Réfléchir et dire… un peu

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14 août 2018

A tous les bénévoles de toutes les couleurs…

Classé dans : être,je pense donc...,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 14 h 53 min

Je suis un n’âgé comme disaient mes petites filles, c’est dire que j’avais 20 ans en 62, la bonne année chantait Claude François. J’ai le sentiment trop fort aujourd’hui, que je fus, que je suis un n’âgé qui a mal vécu, qui a trop vécu.

 

Mal vécu car, comme beaucoup de mes amis; j’ai négligé ce qui semble devoir dès lors triompher : le pouvoir et l’argent. Je suis, nous sommes passés à côté de bien des occasions d’améliorer notre compte en banque, de traduire en argent notre temps donné.

Depuis mes 20 printemps, avant si je me souviens de mes BA de scout, j’ai toujours appartenu à une puis deux puis à plusieurs associations, œuvres…. Inconscient, j’en ai même créé! Toujours au détriment de mon temps et souvent au détriment de celui de mes proches. Pire, j’ai entraîné femme, enfants, amis dans ce le bénévolat. « Bonne volonté » belle absurdité oui ! C’est certain, à l’aune d’aujourd’hui, mes cours particuliers auraient dû être payés, mes soirées d’alphabétisation pour les ouvriers d’usiniers un peu négriers, auraient dû m’enrichir, autant que mes W.E. à encadrer des jeunes loulous blousons noirs pour retaper des maisons de personnes âgées peu argentées. Et mes vacances avec ces mêmes jeunes révoltés pourquoi ne pas en avoir demandé salaire.

A ma retraite d’enseignant, 4 ans après l’âge possible, sans que ces années de supplément ne comptent le moindre pour une meilleure pension, mais parce que quitter me semblait difficile même si ma santé criait « repos », j’étais toujours accro des associations. Ensuite, incorrigible même si plus calme, j’appartiens à une Amicale dont beaucoup de mes anciennes relations sont membres, j’ai participé à une bibliothèque de village, gratuite, où contes font rêver petits et grands, à une Compagnie du Clown du théâtre pour rire et faire rire.

Bien sûr nous sommes tous des bénévoles.

Lorsque j’évalue mon patrimoine je suis certain de ne jamais craindre l’I.S.F. appelé à disparaître d’ailleurs…

Un soir d’élection, j’étais dans un bureau de vote et un « bien informé » vers 18 h 30 nous confia avoir reçu les estimations des résultats ; bien informé car ils se révélèrent exacts. Cela amena la réflexion d’un voisin connu pour son vaste parc immobilier, appartements achetés à bas prix, retapés, loués aux meilleures conditions, pas d’impôts sur le revenu mais I.S.F. : «  A partir de maintenant, je vais faire fortune même en dormant ! » Il avait raison ce brave homme au demeurant sympathique et rien aujourd’hui ne le dément.

Mes fins de mois sont celles d’un fonctionnaire retraité ordinaire. Je n’ose pas évaluer ce que j’aurais pu économiser, placer ? si mes fâcheuses habitudes de me mêler de la vie des autres à la manière de « ceux-là capables de donner leur seule chemise à un qui en a pas » pour parodier le grand Jacques.

Oui, à l’heure où le CAC 40 est le BAROMETRE, où les actionnaires importants jouent aux échecs avec des employés pour pions, où le parachutisme ne se conçoit que doré, qu’il est difficile le bénévolat. S’envisager chiffonnier d’Emmaüs, distributeur de soupe aux restos, secouriste, animateur de sport, enseignant coincé le WE par ses corrections, par des trucs à trouver pour un enfant en difficulté, directeur aidant à écrire un courrier, à servir de médiateur entre des parents divorcés devient difficile… Que d’heures bêtement gaspillées pour tous ceux qui pensent, eux, à leur lendemains et non pas au maintenant des autres…

Bilan, que me reste-t-il en dehors de mes poches légères : des souvenirs chauds, des moments intenses partagés avec des prêtres, des communistes fièrement mécréants, des élus de droite, des élus de gauche, des nantis généreux, des pauvres souriants. Des heures et des heures, côte à côte, dans le bureau d’un ministre à convaincre, d’un mécène potentiel… des rires, des émotions chaudes ou froides, des larmes de tensions apaisées, des larmes de rage…

J’ai connu le décès de mon épouse et toutes les questions perforantes : Quel temps lui ai-je accordé ? Quelles privations lui ai-je imposées ? Questions qui mènent vers le néant dont je fus détourné par un appel au secours puis par mon métier, puis par les besoins exprimés, répétés, que me lançaient les autres, ceux qui servaient toujours et ceux qui tendaient la main en regardant ailleurs par honte.  Avec mes enfants, mes petits-enfants, je suis reparti à vivre…

J’ai peur de l’orientation prise par notre société majoritaire, de ce qu’elle révèle, de cette priorité à la recherche des gains matériels, de la notoriété et non des fruits de la solidarité.

Plus que jamais, je souhaite que ceux, ils sont des milliers, dont le cœur passe avant le portefeuille, surtout s’il leur permet déjà une vie sans crainte, ne perdent pas courage. Qu’ils n’écoutent pas les cris de la foule : « Fini l’assistanat ! ». Qu’ils restent persuadés que sans leur assistanat à eux, la vie n’est plus qu’une course à la survie et que la société n’est plus que l’arène où les gladiateurs n’obtiennent la gloire et la richesse qu’en éliminant les plus faibles, après usage.

J’ai l’impression que je pourrai revivre tout mon passé, celui de mes parents, grands-parents, oncles, tantes, le présent de mes enfants, de leurs enfants, de mes amis  sans jamais y trouver le déni de l’autre ; ils ont fait, ils font … pour que l’égoïsme du veau d’or peine à se rehausser .

C’est un long message et pourtant que de phrases restées dans ma tête, je ne sais si vous le lirez, si vous le partagerez, mais, je vous le confie.

12 août 2018

L’ECOLE DU DESERT … merci Gilbert-Laurent

Classé dans : BONNE PIOCHE,être,poésies* — linouunblogfr @ 17 h 18 min

L’ECOLE DU DESERT

Du sable, des cailloux, une végétation rabougrie,

Le silence comme seul partenaire,

La ville est bien là à quelques kilomètres

Mais c’est déjà le désert.

Au milieu de ce nulle part lunaire

Trônant dans la plus vaste cours de récréation du monde

Un simple cube en pisé

Aux murs légèrement rougeâtres

Au toit en tôle ondulée.

ECOLE DU DESERT1

 Ici il ne pleut pas mais les hivers sont froids.

La passion du savoir a motivé les nomades,

De leurs mains ils ont bâti cet ilot de la connaissance.

Chaque matin des enfants délaissent leurs khaïma

Et deviennent des écoliers estimables

Avec leurs cartables colorés,

Leurs cahiers bon marché,

Leurs stylos multicolores.

Ces gamins bravent la chaleur épouvantable du printemps

Le froid insidieux des hivers de l’oriental marocain.

Qu’importe le nez qui coule, les pulls effilochés

Ils sont de bons élèves sages

Appliqués ce matin pour une leçon de tamazigh.

L’instituteur, natif d’un village voisin,

Ne cache pas sa fierté devant ce petit miracle,

Avec beaucoup d’émotion j’écoute,

J’écoute ces jeunes enfants de 6 à 12 ans

Dignes dans leurs tenues disparates

Psalmodier l’alphabet berbère.

           ECOLE DU DESERT2

Que d’abnégation de la part d’Abdel, l’instituteur,

On sent qu’il l’aime sa classe !

Ses élèves sont ses enfants

Qui un jour grâce à lui

Poursuivront peut-être leurs études dans une grande ville,

Ils échapperont pour les plus volontaires au métier de berger.

Tout cela fait chaud au cœur,

Une seule et unique classe de 12 m2,

Et même si les conditions matérielles sont basiques

Elles ne rebutent personne,

Surtout pas Abdellatif

Et son envie de transmettre ses connaissances.

C’est à regret que je quitte

L’Ecole du Désert de BOUARFA

Et souhaite bonne chance à mon ami Abdel.

           ECOLE DU DESERT3

 

Gilbert-Laurent LAVAGNE 25/09/2014

11 août 2018

Oublis…

Classé dans : être,poésies* — linouunblogfr @ 18 h 18 min

Poème d’Alzeihmer

Auteur inconnu

 

Ne me demande pas de me rappeler,
N’essaie pas de me faire comprendre
Laisse moi me reposer.
Fais moi savoir que tu es avec moi
Embrasse mon cou et tiens ma main
Je suis triste malade et perdu,
Tout ce que je sais
C’est que j’ai besoin de toi,
Ne perds pas patience avec moi ,
Ne sacre pas, ne crie pas, ne pleure pas,
Je n’y peux rien de ce qui m’arrive,
Même, si j’essaie d’être différent
Je n’y arrive pas.
Rappelle toi que j’ai besoin de toi,
Que le meilleur de moi est parti
N’abandonne pas, reste à mes côtés ,
Aime moi jusqu’à la fin de ma vie.

L’OUBLI

 Jean -Claude FAGES

 Des souvenirs  fugaces, lui reviennent encore

Les phrases qu’il exprime, ne sont plus en accord

Quand les mots dans sa tête, font un sacré vacarme

On détourne les yeux, pour essuyer nos larmes

 

Les jours et les années, se perdent dans les nues

Il nous regarde encore, et ne reconnait plus

Il confond nos visages, mais il entend  nos voix

Chaque regard pour lui, est une première fois

 

Lui, il est dans son monde, où plus rien ne fleurit

Même après tant d’années, il s’attache à la vie

Il  esquisse un sourire, mais perd le fil des mots

Il ne peut dans sa tête, démêler l’écheveau

 

Il arrive parfois, dans ses pensées soudaines

Qu’on entende  le murmure d’une douce fredaine

Et du fond de ses yeux, on le voit qui sourit

Pour un  instant très court, puis, retombe dans l’oubli

 

Car les journées qui passent, sont pour lui toutes les mêmes

Quant la vieillesse arrive, et qu’elle  nous entraîne

Il faut vivre chaque jour, sans jamais oublier

D’embellir au présent, les  vertus du passé

 

31 juillet 2018

jardinier…

Classé dans : être — linouunblogfr @ 18 h 27 min

jardinier

7 juillet 2018

Écrire selon Juliette.

Classé dans : être — linouunblogfr @ 21 h 42 min

écrire             Écrire… Écrire pour s’envoler, écrire pour oublier, écrire pour dénoncer, écrire pour vivre. S’exprimer, laisser libre court à son imagination, frotter doucement sa plume sur son papier, faire glisser passionnément son stylo sur son cahier, taper machinalement sur les touches de son clavier. Ne pas revenir en arrière, ne jamais regretter ni même appréhender. S’identifier à ses personnages, se reconnaître dans chaque tâche d’encre, suffoquer, rire, pleurer… Puis souffler. Souffler de bonheur, se sentir rassuré, perdu, amoureux. Voilà ce à quoi s’engage un écrivain, voilà ce dont il doit être capable. Voyager et faire voyager, détester et faire détester, apprécier et faire apprécier. Et ce uniquement grâce à la magie des mots. Puis finalement écrire pour laisser des traces, des idées, des souvenirs. Écrire pour ne jamais être oublié et pour que l’on n’oublie jamais. Une différence subtile, certes, mais ne valait-elle pas la coup d’être écrite ?

4 juillet 2018

VIEILLIR

Classé dans : être — linouunblogfr @ 22 h 44 min

Vieillir

Extrait de son livre paru en avril 2011 : Les mots de ma vie de Bernard Pivot         

            Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.

Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux », Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus

Un jour, dans le métro, c’était l

Vieillir

Extrait de son livre paru en avril 2011 : Les mots de ma vie de Bernard Pivot         

            Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.

Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux », Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que… » Moi aussitôt : «Vous pensiez que…? — Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. – Parce que j’ai les cheveux blancs? – Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…– Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous? –Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… –Une question de quoi, alors? – Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…» J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
        Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart

compagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
        Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart

 

20 juin 2018

OBJETS INANIMÉS QUI S’ATTACHENT A MON ÂME…

Classé dans : être — linouunblogfr @ 22 h 01 min

Un objet banal, qui ne soit imprégné ni d’émotion ni de nécessité : pas une pipe allumée autour d’une table de copains ou dans la cour de récré en hiver, pas un stylo ou une souris qui portent mes pensées, pas une clef cent fois cherchée, cent fois retrouvée en évidence, pas un livre non plus, lu et gravé, oui en réserve vitale, pour plus tard…

Objet permanent à l’utilité prétexte et au toucher familier… je ne vois guère qu’un couteau, tapi au fond d’une poche, de ma pochette puisqu’il est suspect de porter une lame sur soi…

Mon premier,  je le dois à mon grand-père ; deux lames pivotantes opposées bout à bout, coincées entre deux plaques de laiton ciselé d’un arbre et d’un chien, jaune cuivré presque doré…

Choisi à mon entrée au CP, chez la quincaillière parmi des centaines de trésors sous verre. Bâtons épointés, écorces sculptées, ronces sabrées,. Et coupe que je te taille !  Pichenettes aussi sur le bord d’un fossé et dans la terre de la cour… Pas d’interdit scolaire alors… et puis, présence au bout des doigts, lecture braille de ses moulures dans les moments de silence…

J’en ai possédé d’autres ; j’en ai toujours, Laguiole, Opinel, multifonctions suisses, coutelas même en ma période scoute…  J’en possède encore, mais plus toujours sous la main… De même que mes pipes dorment de leur retraite forcée, mes couteaux n’ont plus guère l’occasion de s’ouvrir. Si, un Opinel maintes fois aiguisé, incontournable en chaque préparatif de bricolage et un vieux canif noir polyvalent, à proximité lorsque je bouge, à pied, à vélo, en voiture, en train… pas en avion. L’un de ses pareils me fut retenu au départ et avait disparu à l’arrivée…

Je suis devenu grand avec le couteau de confiance de mon grand-père…

Jamais je n’ai oublié de donner ma pièce, notamment pour celui reçu cet été, ce magnifique Pradel d’Auvergne, pour ne pas rompre l’amitié avec celui, celle qui m’offrait une lame.…

Autre « chose » inanimée qui a pourtant une âme à partager avec la mienne… Un objet que ma mémoire, mon présent et sans doute mon futur ne pourraient ignorer, ce sont mes lunettes…

Elles sont à califourchon sur mon nez depuis la maternelle, mes trois ans environ… Je Plus qu’un accessoire utile, au-delà de leur évidente nécessité…

Leur présence m’a conduit à un geste réflexe : un index sous le mitan de la monture pour la toucher, la sentir plus que par besoin de la consolider ou la remonter… Il m’arrive d’avoir ce mouvement même le visage nu.

Lorsque j’ai eu l’obligation de corriger mes problèmes de cataracte, l’ophtalmo m’a suggéré d’en profiter pour effacer totalement ma myopie donc me passer de verres correcteurs… J’ai préféré conserver une vue de loin un peu faible, réserver à la lecture mes seuls yeux mais ne pas m’alléger de la pression de mes lunettes…

Ni mon nez, ni mes oreilles, ni ma main n’auraient pu s’y résoudre… Alors mon esprit !

Certains anciens copains, rencontrés après bien des années, des rides et des kilos, m’ont reconnu à ce tic…

 

 

S’il et un autre objet parmi mes indispensables inutilités qui s’impose à moi, c’est certainement ma tignasse… Plus longuement que pour mes lunettes, c’est vers elle que  lorsque le doute, l’attente, la perplexité, la lecture, l’ensommeillement, la réflexion longue s’installent… que je me tourne.

Je suppose que bébé chevelu, elle me tint lieu de pouce. Elle, si libre, si enchevêtrée aujourd’hui, fut jusqu’à ma douzième année, le temps de ma communion, photos s’il vous plait, un balai brosse en épis bruns dressés sur mon crâne.

Ma mère, lorsque j’étais mouflet, allait jusqu’à me mettre des rouleaux…

Avec ma puberté, l’âge des poils, elle a obtenu un garçon semblable à son portrait perso, il en sera de même avec le métier… pas de personnalité ce mec !

Que d’examens, nous avons subi ensemble, médicaux, sentimentaux, sociaux, mes cheveux et moi !

Instinctivement, comme d’autres clignent des yeux, toussotent, moi je glisse vers mes lunettes, les pointe puis enroule une boucle avant de crocher dans la chevelure.

Avec l’adolescence, ils ont donc répondu aux vœux maternels, je bouclais dru !

En fait, diraient mes petits enfants, leur aspect importait moins que leur contact. la consigne chez le coiffeur est la même à 75 ans qu’à16 ans : libres et pas trop courts.. Présents !

J’ai essayé  la barbe ; c’est une présence aussi mais trop longue à devenir palpable, trop difficile à, entretenir…         Non, mes cheveux, doux eu rêches lorsque tarde le shampoing, sont dans leur invisibilité hors miroir, mon doudou de grand.

Premiers servis par la pluie, par le soleil aussi, ils me font grogner mais m’obligent à leur donner mon attention. Je leur dois bien ça !

Chauve, la patinoire de mon crâne aurait-elle le même confort à offrir à ma main ?

Je m’y perdrai moins mais quel manque !

 

 

17 juin 2018

Papa, Ô Papa

Classé dans : être — linouunblogfr @ 8 h 45 min

Papa, Ô Papa »Jean Claude DARNAL

Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas

Un homme rude et fort qui marchait à grands pas

Derrière un petit gars lui emboîtait le pas

Mais n’y arrivait pas

Papa, ô Papa, attends-moi je ne peux pas

Papa si tu vas à grands pas faire ton pas

Un pas c’est un pas mais ton pas je ne l’ai pas Papa, ô Papa, je ne peux pas

Parfois le bonhomme s’arrêtait pour laisser

Laisser au gamin le temps d’le rattraper

Sitôt qu’ils étaient à nouveau rassemblés Alors il repartait

Papa, ô Papa, attends-moi, je ne peux pas

Viens là mon p’tit gars, t’en fais pas, prends mon pas

Un pas c’est un pas mais ton pas je ne l’ai pas

Viens là mon gars ne t’en fais pas

La marche avançait mais le temps défilait

Notre homme vieillissait, le gamin grandissait Son pas s’allongea et maintenant pas à pas

Ils s’en allaient là-bas

Papa, ô Papa, regardes moi, faire mon pas

Papa si tu vas à grands pas j’fais comme toi Un pas c’est un pas et ton pas c’est mon pas

Papa, papa, je fais ton pas

Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas

Un homme rude et fort qui marchait à grands pas

Laissant derrière lui un vieillard qui a dit

Adieu, j’arrête ici

Vas, vas, mon p’tit gars d’un bon pas n’attends pas Mon pas est trop las, vas tout seul vers là-bas Un jour tu verras un gamin qui suivra Ton pas et le rattrapera Un jour tu verras un gamin qui suivra Ton pas et le dépassera !

10 juin 2018

Chaque matin

Classé dans : être — linouunblogfr @ 21 h 15 min

Nous ne savons pas si le Bonheur existe, et, peut-être, cela vaut-il mieux car comme le savetier de la fable, nous aurions souvent peur de le perdre

Par contre, nous savons que les bonheurs, eux, abondent. Petits, grands, ils sont attendus ou imprévus ; ils apparaissent dans les circonstances les plus diverses, insolites parfois mais ils sont fortement calorifiques

La chaleur d’un coup de main, que l’on donne ou que l’on reçoit, le sourire d’un inconnu croisé, la gentillesse, la sincérité, la bonne volonté… même fugaces ces signes sont des cadeaux qui ne résolvent pas les soucis mais font de mesquinerie et égoïsme des mots périssables.

Chaque aube est le début d’une nouvelle vie disent les optimistes, sans oublier celles qui les ont forgées, à chacun, il faut souhaiter de belles journées éclairées de rencontres vivifiantes et vraies. Acceptez ces brefs rayonnements. A votre tour, vous rayonnerez et l’espérance, cachée par les misères, émergera de son tonneau.

Ce n’est pas toujours facile mais c’est tellement agréable à retrouver, après dans un coin de son esprit.

31 mai 2018

Mélodies de la vie: sons et silences

Classé dans : être,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 21 min

la mélodie de la vie, sons et silences

Le silence est une vertu qui nous rend agréables à  nos semblables. - Samuel Butler

Ça se discute :

Pour ceux qui ont la chance de vivre dans des milieux où l’on communique, où la nature bruisse, existe, le silence est sans doute un bel oasis, plein de peut-être à venir… Pour ceux qui vivent dans la solitude, voire la méconnaissance des autres, la crainte d’un environnement mal perçu… le silence peut-être plein de menaces…

Certains silences de contemplation, d’admiration, de compassion aussi sont riches de communion. certains bruits sont aussi des partages formidables, exaltants…

Parfois, rompre le silence est mal venu, mais parfois aussi son poids devient-il trop lourd.

Souvent notre portée de vie alternent sons et pauses…

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Victor Coudesabot |
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