Réfléchir et dire… un peu

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16 novembre 2018

Bénévoles de partout

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 29 min

Bénévoles de partout…

 

Alors que s’agitent les commentaires pour savoir si les engagements pour les autres sont sincères voire nécessaires, je me suis posé cette question : « Pour toi, c’est quoi être bénévole ? »

 

Être bénévole, c’est une façon de vivre, d’être en soi, et une façon de vivre, d’être dans l’humanité, concept plus large, plus flou que celui de société et par cela même, plus ouvert en opportunités pour tenir compte des autres.

Plus que la force de vie, s’ancre l’Espoir, celui de la boîte de Pandore, celui du bûcheron implorant la venue de la mort et trouvant des prétextes, des travaux inachevés, pour la repousser lorsqu’elle répond à ses appels. Aspirer au repos ultime même, en des circonstances d’intense lassitude, de souffrance, n’est-ce pas espérer en cette porte, non pas de sortie mais de secours ?

Comment faire preuve d’élan, d’engagement vers les autres si on ne possède pas cet espoir ?

J’ai eu la chance, de côtoyer, de faire, avec d’autres bénévoles… Ensemble, nous avons rêvé, réfléchi, tenté, espéré, désespéré, réussi, abandonné, aimé, détesté… Nous avons souvent été des « Auvergnats » à la Brassens, moqués, exploités par les « Croquants » du même poète. Nous avons ri et pleuré aussi. Nous avons éprouvé beaucoup, beaucoup d’émotions, de la rage au bonheur. Ce bonheur d’avoir rendu d’autres heureux, d’avoir tiré hors de l’eau la tête de quelques uns qui se noyaient…  Ce sentiment de réconfort final est le plus difficile à éprouver car il nous laisse vacants en fin d’action, donc vulnérables à l’émotivité, alors que la colère et la rage, donne de l’énergie, celle du désespoir.

Le plus souvent, le bénévolat est assimilé, avec condescendance, à amateurisme et gratuité du geste (Presque plus à blâmer que le souci de gagner de l’argent pour certains. Parfois on lui cherche une mauvaise intention ! C’est vrai et faux !

Vrai, parce qu’être amateur, c’est aimer et que le cœur a des élans que ne soutient pas toujours la raison, mais faux parce que, pour donner corps à ces élans, pour faire, souvent, les amateurs deviennent de vrais spécialistes de l’objet de leurs passions et se donnent les moyens de comprendre et d’agir.

Vrai, quant à la gratuité du geste, parce que l’acteur de la belle volonté, n’attend ni bénéfice matériel ni honneurs, ni reconnaissance, en principe, mais ça, c’est autre chose car donner sans que soit apprécié, donner son prix humain, à l’action, ce n’est pas la renier certes, mais c’est un partage raté. Même si ce ne sont pas les bénéficiaires de l’aide apportée qui en témoignent, il est chaud de pouvoir trouver chez ceux qui ont vu, suivi et constaté la réalisation, le reflet de l’effort, de l’implication  fournis. Le bénévole n’est pas un robot ; il éprouve des émotions et leur partage est important… Un mot, un sourire, une tape… valent plus que toutes les médailles, lorsqu’ils sont prodigués au bon moment…

Faux car lier bénévolat à la seule absence de rémunération est une méconnaissance :

Chaque jour, chaque heure, des hommes de femmes, de tous âges, de toutes conditions, accomplissent pendant leur temps de travail ou en complément, des actions généreuses conséquentes.

L’accueil, l’accompagnement, la démarche, le suivi hors temps professionnel, la politesse même, le respect, sont des élans de bonne volonté qui font que celui qui les reçoit, retrouve espoir et confiance… Mieux, il trouve une réponse à son problème, un regain d’énergie pour se remobiliser…

Je salue aussi bien des femmes et des hommes politiques qui accomplissent fortement leur engagement au service des autres, c’est sans doute celui qui est le plus difficile et, fait avec foi, lucidité et compétence, le plus utile à tous les stades de notre mille-feuille administratif… Discrets ou médiatisés, ils sont indispensables. Tant que notre pays ne sera pas une dictature ou redevenu une monarchie, notre pays a besoin d’eux pour rester une démocratie…

Pas d’exclusive pour ces engagés, tous, tous, peuvent être l’occasion de ces plus qui lient les individus.

Bien sûr il y a les requins, les petits qui attendent qu’on les laisse grossir, les gros qui avalent toujours de plus en plus, surtout sans regarder qui, sur les côtés de leur route, est écrasé… L’aisance, la richesse ne sont pas des tares, chacun y aspire mais le deviennent quand elles rendent aveugles… L’altruisme n’a pas de préalables,  il est personnel et sera toujours supérieur à la révolte de ceux qui crient, tempêtent sur ce qu’on leur prend pour les pauvres et restent parmi les spectateurs…

Je ne sais si les bénévoles apportent plus, moins, que les services publics, différemment sans doute, mais c’est un acte nécessaire, autant pour ceux qui agissent, que pour ceux qui reçoivent.

La fragilité du bénévolat et son usure sont manifestes en général, mais son renouvellement aussi et nombreux sont les jeunes volontaires, partout, en tous domaines, sans souci de savoir qui ils aident pourvu qu’ils arrivent pour un instant, pour plus longtemps à amener un apaisement ou de l’espoir !

En plus de 30 ans, j’ai eu la chance de vivre mon bénévolat avec des personnes largement impliquées dans d’autres actions dans des association locales ou nationales et ce sont des évocations bien chaudes lorsque l’on est en automne de la vie !

J’ai la chance de trouver dans ma famille, mes amis, de véritables acteurs du bénévolat tels que ces lignes vous l’ont présenté.

Cette communauté d’engagement, d’esprit et d’actes, oserai-je dire cette communion, est une richesse dont je suis fier pour notre société.

 

Je sais que nombre de bénévoles se mettent à la disposition d’œuvres où les « consommateurs » sont plus nombreux que les acteurs. Mais, aider à ce que chacun se sentent bien, mieux parfois, n’est-ce pas aussi favoriser la convivialité, base de relations apaisées e comprends la réticence à cet engagement. Parfois, lorsqu’un ami me disait : « Je renonce à mon appartenance à un mouvement altruiste, parce ce que cela prends (vole) du temps à ma famille… », ma réponse était, le plus souvent car il faut bien s’adapter aux cas :

« Si vous êtes convaincu de votre utilité dans ce mouvement, si vous y trouvez votre épanouissement, si vous en êtes fier, alors faites le partager aux vôtres. Pas en les impliquant, ça c’est leur choix, mais en vous expliquant, en partageant vos émotions, la chaleur ressentie dan vos réussites et l’inquiétude dans vos ratés…

Je n’ai jamais rencontré un enfant qui ne soit fier, au fond, de savoir ses parents appréciés et utiles, dans leur travail comme dans leurs engagements. Tout est une question de dosage, c’est difficile, pas de renoncement !»

 

Être bénévole, ce n’est ni se résigner à abandonner ce qui nous fait plaisir, ni se sentir dévalorisé en regard de ceux qui accordent la priorité à leur réussite sonnante et trébuchante, en écus comme en grelots notoires

Être bénévole, c’est servir avant de se servir, comme une simple politesse de tour de table.

Et puis, finalement, devant son miroir, jusqu’au dernier clin d’œil, pouvoir se dire «  Tu as bien vécu ! Malgré, tes erreurs, tes fautes même, tes attentions pour les autres ont fait de toi un individu qui a, un peu aidé, à ton échelle, à huiler le cheminement de l’humanité. »

Mon prof de philo, la philo est éternelle, nous avait fait disserter sur ontogenèse reproduisant la phylogenèse, j’aime mieux penser que l’histoire d’un être humain laisse une empreinte sur celle de l’humanité, si possible, une trace positive et constructive… même par simple bonne volonté !

Être bénévole ce n’est pas rendre notre société viable, mais vivable.

9 novembre 2018

Regard et regard

Classé dans : Non classé,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 23 min

 

L’essentiel est invisible pour les yeux (Saint Exupéry » et les filtres de l’esprit ont besoin d’être souvent nettoyés pour rester ceux du cœur……

Un jeune couple venait de s’installer dans un nouveau quartier. Le lendemain matin, au moment où le couple prenait le petit déjeuner, la femme aperçut leur voisine qui étendait son linge. « Quel linge sale! dit-elle. Elle ne sait pas laver. Peut-être a-t-elle besoin d’un nouveau savon pour mieux faire sa lessive ». Son mari regarda la scène mais garda le silence.

C’était le même commentaire chaque fois que la voisine séchait son linge.

Après un mois, la femme fut surprise de voir un matin que le linge de sa voisine était bien propre et elle dit à son mari :

« Regarde! Elle a enfin appris à laver son linge maintenant. Qui le lui a enseigné ?

« Le mari répondit : « Personne, je me suis levé tôt ce matin et j’ai lavé les vitres de notre maison ! »

Moralité : Parfois tout dépend de la propreté de la fenêtre à travers laquelle nous observons les faits. Avant de critiquer, il faudrait peut-être vérifier d’abord la qualité de notre regard. Alors, nous pourrions voir avec clarté, la limpidité du cœur des autres.

1 octobre 2018

tout petit

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 20 h 35 min

SURPRISE

 

Au  loin le monde est tout petit

Quand je m’approche il grandit

Je lui ai toujours fait

Cet effet

Même quand j’étais tout petit.

Pierre Alber Birot

28 septembre 2018

DIRE LE DROIT MAIS…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 35 min

Subtilités et richesses de la langue française !

Ne dit-on pas que cette langue est très difficile à apprendre ?

Même pour le bon droit ! En voici un exemple :

                         Une vieille demoiselle se présente chez un notaire pour enregistrer l’acte d’achat de sa maison récemment acquise.

                    Le notaire l’invite à s’installer, appelle son clerc et lui demande textuellement :

            »Veuillez, s’il vous plait, ouvrir la chemise de mademoiselle, examiner son affaire, et si les règles ne s’y opposent pas, faites une décharge pour qu’elle entre en jouissance immédiate! »

                 On n’a toujours pas rattrapé la vieille fille !

24 septembre 2018

Le berger philosophe

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 07 min

 

En 1961, à Valloire, pendant un séjour à la neige, notre classe d’Elèves-Maîtres de l’Ecole Normale a rencontré un berger, âgé le bonhomme, lustré par les années, la langue des moutons et la météo… Notre prof l’a invité à une réunion, comme ça, pour nous étonner.

Nous l’avons été. Je ne me risquerai pas à garantir la fidélité de ce qu’il nous a conté de sa voix cassée, aux rocailles savoyardes, car c’est comme ça que nous l’avons entendu. Il avait trouvé, hérité… Je ne sais plus, pendant la guerre d’une valise pleine de bouquins, essentiellement des livres de philo… Du lourd, Platon, Aristote, Spinoza, Descartes, Nietzche, Kant, Kierkegaard, Voltaire, Rousseau, Diderot …

Je ne pense pas qu’il avait accru sa provende initiale… Par contre, il avait lu, relu encore et encore… Lui qui était passé devant l’école plus souvent que dedans.

Lu et absorbé, digéré, critiqué… Malins, du haut de notre bac tout neuf, de nos discussions de café, de nos exposés chers à notre prof… Nous avons embrayé sur Sartre, Marx qu’il connaissait à peine… Mais lui, nous ramenait sans cesse au fil de la pensée mouvante, évolutive, contradictoire puis émergente de ses maîtres, tous, quelle que soit leur doctrine fondamentale.

Je me souviens de sa placide rhétorique, gymnastique, plus que de ses assertions, indiscutables parce que déjà discutées, là haut à l’alpage ou au coin de son âtre, avec lui-même et avec toutes oreilles de passage. Il n’attendait pas de réplique ; son monologue, souriant nous était servi réchauffé, à nous de consommer, ou pas…

Ce dont je me souviens, c’est qu’il affirmait en parlant de ses livres, mais cela aurait pu être de son cerveau : « Il y a tout là-dedans ! Il y a des questions, beaucoup de questions… ». C’est en essayant de les comprendre, de comprendre les réponses qu’il a trouvé que les siennes valaient le coup d’y penser, encore et encore…

Sa vie, justifiée pas son quotidien, se trouvait cautionnée par les amoureux patentés de la Sagesse…

57 ans plus tard, c’est ce qui me reste de cette rencontre, arrangée à la sauce de mon automne sans doute…

 

21 septembre 2018

PAGAILLE…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 50 min

Souvenir d’une scène vécue pour penser à semblable…

Une fin d’après, midi nous étions dans un embouteillage monstre porte d’Orléans…

Évidemment les klaxons étaient très nombreux, les cris, les grossièretés aussi, la parole était libérée et chacun y allait de ses récriminations, donnait son avis aussi loin que sa voix pouvait porter groupe par groupe… D’autres se taisaient, blottis près de leur radio, attendaient… (Pas de téléphone alors).

La cause de cette pagaille exponentielle : deux chauffeurs de poids lourds avaient laissé leur mastodonte en travers du carrefour et s’injuriaient copieusement en se secouant à l’occasion, sous nos yeux furibonds et nos invectives… Nos « conseils éclairés » aussi. Évidemment l’appel à la police prévalait sans succès pour l’instant.

Soudain une dame a bondi de sa voiture, s’est jetée entre les deux énergumènes. Elle paraissait bien fragile entre eux ; sans un mot, elle en a attrapé un par son blouson et l’a expédié vers son bahut, puis idem pour l’autre resté les poings levés… Ils ont repris leur volant, vu des voitures s’écarter et ont dégagé le passage. La dame est remontée dans son véhicule, sans un mot et ce « sans un mot » sonnait fort dans le silence des voix éteintes et certainement honteuses, en tout cas moi je l’étais, péteux…

La cacophonie tonitruante de la Gauche me fait penser, un peu, beaucoup, à ce moment… C’est à qui fera entendre le plus ses cris, tous bien colériques, bien justifiés et bien intentionnés mais personne pour ramener les agités de la politique devant leur responsabilité : – S’unir pour échanger – puis se fier à celui, à celle qui aura la force, la volonté, le courage d’oublier de crier avec ses loups – ramener calmement, clairement, au moins pour nous, la situation vers un projet commun le plus favorable à tous -permettre enfin à la vie de s’écouler normalement, avec ses hauts, ses bas, mais sans la pagaille  qui nous bouche la route vers du mieux… au moins du mieux choisir !

C’est un rêve, mais qui aura la volonté d’en faire une réalité et de dire « Arrêtez de déconner, débloquez certes, mais notre embouteillage… ».

Alors quoi, tous à une vraie Primaire et tous capables d’en accepter le verdict ?

18 septembre 2018

Le siècle des réfugiés

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 23 min

Un homme des médias , évidemment d’intelligence  sinon d’humanité, vient de conspuer tous ceux qui n’avaient pas un prénom péché dans le calendrier… Pas français mais quoi comme ceux qui ont été les  celtes,, les Romains Goths Wisigoths et ces occupants de notre territoire, ceux qui ont donné leur nom de conquérants à notre pays… La liste de leur prénom, de celle des rois, des évêques seraient éloquentes.

 

Quel siècle n’a pas été celui des réfugiés? Ecoutez avec sincérité sans dire « Oui mais lui, il nous ressemblait… » Laissez cela à ceux qui, même enfants d’émigrés, ont besoin de semer la peur de l’autre pour exister, pour ambitionner de diriger…

 Paroles: Leny Escudero
Musique: Julian Escudero
Année: 1982

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

Ils sont toujours les bras ballants
D’un pied sur l’autre mal à l’aise
Le cul posé entre deux chaises
Tout étonné d’être vivant
Ils sont souvent les en-dehors
Ceux qui n’écriront pas l’histoire
Et devant eux c’est la nuit noire
Et derrière eux marche la mort

Ils sont toujours les emmerdants
Les empêcheurs les trouble-fêtes
Qui n’ont pas su baisser la tête
Qui sont venus à contre temps
Dans tel pays c’est mal venu
Venir au monde t’emprisonne
Et chaque jour on te pardonne
Puis on ne te pardonne plus

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

On peut souvent les voir aussi
Sur les photos des magazines
Essayant de faire bonne mine*
Emmenez-moi au loin d’ici
Ils ont des trous à chaque main
C’est ce qui reste du naufrage
Ils n’ont pas l’air d’être en voyage
Les voyageurs du dernier train

Ils sont toujours les séparés
Le cœur perdu dans la pagaille
Les fous d’amour en retrouvailles
Qui les amènent sur les quais
Et puis parfois le fol espoir
Si elle a pu si elle arrive
De train en train à la dérive
Et puis vieillir sans la revoir

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés

17 septembre 2018

Sur le chemin de la montagne.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 59 min

Ecrit sur le chemin de montagne lors d’une promenade ; nous étions tous le deux Eulalie et moi. D’abord nous avons découvert une remise où le Père Noël range ses vieux traîneaux :

Ensuite Eulalie a commencé une histoire ; Papou a suivi avec une autre puis la demoiselle a dit : « Et si nous en inventions une ? »

Et voilà le résultat :

titre : le lutin et le monstre

Papou et moi Eulalie, on regarde les vaches à gauche et il y a un pré à droite…  On y voit un nain tout affolé et une ombre sortir de la forêt. On ne sait toujours pas ce que c’est…

il vient vers nous en criant…

Eulalie demande au nain : « Tu n’as pas de pouvoirs magiques ?

-      Si, mais j’ai fait tomber ma baguette magique là-bas ! »

Eulalie dit à Papou :

« Je dois aller la récupérer ! »

Papou répond :

« Non, c’est trop dangereux ! »

Mais Eulalie va la chercher ; elle sent le vent du monstre derrière elle.

Quand le monstre arrive pour lui sauter dessus, le lutin prend sa baguette et dit : « Hi han ! Hi han !… » Et là, le monstre se transforme en âne et comme l’âne, ça ne mange que de l’herbe !

Pour récompenser Eulalie, le petit bonhomme lui donne une petite baguette magique. Elle ne peut que soigner les bobos et arrêter de faire se disputer les autres…

 

Fait à Faucigny fin juin 2018 et rédigé toute seule par notre héroïne.

 

4 septembre 2018

L’Arbre de Monsieur Gibs merci Juliette

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 26 min

L’Arbre de Monsieur Gibs un beau conte créé par Juliette

 

« Antonin… Antonin… »

Un instant, le petit garçon crut avoir rêvé. Soit il devenait fou, soit l’arbre venait réellement de l’appeler. Il en fit le tour une fois, puis deux. Rien à l’horizon.

« Antonin… », reprit la voix enrouée. Non, il n’était pas fou. Le chêne l’appelait bien. Il n’osa pas lui répondre.

Du haut de ses six ans, Antonin s’inventait souvent des histoires dans cette grande forêt, à quelques pas de chez lui. Ses parents le laissaient sortir le soir, mais aussi le week-end.   L’enfant n’avait ni frère ni sœur. Il se répétait que Papa et Maman avaient déjà du mal à s’occuper de lui tout seul, alors s’ils étaient deux, trois ou encore cinq comme chez la vendeuse de fruits, ils n’arriveraient pas à vivre. Les autres enfants du village étaient différents d’Antonin. Toujours à courir partout, faire du bruit, s’ébattre, certes, mais au prix de bien des agitations, des conflits…    Quand Antonin se rendait seul dans la forêt, il s’amusait aussi. Il aimait le petit ruisseau près de la cabane, les plantes, les arbres surtout. Il respectait toutes les richesses naturelles simples dont nous jouissons.

Antonin avait passé une grande partie de son après-midi à poursuivre un écureuil pour repérer sa maison et peut-être même sa famille ! Il était passionné par les animaux et leur environnement. Il détenait chez lui un petit carnet dans lequel il notait ses découvertes quotidiennes.

La boule rousse l’avait, bond par bond mené ici, au centre de la forêt, là où s’imposait le plus grand arbre, celui dont on ne distinguait même plus la pointe des branches dominantes. Il devait être âgé d’un nombre extraordinaire d’années d’après sa hauteur et son envergure. Antonin n’avait jamais vraiment osé l’approcher, encore moins l’escalader. Même à cet instant, alors que ce vétéran s’adressait directement à lui, il conservait une certaine distance de sécurité mais surtout d’admiration. Plus tard, il voudrait vivre dans un arbre comme celui-là, à travers lui se sentir en osmose totale avec la nature, uniquement conscient du souffle du vent dans sa nuque et du bruissement des feuilles, telle une berceuse délicate.

« Approche Antonin, reprit le feuillu, n’aie pas peur. Assieds-toi entre mes racines, je t’en prie. »

Doucement, le petit garçon s’exécuta. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre mais, trop curieux pour reculer, il prit le risque.

« Tu m’as l’air d’être un petit garçon très intéressé par la nature, désires-tu en apprendre davantage ? Tu sembles fatigué, repose toi sur ce petit duvet d’herbe juste devant toi, je vais te conter une histoire… »

Et le vieil arbre parla, s’exprima inlassablement, d’une voix douce mais néanmoins imposante, comme celle de notre papy, une voix qui ne doit pas s’arrêter, qui nous tient en haleine jusqu’au bout, qui nous berce mais ne nous endormira pas car on désire connaître la suite du conte…

« …C’est alors que la petite fleur, Poucette, arriva dans un champ tellement sombre, tellement noir, qu’elle se sentit perdre pied. Les fleurs ici n’avaient aucune couleur, elles n’avaient jamais connu la joie, le soleil, un simple sourire. Depuis des générations de conflits à l’origine oubliée, elles ne cessaient de s’entre-tuer, ne connaissant que l’orage et la tempête. Poucette voulait agir, elle désirait les aider, les sortir de cette profonde grisaille, de cette haine aveugle et pourtant grandissante. Cependant, du haut de ses quatre pouces, elle ne savait que faire…

Alors, elle longea les champs de bataille, évita les bombes empoisonnées et les ronces. Un petit sentier était encore dessiné dans le sol. II fut un temps, il avait dû être mis en valeur, bordé de rosiers et d’herbes fraîches, souriantes. Il fallait qu’il retrouve son bonheur enfui et qu’il le répande vers toutes ces fleurs trop ternes.

Poucette courait sans s’arrêter ; jamais une fleur n’avait couru aussi vite auparavant. Elle dispersait sur son passage des graines de soleil. Arrivée de l’autre côté du champ, elle se retourna et se rendit compte que le sol commençait à se métamorphoser, passant du gris, du bistre au vert, au violet, au rouge et au bleu lumineux. Les semences solaires, commencèrent à prendre vie et à ponctuer de couleurs vives tout le long du sentier. Enthousiasmée, Poucette eut une idée fantastique. Elle trempa deux de ses pétales ensemble dans chacune des teintes. Ensuite, elle peignit un à un tous les éléments tristes autour de cette scène, dessinant des sourires par-ci, des rires par-là, mêlant du jaune et du rouge, du bleu et du vert. Tous les buissons, toutes les fleurs, tous les chemins furent parés de couleurs joyeuses. Poucette rit même de plaisir malicieux en dessinant au ciel un sourire multicolore. C’était son arc-en-ciel…

Vois-tu Antonin, Poucette réussit à rendre la gaieté à ce monde si longtemps assombri et à éveiller ses habitants à de meilleurs sentiments. Semer le bonheur, ce devrait être le but de chaque être vivant sur Terre.

-   Et elle fait quoi Poucette maintenant ?

- Aujourd’hui, Poucette s’est éteinte, comme tout le monde, mais elle a eu une existence bien remplie pour une petite fleur ! Allez, file chez toi, il se fait tard, tes parents t’attendent ! »

Antonin fit un énorme câlin à l’arbre avant de s’enfuir en courant sur le chemin de sa maison, le sourire aux lèvres, la tête encore remplie de belles images. Habituellement, il racontait tout ce qu’il découvrait, mais ce jour-là, il ne dit rien. Ce chêne s’était adressé à lui ; il lui faisait confiance : ce n’était pas à Antonin de dévoiler ses secrets.

Ainsi, tous les jours, en sortant de l’école, le garçon s’enfonçait en courant dans les profondeurs de la futaie pour retrouver son vieil ami. Ces heures magiques menaient son esprit dans un univers lointain, dans lequel les animaux, les fleurs et les arbres agissaient comme des humains. Dans cet univers, l’homme n’était pas intervenu, il ne s’était approprié ni clairière, ni végétation… Près du grand chêne, Antonin appartenait à ce monde protégé.

Néanmoins, plus l’hiver avançait et plus son ami, souvent pris par des quintes de toux lancinantes, peinait à terminer ses histoires. L’enfant enroula une écharpe autour de son tronc et le jour suivant, lui porta un bol de sirop. Le lendemain, le bol était vide : l’arbre l’avait donc bu. Le jeune garçon chaque jour, échangeait une soupe ou un vêtement contre un récit. Son ami ne buvait jamais devant lui, Antonin se disait qu’il préférait garder son secret et respectait ce choix.

Un jour, Antonin arriva au centre de la forêt ; il tenait au creux de son gant quelques marrons chauds préparés par Maman. Il les posa au pied de l’arbre et, à son habitude, frappa trois fois. Celui-ci ne répondit pas. Son sourire disparu, Antonin attendit quelques minutes, assis dans l’herbe. Il se leva et frappa à nouveau. Toujours pas de réponse. L’écureuil du premier jour, grimpa sur sa jambe et l’observa d’un regard empli de tristesse.

Antonin comprit. Il n’y aurait plus d’histoires.

Il rentra chez lui attristé par cet arrêt soudain de rendez-vous auxquels il s’était tant attaché. Sa mère le croisa dans le village et nota vite les sanglots que son fils ne parvenait plus à contenir. Il lui raconta tout… Elle le prit dans ses bras pour le consoler. Sur sa joue rosie par le froid, une larme coula.

Elle aussi avait connu Monsieur Gibs, le vieil homme caché dans l’arbre du centre de la forêt. Il lui avait enivré l’esprit de la même manière et avait donné un sens à son enfance, jusqu’à ce que le poids de la maturité se pose sur ses épaules.

Monsieur Gibs était l’une des meilleures personnes qu’elle ait rencontrées ; l’une de celle dont la confiance vous permet de comprendre que le bonheur est éternel à qui accepte d’y croire.

 

Cette confiance née du vieux sage, comme Poucette, Antonin était prêt à la semer à son tour.

2 septembre 2018

L’AUTRE CHEMIN merci Gilbert-Laurent

Classé dans : EDUQUER,Non classé,poésies* — linouunblogfr @ 21 h 37 min

 

L’AUTRE CHEMIN

Le chemin de l’école, usé par les souliers,

S’enfonce dans les bois qui longent la rivière.

Dédaignant le tracé traversant la gravière

Qu’utilisent toujours les parfaits écoliers,

 

Une allée tortueuse et toute en escaliers,

Un sentier forestier aux profondes ornières

Traverse néanmoins de belles sapinières

Avec des chants d’oiseaux piaillant dans les peupliers,

 

Qu’il est appétissant le printemps revenu

De chiper çà et là quelque fruit bienvenu

Prestement préservé dans une gibecière,

 

Il est plus amusant d’errer dans la nature

Qu’assis à un pupitre apprenant l’écriture !

N’avez-vous jamais fait l’école buissonnière ?

 

 

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Victor Coudesabot |
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