Réfléchir et dire… un peu

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29 novembre 2015

Vous avez dit MARSEILLAISE?

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 10 h 10 min

La MARSEILLAISE, si porteuse de foi en notre pays menacé, en connaissez-vous le dernier couplet ?

Enfants, que l’Honneur, la Patrie

Fassent l’objet de tous nos vœux !

Ayons toujours l’âme nourrie

Des feux qu’ils inspirent tous deux. (Bis

Soyons unis ! Tout est possible ;

Nos vils ennemis tomberont,

Alors les Français cesseront

De chanter ce refrain terrible :

Aux armes, citoyens !

 

Nous, ce refrain terrible, nous le chantons pour des victoires sportives, culturelles ! Nous le reprenons lorsque notre pays est blessé no seulement dans ses nationaux mais aussi dans tous ceux qui en font une terre d’accueil pour le temps d’un voyage, le temps d’un apprentissage ou l’espoir d’une nouvelle vie.

Alors que l’Histoire est peau de chagrin dans nos programmes scolaires, alors que notre devise est chaque jour torturée, nous nous rattachons à des symboles !

La Morale, je l’ai contée, le matin en rentrant en classe, je l’ai vécue en de vrais codes de convivialité, vigilants dans leurs formulations et leurs applications. Je l’ai vécue dans des actes de solidarité, de connaissance mutuelle et de respect… Je l’ai vécu dans nos associations de jeunes, âprement parfois, mais avec bien des bonheurs…

Rien n’est implicite, tout s’explique et se construit.

Notre pays est beau par ses habitants, d’hier et d’aujourd’hui ; la fierté se tisse chaque jour, hélas l’amertume et la déception aussi.

Les symboles sont honorables respectables mais leur utilisation délicate. Bien des actions magnifiques furent menées en leur nom, bien des horreurs, des asservissements, des crimes aussi, parfois même sous la tutelle d’envahisseurs .Il est facile pour le plus fort de se les approprier, plus difficiles pour les plus faibles de les brandir.

Apprendre oui, d’ailleurs c’est depuis longtemps au programme, même si on ne passe plus le certif, mais pas sans comprendre, pas sans savoir que des intentions généreuses et humanistes leur ont donné naissance ! Le drapeau dont les couleurs de Paris révolté encadrent l’absolutisme monarchique, note devise si difficile à mettre en œuvre tant fraternité a du mal à trouver sa compagne l’égalité et craint trop souvent pour une liberté éclairée, sont aussi à apprendre aux jeunes et rappeler aux adultes !

28 novembre 2015

Rue Jules Rimet… Rue Alibert… Rue de Charonne… Boulevard Voltaire…

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 18 h 18 min

 

 Transmis par un ami, j’aime cette poésie de Guy COISSARD et aime aussi vous la faire partager… 

Homme tombé dans la rue

A l’aspiration d’un porche aux pierres humides

Tu t’appuies sur la borne d’incendie

Où ton sang vient rivaliser de couleur.

Qui t’a blessé ?

De quoi es-tu coupable ?

Tu marchais

Serein de jeunesse

Ta marche était promenade vers une rive

Promenade sous des platanes

De rares feuilles planaient.

La balle est partie sans bruit.

Est-ce une balle ?

Une flèche noire ?

Une pointe de sarbacane ?

Tu voyais bien que d’autres tombaient

A chaque seconde plus près

Chaque seconde te ressemblant davantage.

Ta peur…

Avais-tu peur ?

Oui, puisqu’il t’arrivait de trembler,

De gémir dans la mélancolie d’une chanson.

Mais tu n’écoutais pas ta peur parce que tu la savais inutile

Encombrante

Tu n’espérais que marcher

Marcher encore

Encore plus loin.

Tu lèves ton regard vers le chemin qui promettait

Tu souris parce qu’en fin de compte tu peux l’imaginer sans le vivre.

Tu portes ta main à ta blessure

Tu croyais qu’on te viserait à la poitrine ou au ventre

Là où l’homme est vulnérable.

Tu touches ta blessure

Qui n’est même pas apparente

Qui n’est que douleur

Ce n’est même pas elle qui libère ton sang

Ton sang, tu l’offres

Depuis toujours tu le savais promis.

Il coule sur la borne d’incendie

Tu as froid.

 Guy Coissard

1 avril 2015

Ma dernière nouvelle : Mainmise…

Classé dans : NOUVELLES — linouunblogfr @ 21 h 52 min

Mainmise !

       Chaque mardi, je tiens table d’écrivain public, « Aux Catacombes. », un café parisien, près du Lion de Belfort. Aucun pas-de-porte, les patrons, Maurice et Perle, estiment que mes clients consomment assez.

Pour les habitués, je suis « Manu » l’écrivain…

Je démêle des documents officiels ou non, opaques et ambigus. Je lis, écris quelques lettres personnelles aussi.

Je téléphone souvent ! Parfois, j’escorte auprès d’un service social public, le « patrimoine des pauvres ».

Ce mardi d’avril, je boucle mon PC… Je reste marqué par les confidences coupées de larmes de mon dernier client. Un plaidoyer pour son fils, loin des yeux et du cœur…

Un Monsieur sanglé dans un long imper gris, s’approche. Perle le suit :

-J’ai dit que tu avais fini ta journée,  mais il a insisté.

- Pardonnez mon intrusion, Monsieur, j’ai appris vos fonctions, tant de conseiller que de rédacteur, au hasard d’une conversation…

Je l’interromps :

-D‘écrivain public ! Quelle rôle vous intéresse et pourquoi ?

Perle nous laisse.

-Les deux me seraient utiles…

Je suis fatigué, mais intrigué. Sous cette posture je perçois du désarroi.

A mon invite, le visiteur se glisse sur la banquette opposée. J’attends !

- J’ai été marié, mon épouse n’a pas supporté les aléas de mon métier… En juillet, j’ai lié connaissance avec Catherine. Notre entente s’est fortifiée… Elle a deux grands enfants. Je les retrouve chaque fin de semaine près de Montpellier.

Sa romance m’agace ; il précipite son débit :

- Nous formons des projets d’union mais je crains que les causes de mon précédent échec ressurgissent et les rendent impossibles !

-Quel est donc ce terrible métier porteur de menace ou de honte ? Vous êtes vidangeur, usurier, croque-mort, huissier… ?

A sa mine, je vois que ma flèche a fait mouche !

J’ai horreur des huissiers ! Je pense être plutôt tolérant, l’exercice de mon travail m’y conduit, mais « huissier » représente tant de scènes déchirantes, venues de mon enfance que, rien que le prononcer m’agite…

Mon vis-à-vis le perçoit.

-Accordez-moi une chance d’être entendu.

-Je ne sais pas ! Pourquoi pas un psy, un confesseur, certainement d’une meilleure écoute ?

-Ecouter oui, mais aucun ne peut mieux que vous m’aider dans mon projet ! Je n’ai pas honte de mon métier! Je sais le ressentiment qu’il génère… Je suis le porteur de mauvaises nouvelles, l’exécuteur de basses œuvres. De toutes mes fonctions, saisir, n’est que trop souvent celle qui me définit…

Pourtant, si je pouvais appeler à témoigner ceux que j’ai pu aider, leur récit vous surprendrait.

Je ne vois toujours pas où il veut en venir, ce que je peux pour lui. Je lui dis nettement.

-Le temps que vous m’accorderez sera payé. Même si notre accord n’aboutit qu’à un fiasco, votre implication justifiera votre rétribution…

- Quel serait ce travail ? Comment se traduirait-il et se finaliserait-il ?

-Je ne veux plus avoir à dissimuler mes occupations officielles… Je redoute que se dénouent notre attachement, se brisent la confiance et l’affection gagnées auprès des enfants de Catherine. Je veux qu’ils sachent, je veux qu’ils comprennent, me comprennent !

-Pour cela vous vous tournez vers moi qui n’ai que griefs envers ce que vous représentez ?

-Cela renforce mon choix ! Si je peux éveiller votre compréhension, alors je crois que je pourrai être entendu d’eux. Ecoutez-moi, sondez moi, secouez-moi au besoin, et écrivez…

Votre transcription simplement fidèle, sera remise à ceux avec lesquels je veux fonder une nouvelle famille, en toute vérité.

Déjà je capitule, rageur, mais partant !

-Comment voyez-vous notre collaboration ?

-Je vous propose de venir chez moi, aux horaires qui vous conviendront…

-Deux semaines, sauf le week-end. On commence lundi prochain de 18 h à 20 h. J’interromprai notre arrangement si je juge impossible sa poursuite… Ma rémunération s’effectuera en chèques emploi…

-Si tard?

-Il faut que je m’organise et que vous réfléchissiez encore. Voici ma carte, appelez-moi !

Pas de poignée de main ! Monsieur Anonyme, repart, chapeauté, ganté, sanglé…

Notre accord établi, durant 12 jours, je fréquente son bel appartement. Nos rencontres dépassent les deux heures prévues…

André, l’huissier, me raconte, illustrées de près de cent procédures, ses démarches en amont des saisies, ses recherches de conciliation, son analyse des situations, aussi bien celles des plaignants que des personnes visées, égales victimes des circonstances parfois… Il déborde de son mandat, trouve des compromis, des aides, des solutions. Il se torture à en briser son miroir  quand rien ne va, quand se produit l’irréparable.

Je ne dirai qu’un cas parmi la dizaine retenue.

Lors d’un constat dans une école, …à propos d’enfants de la séparation, un lien s’est établi entre le directeur et lui.

Un soir glacial de janvier, le directeur a reconduit deux élèves togolais chez eux. Arrivé au pavillon clos, Il a sonné pour prévenir la famille. Pas de réponse ! Les enfants lui dirent qu’il pouvait les laisser. Le directeur a persévéré. Rien ! Une lumière perçait au bas de l’escalier, du garage. Il a frappé ; le vantail s’est entrouvert. La maman est apparue. L’enseignant a un peu forcé le passage en expliquant la situation. Ce ne sont pas les deux matelas serrés l’un contre l’autre qui l’ont le plus atteint, mais le froid, mais les coulées de glace sur les murs, mais la flamme mourante des bougies…. Ne rien faire était  impensable ! Il a bousculé tout le monde, les deux grands, la petite blottie sous des chiffons, la maman et les a embarqués à l’école…  Un mot sur une caisse avisait le père où retrouver les siens.

Il savait le Maire absent, mais réussit à contacter le premier adjoint. « On avisera dès que possible ! ». Ce n’était pas une réponse qu’il pouvait admettre alors il a fait appel à André.

L’huissier est venu… Méticuleusement, il établit un constat de l’état du sous-sol. Il relata la conduite du directeur, son appel auprès de l’édile. Ils se rendirent  à la permanence de la police municipale, et André demanda l’enregistrement de son acte.

L’agent de garde en avisa un supérieur qui, dut appeler l’Adjoint au Maire… Il surgit !! L’exposé de l’huissier fut remarquable de précision et de sous-entendus. Le directeur fut aussi direct : « La famille est dans l’école, au chaud ; elle y restera aussi longtemps que nécessaire ! Vous avez des logements vacants dans la cité, est-ce vraiment impossible de les reloger ? »

André, imperturbable, précisa :

« -Demain matin, je déposerai sur la main courante au commissariat de la police nationale. Mon constat et moi-même,  seront à la disposition des journaux.

-Du chantage ! Vous n’avez pas le droit ! Vous, monsieur le Directeur, je joins votre inspecteur, vous ne pouvez utiliser des locaux municipaux sans notre accord… »

Quelques appels plus tard, notamment au Maire à plus de 800 km, une camionnette des services de voierie regroupa les quelques biens des Togolais. Un logement fut ouvert, chauffé. Le directeur avait fait les courses et apporté son matériel de camping.

Leur histoire et ses suites, heureuses, Kodjo, l’aîné, l’écrira peut-être…

Un mémoire de 24 pages est né de ma rédaction.

Le 1er mai, dans le village du Midi avec André, nous errons dans les vignes, Catherine et ses enfants lisent notre recueil. Ici, la tenue de notre Janus est plus jean et polo que costume, cravate…

Catherine l’appelle.

Oui, le métier d’André les dérange ! Oui, sa découverte fortuite aurait fait obstacle à leur avenir ! Oui, ils ont compris André ! Oui, leur homme de cœur sublime l’homme de loi !

Jamais, ils ne rougiront en évoquant la profession d’André, clairs dans leur affection et leur estime.

Toujours guindé lorsqu’il vient « Aux Catacombes », il est devenu «Le héron cendré », moins bref que Manu mais aussi familier, presque amical.

Cet été, j’ouvre un bureau-troquet dans l’Hérault… Pendant le mariage, j’ai bien accroché avec le patron du « Petit Tout », boissons en terrasse, jeux à la caisse, épicerie et écrivain public en réserve !

27 mars 2015

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 9 h 54 min

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Victor Coudesabot |
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