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17 décembre 2017

48 – La proposition de loi. suite

Classé dans : mon livre,Non classé — linouunblogfr @ 21 h 26 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! « 

 

Ce mercredi devait être chargé, à tous points de vue.

J’ai soigné ma tenue ce matin-là … Tailleur, talons hauts… de longues minutes à me tirer les cheveux : « Il faudra que je les fasse couper ! »

Hier soir, j’avais glissé mon message : « Tout va bien, je vous raconte plus tard. Demain,  nous allons voir les députés, notre devoir est fini ! Bises. »

Juliette, préposée au clavier, m’avait répondu : « Si tu passes à la télé, fais-toi belle et préviens-nous, je le dirai à mes copines. Bisous xxxx »

Je ne sais si les sièges de l’Assemblée Nationale étaient plus occupés que d’habitude… Aux dires, saisis çà et là, je pense que oui et il reste vrai que peu de vides clairsemaient les rangs de nos élus. Même les deux rangées réservées aux représentants du gouvernement étaient occupées.

Les derniers députés pénétraient, précipitamment ou sans hâte, selon les tempéraments, dans l’hémicycle. A l’entrée gauche, il ne prêtaient plus attention à Rouget de l’Isle chantant pour la première fois la Marseillaise chez le Maire de Strasbourg, pas plus qu’à l’entrée de droite à l’allégorie de la République écrasant les privilèges, plus symbolique en ce jour, pour nous, du triomphe de la déesse Raison.

Normalement la remise d’une proposition de loi ne donne pas lieu à tant de cérémonial. Le dépôt en serait bref et simple, nous l’avions souhaité public en reconnaissance de la volonté nationale exprimée par tant et tant de réactions, de réunions populaires et citoyennes. Nos élus avaient satisfait à cette demande en permettant que la Proposition soit déposée solennellement sur le bureau du Président.

Pour moi, pour de nombreux délégués, notre présence en ce lieu empli d’Histoire et Témoin de la naissance de notre Code législatif était déjà un événement.

Le document qui nous y amenait était d’importance et l’éclat de l’Hémicycle, autant que la majesté des salles, traversées, amplifiait la solennité du moment.

La remise solennelle par les sept députés cosignataires de notre Proposition de Loi devait s’effectuer en début de séance à 15 h

Toutes les places disponibles couronnant l’hémicycle étaient occupées par les amis de notre mouvement. Certains avaient fait un long déplacement pour cette occasion, ce bref instant…

Les députés avaient été assaillis de demandes de billets de séance. Toutes n’avaient pu être satisfaites naturellement.

Les plus chanceux, comme nous les délégués nationaux, avaient patiemment pris place dans une longue file d’attente, présenté une pièce d’identité, et indiqué le nom du député qui nous parrainait.

Evidemment, la presse, les médias, déjà habitués de ces lieux, fixaient, pour mémoire et pour diffusion, notre agitation, nos commentaires avant que n’arrive le Président.

Devant le Palais Bourbon et la sphère de granit noir des Droits de l’Homme, le public était considérable. Le moderne tam-tam avait bien fonctionné entre les membres des groupes de travail initiaux, ceux des Comités des Académies, les parents, les enfants, les adolescents, les jeunes gens, les enseignants, les bénévoles associatifs, les sympathisants les plus divers,…

Des optimistes, beaucoup d’optimistes, portés par l’Espérance émergeant de l’amphore de Pandora…

Il était facile d’imaginer que le site de l’Assemblée et la Chaîne Parlementaire, au moins eux, avaient de nombreux spectateurs. Je vous le confirme, en cette période, la modestie n’était pas notre première qualité !

Nous espérions que l’influence de cette affluence conduirait nos 577 élus à un accord pour ne pas programmer dans le long terme l’examen de notre texte.

Nous avions obtenu que la remise de notre Proposition de Loi soit physiquement symbolisée par son dépôt entre les mains de Président de l’Assemblée en séance publique et non au Bureau, cet organisme chargé de gérer son fonctionnement.

Le Président a gagné avec solennité sa chaire et a déclaré la séance ouverte.

La voix de cet homme habitué aux réunions les plus importantes pour notre pays, rompu à l’écoute des interventions les plus lourdes de conséquences, les plus éprouvantes et parfois les plus conflictuelles, cette voix a sonné avec une gravité que j’ai voulue, pourtant, particulière…

Monsieur le Président. : – Par décision unanime du Bureau de notre Assemblée Nationale, il a été décidé que le dépôt de la proposition par un collège de nos confrères, toutes appartenances reconnues et conjointes, pouvait se réaliser ce jour entre mes mains.

Je la recevrai au double titre de Président de notre Assemblée Plénière et de Président du Bureau.

Cette remise n’appellera aucun commentaire, aucun débat. Nous estimons que le caractère remarquable et rare de cet événement témoigne de l’attention que nous avons portée à tout le mouvement de nos concitoyens et de l’importance extrême que revêt pour nous, l’Ecole de notre République.

Très rapidement, chaque élu de notre institution disposera d’un exemplaire de cette proposition et alors commencera son étude selon les démarches conformes à notre règlement législatif.

Messieurs, je me tiens à votre disposition !

Un huissier s’est avancé vers nos mandataires élus.

Lors de l’accueil du Président, le silence avait été total, à peine rayé par des bruits non significatifs et brefs. Lorsque nos sept signataires sont montés jusqu’au Responsable le plus altier de l’hémicycle, le silence avait gagné en puissance encore, celle d’un pacte de confiance, de paix et d’espoir.

Chaque député portait un exemplaire de notre Recueil transformé pour répondre aux normes d’une Proposition de Loi. Tour à tour, ils l’ont remis en mains propres au Président, l’ont salué avec un échange que nous ne connaîtrions que plus tard. Il était question de dépôt précieux, de remerciements avec plus de regards que de mots.

La Haute Autorité de ce lieu demanda que soit attribué à notre Document un numéro d’ordre et la date de cette réception d’ordre afin qu’elle soit mentionnée au feuilleton remis à chaque parlementaire ainsi qu’au Journal Officiel.

J’avoue n’avoir que très rarement et jamais attentivement assisté à des retransmissions de séances publiques, je ne peux donc établir aucune comparaison mais c’est décidé, je vais devenir une citoyenne responsable et curieuse. Les étapes promises à notre texte me verraient studieuses.

e n’ignorerai, quand même pas, ni le travail des commissions, ni la Navette entre le Sénat et le Palais Bourbon. Je noterai toutes les remarques du Gouvernement, tous les risques de restriction ou de non-conformité relevée par le Conseil Constitutionnel. Bref, ma science législative allait devenir abondante et pointilleuse et compenser la honte de mes ignorances…

Lorsque le Président s’est levé pour saluer leur départ, alors le silence est devenu tumulte d’applaudissements.

Le cours ordinaire des séances de réunion publique s’est rétabli et peu à peu le public s’est écoulé. Je dois quand même dire que l’Hémicycle aussi a vu se vider nomb-re de ses sièges identifiés !

Nous n’avions pu solliciter ni organiser pareil événement au Palais du Luxembourg et au Palais-Royal, mais sept sénateurs, pareillement divers, avaient rencontré le Président du Sénat, le second personnage de notre République, avec des membres de son Bureau pour lui remettre, moins solennellement mais avec autant d’intensité, les exemplaires de notre Proposition de Loi pour L’Ecole.

Plusieurs de nos Sages, notre Bureau à nous, qui avaient pris rendez-vous avec les onze autre Sages du Conseil Constitutionnel, ont placé entre les mains de son Président, notre précieux document.

Evidemment, même non publiques, ces remises ne se sont pas effectuées pas sans que la publicité en soit assurée par les correspondants de nombreux journaux écrits, parlés et télévisés. La presse étrangère avait été titillée par cette agitation. Badges, panonceaux annonçaient leur présence.

Il nous fallait, d’ailleurs, maintenant retrouver tous ces Mercure et alimenter leurs sacs à curiosité.

15 décembre 2017

- 46 –Le musée de ROB et la main.suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 19 h 43 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

 

Rob nous avait donné rendez-vous à son atelier, devenu musée privé. Thierry devait nous rejoindre directement à l’appartement.

D’emblée, l’homme de lettres fut fasciné par l’univers de l’homme d’outils.

Lui qui avait entendu s’exprimer tant de pensées enthousiastes a été pourtant submergé par la passion que dégageait le magicien des petites dentures.

L’écrivain public admirait le bon sens.

 

Ses rencontres si abondantes, si variées, lui prouvaient, chaque jour, combien ce bon sens se révélait en chaque propos pourvu qu’il fut spontané. Il reconnaissait l’intelligence dans la complémentarité des observations, des déductions analogiques, de la mémoire et de l’ouverture judicieuse de ses tiroirs. Lui, sa fascination, remontait à l’homo faber.

Son prof. de philo, en terminale, était une bête qui l’avait fortement marqué mais surtout lui avait proposé comme sujet d’exposé l’affirmation d’Anaxagore :

« L’homme est intelligent parce qu’il a une main ! ».

 

Au milieu du temple de la dextérité, Sylvain a retrouvé sa fougue, encore plus convaincue aujourd’hui qu’il a mûri. Sapiens oui, mais faber plus sûrement. Sylvain ne voyait dans la main aucune représentation du pouvoir. « Etre entre les mains » n’a pas de répercussion, ni comme sanction, « la gifle », ni comme applaudissement, « la claque ». Ne l’inspirait pas plus, la protection de la « main étendue » sur le sujet comme une égide.

Il ne s’arrêtait pas non plus à la main qui salue, qui consacre, qui menace, qui bénit… Sylvain les avait toutes imaginées ainsi que leurs codes, leurs signes, leurs lignes, leur alphabet pour les malentendants, leurs formes… quand il était étudiant. Il nous a expliqué la main qui pétrit, même machinalement, la main qui joue « greli-grelo », qui mime, pierre, feuille, ciseaux et puits. Derrière le dos, pour confondre le choix de l’adversaire, déjà la main dirige le hasard.

La manipulation du prestidigitateur, plus rapide que les commandements du cerveau… Apprentissages certes mais aussi liberté d’épanouissement, d’enrichissement des palpations, des gestes fins plus rapides que le regard du spectateur le plus attentif…

Les mains reines sont celles, pour Sylvain, qui créent, qui réparent, qui s’adaptent à l’outil, à l’instrument, au crayon, mieux elles adaptent l’outil à leur préhension.

Parce qu’ils peuvent le geste, l’homme, la femme, le nourrisson, l’osent, en tirent des expériences. Ils laissent la main se meurtrir, s’échauder, se glacer, caresser…

Par elle, ils engrangent bien des nuances de serrages, d’appuis, de pincements, de grattages, de frottements. Par elle, ils s’éduquent, de la menotte aux doigts si fureteurs, du pouce si réconfortant à la main du chirurgien, à la main du ciseleur…

Ces mains aux habitudes profondément incrustées et aux réflexes de génie…

- Je suis fasciné, littéralement capturé par l’individu manuel, retour à l’homo faber.

J’aime regarder, écouter, son silence concentré, de bricoleur, de grand savant. Il n’a pas appris des gestes, des techniques pour en faire un métier mais en tirer un plaisir, avec le prétexte de l’économie, de l’utilité.

Il doit tout essayer, tout tenter, tout copier, laisser sa main être maladroite, téméraire parfois. Il doit inventer des montages, il doit compenser une ignorance par une initiative et collationne les trucs, ses trucs… Si ce n’est pas de l’intelligence ça !

Il est même de ces ingénieux qui vont laisser la trace de leur cheminement et de leur réussite. Je crois à la curiosité que cela peut susciter, moins à son imitation, plus à son adaptation ! Le bricoleur est un chercheur qui peaufine ses méthodes et réinvente celle des autres, il a besoin de refaire pour comprendre et s’approprier. Ainsi j’ai baillé, et pas d’ennui je vous assure, devant un jongleur de cuisine, fredonnant au milieu de ses casseroles et jouant de ses ingrédients comme des couleurs d’une palette.

J’ai suivi, à chacune de mes tournées, le travail du bois d’un mécanicien, menuisier puis ébéniste par passion. Je l’ai accompagné choisir ses essences, je l’ai regardé plusieurs mois après en tester l’humidité, en surveiller la maturation, j’ai bien noté la caresse de sa main aussi buriné que ses planches. Tout !

 

Alice doit s’impatienter. Thierry est peut-être arrivé et moi, je lâche trop la bride à mon enthousiasme, Je vais m’arrêter sur le dernier brico rencontré.

N’allez pas croire que je méprise les professionnels, oh non ! Puisque leurs mains génèrent l’objet, le son, l’odeur, la gourmandise, le regard… J’admire !

Du boulanger à l’ancienne au graveur de meuble en pin cembro, seul avec la lame de son opinel… Je garde dans ma tête des dizaines d’artisans, de compagnons, d’ouvriers, d’artistes quelquefois, si leur atelier est resté humain.

Tous sont les acteurs de la scène de ma vie courante. Si tous, ceux que j’estime au moins, sont des magiciens de la main, tous ne l’ont pas forcément choisi, les circonstances furent leur Centre d’information et d’Orientation., et certains ont une autre passion que leur métier. C’est le cas de mon copain ébéniste amateur passionné et bon, très bon mécanicien, plein de ressources inventives sous un capot mais sans l’amour qu’il porte à son bois.

Ma dernière trouvaille, amateur bricoleur, tardivement victime d’un coup de foudre, te plairait Rob! »

Emballé, Sylvain a tutoyé l’horloger, a usé de son diminutif, tirant un vrai sourire, un vrai soupir de bonheur à mon oncle.

 

- …C’est un éventreur d’ordinateur !

 

Devant notre moue, un peu dubitative, Sylvain a calé ou, plus roublard, a différé.

- Allez, on ferme, vous aurez la révélation devant les assiettes d’Alice !

 

C’était aller trop vite pour notre artisan.

Sylvain avait partagé sa vision avec nous. Rob avait apprécié mais nous n’allions pas quitter son musée sans l’avoir exploré, compris.

 

Robert nous a guidés dans les rouages de ses précieux coquillages. Leur histoire lui importait moins que l’intelligence qui a conçu, miniaturisé les mécanismes, placé sur des axes capillaires des roues variées, solidarisées par des dents infimes. L’impulsion du  remontoir déclenche le ressort qui se détend, entraînant avec une régularité admirable chaque pièce mobile, chaque organe. Le cœur bat et son chant ténu accompagne les secondes….

- Et encore, dit Robert, ça, c’est pour que tournent des aiguilles, mais là, regardez ce petit village, un remontoir tout pareil, un ressort plus long, plus serré met en action les grandes, les petites, les minuscules roues qui articulent, ce petit train, le moulin, les voitures des rues, les passants, la dynamo qui va faire briller les éclairages… Un souffle bien sensible semble sortir d’une colline et agiter les arbres, l’eau de l’étang… Aucun branchement. Tout est animé par ce seul ressort tendu puis libéré.

Et cet automate qui vous sourit, vous offre à boire, vous salue et tend la main pour son pourboire ? Déverrouillez son dos, c’est un véritable enchantement !

Il avait raison et Merlin n’aurait pas été plus magique, plus beau que lui. Les outils minutieux de Bob, ses petites boîtes de rouages, ses dessins, ses livres anciens… valaient toutes les cornues, toutes les baguettes ensorceleuses, tous les grimoires du mage.

 

Robert a soigneusement bouclé son atelier, tiré rideaux et grilles de protection.

 

Plusieurs fois son échoppe avait essuyé des tentatives nocturnes d’intrusion. Une fois même, en plein jour, Robert avait été agressé par un malfrat. Il en portait toujours la cicatrice sous son épaisse tignasse blanchie.

Ses hurlements, sa fureur malgré le sang qui l’aveuglait, avaient mis en fuite le voleur… Robert n’avait même pas porté plainte, mais sa porte avait, elle aussi, été automatisée par un trucage de son invention…

13 décembre 2017

Rêve de Noël toujours

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 9 h 22 min

Je laisse à tous les experts de la langue, le choix d’une étymologie et d’une définition pour Noël… J’aime bien celle qui nous amène loin dans les mots du passé et évoque l’espoir d’un renouveau de la lumière…

Comme j’aimerais que cette lumière soit celle de la Paix… De la paix non parce que l’on a exterminé des hommes, des femmes, des enfants, mais la paix parce qu’elle admet l’autre et que ne pas nuire devient l’essentiel.

Bon, c’est une utopie, un rêve de fin d’année, bien ridicule au regard des luttes qui brûlent aussi bien notre voisinage, que nos écrans nationaux et internationaux… Alors pourquoi pas recourir à ce bonhomme inventé par des rêveurs et des commerçants mais qui a une hotte pleine de surprises… Vous savez cette hotte où nous les grands, déposons des présents pour que le futur de nos petits ait une chance un jour de se nommer Paix…

paix de noêl       Bonne route vers des jours de Noel lumineux…

 Le voilà :

L’as-tu vu ? L’as-tu vu, l’as-tu vu, Le petit bonhomme, le petit bonhomme? L’as-tu vu, l’as-tu vu, le petit bonhomme au capuchon pointu? On l’appelle Père Noël, par la cheminée, par la cheminée, On l’appelle Père Noël, par la cheminée il est entré. Il apporte des joujoux, y’en a plein sa hotte, y’en a plein sa hotte Il apporte des joujoux, y’en a plein sa hotte et c’est tout pour nous

12 décembre 2017

44 – Le recueil. suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 50 min

« ….et ‘École renaîtra de mes cendres ! »

15 h, lundi après-midi.

Le retour s’est effectué également au grand air parisien. Notre digestion s’en est trouvée facilitée.

Chacun avait, semble-t-il, bien usé de cette récréation, sauf les Sages qui avaient studieusement accompli leur rédaction.

Peu avant 16 h, nous étions assis dans les gradins. Il n’y avait plus d’espaces vides désormais, nous formions un bon groupe bien resserré, comme pour nos idées.

Nous n’étions que nous, les Délégués, pourtant nous nous sentions, en tout orgueil, en toute fierté, peut-être les « millions » de Spartacus.

L’intimité de cette première lecture de notre Recueil achevé ne nous remplissait pas de curiosité, nous y avions tant travaillé que chaque élément nous en était connu. Nous aurions pu l’assembler les yeux fermés.

Pas de curiosité, non; d’impatience, oui !

Pourquoi le Recueil, pourquoi pas le Protocole, le Code, la Charte, la Proposition, et cetera… ?

Beaucoup d’échanges avaient parcouru la toile, beaucoup de discussions lexicales avaient animé les rencontres… C’est, finalement, la nature même de ces communications, de ces messages qui a amené à l’évidence. Nous étions en train de constituer un vaste catalogue d’expériences anciennes délaissées ou interdites, d’avis cachés, de  réflexions enfin révélées et de découvertes.

Recueillir, voilà quel avait été le souhait de Manu, voilà ce dont avait besoin notre Ecole : cueillir, recueillir, encore et encore les fruits des cogitations de tous ceux qui veulent croire qu’éduquer et instruire sont la Priorité pour  donner à Demain les moyens de vaincre les aléas de la Vie.

En ce jour, s’ouvrait notre Générale !

Notre collègue comédien ne nous intimidait plus. D’abord parce que, sous son allure bourrue, il cachait un cœur d’or, parce qu’aussi ses lèvres pincées ne pouvaient compenser la flamme rieuse de son regard, parce que les tempêtes de sa grosse voix éraillée rejoignaient les nôtres, parce qu’il savait lui donner un frémissement de tendresse lorsqu’il parlait des enfants, ceux de notre sol et ceux des pays meurtris, parce que sa notoriété n’était plus pour nous et notre rassemblement, qu’amitié.

Il n’était pas la seule célébrité à avoir rejoint notre  mouvement. Quelques représentants des arts picturaux, du cinéma, de la littérature et de la musique siégeaient parmi nous, discrètement comme lui. Leurs arrivées comme leurs départs se faisaient avec mille précautions. J’aime à croire que, même pour eux, des reporters intelligents savaient détourner les yeux et distraire ceux des moins discrets de leurs confrères.

Malgré tout, en cette occasion, en dépit de notre familiarité, de notre convivialité, de notre communauté d’esprit, je suis certaine que, tous, comme moi, comme Karine, com-me Sylvain, retenaient leur souffle et leur attention.

Debout, sans paraître consulter les feuillets du Recueil, notre orateur s’est lancé.

- Avant d’enseigner à un gosse les usages de notre société, les principes de notre humanité, le code de notre communauté, avant de lui donner les outils pour qu’il façonne sa vie, nous les adultes, parents ou non, nous avons des devoirs envers les enfants, tous les enfants.

Ils sont l’avenir de notre monde et ils seront les acteurs du progrès et les garants de notre Futur. Leur responsabilité sera immense et la nôtre, aujourd’hui ne doit pas être moindre.

Nous croyons en une seule voie pour compléter le rôle premier de la famille, pour le soutenir, l’enrichir, la corriger… Ce chemin suprême se nomme l‘Ecole…

Article par article, la voix de notre Recueil a dressé le portrait de notre Ecole, celle que nous avions élaborée pour notre pays, celle que nous voulions pour nos enfants…

Montée vers nous de l’arène du cirque, amplifiée par la vaste salle, notre texte résonnait. « Ça a de la gueule ! », aurait dit Pierrot.

- …Une école en perpétuelle interaction avec sa société, mieux, une Ecole en avance sur cette société, une Ecole de perspectives mais aussi une Ecole de la citoyenneté progressive.

Une école ouverte et protégée !…

Lecteurs qui, avec moi, avez suivi notre vague, vous retrouverez  tous les points soulignés, dans notre ESSEN-TIEL, au terme de mon récit.

Lorsqu’il s’est tu, le point d’orgue ne s’est transformé que peu à peu en soupirs de relâchement…

Notre émotion était tangible. Notre orateur a dû user de quelques plaisanteries pour nous ramener à la sagesse terre à terre dont ses envolées nous avaient décollés.

Nous avions hâte de soumettre notre Recueil à tous ceux qui nous avaient mandatés.

Nous avions hâte de le traduire en Proposition de Loi.

Nous avions hâte de le présenter à tous les émissaires patentés afin qu’ils l’essaiment, qu’ils le sèment à tous les vents de notre pays.

Foin de modestie, notre Ecole, nous la percevions !

Après le silence, ce fut le brouhaha salvateur et critique. Peut-être aurait-il fallu insister plus sur… insister moins sur… laisser plus de marge aux législateurs…, être plus contraignants…

Nous nous serions crus dans un jury de dégustation.

Nous savourions, mais nous doutions un peu, non de nos ingrédients, non des qualités de notre plat, mais de ce liant subtil qui fait la gastronomie convaincante dès la première bouchée.

Les sages nous ont ramené à notre réalité, celle des produits de tous les terroirs de nos régions qui avaient donné à notre cuisine cette solidité, cette générosité, cette universalité sans équivalence depuis que l’Instruction et l’Education sont reconnues comme des préparations délicates et fortifiantes.

Nous avons réussi à nous séparer, enfin pour la plupart, car le lendemain étant journée sans réunion, je crois que nombre de délégués ont évacué leur tension en se quittant fort tard.

Cela n’a pas été notre cas, Thibault et Lucas, sans doute à portée de téléphone ont cueilli Karine et ont ramené Sylvain à ses soins.

Moi, c’est bien fatiguée, mais heureuse que j’ai emprunté les rames du Métropolitain pour rejoindre le nid avunculaire.

Douchée, amplement emmitouflée, je me suis laissée aller au récit de cette journée.

Sur l’écran, par la caméra de l’ordinateur, avec le drôle de décalage entre nos images dansantes et nos voix, j’ai particulièrement soigné le portrait de Pierrot et de Marie-Claude.

J’ai exagéré leur côté rabelaisien pour mieux développer, amplifier leurs gigantesques qualités de cœur.

J’ai voulu que Juliette et Killian en rêvent comme de bons génies bienfaisants et souhaitent vite les connaître.

J’ai à peine tempéré mon enthousiasme pour Yann ; mon ingénieur de  mari aime bien les contes et légendes.

- Alors c’est fini, m’a-t-il demandé en retour à la réalité.

- Notre Recueil, oui ! Devine qui nous l’a lu ?

Le nom de notre célèbre collègue l’a impressionné, d’autant plus que Yann aimait le choix de ses personnages de cinéma et de théâtre, autant que ses romans et ses chansons…

A croire que j’avais influé pour faire plaisir à mon époux !

A la maison, pour eux, ça allait toujours bien ! No comment…

Ce qui m’a un peu intriguée. Quelle bêtise cela me cachait-il ?

J’ai adressé un compte-rendu à Alain, en insistant évidemment plus sur l’exposé de notre Recueil et lui ai promis un rapport plus circonstancié de notre passage à l’Assemb-lée Nationale.

Comme d’habitude, avec Bernard, il se chargeait de répandre les nouvelles que je lui fournissais auprès de tous ceux qu’ils avaient dans leurs répertoires. Le site était toujours évité, trop public encore.

Le P.C. éteint, je suis retournée vers mes hôtes et la Carthagène.

A nouveau, j’ai déroulé ma journée, les retrouvailles, la bonhomie des journalistes, nos derniers correctifs et le déjeuner chez Pierrot.

Je pense avoir été aussi dithyrambique qu’avec mes villageois.

Je les ai vivement encouragés à se rendre au bistro-resto de nos nouveaux amis. D’ailleurs, Robert et Alice avaient également alimenté mes conversations avec les cafetiers. J’étais certaine qu’ils se plairaient d’emblée.

Jamais je n’ai ressenti autant ce que pouvaient être la sympathie, l’harmonie qu’à travers la qualité d’écoute de cette femme magnifique en cette belle soirée d’avril 2011.

Et tout cela rien que pour moi !

Robert, cette apparence de certitude minérale, puisait sa solidité dans la ferme sérénité de son Alice. La vie n’avait pas été plus clémente avec elle qu’avec le commun des mortels… Elle avait additionné les petits et les grands bonheurs, en avait soustrait, durement parfois, les peines et les malheurs, mais sa philosophie lui donnait l’énergie vitale, optimiste, pour continuer. Une philosophie qu’elle nous faisait vivre, une énergie qu’elle nous insufflait…

Alice, tout simplement.

La soirée a exercé son pouvoir relaxant, nous l’avons prolongée d’anecdotes familiales et cévenoles bien sûr. Les versions colorées de leurs rencontres avec d’autres marcheurs, au cours de leurs randonnées, dans les gîtes d’étape, à Aire-de-Côte, Cabrillac, Meyrues… ou sur les drailles, étaient tour à tour, touchantes, troublantes ou cocasses. Pour eux, les paysages, les circonstances n’avaient de qualités que s’ils les partageaient avec d’autres

Sans âne, mais l’esprit bien aiguisé, ils auraient pu, largement, compléter le voyage de Stevenson.

La journée du lendemain libérée, mon rendez-vous avec Karine et d’autres déléguées seulement en fin de matinée, je pouvais me coucher tard, avec la perspective d’une petite grasse matinée…

Que du bonheur !

11 décembre 2017

- 43 – La MARSEILLAISE.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 21 min

- « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Pierrot était venu nous rejoindre, remplaçant Marie-Claude. La salle se vidait, le brouhaha diminuait comme une marée qui recule et s’étale.

Sylvain l’a lancé sur le foot, les possibles succès du P.S.G., les incertitudes des Bleus. Il a évoqué les supporters de plus en plus encadrés, de plus en plus triés et les violences qui s’étaient déplacées aux abords des stades.

- Cette connerie ! ça toujours été, trancha le cafetier. Que ce soit à la fin d’une manif, dans une fête foraine, lors d’un match de foot, il y en a qui vienne que pour la provoc, et la chicore ! C’est bien pour l’ambiance pendant le match qu’ils ne puissent pas entrer, mais ce n’est pas rassurant pour la sortie. De toutes façons, prétextes ou pas, la violence augmente partout..

Croyant le calmer, Karine lui a demandé :

- Que pensez-vous ?

- Que penses-tu, l’a corrigé Pierrot, les amis de mon Sylvain sont mes amis !

- Que penses-tu, a obéi la Sablaise, de la Marseillaise pour les manifestations sportives ?

- Sais-tu que j’en ai déjà discuté avec mes clients ? C’est très partagé ! Les joueurs représentent la France, quand ils gagnent, c’est cocorico ! Mais, toujours, ce qui fâche et amène des discussions, ce sont les paroles.

Comment veut-on parler de la saine camaraderie du sport, d’affrontements durs mais réguliers avec des mots qui t’invitent à la boucherie ?

Bon, c’est l’hymne national et il a bien servi quand il fallait gagner sa liberté, sauver le pays, mais aujourd’hui est-ce utile ?

On pourrait lui trouver des paroles plus apaisées non ?

Il était bien parti et Marie Claude nous a apporté le dessert sans qu’il y prenne garde.

 

- Tenez, après avoir entendu un étudiant qui me disait que la Marseillaise devait s’autodétruire, j’ai cherché le couplet dont il nous parlait, celui des enfants.

Il a farfouillé dans un tiroir et nous a sorti un dossier plein d’anecdotes, les brèves de son comptoir.

- Lisez !

Nous avons lu. J’avoue que je connaissais le début de ce couplet, pas sa fin.

 

Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n’y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus. (Bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.

Aux armes, citoyens ! Etc.
Enfants, que l’Honneur, la Patrie
Fassent l’objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux. (Bis)
Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible :
Aux armes, citoyens !

 

Imparable ! Et pourtant nous continuons de chanter ce « refrain terrible » même pour jouer avec une balle… et nous continuons à apprendre à nos enfants qu’ils doivent se préparer à combattre « nos vils ennemis ».

Pire nous en avons laissé faire un symbole polémique de l’Identité Nationale comme pour notre drapeau et notre Marianne. A ce que je sache, même si j’ai plus usé mes fonds de culotte que ma cervelle à l’école, ils ne représentent pas notre pays, qui en a connu autres, mais bien ceux, chèrement gagnés, de notre République.

Ah ça c’est sûr, les oublieux de nos origines si croisées, philosophent moins à propos de notre belle devise « Liberté – Egalité – Fraternité ». ! Moi je crois que ces trois mots ridiculisent trop leurs moulinets identitaires. Peut-être que certains lui préfèreraient celle au nationalisme sulfureux de « Travail – Famille – Patrie  ?

 

Nous avons calmé Pierrot, en le branchant sur les troglodytes de Rochemenier près de Doué et les caves de Saint Nicolas de Bourgueil.

Le café avalé, nous avons demandé la note, recongestionnant l’ami de Sylvain.

- Ici vous êtes chez moi, et chez moi mes invités ne donnent que leur amitié !

Si vous voulez payer, alors faites-vous servir à côté…

 

C’était presque du César !

Nous avons ri, tous. Il n’y avait que cela à faire et à offrir, avec pour seul règlement, nos bises et nos promesses de revenir…

Avec ou sans l’Ecrivain.

8 décembre 2017

- 40 – Oui Tantine ! suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 22 min

« ..et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

 

Vers 22 h, j’étais au pied de l’immeuble de mon oncle et de ma tante. Le printemps avait adouci l’air et les platanes, le carré d’herbe rustique, les rosiers me semblaient agréablement accueillants.

 

J’étais toujours encolérée par ce vilain barbu !

Décidément, je ne comptais pas la tolérance au nombre de mes vertus… Tant mieux sans doute, car sinon, me serais-je lancée dans cette aventure ?

 

Rob et Alice m’attendaient. Ils avaient préparé un repas de campagne, ma campagne militante et la campagne de leurs terroirs… Ils devraient pourtant savoir que le «retour au pays» n’avait pas été une période de carême…

Comme pour de nombreux grands-parents et parents, nourrir les « petits » allait de pair, pour l’élan maternel, avec affection et chaleur

J’ai remarqué aussi que, comme moi, comme Yann, certains de nos amis, dès leur arrivée chez leurs parents, instinctivement, ouvrent le frigo, moderne sein maternel, peut-être… Pour les enfants devenus autonomes, se réapproprier l’ambiance familiale passe par le palais et l’estomac.

Fine mouche, Licette avait senti ma tension derrière mon plaisir à les retrouver. D’entrée, elle m’a dirigée vers la douche :

- Lave-tout !

- Oui Tantine ! 

J’ai réussi quand même à différer le décrassage pour téléphoner à la maison, pas de net ce soir.

Juliette m’a beaucoup interrogé sur Romane, avec une belle envie dans la voix. Elle a saisi tout l’esprit du conte, Killian, plus pratique, trouvait qu’une cruche fendue pour arroser, c’était nul. Je laissais le soin à sa sœur de lui décrypter le message de l’histoire

Yann a tout apprécié, sauf cette fin de semaine un peu bousculée et s’est indigné de mon altercation de terminus:

- Ah si j’avais été là ! »

J’ai imaginé l’explosion et j’ai dédramatisé l’incident.

Bonne nuit à tous, bisous adaptés selon le destinataire et à demain.

 

Evidemment la Carthagène élevée au rang d’apéro ici, de pousse-repas chez mes parents, rare à la maison, attendait. C’est vrai que son fruité, lourd, présent, portait le soleil de nos vignobles. Une boisson pour souligner une journée bien remplie !

 

- Alors ? 

ça, c’était la brièveté curieuse de Rob…

J’ai tout raconté en me débarrassant d’entrée de l’épisode désagréable de notre interpellation, déjà corrigée par la réaction des voyageurs.

Toujours lapidaire, Rob a tranché :

- Quel con !

Ni nuances, ni discussion, un jugement, une condamnation sans appel ! Approuvée par le hochement de menton de son Chou d’épouse.

 

Après… Que du bonheur !

 

En remontant le temps, j’ai fait aimer à mes deux hôtes, Delphine, Romane. J’ai conté la Cruche fêlée. Robert en connaissait une version maghrébine.

J’ai multiplié les anecdotes, les plaisanteries et les bisous de mes deux trésors, j’ai vanté les talents ménagers de Yann et évidemment donné des nouvelles des Cévenols, la sœur Pythie, le beau-frère inventeur, Xénia la voyageuse et David, le broc comme le surnommait Rob… L’œil allumé de Licette ne trompait pas, elle savait, la chipie, l’attirance de mon beau-père pour elle…

Je n’ai pas omis toutes nos rencontres, nos échanges par tous les moyens, avec ceux qui, directement ou indirectement, m’avaient confié la responsabilité de les représenter à Paris.

 

Vers 23 h, c’est raisonnable, au lit, demain il y a usine !

1 décembre 2017

34 – Juliette en colère.suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 16 min

- »…et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

 Ma soirée, toujours aussi ouatée par mes deux tuteurs, a surtout été marquée par l’indignation de ma fille.

En début d’année scolaire, nous nous étions un peu étonnés de l’initiative de sa maîtresse qui instituait une assemblée de discipline. Elle devait, en fin de semaine, distribuer, les avis de satisfaction et les réprimandes. Se voulant démocratique, cette institution relevait plus, à notre sens, du tribunal populaire que de la réflexion autour des conduites.

Nous en avons parlé lors de la réunion de rentrée. Ce n’était qu’à l’état de projet alors. La professeur des écoles nous a rassurés en précisant que cela restait très esprit coopératif, se ferait avec un vote des élèves et qu’elle en serait l’arbitre.

Hier maman, c’était pas le jour mais, vers 16 h, elle nous a dit :

« Rangez vos affaires, on va tenir notre réunion de discipline ! »

On savait un peu pourquoi, il y en a deux, des filles, qui se sont insultées et bagarrées pendant la récré. Les autres criaient autour…

La maîtresse les a fait venir au tableau et nous a dit : « Que pensez-vous de leur conduite ? Qui est coupable ? Que faut-il lui faire ? »

Déjà, j’ai pas aimé qu’elle parle d’une coupable, sans savoir, ensuite avant de dire ce qu’on pensait, il faudrait peut-être les écouter, leur poser des questions….

Jonathan a commencé :

« C’est Line qui a provoqué Shirley, je l’ai vue! »

Line a crié que c’était pas vrai, que Shirley avait commencé déjà hier.

Shirley a répondu que Line ne faisait que la traiter, se moquer d’elle, lui dire qu’elle était mal habillée, qu’elle sentait mauvais et que sa mère était grosse…

Alors là dans la classe, il y en a qui ont dit :

« C’est vrai, elle est comme ça, et même que son père se dispute avec tout le monde. »

Les autres protestaient :

« On s’en fiche de ça ! Si Line l’a insultée, c’est normal que Shirley lui réponde ! »

La maîtresse a tapé sur son bureau et elle a remarqué : « Est-ce que ça justifie qu’on tape sur celle qui se moque de vous ? »

Moi, j’ai levé la main et j’ai dit : « Oui ! »

« Enfin Juliette, pas toi qui cherches toujours à arranger les disputes ? »

« Mais Madame, quand on ne sait plus quoi répondre, quand on se moque de nos parents, de nos vêtements… on peut être tellement en colère parfois qu’on ne se retient pas, on a trop de honte ! »

Dans la classe, il y en a qui m’applaudissait, qui disait que j’avais raison…

Les copines de Line, elles, elles me criaient après.

C’était un beau bazar !

Alors tu sais maman, tu vas être convoquée avec Papa, parce que j’en ai eu marre, j’ai pris mon sac et je suis partie.

On m’a bien entendue ; tout le monde s’était tu.

« Moi, je ne veux plus faire ces réunions. C’est injuste ! On punit, on récompense mais on n’écoute personne. Ce n’est pas à nous de dire si c’est bien ou mal, c’est à vous ! »

La grille était déjà ouverte et tes copines, dehors, elles m’ont vue sortir en pleurant. T’inquiète pas, c’est parce que j’étais énervée seulement…

Je n’ai pas voulu que papa t’en parle en premier, je préfère que ce soit moi…

Il a téléphoné à l’école pour dire que j’étais bien à la maison et que vous passeriez voir la maîtresse à ton retour.

Demain, il faut que j’y retourne mais ça ne me fait rien. Tant pis si je suis punie, mais pas par les autres cette fois. »

Je pensais que si l’école avait eu une véritable équipe, un directeur présent et non itinérant, cette dérive ne se serait pas produite…

Je n’ai pas consolé ma fille, ni approuvé, ni blâmé. Je lui ai dit que je comprenais qu’elle ait réagi comme elle le sentait… que surtout, elle n’avait fait de mal à personne, sauf à l’amour-propre de la prof., mais ça je l’ai gardé pour moi

Je lui ai conseillé de ne pas attendre pour en parler bien tranquillement avec Line et Shirley, comme le faisait si bien ma Juliette de la Paix. Ce serait bien, surtout, si aucun clan ne se formait autour de cette histoire.

C’était beaucoup pour ses neuf ans, mais elle en était capable…

Je l’ai réprimandée pour avoir apostrophé la maîtresse et avoir quitté l’école avant l’heure… Elle s’attendait à une punition et l’acceptait à l’avance.

On en reparlerait à la fin de la semaine.

Dans l’ensemble, j’ai dû exprimer ce qui convenait car sa voix s’est faite plus posée et elle m’a claqué un gros bisou sonore avant de me passer Killian, patient pour une fois.

Lui, c’était surtout son mercredi avec papa, son entraînement de foot et la visite de David qui meublaient son monologue.

Yann m’a confirmé tous leurs propos, m’a rassurée sur le comportement de Juliette, a approuvé, (Quel maladroit !) son indignation et c’est moi qui ai dû le calmer…

Evidemment, ce fut le sujet de conversation de la fin de soirée et, évidemment, Juliette avait gagné deux supporters de choc, pas objectifs du tout.

Sylvain était toujours avec nous et semblait ragaillardi par le bain de notre cirque !

 

Suivant l’ordre du jour, ces jeudi et vendredi, les conclusions de chaque groupe devaient être soumises aux critiques de l’assemblée plénière.

J’ai eu la chance de n’avoir pas été choisie comme rapporteuse. Cela me laissait le rôle, facile, de pinailleuse,

Encore des suggestions, des améliorations, décidément jamais nous ne poserons le point final à notre grand projet!

Défaitiste Isabelle, car peu à peu, les différentes propositions sont adoptées et deviennent les articles de notre Charte.

La Synthèse est en construction, sa charpente, ses murs, ses cloisons, s’élaborent. Notre travail d’architecture s’accomplit.

Il allait bien nous falloir les deux journées pour tout écouter, tout vérifier, tout ordonner et commencer à souffler.

A midi, pause. Devenus prudents et connus dans le quartier, nous avions retenu une salle dans trois cafés-restaurants. Trois parce que nous sommes nombreux et que les salles un peu isolées sont plutôt réduites.

Sylvain nous a précédées et gardé des places dans le bistrot les plus proche. Quelle chance, nous avons pu bénéficier d’un très beau coup de cœur !

Le repas était lancé, lorsque Karine a saisi au vol quelques mots de l’aparté entre deux délégués. C’était une gageure dans ce brouhaha.

Un collègue de l’Eure racontait à sa voisine l’émotion qu’il avait éprouvée en découvrant, sur Internet, le message de l’un de ses régionaux.

Mon amie lui a demandé de nous en parler et, dans le silence vite établi, l’Ebroïcien nous a fait vivre le texte l’avait bouleversé.

C’était un courrier dense adressé au Président de la République et de l’Education Nationale à propos d’une A.V.S. menacée de perdre son emploi.

- Son auteur enseigne dans l’école d’un petit village. Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette poésie sur le Web.

Il l’a intitulée « Un Petit Bonheur » et j’espère que nous serons nombreux à ressentir un grand bonheur en le lisant. C’est un poème magnifique dans lequel il chante le quotidien d’une Auxiliaires de Vie Scolaire,

Ce délégué a connu les écoles sans aucune présence, hors des enseignants, a connu la direction sans décharge de classe, puis a connu l’arrivée aléatoire mais précieuse des emplois jeunes. Il nous a traduit à merveille ce que pouvait ressentir ce maître de classe unique, ces enfants dont les journées allaient s’amputer d’un membre plus qu’utile, un membre devenu indispensable dans une école de la solidarité, du réconfort et de la confiance retrouvée.

Ce recours peut sembler infime aux yeux des Grands qui décident des économies, des soustractions, du devenir du sans-grade. Eux sont assurés qu’une sonnette ou un coup de téléphone apportera une aide à leur moindre contrariété.

Pourtant, que ce petit rouage est important au regard de ceux qui œuvrent avec seulement deux mains, des idées et leur seule bonne volonté !

Oui, c’est à pleurer, comme l’écrit l’auteur.

Notre collègue a eu raison de nous évoquer ces lignes émouvantes. Nous allions oublier le rôle immense joué par les dames de la Maternelle, celles que nous appelions par leur prénom et à qui nous confions nos bobos et nos chagrins, celles qui aidaient la maîtresse à nous faire belles et beaux les jours de spectacle

Auxiliaire de Vie Scolaire, quel beau métier mais quelle ingratitude de ne le connaître que temporaire !

27 novembre 2017

- 31 – Mon coffre aux trésors. suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 23 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Le soir, je triais des documents à côté d’Alice. Elle m’a demandé pourquoi j’avais mis un dossier à part.

- Ah, celui-là ! C’est mon « coffre à trésors ». J’ai rangé, au fond de ce compartiment velouté de tendresse, quelques messages que j’ai reçus directement, sous enveloppe ou par courriel. Des clins d’œil d’amis inconnus qui rêvent leur Ecole pour eux, leurs enfants, leurs petits enfants, pour aujourd’hui, pour l’avenir.

Je suis particulièrement sensible à ceux d’expéditeurs, n‘ayant aucun lien avec l’Ecole. Que leurs souvenirs et leur imagination !

- Tu permets ? A moins, que ce ne soit secret…

- Mais non, au contraire. J’y puise des encouragements et parfois des sourires. Tiens, regarde celle-ci, lui dis-je en lui tendant une feuille. Il s’agit de la lettre d’un retraité informaticien :

« Mon point de vue, mon rêve ? Mon école serait mixte, assez petite. Chaque classe serait d’un effectif limité. Elle s’inscrirait dans mon village ou mon quartier. Pas plus.

L’école d’un état où le principe de précaution serait applicable avec bon sens, en tenant compte de la réalité et non pas d’une vue technocratique.

Je pourrais emmener ma classe participer à la vie de quartier sans casse-tête administratif préalable. J’y ferais du sport mais du sport de base qui n’aurait pas besoin d’équipement particulier onéreux.

Une corde lisse pendrait, accrochée à la branche d’un tilleul. J’y ferais des exercices, des activités que je pourrais reproduire aisément en dehors de l’école, seul ou avec des copains.

Pour toutes les matières théoriques enseignées, le programme commencerait la première année par un survol, puis, en deux ans, effectuerait des piqués sur tel ou tel aspect. En français par exemple, j’apprendrais sans tenir compte, la première année, de tous les cas particuliers. J’apprendrais d’abord  le présent, le futur et l’imparfait sans aller tenter de cohabiter tout de suite avec le subjonctif présent ou imparfait.

En histoire, j’allégerais l’étude de la préhistoire, du Moyen Âge, etc… pour faire un peu de place à une époque plus récente que l’on n’aborde jamais faute de temps et peut-être pour être sûr d’être politiquement correct.

En géographie, je privilégierais l’Europe.

En éducation civique, je m’intéresserais de façon plus détaillée aux institutions élues au suffrage universel.

En ce qui concerne les arts, je mélangerais la pratique du dessin, de la peinture avec des messages relatifs à la télévision, au cinéma ou au théâtre pour éclairer les futurs consommateurs.

Je choisirais une méthode d’apprentissage de la musique qui ne passe pas uniquement par le solfège.

L’autorité des enseignants serait totalement rétablie tant vis à vis des élèves que des parents.

Je réintroduirais le développement du bon sens, l’apprentissage d’un sens pratique multi facettes, du concret. J’y apprendrais aux élèves à travailler, de temps en temps, en groupe, avec d’autres élèves de la classe ou de l’école.

J’initierais à une autre langue, le plus tôt possible.

La découverte du monde bureautique et du réseau s’y ferait progressivement.

Je confierais aux enfants l’entretien de plantes, le suivi de petits animaux.

Une note d’humour concluait : Je n’ai pas eu le temps de calculer le budget correspondant… Amitiés ! »

Robert avait abandonné fauteuil et journal et écoutait attentivement Lisette.

Je connaissais ces mots pour les avoir souvent relus, mais les entendre prononcer avec émotion me réchauffait encore plus.

- Un autre message, un commerçant, me plaît également, par son insistance sur le plaisir comme vecteur des apprentissages, veux-tu nous le lire ?

Alice, n’avait pas besoin d’encouragements, et les yeux de Rob étaient  éloquents.

Le visage coincé dans mes paumes, je me suis abandonnée à sa voix :

« Pour faire très simple, mon école idéale est un lieu où l’on prend du plaisir.

Le plaisir d’apprendre, le plaisir de viser un savoir, sans se préoccuper des délais et des compétences attendues ; le loisir d’expérimenter, de se tromper, de recommencer.

Un endroit où des instits donnent envie d’apprendre, sont attentifs au savoir-être, aux savoir-faire, avant les savoirs purs.

Des profs qui croient en leur rôle.

Trop bien ! Je veux bien y retourner dans celle-là…

Garder toujours à l’esprit la notion de plaisir.

Un prof qui ne prend pas son pied quand il partage ses connaissances ne peut pas donner l’envie et le plaisir d’apprendre.

Apprendre de manière contrainte ne sera jamais de même qualité que d’apprendre avec plaisir ! »

Alice a continué à cheminer dans mes précieuses archives et ce voyage nous a menés assez tard dans la nuit.

Pour ces correspondants, pour ceux qui, bien que déshabitués de la page à remplir, ont voulu m’écrire, l’Ecole était devenue ma responsabilité, c’est tout !

24 novembre 2017

27 – Deux sourires magnifiques.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 8 h 58 min

La première journée s’est achevée vers 18 heures. Notre planning était content, nous respections ses prévisions en temps de passage individuel et en nombre de prestations accomplies.

Même si demain s’avérait plus dense, un début de journée moins perturbé, l’allongement éventuel de notre journée laborieuse devraient nous permettre, dès mercredi, d’éclater en groupes de travail par thèmes.

Nos au revoir, cordiaux, se sont rapidement échangés. Beaucoup de bises, à droite, à gauche, devant, derrière, de sourires, de poignées de main viriles pour les hommes, d’épaules frappées et chacun s’est envolé. Parfois en petits groupes selon affinités, domiciles ou discussions entamées.

Son ambulance attendait le brûlé. Bisous effleurés, des  « A demain ! » prometteurs et, hop, un Sylvain disparu!

Thibault était déjà arrivé.

Le mari de Karine et leur fils, Lucas, nous ensoleillaient de deux magnifiques sourires.

Vraiment tout y participait, les yeux, les petits plis des commissures, ceux du front, tant chez le père que chez le bambin.

La voiture attendait, garée en double file.

Re bises à ma nouvelle amie, primeur pour l’immense Thibault, comme mon Yann. « Ô so pas rin  p’tits, t’cho grands! » aurait pu dire la Chaumoise, et clowneries pour faire naître les éclats de rire de Lulu…

Je m’enfourne dans la gueule du Métropolitain, destination… les bras de d’Alice et de Robert

J’ai rendez-vous avec mes trois amours par téléphone ou par écran, Yann a bien équipé mon ordinateur portable…

Nous avons prévu une conversation à plusieurs. Application de mon initiation maison à la messagerie instantanée, via Windows Live Messenger, avec mes complices, du village et du Comité héraultais

Puis, j’aurai mes devoirs du soir à rédiger. Une page d’écriture pour laisser, à tous ceux qui voudront se connecter, une trace de mes impressions et notes sur notre blog.

Pas de temps à perdre !

 

22 novembre 2017

26 – Hors la loi. suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 45 min

« …Et l’Ecole renaîtra de mes cendres… »

- Nos interrogations ont porté, surtout, sur le succès des stratégies mises en place dans plusieurs classes, plusieurs établissements, avant la canalisation, le formatage.

C’est de là que partaient les pistes positives.

 Sont-ils des hors-la-loi, ces enseignants qui se méfient, des diktats pédagogiques, des programmes imposés ?

Je le dis au présent car il est impossible que leur esprit se soit endormi, même si prudence et lassitude les ont découragés !

Ils faisaient leur marché, privilégiaient les principes fondamentaux et ne prenaient dans toutes les réflexions novatrices des penseurs patentés que ce qui pouvait améliorer la pratique de leur métier.

Parfois, leurs méfiances n’étaient dues qu’à la mauvaise digestion des consignes.

Tout n’était pas à balayer.

Les structures de réflexion, de mise en œuvre, tels les Projets d’Etablissement, les Conseils de Cycles, des Maîtres, d’Ecole, les Equipes Pédagogiques, les équipes éducatives, les Commissions de Circonscription pour les enfants en difficulté n’ont pas toujours pu remplir vraiment leur rôle.

C’est dommage, car il aurait dû être déterminant.

Cette efficacité, faible ou irrégulière, est imputable, selon la majorité des avis, et nous n’en avons pas manqué, aux lacunes de la formation, au peu de temps de suivi nécessaire à un travail collectif efficace !

Aujourd’hui, c’est pire, l’encadrement des initiatives, le scepticisme face à la «  course à la rentabilité » ne peuvent qu’amener la pratique des enseignants à se scléroser.

Les professeurs, les équipes qui utilisaient leur connaissance des élèves, faisaient preuve de motivations souvent heureuses pour les amener au savoir, pour l’ancrer, se sont retrouvés muselés.

Des revues avaient relaté, conté ces originalités.

Il était regrettable qu’elles les aient si souvent qualifiées d’expériences.

Non parce qu’elles débouchaient sur un fiasco, mais parce qu’elles ne duraient pas, mais parce qu’elles n’étaient pas généralisées, mais parce qu’elles restaient liées à un enseignant, une école, un regroupement, mais parce qu’elles n’étaient pas encouragées…

Elles ont, souvent, trop, été mal comprises, considérées comme des pertes de temps.

Pourtant, dans l’univers des médias, l’attention était plus grande.

Que de lectures, d’émissions radiophoniques, télévisuelles, que de documentaires, romans, séries, films, récits ont mis un Cas en valeur !

Un prof est confronté à une situation particulière, pédagogique, familiale ou sociale.

La démarche pour l’aborder, la traiter, la résoudre, donne l’occasion de souligner l’ingéniosité de l’enseignant, réel ou figuré.

Admiration souvent émue des spectateurs !

Un prix, parfois, couronnait l’adhésion du public.

Hypocrites, les « Hauts Responsables » félicitaient les lauréats… et préparaient les baillons des fonctionnaires.

Certaines tentatives persistent. Elles sont devenues clandestines et malheureusement rares, ces dernières saisons scolaires…

Avec un peu d’attention, de clairvoyance, de bonne volonté, nos promoteurs de décrets empilés l’un après l’autre, auraient pu comprendre le chemin à suivre plutôt que d’en faire une impasse.

Au contraire…

La transformation des écoles en Etablissements Publiques d’Enseignement Primaire a permis de confier leur administration et leur animation à n’importe quel fonctionnaire agréé par les Représentants de l’Etat.

Des gérants sont, de toute évidence, très peu préparés aux innovations pédagogiques et éducatives.

Bien sûr, il est apparu, à travers les avis de lecteurs, d’auditeurs, les enquêtes, que tous les parents, tous les enseignants, n’étaient pas des partisans fanatiques de la pédagogie motivée, différenciée, adaptée.

Toutes les classes, toutes les écoles ne vivaient pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassuraient ainsi des parents qui y retrouvaient « l’école d’avant ».

Mais…

Aucun bilan n’a établi le parallélisme et le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des établissements à projets motivants «des classes où l’on joue ! », et ceux  inscrits dans des classes ou des établissements où l’on suit avant tout « le » Programme, sans céder à la “dispersion”.

Pour condamner l’Ecole, seules des statistiques en vrac sur des évaluations faussées, orientées, ont tenu lieu d’épouvantail, sans nuance, sans appel…

Nous avons étayé ces observations par l’analyse d’apports variés et riches !

Dès le début, dans les petits groupes initiaux puis les regroupements, nous nous sommes tous interrogés sur les raisons des échecs, sans parti pris, sans avis préconçus, sans restrictions non plus.

Tous se sont exprimés, des simples particuliers, des familles, des professionnels, des bénévoles mêmes, des enfants et des institutions, beaucoup.

Une mise en cause sincère, profonde… a conduit à un premier constat : pas d’écoute, pas d’analyse, pas de considération, pas de débats, pas d’échanges officiels, pas d’adaptation, pas de généralisation, un grand voile étendu sur les travaux des grands courants pour une pédagogie nouvelle pragmatique…

Marginaliser les recherches, ignorer les essais semblent être la seule doctrine acceptable rue de Grenelle !

Sans doute encore un problème d’audition ! Il nous faudra veiller au bon état de l’ouïe chez notre prochain Ministre…

J’ai regagné ma place, saluée, comme tous les intervenants, par les applaudissements des délégués.

J’étais crispée et je comprenais totalement le soupir de Karine après sa prestation.

Il fallait relâcher la pression, à donf, ma fille !

 

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Victor Coudesabot |
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