Réfléchir et dire… un peu

Un site utilisant unblog.fr

21 mai 2018

Passeurs de livres…

Classé dans : être,je pense donc...,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 16 h 39 min

Passeurs de livres…

 lire à la BIBLIO

Une bibliothèque, c’est comme un éclairage public.. Pas vitale, mais bien utile… Comme pour les lampadaires, il est des bibliothèques de belle stature et de forte intensité, il en est d’autres plus modestes… Dans un quartier, un village, c’est souvent une lumière qu’il est bon d’entretenir.  On y collectionne de l’intelligence en lignes pour la tenir à la disposition de tous. Mieux, on y  rassemble des témoignages de cette intelligence passée et contemporaine, si possible, capables de satisfaire des goûts divers et de susciter des curiosités…

Cela ne veut pas dire qu’elle détient des trésors de sagesse : l’intelligence des auteurs, comme celle des personnes qu’ils font revivre ou qu’ils créent, peut être façonnée de qualités humaines bien diverses : de la générosité à la mesquinerie, de la bonté à la méchanceté, de la naïveté à la lucidité, de la simplicité d’esprit au génie… toute la palette de la psychologie et de la sociologie étale ses teintes, ses nuances et ses mixages… dans nos rayons.

Choisir, bénévolement ou professionnellement d’appartenir à l’espèce des «Passeurs d’histoires, de savoirs » pour plagier Vincenot, c’est un bel engagement.

Comme tous les engagements, il a ses intensités et ses faiblesses ; appartenir à une collectivité qui partage cette croyance dans l’écrit et tous ses avatars imagés, sonores… permet de modérer ensemble les trop-pleins d’enthousiasme et de trouver le réconfort nécessaire parfois…

La richesse de ce groupe, c’est aussi celle de la convivialité active au service des autres, pour la bibliothèque, au service du public, connu et potentiel.

J’ai appartenu avec bonheur à un tel groupe ; nous avons le choix de la forme et de l’intensité que nous voulons donner à cet engagement : des impératifs de disponibilité, de goûts, d’aptitudes aussi, rendent obligatoires la diversité de cet engagement, et c’est ce qui en assure sa richesse

La seule nécessité est le respect ! Respect de la finalité globale de l’association qui nous réunit. Respect de la forme que chacun a choisi de donner à son engagement. Respect des personnes dans les paroles comme dans les actes…

Assurer la plénitude de l’accomplissement de cet engagement dans la mesure du possible et des circonstances, aussi petite soit la taille que nous pouvons lui donner, est une base appréciable.

Choix, engagement, respect… et un autre mot auquel je suis attaché, c’est celui de crédit : croire en ce que l’autre accordera et redonnera, faire crédit à ceux qui partagent notre choix de promouvoir l’écrit dans notre lieu de lumière, faire crédit de leurs belles intentions et de leur volonté de bien servir ensemble…

Aucun de ces lieu de mots offerts n’est anodin dans son ingéniosité : contes – livres à découvrir – débats philo – écritures de nouvelles….

Après bien des choix, des engagements précédents ailleurs, toutes ces années  furent formidables !

Belle suite et bel épanouissement à tous ceux qui donnent vie aux livres et dont j’ai le bonheur de retrouver les sourires, les mots d’accueil, à Montgeron, aux Sables d’Olonne, à Frontignan, ailleurs aussi, là où lisent mes enfants, petits-enfants, amis…!       Brefs ou prolongés, ce sont tous des souvenirs heureux que ces malles ouvertes sur leurs trésors m’ont bâti et me bâtiront…

 

 

 

18 mai 2018

La cruche fêlée

Classé dans : contes et légendes,mon livre,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 13 h 16 min

 

Un beau conte, connu, répété et même utilisé dans mon livre : croire en son utilité envers et contre tous les vents contraires :

 

Dans le train qui me remontait vers Paris, une voisine de siège, de hasard m’a fait retrouver un conte que j’avais entendu ou lu avec des circonstances, des personnages différents, mais qui en tous ses avatars portait toujours la même force.

Pour ce jour, c’est en Chine qu’elle m’a transportée, près d’une vieille paysanne dont la fonction depuis très longtemps était d’alimenter le hameau en eau.

Plusieurs fois par jour, son balancier en équilibre sur ses épaules, elle portait ses cruches vides jusqu’à la source éloignée et les rapportait pleines et fraîches.

Seulement, l’une des cruches, récente, solide, rapportait toute son eau, sans en perdre une goutte alors que l’autre plus âgée, usée, fêlée suintait tout le long du chemin et arrivait à moitié vide au village.

Évidemment la belle grosse cruche se moquait de la pauvre cruche fissurée qui en souffrait  beaucoup.

Un jour, elle n’y tint plus et osa parler à la vieille Chinoise :

- Tu dois me jeter ! Je suis usée, je perds de l’eau et ne rapporte presque plus rien au village. Je suis lourde et tu te fatigues pour peu de résultats… Abandonne-moi ce sera beaucoup mieux !

- Pas question ! s’exclama la porteuse d’eau. As-tu déjà fait attention au chemin que nous parcourons depuis tant de jours ?

- Oui, il est long pour toi !

- Mais non, bécasse ! Regarde bien sur ton côté, lorsque nous allons à la fontaine tout est sec, caillouteux triste… De l’autre côté, celui que tu suis, lorsque je t’ai bien remplie, poussent des fleurs splendides, toutes espèces de fleurs, de toutes formes, toutes tailles, toutes couleurs, tous parfums. Elles sont là grâce à toi.

Sur ce bord de notre chemin habituel, j’ai semé des graines, il y a longtemps, et toi tu les arroses, doucement plusieurs fois dans une journée à chaque retour… Si je peux embellir ma maison, celle de mes amis du village, nos fêtes c’est grâce à toi. Tu es usée, tu fuis, la belle affaire ! Ce que tu appelles tes défauts pour moi, pour nous, ce sont des richesses et nous y tenons…

La jeune cruche avait bien compris le beau travail de sa compagne et demanda à la vieille dame de la remplir encore plus pour remplacer un peu la cruche fêlée…

 

16 mai 2018

Croire et être en toute liberté…

Classé dans : je pense donc...,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 12 min

Croire et être en toute liberté…

             J’ai toujours évité de parler religion, par respect pour tous mes amis, mes anciens élèves, les membres de ma famille et les croyants et non-croyants sincères dont j’entends ou lis les témoignages.

Pourtant les questions, les réflexions auxquelles m’invitent nombre de ces personnes et nombre de perplexes, me font franchir le pas de mes convictions… « Mes », ce qui ne cautionne ni une Vérité ni une Légitimité, uniquement le fruit de mes expériences, de mes circonstances et de mes entretiens.

Je suis né dans une famille bivalente : une partie paternelle très croyante, voire cléricale, à l’ombre de fait et d’idées de l’énorme église qui avoisinait la boulangerie familiale et une partie athée, profondément empreinte de l’humanisme laïc.

Les représentants les plus influents de ces deux convictions dans ma commune, partageaient au moins l’intelligence de croire d’abord au mieux être et devenir de l’individu ; ils pratiquaient un altruisme concret   L’hypocrisie des factions les amenait, et j’en fus maintes fois témoin, à se rencontrer clandestinement… souvent pour trouver des solutions à des problèmes… Quitte à se bousculer dans les joutes orales publiques…

Toute ma vie, J’ai rencontré bien de ces hommes, de ces femmes, qui religieux ou non furent des acteurs, des moteurs parfois, pour les actions auxquelles j’ai été amené à participer, scoutisme, création de maison de jeunes, aides à l’habitat, à l’enfant et à l’adulte fragilisés, soutien de familles, centres de vacances, pupilles de l’Education, bibliothèque, vie scolaire bien sûr… Il arrive à chacun de subir des épreuves qui révoltent et font douter de la vie même et alors la ferme présence de telles personnes aide à dépasser ces situations personnelles désespérantes…

Je crois en l’individu et en son potentiel de solidarité ; tant mieux pour lui si ses convictions intimes lui apportent la force d’être. Ce qui différencie l’homme de l’animal, (J’emprunte à Vercors et ses ANIMAUX DENATURES), c’est sa faculté d’abstraction, de ses idées jusqu‘à la spiritualité et c’est cette capacité d’idéalisation, qui le mène, parfois même dans les moments les plus noirs…

Par contre, je ne me fie pas du tout aux Institutions dont l’histoire n’est que trop souvent la justification de dominations, de tortures, de massacres perpétrés par des meneurs à l’aide de fanatiques, sous couvert d’idéologies absolues. Je n’omets certainement pas les idéologies politiques despotiques, religieuses ou non ! Toutes sans exception depuis les premières déifications sauvages, du cannibalisme rituel aux sacrifices humains dédié à telle ou telle entité, au soleil par exemple, aux jugements des dieux, aux arènes, aux guerres de religion, aux missions de « conversion » dans les contrées lointaines, aux fascismes… toutes accompagnaient des tyrans en mal de pouvoir, d’asservissement, de richesses… Même les propriétaires exigeaient de leurs employés, de leurs fermiers l’obéissance à l’Eglise… Je ne peux oublier que longtemps la lecture des écrits fut considérée comme sacrilège, trop susceptible de démystifier des textes obscurs présentés comme paroles divines. La négation de découvertes, de la rotondité de la Terre à des vaccins, du refus de l’âme aux femmes à l’interdiction de la liberté de leur maternité, du rejet des différences individuelles… tout est contraire à la nature profonde de l’humanité : son droit d’être et son obligation au respect d’autrui dés lors qu’il ne nuit pas…

Je répète que cela n’enlève en aucune façon la qualité profonde de tous ces gens qui ont ponctué l’histoire de l’humanité en mettant la charité active en pratique, que ce soit avec la force de leur foi religieuse ou de leur foi laïque

Croire est le lot de tous, mais obliger par force, par peur, par tromperie à se plier à une croyance à une mystique est un délit. Il sape non seulement les Droits de l’Homme mais lui dénie sa liberté à s’assumer dignement et librement.

14 mai 2018

Violence et puis…

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 19 h 14 min

Violence, harcèlement, humiliation… intolérables même si certains considèrent que les bizutages, les cris, les mots durs, font partie de l’éducation, à l’anglaise, pas nouveau non plus la littérature et les biographies le montrent, la Guerre des boutons, n’était pas une rareté… Plusieurs déménagements m’ont appris la dureté des cours de récréation et parfois celle des adultes ; 40 ans d’enseignement m’ont appris que plus que les textes, la nécessité de la présence, juste, ferme et rassurante des éducateurs est primordiale…

Ma conclusion, ferme, elle aussi : rien, rien n’est possible, aucune application d’intentions, de textes, dans l’éducation comme dans l’instruction sans un consensus réel dans l’équipe d’établissement, tant pour l’élève que pour l’interaction des professeurs, leur soutien mutuel en fait partie… Toutes les écoles qui prennent vraiment en charge l’organisation cohérente de leur établissement, et réagissent face aux problèmes, souvent discrètement, il y en a beaucoup heureusement, le font grâce à une équipe véritable et une direction compétente… Mais là, nous sommes dans la bonne volonté et l’aléatoire… Aucune formation ne prépare à cette logique d’équipe, aucune formation approfondie ne dote les directeurs de vrais outils d’animation… On ne parle, vous ne parlez, que d’un prof face à ses élèves… Encore et toujours l’école est une loterie…

La prise de conscience est manifeste, pourvu que son suivi soit effectif même sous d’autres gouvernements ! Que ce ne soit pas seulement des faits médiatisés, qui, pour un temps agitent notre société…

Aujourd’hui encore, trop souvent, les parents croisent les doigts : « Pourvu qu’il, qu’elle tombe avec ce maître, cette maîtresse, pas avec l’autre… ». Quand, partout, pour tous les établissements penseront-ils d’abord à une école, globalement et pourquoi pas une communauté !

26 avril 2018

Lettre de Stéphane Hessel à son petit-fils .

Classé dans : Non classé,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 06 min

 

A partager avec vous une belle lettre de Stéphane HESSEL écrite en 2004.

Stéphane Hessel (20 octobre 1917 – 27 février 2013), résistant de la première heure, rescapé des camps de la mort, est devenu un diplomate engagé sur les droits de l’homme, la question des « sans-papiers » ou le conflit israélo-palestinien. L’auteur du best-seller politique Indignez-vous ! (2010), manifeste du mouvement des indignés, est un homme de famille attentif à la transmission de l’Histoire.

Mon Daniel, ça y est ! Elle est donc née, Marie, elle fait de moi un arrière-grand-père. ça fait un mois que j’y pense tous les jours et que je résiste à l’envie d’en parler avec toi. Quelque chose m’intimide devant cette échéance qui me coiffe du bonnet du patriarche.

Je n’ai sûrement pas été un bon grand-père pour toi: ta vie débordante de musique, de voyages, de rencontres, d’échecs et de triomphes, j’aurais dû y être plus présent, plus mêlé. La mienne déjà si longue charrie encore trop d’engagements. Nos contacts ont été des moments de joie, de tendresse, de rigolade, pas de méditation.

Cette naissance appelle de la méditation, pas seulement de l’émerveillement joyeux. Je vais peut-être te sembler tout à coup bien pontifiant. Ce n’est pas mon habitude. Mais tu ne mesures peut-être pas l’importance du coup que tu as réussi et dont je suis jaloux.

Tu es déjà toi-même le produit d’apports multiples. Tes deux grands-pères viennent l’un de Berlin, l’autre de Chinon et leurs ascendants de Saint-Pétersbourg, de Londres et de Tulle. Mais ce que ta compagne Leïla apporte à cet enfant est inestimable: l’Orient des tziganes et l’Afrique de la Mauritanie. Marie sera donc le fruit d’un vrai métissage. Elle sera un passeur et je compte sur toi pour développer en elle cette qualité, la rendre fière de la diversité de ses composantes. Dans les replis de ce siècle encore jeune mais déjà compliqué, elle aura l’occasion d’en faire usage et profit.

Un jour quand elle aura vingt ans, elle tombera sur une camarade qui étudie l’histoire de France du XXe siècle, si loin déjà mais riche encore de massacres recensés et où les historiens auront repéré une date, 1944, et un drôle d’organisme clandestin qui, en pleine guerre, a réfléchi sur l’après-guerre et qui s’est appelé Conseil national de la Résistance. En 2024 Marie aura vingt ans et ce sera le quatre-vingtième anniversaire du programme du CNR. Il ne restera plus personne depuis longtemps qui ait vécu cette époque. Mais avec les formidables progrès qu’aura faits l’archivage historique, il y aura bien un chercheur pour cliquer sur son ordinateur et découvrir sur son écran l’Appel lancé à quelques jours de la naissance de Marie lors du soixantième anniversaire de ce texte par une bande de camarades de la Résistance.

Et nous supposerons qu’alors sa camarade à elle lui dira: « je vois que ton grand-père a signé cet appel et qu’il était un résistant ».

Elle se retournera vers toi et te demandera ce que cela veut dire. J’aimerais que tu lui fasses une réponse qui stimule son intérêt pour ce vocable. Parce que c’est un vocable précieux, à mon sens, pour une jeune femme du XXIe siècle, pour celle que sera devenu ce fragile et vaillant bébé que nous avons vu hier reposant entre les mains larges et noires de Leïla.

De moi, si elle te pose la question, tu peux lui dire ceci: ton arrière-grand-père a eu beaucoup de chance. Quand il a eu vingt ans le monde ne s’était pas débarrassé de la détestable habitude de faire des guerres pour faire triompher une nation, une race, une idéologie. Et ayant en face de lui un fou dangereux qui voulait subjuguer toutes les autres races à la race aryenne (comme elle aura appris l’histoire du XXe siècle à l’école elle saura de qui tu parles) mon grand-père n’avait aucune hésitation pour savoir à qui et à quoi il s’agissait pour lui de résister. Reste la question du comment. Si ta camarade a parlé de lui comme d’un résistant, c’est que les hasards et les chances dont il a bénéficié lui ont permis de reprendre le combat. Tant d’autres auraient voulu le reprendre et en ont été empêchés. Tant d’autres ont été bien contents de ne pas le reprendre. Il a pris des risques, a failli plusieurs fois y laisser la peau, a donné du fil à retordre à l’ennemi, a survécu.

Tu tâcheras de raconter ça le plus sobrement possible à Marie pour qu’elle y voie une jolie légende (tu enjoliveras un peu pour qu’elle ne s’ennuie pas trop).

Mais ensuite tu lui poseras les vraies questions sur la « résistance ». « Et toi, lui demanderas-tu, à quoi as-tu envie de résister ? »

Ne la guide pas trop dans sa réponse. Laisse parler son instinct poétique, ses émotions adolescentes.

Ce n’est évidemment pas à moi, ni non plus à toi de définir pour Marie ce qui l’indigne, ce qui l’enthousiasme, ce au nom de quoi et à quoi elle veut résister.

Et je te rends attentif, ici, à la vitesse à laquelle les problèmes du monde évoluent, se renouvellent, se transforment et comme il est difficile (impossible !) de prévoir quels seront les défis de 2024.

Nous sentons bien que de grandes explosions techniques, scientifiques, peut-être morales sont en cours, ou – plus grave encore – en attente. Des impatiences. Des tentations violentes. Des crispations communautaires, ce sont les pires !

Mais aussi des avancées patientes et courageuses dans le domaine du savoir sur l’homme, sur son inhumanité à résorber, un épanouissement peut-être de cette géopoétique dont le grand écrivain franco-britannique Kenneth White est le prophète.

En vingt ans, le monde aura forcément beaucoup changé. Vois comme il n’a déjà plus rien à voir avec celui où nous avons élu François Mitterrand à la présidence et l’avons accompagné jusqu’au Panthéon, une rose à la main.

Pas question donc de décider à quoi Marie devra – ou surtout voudra – résister. Mais sois sûr que la jeune  femme qu’elle sera devenue, enfant du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident, saura peser ses choix.

Dis-lui alors simplement de la part de son arrière-grand-père qu’elle ne deviendra elle-même et heureuse et forte qu’en refusant fermement de se plier à une pente des choses qui lui sera présentée comme inévitable ou à donner son aval à une situation qui la choque mais qu’on lui dira irrémédiable. De quelque direction que soufflera le vent de l’histoire, c’est la façon courageuse dont Marie tendra sa voile qui fera d’elle la navigatrice dont on s’accordera à dire qu’elle est une vraie résistante. Et la déesse de l’amour, la plus exigeante de toutes, lui prodiguera sa protection. Mais voilà, cher Daniel, que par ce vent je me laisse emporter.

Pardonne-moi: j’aurais dû résister.

Stéphane Hessel

23 avril 2018

ANNIVERSAIRE

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 35 min

J’ai un profond respect des dates d’anniversaires,
Ces portes que le temps dispose autour de nous,
Pour ouvrir un instant nos cœurs à ses mystères,
Et permettre au passé de voyager vers nous.
Anniversaire… Que d’avis exprimés qui se résument par j’aime et je n’aime pas, parfois en accusant ces marques du calendrier d’être fautives du temps passé, du vieillissement présent, parfois aussi d’être des empreintes douloureuses… d’autres aiment parce qu’elles sont au contraire significatives de durée de vie, des peintures persistantes, même si pâlies, de temps éphémères heureux…

Les anniversaires, ce sont des portes, que l’on découvre successivement dans le couloir de l’existence, ces portes nombreuses, très nombreuses… Nous n’en ouvrons que quelques-unes, les autres resteront un mystère, mais celles franchies tissent notre passé et marquent durablement notre mémoire de route… Notre journal de vie s’écrit avec ces dates d’anniversaires et les saluer non seulement le ponctue, mais surtout leur donne un renouveau, plein de continuité et parfois de souhait en un mieux…

Si l’oubli est impossible, demain peut au moins le rendre moins présent par d’autres actions, d’autres sentiments…

 

29 mars 2018

L’AMITIE

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 53 min

L’amitié.

                           Il s’appelait DESIRE, c’était un pauvre fermier écossais. Un jour, alors qu’il tentait de gagner la vie de sa famille, Il entendit un appel au secours provenant d’un marécage proche.

Il laissa tomber ses outils, y courut et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu’à la taille dans le marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer.

Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort aussi lente que cruelle.

Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme.

 

Un noble, élégamment vêtu, en sortit et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.

- Je veux vous récompenser, dit le noble.  Vous avez sauvé la vie de mon fils!

- Je ne peux accepter de paiement pour ce que j’ai fait répondit le fermier écossais.

Au même moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane.

- C’est votre fils ? demanda le noble.

- Oui, répondit fièrement le fermier.

- Alors, je vous propose un marché.

Permettez-moi d’offrir à votre fils la même éducation qu’à mon fils.  Si le fils ressemble au père, je suis sûr qu’il sera un homme duquel tous deux seront fiers.

Et le fermier accepta.

Le fils de Désiré Fleming, le fermier, suivit les cours des meilleures écoles  et à la grande finale, Il fut diplômé de l’Ecole de Médecine de l’Hôpital Sainte-Marie de Londres.

Porteur d’une grande aspiration, il continua jusqu’à être connu du monde entier et devint fameux !

Son nom ?? Dr Alexander Fleming qui découvrit la pénicilline !

Des années plus tard, le fils du même noble qui avait ét sauvé du marécage était atteint d’une pneumonie.

Qui lui sauva la vie, cette fois ?… La pénicilline.

Comment s’appelait le noble ?

Sir Randolph Churchill et son fils, Sir Winston Churchill.

Quelqu’un a dit un jour :

 » Tout ce qui s’en va, revient… « 

Travaille comme si tu n’avais pas besoin d’argent.

Aime comme si tu n’avais jamais été blessé.

Danse comme si personne ne te regardait.

Chante comme si personne ne t’écoutait.

Vis comme si le Ciel était sur la Terre.

Si les bisous étaient de l’eau, je te donnerais la mer

Si les câlins étaient des feuilles, je te donnerais un arbre

Si la vie était une planète, je te donnerais une galaxie

Si l’amitié était la vie, je te donnerais la mienne.

23 mars 2018

1968 interdire

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 18 min

1968  date à laquelle on revient toujours : « Il est interdit d’interdire ». C’était au départ empêcher d’aller rejoindre les filles dans leur dortoir pour les étudiants de Nanterre… Tout le reste ne fut qu’amalgame… dans lequel chacun, plus ou moins bien intentionné, fourrait ses idées, ses fantasmes. En faire une fragmentation morale de la société est un énorme non-sens : Jeune enseignant avant 68, comme pour beaucoup de mes collègues ça n’a rien changé après, ni dans le règlement ni dans son application… J’ai connu les rues de Boulogne Billancourt, d’Auteuil, les bals de village et en bleu, en cravate, les rencontres étaient violentes les transgressions hypocrites, réelles dans les familles comme dans les bandes… Quels ados furent ceux qui vilipendent la permissivité actuelle, chez les autres, combien furent, sont ou seront des parents ouverts autant que fermes…

La peur, pas forcément celle de la violence, est un grand moteur ; peur de perdre sa tranquillité, peur de déplaire à ses voisins, peur de ce qu’en dira-t-on que l’on veut bien appliquer aux autres mais pas se voir appliquer…

Interdire, ce verbe que l’on veut voir appliquer aux AUTRES mais pas à nous. Interdire, ce verbe que l’on veut voir ouvrir à sanction par les « autorités » mais pas pour nous…

Comprendre oui, admettre peut-être, selon les circonstances et la nuisance, discuter toujours si possible, sanctionner, oui avec bon sens et à bon escient avec équité.

De nombreux élèves en responsabilité, de tous âges, de toutes origines, confessions, éducation, niveaux de compréhension, de nombreuses familles, bien des associations m’ont appris que fermeté n’est pas dictature, que discuter, (écouter et dire) n’est pas faiblesse et que réagir ( admettre les raisons de l’autre- maintenir les nôtres – sanctionner et corriger) vaudront toujours mieux que hausser les épaules, baisser les bras et laisser à d’autres le soin de décider pour nous… en fait se réfugier dans l’abstention…

15 mars 2018

Violence

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 35 min

Il y a 18 ans, j’étais bien près d’achever mes 40 ans d’enseignement spécialisé et direction élémentaire, en rentrant chez moi j’ai assisté à une sortie de lycée : une dizaine de jeunes gens frappaient violemment un autre lycéen tombé à terre. J’ai planté ma voiture au milieu du carrefour et je me sui précipité.  J’ai écarté les frappeurs, j’ai relevé la victime et lui ai dit de filer. J’étais en rage, contre les agresseurs qui n’ont même pas réagi, certains m’ont reconnu comme leur ancien dirlo pourtant… Mais en rage aussi contre la multitude des parents qui attendaient que leurs grands : aucun n’avait réagi avant… Par contre, ensuite, les invectives, les menaces, les parapluies levés contre les cogneurs en train de se disperser ont jailli. Souvenez-vous de cette jeune femme poignardée pour avoir secouru une autre jeune agressée dans un car… Que faisaient les spectateurs ? Idem, cette automobiliste dressée entre des chauffeurs violents paralysant le carrefour de la Porte d’Orléans, alors que nous nous murions dans notre véhicule…

Hurler, après, peut soulager mais ne donnera pas le courage d’affronter ensemble quand cela devient nécessaire… Ce n’est pas une loi spécifique qu’il faut ; mais bel et bien une structure nouvelle, totale de notre système scolaire avec des établissements à taille humaine, des équipes cohérentes, des personnels formés avec soin en psycho, socio et pédagogie, des directions responsables bien préparées, des régalements,  des projets de fonctionnement adaptés aux environnements, des moyens de soutiens, d’encadrements réels et spécifiques en besoins bien déterminés…

Alors et alors seulement, nos établissements deviendront des univers protégés et conformes à leurs missions d’enseignement et d’éducation… Faire du plâtrage, du replâtrage au coup par coup ne rendra jamais notre système efficace et apaisé !

Puisque nous vivons dans une société de plus en plus tournée vers la concurrence, l’avoir plus que l’être, la violence physique ou policée, au moins, donnons le temps de la jeunesse, un microcosme positif à nos enfants !

C’est possible, je l’ai connu ! Le règlement établi ensemble, accepté par la communauté,  était un référent respecté, et les retours au calme en rangs (jusqu’en 2000) ne nous ont jamais valu de reproches.

10 mars 2018

L’arbre qui ne voulait pas fleurir !

Classé dans : contes et légendes,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 51 min

Dans ce village, à chaque fois que naît un enfant, on plante un arbre dans son jardin. Ainsi, en même temps que l’enfant grandit, grandit l’arbre qui l’accompagne.

Par la fenêtre de sa chambre, Sam ne cesse de regarder le sien. A mesure que les années passent, il se rend compte que quelque chose ne va pas.

Dans les jardins d’à côté, les arbres se transforment au fil des saisons. L’hiver, ils courbent leurs branches sous la neige. Au printemps, les bourgeons poussent. L’été, de petites fleurs blanches percent au milieu de belles feuilles vertes et, en automne, ils font tomber avec grâce des feuilles jaunes sur l’herbe des jardins. Mais pas le sien. Celui de Sam reste sec et rabougri, son tronc fragile ressemble à un morceau de bois planté dans la terre.

Bien sûr, ses copains se moquent de lui : « Hé Sam, tu devrais lui coller des feuilles en tissu sur les branches ! » Ou encore : « A l’automne prochain, je te donnerai des feuilles mortes. Tu n’auras qu’à les poser au pied de ton bout de bois ! »

Seule Laura, sa petite voisine, lui dit : « Ne t’inquiète pas Sam, un jour il fleurira. »

Un nouveau printemps approche. Sam a tout essayé. Il a arrosé son arbre avec des engrais divers, il lui a parlé, lui a chanté des chansons, mais en vain. Une immense tristesse l’envahit. Il s’assoit au pied de son arbre et sent ses yeux le piquer.

« Qu’y a-t-il, Sam ? fait soudain une voix derrière lui. Tu pleures ? »

Incapable de répondre, Sam libère de grosses larmes qui roulent sur ses joues et tombent au sol. Laura – car c’est elle – s’approche alors et demande : « Je peux pleurer avec toi ? » Et pendant une heure, leurs larmes se mélangent à la terre.

Le lendemain, Sam est réveillé par des cris. « Vous avez vu ? » « Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

Encore en pyjama, il se précipite dans son jardin et découvre à la place de son morceau de bois, un arbre magnifique aux branches gonflées de bourgeons prêts à éclater.

Laura se tient parmi tous les copains admiratifs. Il la rejoint.

« Je te remercie, tes larmes sont magiques ! » dit-il.

Elle hausse les épaules et répond : « Il fallait juste qu’on soit deux pour le réveiller. » Et tous les deux, main dans la main, admirent l’arbre en souriant.

 

12345...8
 

Victor Coudesabot |
Savoirses |
P4corneille |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | the blonde box
| Shareprof
| Cgt56chba