez régulièrement l’engrais (bio) adapté, vous pouvez croire en de plus belles récoltes !

En toute lucidité, sans ignorer les orages possibles mais avec l’assurance d’une attention constante ils peuvent être surpassés…

‘’Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril’’ chantait le grand Jacques…

Il faut être prétentieux et croire que le champ de l’Ecole, bien travaillé, par des efforts intelligents, bien chauffés par des espoirs plausibles, verra naître, peu à peu, de lourds épis. Nous en tirerons les meilleures farines, les pains les plus nourrissants, pour alimenter notre civilisation dans sa marche perpétuelle.

Pas grand chose, car, éduquer, transmettre connaissances, savoir-faire, rites, codes, par l’exemple, la mémoire perpétuée, l’envie d’améliorer, progresser simplement, sont les grands actes éternels de notre phylogénèse, le propre du développement de l’humanité, et de… Allons jusqu’au bout, de la répétition de chaque ontogénèse, l’incontournable élan vital pour le développement de chacun d’entre nous

Pas grand chose, parce que la transmission des savoirs a connu de belles formes, a rencontré de magnifiques initiatives, parce que notre Ecole est le terrain où ont fleuri des réussites plus ou moins longues.

Les idées existent mais si fragiles, soumises au rabot des textes officiels, noyées dans les vagues des mesurettes démagogiques et des coupes budgétaires aveugles.

Partagé entre l’incompréhension, le tumulte des réformes successives, jamais menées à leur terme et le souvenir, souvent lointain, brouillé mais idéalisé de ’’l’Ecole d’Autrefois’’, il n’est pas facile de se déterminer.

 « Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »

Deux autres évidences, : l’Instruction et le Savoir-Faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de la Connaissance vers son Infini…

Leur manufacture, c’est l’Ecole !

Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.

Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.

L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…

Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels

Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne joue pas toujours son rôle.

Bravo à ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais plus admirables encore leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.

Déplorable la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ?

Un jeune de Polytechnique a dit lors d’une émission dans son établissement:

« La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on ne donne pas beaucoup de moyens à cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.

Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… »

Ce beau coup de gueule n’est pas unique, mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voit ces Grands Elèves, c’était assez fort…

Un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonnait de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat :

« Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! »

Respect aux auteurs de ces déclarations !

 

Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves.

Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés…

L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment …

L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur.

Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux.

Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs.

Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées.

Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail.

Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi.

Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée.

Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole..

La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous.

Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux

Un regard très pointu est porté sur la maternelle.

Des attaques éhontées l’ont assaillie parfois. Elle est l’essentiel des bases de chance pour les enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte…

Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable.

Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent.

Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ?

 

Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…

L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement…

Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales ».

Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes.

Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer.

Il faut que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène.

Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiations…

Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle.

 

Il est nécessaire, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves

Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école…

Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas.

Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus.

Il est essentiel, Messieurs, Mesdames les comptables, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel.

Nous demandons que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens,

Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération.

Nous évoluons dans le cas par cas, sans généralisation.

De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures.

L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus.

Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation.

Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant.

L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers.

Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants.

Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famille, par des intervenants spécialisés.

L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec.

Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ?

Peu d’horaires sont positifs !

Il existait les temps d’études dirigées, on les voit reparaître, avec le rythme de la journée adapté…. C’est parti, cahin-caha, avec un optimisme mesuré, mais enfin, une réforme si longtemps mise sur le chantier, si souvent abandonnée, sans souci de l’enfant voit le jour… laissons lui le temps de la naissance et de la croissance avant de juger et d’amender.

Dommage que les activités périscolaires soient facultatives : combien d’enfants en profiteront vraiment ? Au moins, inclus en temps scolaire tout le monde en aurait bénéficié…

Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs et les décloisonnements qui en permettent le plein exercice.

Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé.

Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté.

C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels…

Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé.

L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit.

Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants.

Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention

Dans un établissement scolaire, l’éducation est reconnue comme étant l’affaire de tous depuis la famille jusqu’à la personne d’entretien

Le personnel enseignant auquel est confiée la plus grande richesse de notre pays, ses enfants, a besoin de la confiance éclairée, soutenue de la société.

Casser les Ecole Normales puis les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres est une erreur qu’il faut réparer.les nouvaux cent de formation d’Educateurs tous horizons me laissent perplexe, mais sans possibilité » de juger l’intention et encore moins la mise en œuvre.  Les IUFM étaient certes déficients, déconnectés de la réalité en général, tournés vers la pédagogie, peu vers l’Education, déficients mais améliorables ; un cursus centré sur l’acquisition de diplômes essentiellement universitaires… est un leurre même avec des stages.

L’ancienne Ecole Normale, très liée aux écoles, peut inspirer quelques réflexions positives…

Une formation approfondie des enseignants est souhaitable au niveau de la licence avec alternance étroite entre centre de formation et écoles, collèges, lycées, universités… en accentuant sur les méthodes, le travail d’équipe et ses aspects relationnels, la psychologie et la sociologie.

Le futur professeur doit acquérir une connaissance précise de tous les partenaires, les familles, les partenaires locaux, officiels, associatifs utiles. Il doit posséder une compréhension cohérente, claire de tout le cursus scolaire.

Une formation continuée est nécessaire en circonscription pour le premier degré au niveau académique ou rectoral pour les niveaux supérieurs…pour briser l’isolement, se concerter, assimiler les apports nouveaux

La formation de chaque enseignant, pour le rendre compétent dans sa classe n’est pas remise en cause, mais elle devrait intégrer une véritable préparation au travail en équipe, une connaissance réelle et pratique des réflexions et solutions débattues en conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil d’établissement ou d’école.

 

Le personnel complémentaire, depuis la mise en place des emplois jeunes et de leurs variantes, a démontré que son rôle n’était pas négligeable. Il faut pérenniser ces postes, mieux les officialiser et préparer leurs postulants à leurs tâches.

La sécurité est un élément global qui implique la protection contre tous dangers mais surtout une vigilance véritable pour éviter toutes occasions, toutes formes de conflit, d’agressivité et toutes prises de risques. Le nombre des adultes responsabilisés autour de l’enfant doit être judicieux. Il est aussi nécessaire que l’implication, la préparation des élèves à éviter, réagir aux situations à risques..

Il existe une réserve de personnes qualifiées, qui peut aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements très courts, quasi-imprévisibles, sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque Académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Cela n’ira pas sans une levée de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ?

Ces mêmes retraités, actifs, représentent une mine d’expériences dont chaque Académie, chaque établissement, peuvent s’entourer dans des moments de réflexion, pour des bilans autant que des actions nouvelles…

Aux niveaux universitaires, ce recours existe, dans des groupes de travail aussi, alors pourquoi pas à d’autres strates ?

Il faut refuser l’autonomie des établissements. Elle ne conduirait qu’à accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves.

En revanche, une adaptation au secteur reste essentielle, mais elle doit s’accompagner de compensations pour que chaque
collectivité puisse accomplir toutes ses obligations.

Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire.

Nos régions ou les agglomérations de communes, dans le cadre de la décentralisation, pourraient aider les municipalités et parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.

La création d’un fonds de Ressources, une banque de l’Ecole, alimentée par des subventions, des opérations médiatiques, une part des jeux d’argent qui s’en trouveraient moralisés un peu… permettrait d’ajuster au mieux les besoins et de les compenser sans que l’établissement devienne lui-même un solliciteur plus ou moins heureux selon ses contacts, son environnement ou son habileté à mendier…

Le budget de base des établissements, pour chaque catégorie, doit être identique au prorata du nombre d’élèves pour toutes les écoles publiques.

L’aide à la collectivité tutrice défavorisée doit garantir cette similitude.

Le financement des projets étudiés et retenus par le Conseil d’Etablissement et l’autorité académique sera l’objet d’aides spéciales attribuées par l’Education Nationale, par la collectivité adéquate soutenue par le fonds de Ressources éventuellement.

L’Etat, en ce service régalien, en plein respect de la Constitution et des lois régissant l’Enseignement public, prend en charge la formation et la rétribution de tout le personnel pédagogique…

Les collectivités territoriales assurent les conditions matérielles et fournissent le personnel nécessaire à tous les services qui accompagnent la scolarité, toujours avec une compensation pour pallier les inégalités de ressources.

Il faut que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragé dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifique, soutenu dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes

L’enseignant doit pouvoir connaître et utiliser toutes les opportunités culturelles, associatives, de son environnement, aussi bien officielles qu’officieuses. Il est important que les collectivités locales veillent à leur multiplication…

Et les établissements privés ?

Privé ou public, le choix est libre, mais les fonds publics sont réservés au financement de l’école publique, sauf en ce qui concerne les établissements spécialisés et conventionnés.

Les associations assurant l’aide à la scolarité des élèves, des collégiens, lycéens et étudiants sont à soutenir.

 

Le rythme de la journée scolaire est un paramètre incontournable du temps de l’enfant. Il  commande tous les autres découpages : semaine, trimestre, année… Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ est une journée qui évite les ruptures, ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les moments notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations cachant la fatigue par la motivation.

Dommage, pour la grande majorité d’écoles, le contact suivi du samedi matin entre enseignants et familles en élémentaire a disparu. Cette semaine peau de chagrin, pour bon nombre de familles laisse les enfants devant la télé, dans la rue pour la plupart, dans les grands magasins ou dans des garderies municipales… Est-ce un mieux ?

Supprimer le samedi matin, c’est réduire les rencontres informelles et sympathiques, hors crise, entre familles et enseignants. Finie aussi l’occasion d’entretien direct avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce…

Terminés les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active de tous… Ne leur restent plus, souvent, pour ceux qui ne baissent pas totalement les bras, que les soirées, après le travail.

Pourtant, les fêtes d’école peuvent être des opportunités importantes d’activités ensemble pour tous les acteurs et partenaires pourvu qu’elles illustrent un travail continu, un projet et non une corvée.

L’école du mercredi et l’allègement du temps scolaire d’apprentissage ne compensera pas cette disparition des relations sauf pour les établissements qui ne comptent pas leur temps !

L’espace scolaire est sacré, protégé, il est ouvert sur la connaissance de son environnement, mais clos aux incursions perturbatrices.

Il est important que le cadre soit agréable, grâce à la volonté et l’action de tous dans et autour de l’école.

L’implantation de l’école dans un environnement constant crée des liens, des repères indispensables avec la géographie et la  population de son secteur.

Exploser la carte scolaire, disperser les enfants, défaire les liens entre le secteur et son seul pôle de calme, souvent, l’école, c’est renoncer à l’adaptation, à l’intégration de l’école dans son environnement, à la connaissance à moyen terme des familles, des fratries…

Cela peut éviter de payer, d’organiser des moyens réellement adaptés à sa population spécifiques, en brisant les concentrations, mais qui profitera de cette liberté de choisir son établissement ? Qui empêchera que se constituent de nouveaux ghettos ? Quel cadre donner à notre école dans un environnement flou ?  Est-ce une véritable amélioration ?

Pour une équipe enseignante, bien connaître les familles, les paramètres et les ressources de son secteur est important, elle peut établir des liens devenus impossibles après dissociation entre lieu de vie et lieu de scolarisation.

Tout en préservant la sérénité du microcosme scolaire, il faut pourtant encourager ses échanges avec son environnement.

Le service Education Nationale est sous-tendu par la trame des circonscriptions, des Académies. Chacune d’entre elles doit être étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les établissements..

Le rôle de l’Inspecteur et de son équipe permet l’harmonisation dans tout le secteur; il favorise les échanges les plus divers,

Il faut combattre l’idée d’éclatement de la carte scolaire mais des transferts éventuels, exceptionnels, bien motivés, toujours dans le seul intérêt des enfants peuvent être proposés grâce à cette connaissance mutuelle de tous les établissements du même secteur, animé et orchestré par son responsable.

 

Nos établissements dépendent, pour leur financement, des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que, bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures leur permettent d’accomplir leur mission.

Des initiatives de ces tuteurs dépend aussi, que l’accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes, soit à la hauteur des besoins.

Les liens avec les associations et services hors établissement ne sont pas à négliger, non plus…

Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.

Pour les associations péri et post-scolaires, appauvries par la suppression des détachements, la diminution des subventions, une analyse honnête doit établir quels organismes apportent une véritable aide à l’enfance, à la famille et à l’Ecole.

Peut-être ne faut-il pas rétablir les détachements supprimés, mais instaurer des postes de permanents formés pour stabiliser et aider les bénévoles…

 

Le monde du travail et les mouvements de la société ne sont pas des univers inconnus pour les enfants et l’Ecole ne peut les ignorer, mais sans insistance et en restant très ouverte sur tous les métiers.

Le chômage, les troubles sociaux, les conflits de l’immigration, la délinquance, les sectes, l’environnement en danger sont parfois sujets à interrogations de la part des enfants. Sans entrer dans des débats complexes, toujours hasardeux, il ne faut pas en gommer la réalité ou s’appesantir, en charger les enfants. Des enfants citoyens en devenir, certes, mais à leur niveau de maturité, pas plus !

Ils n’ont pas à s’imprégner non plus de la culpabilité collective, si vite banalisée.

Impliquer les jeunes, progressivement dans la vie collective, les initier aux responsabilités grâce à des coopératives scolaires réelles, bien organisées, suivies et animées, grâce à la participation judicieuse à des Conseils Municipaux de Jeunes sont des voies magnifiques.

De nombreuses associations invitent également leurs adhérents encore scolarisés à s’ouvrir à la gestion de leurs œuvres…

Etre dans un établissement, c’est vivre ensemble. La vie coopérative implique tous les acteurs de l’école et suppose de vraies concertations mais n’exclut pas le rôle majeur de l’adulte, la tutelle, l’arbitrage…

Règlement et sanctions sont établis et reconnus par tous.

L’école n’a pas d’exclu. La vie en collectivité doit générer la convivialité et éviter les perturbations pour tous. Les manquements à ces règles ne doivent pas être banalisés.

L’Ecole ne doit admettre aucune discrimination, ni robotisation, ni formalisation.

Il ressort de façon insistante que les réussites d’école sont avant tout le fait d’une équipe. Le mieux-être, le mieux travailler des enseignants passent d’abord par la cohérence d’une équipe  adaptée à son environnement

Il est nécessaire que chaque équipe soit dirigée par un animateur compétent, que son projet et  son bilan soient évalués avec tous les enseignant et l’inspection de circonscription ou de secteur concerné, oui !

Il ne semble pas que jusqu’alors notre système éducatif se soit vraiment attaché à valoriser ce point essentiel. Il faut une véritable équipe, bien préparée, responsabilisée autour du projet d’école et animée par un directeur compétent.

Il faut œuvrer pour que chaque école, chaque établissement possède une équipe solide ; en préalable à toute autre transformation du monde scolaire, c’est une base impérative, incontournable !

Une réflexion positive, instruite par une enquête sérieuse, essentiellement orientée vers la reconnaissance et le renforcement de l’équipe pédagogique, de l’équipe éducative sera un premier pas vers la reconnaissance des problèmes essentiels et vers un projet enfin constructif.

Une école, c’est d’abord une équipe. Il ne s’agit pas de s’aimer les uns les autres, mais de se compléter,  d’être mobilisé par la même volonté d’éduquer et d’instruire. Elle doit soulager l’enseignant d’une responsabilité solitaire dans sa classe.

Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe. Certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe.

 

Le projet d’école est revalorisé et il est le véritable outil de cohérence et d’engagements adaptés aux besoins de motivation, de mobilisation et de mise en œuvre des acquisitions pour atteindre les objectifs programmés.

Fruit de la réflexion de tous, le Projet d’Etablissement dresse l’état des lieux. Il traduit la somme des propositions étudiées, retenues pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement. Il garantit la logique des enseignements, privilégie les contextes motivants et harmonise la vie collective…

Son suivi, son bilan, comme l’a été sa conception sont menés par tous, soutenu et avalisé par le responsable de la circonscription ou de l’Académie pour le second degré.

Il pose des questions essentielles sur le long terme, comme sur le quotidien.

Comment chaque établissement propose-t-il de rendre optimale la demi-heure du matin, transition entre famille/récré/mise au travail ? Comment tenir compte des moments notoirement propices à l’effort, à l’attention, et de ceux, au contraire, moins soutenus?

Pour les méthodes face à un groupe classe hétérogène : Comment arriver à une véritable pédagogie différenciée ? Seul ou par des échanges, des dégroupements ?

Lorsque les apprentissages sont lacunaires ou mal assurés, comment bâtir de vraies remédiations ?

Et le temps de l’enfant globalement ?

Celui de la famille avec tout son pouvoir affectif est évidemment le plus marquant, tout ce que la société peut faire pour aider à son harmonie est une pierre solidifiée pour la construction de l’enfant.

Il n’est pourtant pas le plus important en durée. La scolarité, les activités extérieures, les copains, les garderies parfois, additionnent bien des heures hors de la maison.

Les associations reconnues pour leurs activités épanouissantes consacrées à la jeunesse sont à privilégier. Les centres de loisirs, avec ou sans hébergement, devraient être des occasions de véritables convivialités et de vie citoyenne.

Il a été suggéré de créer des centres de vacances avec accueil des familles qui travaillent en fin de semaine, pourquoi pas ?

Ce qui est certain, c’est que nous souhaitons qu’aucun enfant ne reste dans la rue pendant les vacances.

 

En permanence, les Projets d’Ecole veillent, réfléchissent, adaptent les progressions pour une réelle et permanente cohérence dans le cursus global.

L’équipe d’établissement est unie par son Projet.

L’échange permanent d’initiatives, d’expériences, de services, de coordination entre les établissements, participe de la fonction de l’Inspection.

Une équipe a besoin d’être animée avec compétence. Ses décisions ont besoin d’être consolidées, leur mise en œuvre doit être suivie. Le liant de cette vie scolaire, pensée et fructueuse, en est son responsable, directeur, principal ou proviseur.

Reconnaître l’importance de la direction d’école, c’est lui donner les moyens de ses tâches, de ses responsabilités, en faire une promotion véritable pour susciter les candidatures.

Jamais plus un enseignant ne doit se sentir isolé, jamais plus une équipe ne doit se sentir abandonnée

L’intégration d’écoles dans des regroupements dirigés par un responsable « administratif » et des inspecteurs pédagogiques serait une erreur. Elle entraînerait une distanciation trop grande entre l’établissement et sa réalité locale. On n’en parle plus, tant mieux !

L’Ecole est l’affaire de tous, c’est donc sans vouloir bousculer les enseignants et leur administration que les familes revendiquent leur place dans la vie des établissements.

Pas seulement comme parents d’élèves, pas seulement comme recours, pour des activités, pas seulement pour apporter des ressources mais aussi, pour entendre, comprendre, apporter leurs suggestions, aider à la vie de chaque école.

L’évaluation globale et précise du travail de toute l’équipe de l’établissement par les équipes d’inspections, sur des critères nets, tenant compte des conditions spécifiques de chaque secteur scolaire est souhaitable. Elle existe parfois.

L’évaluation individuelle par un inspecteur qualifié n’est pas une aberration mais, qui rendra compte de l’implication d’un enseignant dans et autour de sa classe ? Qui rendra compte des progrès personnels du jeune prof timide? Qui tiendra compte de la lassitude, du découragement et de l’abandon de celui qui fut enthousiaste et compétent ?

Certains inspecteurs, dans le 1erdegré notamment, sont de vrais animateurs dans leur circonscription et connaissent, suivent, aident leurs enseignants. Mieux, ils font de leur secteur de véritables bains de réflexion. D’autres, malheureusement sont météoriques, à la poursuite d’une carrière plus que d’une efficacité…

 

Le Conseil d’Etablissement, le Conseil d’Ecole reste le moteur généré par la réflexion, les échanges, les initiatives de tous les partenaires officiels de l’école. Il respecte la spécificité, la confidentialité de toutes les structures internes, Conseils des Maîtres, de Cycles, Conseils Educatifs, Conseils de Discipline, Conseils Coopératifs…

Il s’intéresse, en particulier, au Projet d’Ecole qui lui a été présenté, il s’intéresse à la progression des activités qui en émanent

Le mystère gardé sur les pratiques pédagogiques est une absurdité, nous ne sommes pas en présence de formules secrètes et comprendre le choix d’une méthode, d’une progression, d’un thème mobilisateur ne peut que faciliter la transparence entre les parents et les professeurs et sans doute même les encourager à soutenir les initiatives éducatives. Seul l’enfant doit être l’objet de la discrétion, de la réserve de ceux qui en ont la responsabilité.

Voici sans aucun complexe, dessiné, rêvé (ce but idéalisé auquel ne manque que le vouloir) un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs. Il ne naîtra pas, ne grandira pas, ne deviendra pas fort sans que chacun y soit associé, pas à pas.

Cette volonté obstinée, cette vigilance, ses alertes sont les seules garanties pour que, sans gabegie ni inconséquence, dans le rejet de toutes considérations partisanes, nous donnions sa chance à l’école, sa chance au futur…

Le but d’une conscience collective active pour l’Ecole n’est pas une Ecole nouvelle, mais une Ecole reconstruite dans un contexte éducatif attentif à l‘enfant. Une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité, l’école de la chance pour tous, l’école de la chance de demain

22 novembre 2016

Vivre

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 10 h 15 min

Poème découvert, un jour d’hospitalisation et retenu parmi un recueil de textes  d’adolescents. Il m’a ramené à l’essentiel, Heureusement, souvent, il y a un sourire, deux ou trois mots échangés, des gens dont le métier  ou simplement l’impulsion, est de vous tirer hors de l’eau et qui le font avec talent…

La vie est ma propriété

J’en fais ce que je veux

Je peux même y attenter…

LA PARACOU

Si je veux

Mais je ne veux pas

C’est un cadeau

Il est très beau

Alors je le garde pour moi.

Finalement, ce n’est pas moche

C’est peut-être même bien

C’est sûrement bien.

Le soleil revient. La mélancolie s’en va

Je souris

Je chantonne

C’est peut-être bien cela La joie de vivre,

Michèle classe de 1ère SI l’auteur se reconnaît, qu’elle me pardonne cet emprunt autant que moi je lui en suis reconnaissant!

Le don, de faire renaître la joie de vivre, c’est celui de sublimer  chaque petit bonheur qui traverse la souffrance, en cette l’harmonie de tous les petits éléments, pas des petit riens qui accompagnent notre moment de faiblesse.      N »est-ce pas une bonne base pour être heureux ensemble, par contagion peut-être?

Je connais un proche qui, chaque fois que le temps de l’humanité s’assombrit, écrit un poème, une petite fille qui fait surgit un récit, une nouvelle, d’autres sans doute peignent, sculptent., plantent… créent pour que la vie renaisse et soit la plus forte!

21 novembre 2016

Les bons contes font…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 16 h 23 min

Soirée contes, il y avait longtemps, que je m’étais pas plongé dans un bain de rêves éveillés… La coïncidence voulait que dans la journée, j’avais, au hasard d’un poste de voiture, entendu un moment d’émission où l’on parlait de la nécessité, quasi vitale du rêve, du rêve possible même si improbable au rêve carrément fantastique… Rêve pour se projeter, rêve pour s’évader, rêve pour dépasser un blocage, une peur… Alors que nous parlions projets d’écriture non aboutis, de nouvelles, de contes, Sonia, me livra ses trésors de réflexion,  d’auto exploration ou de rencontres avec des personnalités de son chemin de vie retrouvés dans et avec les contes de Jacques Salomé.

Bruno Bettelheim, j’ai fréquenté par besoin professionnel presque, Jacques Salomé, un peu aussi, sans trop d’envie et pas pour les contes… Pourquoi pas ? Je retiens deux livres à la médiathèque : « Contes à guérir » et « Contes à grandir et Contes pour grandir de l’intérieur ». Je reçois bientôt le message me disant que le premier est à ma disposition… En allant le chercher, je suis attiré par une affiche ! Vendredi, «   La médiathèque Montaigne vous invite à assister à une soirée conte exceptionnelle…. Petits et grands pourront voyager dans l’univers magique d’un grand monsieur du conte, Didier Kowarski dont la présence dans notre région est rare et précieuse… »

J’étais libre, il était bientôt l’heure, la coïncidence est trop séduisante alors pourquoi non ?

J’ai entendu des contes, des légendes en veillée, près d‘une cheminée, d’un feu de camp et surtout auprès de mon Pépé, blotti près de lui ou sur des sentes des forêts agésinates… J’ai conté auprès d’enfants, en colo, à l’école, en classes de découvertes, en autres activités avec la bibliothèque de Saussan… parmi des adultes parfois, rarement. Ah si, je me souviens d’une balade sur la longue plage de LA PANNE en Belgique, à reculons et sous un ciel à la Brel…

J’ai écrit des contes, des adaptations ou des inventions, comme on invente un trésor, pas forcément précieux, mais surgi entre nos mains… J’ai pratiqué la « littérature orale » avant d’écrire avec des enfants ; nous avons même illustrés des contes.  Je conserve précieusement ceux récemment élaborés puis montés avec Romane et Lucas, les plus jeunes de mes petits-enfants…

Mais, me caler dans un siège, dans cette pénombre au silence bruissant, parfois plus sonore d’exclamations, de frémissements, de soupirs d’attente, de rires libérateurs… Libre d’entendre, de flotter sans avoir l’envie de dire… il y avait longtemps. La salle était bien remplie, une belle centaine d’adultes, une trentaine d’enfants. 1 h ½ à suivre le courant d’une rivière au lit changeant au rythme changeant… Nous suivions un diseur, c’est mon ressenti, un ouvreur de pistes, un poseur de questions, des questions pour lesquelles nous devions chercher en nous les réponses, ou les extraire des contes, des poésies, des galéjades, des anecdotes, voire des énigmes, dans l’immédiat ou différés… Oui, un cours, parfois calme, presque muet, parfois tumultueux, agité, clownesque…. plein de vaguelettes irisées à suivre en surface et de sens profond à pécher en profondeur… A chacun de retenir sa provende et jouer avec les plus frétillants ou les plus étranges.

Le conteur de ce soir, Didier Kowarski, fut un magicien sans trucage, un manipulateur de l’imagination avec une seule astuce sa voix, une seule technique, l’ordre des portes ouvertes.

Comme pour le rêve, le conte mène forcément au réveil, un réveil qui nous laisse autre, un peu… C’est bien. Je crois que pour vivre notre réalité, pour oser plonger dans nos rêves, qui n’en a pas ? nous avons besoin de contes… Parfois, ils ont écrits, filmés, chantés… quand ils suivent une voix, des mots, des gestes parmi nous, c’est mieux, je crois…

Un soir, il y a longtemps, j’avais 8 ans, l’âge de Romane et de Lucas, mon Pépé, m’a conté, intrigué avec une certaine petite bête envahissante dans une maison mystérieuse, à en troubler toutes nos nuits… Depuis, j’ai raconté cette histoire en de très nombreuses occasions, en l’adaptant aux circonstances, avec toujours autant d’émotion et de plaisir, un conte qui dépasse les âges  et qui m’est souvent demandée transformée, mieux c’est devenue un conte à deux, trois voix, parfois, dans la voiture, monte une proposition : « Papou je vais te dire une histoire de la petite bête… » et vogue le voyage avec la création de la Xème version

1 novembre 2016

HARCELEMENT

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 56 min

Harcèlement à l’école : dire que ce n’est pas nouveau est un truisme, pourtant lorsque la vigilance de tous les adultes, enseignants, surveillants, intervenants… est possible, programmée, institutionnalisée, les limites : éducation, intervention, punition, existent et sont bien perceptibles.

Lorsque le code de vie de l’établissement n’est pas qu’un règlement formel, mais une réalité créée avec tous, population et partenaires de l’établissement, alors il est possible d’offrir aux élèves, et aux enseignants parfois fragilisés, un contexte où les souffrances sont perceptibles et où les aides sont envisageables.

Bien sûr, peut-on entendre, lire, la famille est la grande responsable… Pas certain, d’abord les parents furent des enfants, et leur propre éducation serait aussi à mettre en cause… Où remonte-t-on ? La Société est bien incriminée aussi ! Pourtant que de conseils, que de livres, de revues, d’œuvres d’entraide aussi chaque jour s’offrent aux inquiétudes des parents ! Alors quoi ? L’instabilité professionnelle, la peur du lendemain, la fièvre de la « gagne » plus néfaste encore que les course aux trésors, le sentiment qu’assurer la « matérielle », le confort et le sur confort sera toujours une façon d’être vraiment acteurs dans l’éducation des enfants : prévoir pour demain sans s’arrêter sur aujourd’hui…

L’Ecole, n’a pas varié dans ses missions ; elle devrait offrir à tous les enfants qui lui sont confiés l’égalité des apprentissages en citoyenneté, savoir-faire et connaissances, en toute sérénité. Elle devrait avoir les moyens de compenser les handicaps pour donner à chacun le meilleur départ vers la maturité…

L’Ecole est-elle conçue pour y parvenir ?   Chaque établissement peut-il garantir qu’il est doté des outils nécessaires à sa vocation ? Non, pas dans notre système !

Une condition, que je rabâche auprès de tous ceux qui ont une responsabilité, élus, médias, associations… ! L’établissement n’est viable dans sa mission, d’éducation, d’instruction et de sérénité qu’avec une équipe formée, animée par une direction compétente, autour d’un projet établi avec les partenaires, adapté au secteur dans sa spécificité et à la diversité des élèves… Cette équipe n’existe actuellement qu’avec la bonne volonté dans certains établissements ; elle n’a aucune structure universelle réellement appliquée…  La scolarité devient une loterie !

Harcèlement, suicide, repli, mal être grave… rien de nouveau, sans doute, et l’histoire scolaire de chacun en témoigne, mais comment cela peut-il encore être de nos jours, si fertiles en psychopédagogies sous toutes les formes ? 8 déménagements, 10 écoles avant la 5ème, à chaque fois des accueils de cour difficiles… Dans les établissements où régnaient une vraie vigilance, les conflits trouvaient des apaisements, parfois même jusqu’à l’extérieur de l’école quand les familles étaient informées.

Aujourd’hui, les causes de perturbations n’ont pas diminuées, leurs manifestations ont peut-être gagné en originalité, avec les « réseaux dits sociaux » et encore, un enfant qui agresse, qui se suicide ou qui sombre dans le désespoir est de tous les temps. Par contre, les établissements se sont appauvris en personnel d’encadrement. Fini « Pause-café », fini le « Pion » attentif… fini le psy ou le spécialiste du RASED, finie la préparation des futurs enseignants à l‘éducation autant qu’à l’instruction…

Directeur, j’ai connu ces moments, souvent, où se mêlaient, écoute, apaisement, règles, sanctions aussi. Où se confrontaient les versions des uns et des autres,

Des établissements, à quel prix, avec quelle fragilité, sont soudés en une équipe cohérente, soucieuse de l’accueil, du suivi de tous les élèves et pas seulement de leur classe. Ce n’est pas un conseil d‘établissement ou de discipline qui peut y remédier, c’est une attention de tous en permanence. Notre école est cassée pour des raisons économiques, peut-être mais surtout par une négligence attention structurelle fondamentale et généralisée. Ce ne sont pas des alertes, même fortement médiatisées, des plans ponctuels qui la remplaceront, même pas une autonomie, ce qui fait un peu concurrence et nuit autant qu’une carte scolaire éclatée… Il faut une responsabilisation autour d’un projet de vie adapté, avec ses règles reconnues par toute la communauté, la définition précise du rôle de tous les intervenants… Autrement, malgré toutes les bonnes volontés, la stabilité d’un établissement restera fragile et jamais il ne pourra jouer son rôle d’apaisement et d’enseignement au-delà de toutes les perturbations subies par un enfant hors de ses murs.

Nous ne pouvons pas faire disparaître toutes les perturbations qui menacent l’équilibre de notre jeunesse mais au moins, donnons une chance aux enfants dans nos écoles.

 

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Victor Coudesabot |
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