Réfléchir et dire… un peu

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20 septembre 2018

Une richesse : nos enfants – un outil : l’Ecole !

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 13 min

Certes l’Ecole ne peut pas tout…. elle est un des paramètres importants pour le présent et le devenir de l’enfant, mais évidemment pas le seul. Les influences sont permanentes, parfois même lorsqu’il dort, parfois même avant de naître- Je me souviens d’un document formidable visionné et discuté lors de ma formation CAEI (Alors on disait Certificat d’Aptitude à l’Enfance Inadaptée) montrant comment un bébé très agité retrouvait l’apaisement en revivant sa période prénatale à travers un système qui lui faisait entendre la voix, ressentir les attitudes sereines d’une Maman qui avait été très perturbée et donc perturbante pendant sa grossesse.

Bien sûr je suppose que ce souvenir et le sentiment qu’il m’a laissé pourraient être discutés, pourtant je pense que tout le temps où des enfants me furent confiés en tant enseignant spécialisé ou en classe élémentaire, que directeur, qu’intervenant en associations, responsable de centre de loisirs… Je n’ai jamais oublié l’environnement et ses facteurs multiples parfois complexes qui participent à la construction d’une personnalité… « Nul n’est une île complète en lui-même… », évidemment en oubliant la fin de cette citation, surtout pas un enfant….

En ce qui concerne l’Ecole, sa mission est essentielle, bien que ni première, ni unique: elle accueille un enfant qui a déjà son vécu, des structures, des acquis… un enfant qui se construit en permanence à chaque moment de sa journée, dans ses réussites et des échecs , dans ses bonheurs et ses peine…Elle doit en tenir compte sans pour autant oublier qu’elle agit d’abord dans une collectivité ordonnée, interactive, avec ses objectifs, ses  règles et ses impératifs de convivialité

L’enfant est une pierre précieuse avec ses caractéristiques propres, un gemme (Pierre brute découverte dans la terre), que l’on peut certes laisser croître en enfant sauvage, à la cueillette de tout ce qu’il pourra glaner pour   grandir », mais nous avons plutôt choisi de le façonner en embellissant, valorisant ses ressources propres, compenser ses difficultés et assurer son épanouissement individuel et sa meilleure intégration dans cette société.

Plus encore, il faut lui donner les moyens de s’adapter pour réagir au mieux à tous les changements qu’il devra volontairement ou non rencontrer…

A nous, ensemble surtout, de faire de l’Ecole un bel outil. Ce n’est pas une exigence facile à assumer mais il y a déjà bien des établissements, des équipes qui chaque jour la remplissent avec enthousiasme et succès. Le partage de ces vécus est essentiel !

Comment intégrer tous les paramètres qui ont influé et influent sur le devenir de nos élèves sans perdre la spécificité du microcosme précis qu’est l’établissement scolaire pour transmettre des connaissances mais aussi assurer un savoir-faire et un pouvoir être fondamentaux ?

Il ne s’agit pas de reprendre ce qui a été écrit par vos intervenants en ce article «  est-ce qu’on attend trop de l’Ecole ? » et que je partage mais d’y joindre ma réflexion…

Chaque entrée est une aventure ; d’abord pour les enfants qui commencent une nouvelle vie, toujours vers la grande école vous remarquerez : entrée à la maternelle, sans doute la plus importante, même pour les habitués de la crèche, puis au C.P. « Tu vas apprendre à lire, à écrire ; c’est toi qui liras des histoires à Papa, à Maman… ». En 6ème, l’émancipation commence sa marche, avec ses séductions et ses inquiétudes.     Au lycée, le regard des autres est devenu encore plus important…  Ce n’est pas « ado. » qui prévaut, comme si c’était un terme d’adulte un peu méprisant, mais pubère suite à « pré-pubère » au collège, comme si l’évolution biologique était plus significative que celle de la psychologie, pour eux, pas pour les parents ! Les niveaux suivants, étudiant, apprenti, ne sont pas les plus détachés des responsabilités familiales mais se vivent, ou devraient se vivre en cogestion…

A chaque étape de la croissance s’affirme l’empreinte de l’éducation personnelle. Les strates, génétiques, familiales et sociales, circonstancielles ou programmées, s’additionnent et s’entremêlent.

Prolétaire, dans son étymologie romaine désignait le citoyen qui n’a que ses enfants comme richesse… C’est un mot magnifique dont je veux oublier la connotation de pauvreté, pour ne garder que celle de richesse présente en route vers l’avenir

Ce n’est pas occulter l’importance de tous les éducateurs qui interviennent, à travers leurs engagements professionnels ou bénévoles auprès des jeunes que de préciser que la mission de l’enseignant est de

Pour que l’école ne soit pas une loterie, il faut généraliser ces initiatives ce qui n’a jamais empêché les demandes, les implications, les revendications afin d’obtenir des conditions meilleures pour tout notre système éducatif.

2 septembre 2018

L’AUTRE CHEMIN merci Gilbert-Laurent

Classé dans : EDUQUER,Non classé,poésies* — linouunblogfr @ 21 h 37 min

 

L’AUTRE CHEMIN

Le chemin de l’école, usé par les souliers,

S’enfonce dans les bois qui longent la rivière.

Dédaignant le tracé traversant la gravière

Qu’utilisent toujours les parfaits écoliers,

 

Une allée tortueuse et toute en escaliers,

Un sentier forestier aux profondes ornières

Traverse néanmoins de belles sapinières

Avec des chants d’oiseaux piaillant dans les peupliers,

 

Qu’il est appétissant le printemps revenu

De chiper çà et là quelque fruit bienvenu

Prestement préservé dans une gibecière,

 

Il est plus amusant d’errer dans la nature

Qu’assis à un pupitre apprenant l’écriture !

N’avez-vous jamais fait l’école buissonnière ?

 

 

31 août 2018

C’est la rentrée…

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 11 h 05 min

 

C’est la rentrée…..

A tous les enseignants, nous souhaitons, une belle année scolaire 2018/2019
Nous savons tout ce que notre métier peut offrir de bonheurs et de difficultés lorsqu’il est accompli avec sincérité et profondeur… Un jour, il y a longtemps, en classe échange avec une école portugaise, nous avons cueilli cette affirmation que nous avons conservée en encouragement lorsque parfois les journées étaient un peu lourdes. Nous vous la proposons en français :
« Nous donnons une chance au futur, nous sommes professeurs ! »
« Les petits miroirs  » de Michel BUTOR restera le texte d’accueil qui, rentrée après rentrée, m’offrait l’occasion avant toutes autres actions d’emmener mes élèves de l’autre côté des pages vers l’école de la découverte et du plaisir d’apprendre…
Simpliste mais une belle porte de Rentrée… Chacun a ses trucs, le principal, c’est de rentrer ensemble enseignés et enseignants…
A vous tous qui travaillez chaque jour à construire l’avenir de vos élèves, au notre donc, à tous ceux qui bordent votre chemin de près et de loin, je vous assure que nos pensées accompagneront avec chaleur et avec encore et toujours un peu de nostalgie, votre nouvel engagement. Une pensée particulière pour celles et ceux qui débutent ou ouvrent une nouvelle voie…

Un clin d’œil cordial à toutes ces « petites », à tous ces « petits » aujourd’hui parents qui préparent la rentrée de leurs enfants, parfois déjà bien « grands »… En souvenir de nos classes partagées… à Boulogne, Antony, Montgeron…

27 août 2018

IL ET ELLE, ILS, ELLES, IL seul, ELLE seule, élèvent leur enfant…

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 50 min

Pour avoir rencontré dans mon bureau, pendant tant d’années, bien des familles différentes, je ne crois plus qu’à un élément de stabilité pour l’enfant : l’affection intelligente. C’est à dire l’attention aimante et l’explication proportionnée à son âge… Ni le silence, ni les interprétations évasives n’empêcheront un enfant de cogiter et de se créer ses défenses, parfois violentes pour lui et/ou pour les autres…

La coresponsabilité de celle, celui, ceux qui assument cette éducation est d’empêcher que l’enfant se culpabilise (décès, séparation… silence ou scènes y sont propices) et perde confiance en ses proches et surtout en lui…

Il existe des institutions d’aide sans doute, mais l’école qui devrait être un monde d’apaisement où l’instruction adaptée devrait placer l’élève dans un milieu de préoccupations éloignées de ses soucis extérieurs, au moins le temps de ses heures scolaires.

Pour ma part, j’ai toujours, surtout avec mes classes d’élèves dits « en difficultés », essayer d’entamer la journée par des activités libératrices. De même dans notre école, nous tenions à l’accueil à l’entrée puis la mise en rang, au calme, avant de rejoindre la salle de classe…

L’écoute, parfois après la sanction, au calme, arrivait à faire s’exprimer puis dépasser ce qui perturbait l’indiscipliné… Mais rien n’était, n’est possible sans l’interactivité des parents et des enseignants, parfois, souvent même l’appartenance à une communauté qui tend la main, sans leçon de morale, à la famille en détresse est importante…

J’y crois et surtout je sais que bien des directeurs, directrices, équipes d’école y sont attentifs… Mais pas tous… C’est dommage parce que la classe, l’école, l’association sportive, culturelle aussi, sont des milieux révélateurs mais aussi réparateurs…

Que de souvenirs marquants, douloureux mais aussi heureux se présentent à ma mémoire en écrivant…

On, qui dit beaucoup d’assertions, proclame qu’à l’Ecole, on s’instruit, qu’au club sportif ou autre on apprend une discipline, oui mais défouler n’est pas oublier, oui mais enseigner sur le sable mouvant de l’affection, la personnalité sapées surtout pour un être en construction, c’est aller au devant de bien des échecs…

Alors famille, quelle que soit ta structure aime ton enfant et accorde-lui ta confiance !

Le hasard fait que je suis en train de lire RIEN NE SE PERD de Cloé MEHDI .

« Moi Mattia ; 11 ans, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation… »

Moi Alain, maître d’école, je l’ai vu aussi, en toutes catégories sociales…

 

7 août 2018

VOUS AVEZ DIT UNIFORME…?

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 16 h 02 min

VOUS AVEZ DIT UNIFORME…?

l'écolier

 C’est une évidence : l’Ecole ne réduit pas les inégalités sociales, elle n’en a ni la vocation, ni les moyens MAIS en son contexte voué à l’instruction et l‘éducation, elle a la possibilité de donner à chaque enfant, le même accueil. Elle doit tenir compte des handicaps comme des précocités et se donner les moyens de mener l’élève vers son plus haut niveau possible… Son microcosme doit être à l’abri des crises extérieures certes mais aussi devenir le fruit d’une interaction intelligente avec les familles, les intervenants… Il ne s’agit nullement de raboter les différences, de les camoufler sous un uniforme mais bien de les reconnaître et de travailler ensemble à les rendre positives pour les apprentissages et la vie sociale.

Et pourtant, à nouveau le port d’une tenue uniforme, déjà je préfèrerais semblable, est en pointe d’actualité.

Les idées émises chez ceux qui sont soucieux de scolarité efficace  concourent à l’égalisation des chances, l’égalisation des moyens pour les établissements, leur adaptation à leur population, à leur environnement, pas, surtout pas à l’uniformisation ! Ce que nous pouvons déduire de tous ces échanges, ces écrits… c’est que notre Ecole doit être celle de l’identité des finalités et de prise en compte des diversités d’initiatives pour les atteindre.

Imposer un uniforme, c’est imposer notre vision d’adultes de l’enfance. Sous prétexte de camoufler les inégalités de ressources, de cultures, de motivations, des familles, nous raboterions les angles de notre jeunesse, nous la polisserions… ?

Souvent, lorsque vient dans la conversation l’uniforme des élèves, les adultes, même ceux pour qui les diktats de la mode importent, sourient en remarquant que nos jeunes se copient, adoptent le même style, la même démarche, le même vocabulaire, les mêmes musiques… mais sans reconnaître que c’est leur choix identitaire de génération.

En 1956, mon cours complémentaire de garçons, côtoyait, une institution religieuse où la tenue des demoiselles était très stricte. Semblable, oui, mais pas dans les détails, ni dans la marque… Nous, nous portions des blouses ou des dessus de manche, plus pour protéger nos vêtements que par obligation… Nous retrouvions ces jeunes collégiennes sur le quai du métro, mais dans d’autres vêtements que leur tailleur et jupe plissée.

Dès leur arrivée à la station, elles s’empressaient de se changer, de se maquiller. Elles se ressemblaient encore plus, mais c’était leur choix et leur liberté. J’ajouterais que leur stricte discipline fondait avec les changements de look. Pour nous, les garçons, même bien encadrés dans notre établissement, leurs excentricités arrivaient à nous intimider, presque ! Leurs plaisanteries, portraits, anecdotes peut-être exagérées, n’épargnaient guère certaines de leurs profs, même les religieuses…

            Non, voyez-vous, le respect, encore lui, ne passe pas par l’obéissance de fait et l’uniforme !

21 juillet 2018

Directeur d’école

Classé dans : EDUQUER,Non classé — linouunblogfr @ 19 h 42 min

J’ai exercé pendant une dizaine d’années dans l’enseignement spécialisé et vingt-huit ans en fonction de direction d’école élémentaire dans la région.

Autant ma première fonction fut l’objet d’un choix, autant la seconde survint-elle par le hasard des circonstances. Elle fut donc acceptée de mauvais gré. Par la suite, j’aurai pu revenir vers ma spécialisation, mais je me suis piqué au jeu de ma petite école, devenue moyenne par la suite, et 28 ans après, au moment de dire adieu à ma classe et à mon bureau, j’ai trouvé le temps bien vite passé et les tâches inachevées encore nombreuses.

Les journées me semblaient bien pesantes et mes ressources pour faire de chaque jour un temps utile, efficace pour mes collègues, pour les familles, pour tous les intervenants dans et autour de l’école diminuaient autant qu’augmentait ma fatigue du soir. En bref, je ne me sentais plus assez combatif et disponible pour demeurer le garant de l’accueil optimal des élèves.

Je ne peux m’empêcher de penser à mes collègues responsables d’une école maternelle ou élémentaire qui se retrouvent confrontés chaque jour à des tâches de plus en plus lourdes :

Une gestion administrative certes informatisée souvent mais mangeuse de temps.

Une harmonisation des actions éducatives et pédagogiques d’autant plus riche que l’équipe fait preuve d’initiatives qu’il faut susciter, encourager, relancer et rendre viables.

Une gestion des moyens matériels, budgétaires, immobiliers, pointilleuse, exempte d’erreurs …

Une recherche, une coordination des interventions possibles liées à l’Education Nationale, à la municipalité, à la vie associative…

Une disponibilité d’écoute des divers personnels, des familles, des partenaires périscolaires…

Une participation active, éclairée à la recherche de solutions pour les problèmes des enfants en difficulté.

Une prévention attentive de tous les risques d’insécurité même éloignés par les besoins d’une sortie, d’une classe de découverte.

Une flexibilité à toutes épreuves pour réagir très vite aux aléas inévitables,  indissociables du microcosme scolaire.

Le catalogue des tâches prévues et circonstancielles pourrait être source d’anecdotes, de réflexion, d’humour quelquefois, d’émotion aussi, de colère parfois.

Une école c’est avant tout une équipe, pas forcément liée par l’amitié mais mobilisée par une même volonté d’éduquer et d’instruire. Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe, certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe. Le projet d’Ecole dresse l’état des lieux et traduit la somme des réflexions pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement, en termes de cohérence des enseignements, de motivation, d’harmonisation de la vie collective…

J’ai connu bien des réformes, bien des orientations pédagogiques modernes ou nostalgiques, bien des structures nouvelles, des organisations de soutiens variés et je ne discute pas la générosité qui a sans doute toujours présidé puis accompagné ces mobilisations, de même que je ne nie pas les bonnes intentions attachées aux deux concertations nationales que j’ai été amené à partager, pas plus qu’à celles de la loi en programmation, mais aucune action n’a pu et ne pourra avoir de véritables retentissements, une véritable expérimentation durable, si l’équipe de terrain, si les maîtres d’école ne sont pas écoutés, organisés, préparés, soutenus et assurés de la confiance de leurs autorités de tutelle pour la traduire et la vivre convenablement dans l’école.

C’est simple, jamais une institution, publique, privée, agricole, industrielle, commerciale… ne peut être efficace sans véritable coordination, harmonisation. Dans nos écoles cette équipe n’a pas d’existence  généralisée et durable.

Les écoles qui vivent pleinement leurs fonctions éducatives et instructives, leur intégration dans leur milieu, la sérénité de leur quotidien le doivent à des initiatives particulières, à une implication exceptionnelle mais fragile. Que parte le directeur, la directrice, que change la composition de l’équipe, que les moyens varient selon la nouvelle municipalité, la disparition de partenaires et, souvent c’est la diminution de la vitalité de l’équipe…

Dans notre pays, on laisse nos écoles à la merci des circonstances, des enthousiasmes ou des découragements. La grande inégalité qui règne entre les moyens alloués par les communes, entre les ressources locales ne fait qu’accentuer l’inégalité des chances et si l’école laïque est celle qui est ouverte à tous, pour que chacun obtienne les compensations qui lui donnent le droit à l’avenir, alors nous sommes loin du compte.

Il faut que toutes les écoles puissent se doter d’une équipe solide animée par un responsable reconnu et valorisé.

Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire.

Je crois que nos régions ou les agglomérations de communes dans le cadre de la décentralisation pourraient aider les municipalités pour parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.

La direction d’école est la charnière du fonctionnement de nos écoles, elle mérite une considération véritable.

5 juillet 2018

Réflexion sur la taille d’une école….

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 20 h 39 min

J’ai commencé par 32 classes dans un cours complémentaire près des usines Renault), du CP à la 3ème. J’avais la classe de perf et je me sentais bien isolé, des groupes mais pas de vrais échanges… Puis école de 16 classes, dans un grand ensemble dont 3 spéciales. J’avais celle des ados et nous étions bien seuls. Les collègues fonctionnaient par niveau surtout (ni cycles ni conseil d’école, des maîtres parfois). Puis direction sans décharge de 6 classes dont une CLIN (primo arrivants et enfants du voyage… Beaucoup mieux pour les concertations mais classes mixtes souvent pour équilibrer les effectifs… Enfin 12 classes, plus une Clin, plus un poste adaptation, 1/2 décharge et ce fut formidable pendant 20 ans. De vrais cycles, un Conseil des maîtres actif, des regroupements possibles pour les soutiens ; un solide Conseil d’Ecole avec un vrai projet pour des actions et des suivis personnalisés… Peu à peu, autour, une communauté bien présente sans être envahissante… Des crises parfois dures comme partout mais plus facile à dépasser dans ces conditions.

Je dois ajouter que l’école maternelle travaillait en belle collaboration avec nous, pour les projets, les suivis pédagogiques et les connaissances du travail de chacun, à tous les niveaux… Nous avions la chance de pouvoir compter aussi sur les rencontres avec les profs de 6ème.

Je me suis toujours opposé à la fusion maternelle élémentaire, même quand on me l’a proposée. Je connais des villages qui ont opté pour poursuivre la séparation même si cela entraîne des transports et les résultats sont probants… Tant que cela est possible, il faut ménager ces deux espaces scolaires en multipliant les échanges…

Ce n’est pas tant la taille de l’école qui compte mais bien son équipe, son organisation et j’ose le dire sa direction ! On peut faire sans, c’est mieux avec…

25 mai 2018

L’école, ça ne date pas d’aujourd’hui…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 49 min

L’école, ça ne date pas d’aujourd’hui…

 

Apprendre, ce beau verbe incontournable, sans doute avant même que l’Homme descende de son arbre…        Apprendre par soi-même, tirer la leçon de ses expériences d’échaudé où de «bien aise »…

Apprendre à autrui, par hasard, mieux par intention à agrandir ses connaissances et ses savoir-faire… L’enseignant et l’apprenant !

Survivre pour une société, c’est progresser dans la grande osmose des échanges et des complémentarités individuelles. Progresser même dans les catastrophes régressives auxquelles il faut échapper avec pour seule arme, non pas la force, destructrice, toujours éphémère au bout du compte, mais l’intelligence…. Cette interaction sans cesse renouvelée, perfectionnée de  l’ontogénèse vers la phylogénèse qui se développe même dans le marasme.

Apprendre est donc la ressource vitale de toute société !

 

L’un de mes profs en 3ème, s’élevait contre les nostalgiques d’hier : « Avec vous, jamais l’homme ne serait descendu de son arbre ! »

Mais enseigner est-ce si évident ? Il faut la rencontre entre deux volontés, l’une qui montre, démontre parfois, l’autre qui écoute, réagit et assimile.

Il faut, pour l’un et l’autre, y consacrer du temps, tous les experts ne sont pas disposés à « perdre du temps » auprès des arpètes.

Le premier sens originel de la racine d’école, le « skholê » grec signifiait « loisir » parce que consacrer du temps à écouter un maître, hors du temps de travail, «  le tripalum » latin, la torture tout simplement, c’était « fare niente »  pas farniente mais fainéanter…

Donc ne pouvait se donner le temps d’apprendre en écoutant les sages, druides, philosophes, moines, écolâtres ?  maîstrescholes  régents… que ceux qui en avaient le loisir.

De schola à escole, la dualité maître/disciples s’est construite longtemps essentiellement avec ceux des classes sociales qui en avait le temps et qui en laissait le temps à leurs rejetons. Le cadet, pour les nobles, futurs religieux, magistrats, s’ils n’étaient pas militaires en compensation de l’héritage accaparé par l’aîné pouvait prendre le temps d’étudier…

Peu scolaire jusqu’à Charlemagne, plus de regroupement, pourtant existants avec les écoles communales gallo-romaines vouées à l’imprégnation de la culture, de la langue des vainqueurs chez les celtes vaincus. Peste noire et invasions barbares rendirent moins évidentes les priorités d’instruction.

Heureusement l’Eglise, si utile à Clovis pour asseoir son pouvoir, , ménagea, dans les monastères pour les novices, à leur porte pour les autres, parfois même dans le maison du curé de village, des lieux d’enseignement… Lire mais pas tout, les
psaumes sans les mystères des textes sacrés…

 

Alors Charlemagne, pas père de l’Ecole ? Mais pourquoi on le chante alors ? Pourquoi l’afficher dans nos classes la main sur la tête des bons élèves, le courroux aux yeux pour les cancres ?

Ce « sacré Charlemagne » nous lui devons au moins les prémices des Ecoles Normales, des IUFM, bientôt des centres de formation, ou je ne sais quelle appellation…  S’il essaimait les petites écoles, il promenait surtout avec lui, de palais en palais, son groupe de  maîstreschole, de maîtres es écoles, capables de penser pédagogie, de parler pédagogies et de former des « régents ».

Bon, bien qu’ouverte à tous, la porte n’était franchie que par les enfants de famille qui pouvaient se permettre de se passer des bras de leurs enfants… Le maître, pour compenser la gratuité décrétée par l’empereur, recevait une rétribution, le premier salaire d’enseignement reconnu comme fonction publique. Pas de quoi mener grand train et les cadeaux en nature des familles aidaient bien un quotidien difficile. Il fallait bien être dans l’impossibilité de faire autre chose pour se résoudre à tenir école… D’ailleurs, en dehors de laïcs dûment agréés par l’Eglise, la plupart des enseignants étaient des religieux, moines ou curés officiant à leur domicile.

Lire, un peu écrire, compter surtout pour devenir de bons commis et apprendre les « bonnes manières » remplissaient l’essentiel de cette scolarité de base. Les bonnes manières, cette façon de se conduire imitée sur celle des nobles, si séduisante pour les « bourgeois » bien nantis  des villes, au point de vouloir montrer leur urbanité et oublier leur ascendance de « vilains ». Se différencier de la lourdeur et de la rusticité des rustauds des champs…

Ma foi, l’instruction à l’école, existait, certes plus frustre que celle dispensée par les précepteurs dans les familles de bon lignage mais entrait dans les possibilités sociales, dans les esprits… Sans doute dans les espoirs.

Sauf que, la construction balbutiante, perdit beaucoup de son intérêt lorsque les ravages de la Guerre de Cent Ans autant que de la Peste Noire plaça la survie bien avant les études…

            Mais nous l’avons posé en truisme dès le début… pas de grande marche de l’humanité sans enrichissement des connaissances et des savoir-faire, même puisé dans les catastrophes…Plus les acquis s’additionnent, se multiplient, plus ils ont besoin d’être organisés, entendus, compris, enseignés donc…

Après l’enseignement uniquement oral, on a utilisé le support de l’écriture dès que possible. Son développement s’est accentué avec l’avènement de l’imprimerie ; et, à notre époque, l’explosion de tous les médias a totalement modifié les structures et les manières d’enseigner et d’apprendre.

Nous n’en sommes pas encore à Petite Poucette, mais ça vient !

 

Obligatoire l’école ?

L’Ecole n’est pas obligatoire, celle d’en mettre une publique à la disposition des enfants, si… Pour les parents, l’enseignement lui est un devoir, à garantir à leur enfants jusqu’à l’âge de 16 ans, au moins, quitte à eux de choisir sa forme et de se soumettre aux contrôles de respect des programmes

L’usage le plus courant, désigne comme école «un établissement d’enseignement maternel (pré élémentaire) ou primaire (élémentaire)» destiné aux enfants dès le plus jeune âge (à partir de 2/3 ans) jusqu’à l’entrée au collège (à 10/11 ans).

L’enseignement obligatoire pout tous implique la recherche de tous les moyens pour assurer ce droit aux enfants en offrant les moyens de tenir compte des différences, handicap culturels, physiques, psychologiques… et précocité…

Ça c’est une autre et belle histoire…

 

Et l’Ecole buissonnière.

Aujourd’hui, faire l’école buissonnière, « c’est ne pas aller à l’école en cachette» et par extension, ce sens s’est étendu au-delà du domaine scolaire et cela signifie: «ne pas aller travailler».

Mais, au Moyen âge, l’école buissonnière était une école clandestine tenue en plein air, dans des endroits écartés par des maîtres qui n’acceptaient pas de payer la redevance à l’église, et au XVIème siècle, l’école buissonnière était également une école clandestine ouverte par les Huguenots, sans l’autorisation de l’évêque ».

 

           Et la récré ?

Ce n’est pas une école aussi à raconter ?

22 mai 2018

Souvenirs, souvenirs… Je me souviens de mes écoles…

Classé dans : EDUQUER,être — linouunblogfr @ 16 h 45 min

classe2Ecole, que de mots je pourrais aligner, en mon nom…

Sept déménagements avant mon dixième anniversaire, sept école, des souvenirs variés, ô combien – certains spontanés : (mat Aizenay – l’oseille – le Pouliguen  fugue dans les rues – Croix de Vie –l les toupies et l’école buissonnière de la godille – la barre de mont – 2 km à travers bois et la maison de la sorcière – pichenette – Aizenay, les pigouilles,  les poésies, les contes– Fleurigny sur Oreuse dans l’Yonne, M. Bordereaux,  jardin, abeilles, vendanges, écriture, Till l’Espiègle… Verrières le Buisson, le Petit Parc, la rue, l’entrée en 6ème… Des apprentissages de vie mais autant de réadaptations difficiles dans des cours de récréations qui n’étaient pas plus tendres qu’aujourd’hui… Un maître d’école extraordinaire dans une petite école d’un petit village…

Mon maître de l’Yonne devait, après le rêve de ma mère « Tu serais instituteur mon fils ! » initier mon choix.   Un prof au cours complémentaire, auteur des « Michel… » de la bibliothèque verte  pour me forma aux premières pages d’écriture libre… Un autre prof, poète, « automne, oh tonne, au tonneau… »,  de lycée, se rendit complice de mes fugues vers le tribunal pour suivre les audiences, plutôt que les cours de ses collègues… A l’ Ecole Normale d’Auteuil, j’appris beaucoup d’un pédagogue en gym, futur directeur de l’I.N.S., fabuleux, initiateur de « trucs » pour capter l’attention de mes futurs élèves…

Je dois énormément à ces collègues de classes spéciales qui me baignèrent de leurs expériences personnelles. Je ne fis pas ma seconde année de formation, on me demanda d’assumer l’absence imprévue d’un enseignant de classe de perfectionnement à Boulogne Billancourt… Une belle marque de confiance.

Eux m’ont dégrossi aussi : mes premiers enfants, dits « inadaptés » alors, eux  et leurs parents fiers des progrès, au point, d’entendre une maman me confier, qu’ils feraient un instituteur de leur petit Joël réconcilié avec l’école : «…mais pas un vrai, un comme vous… »…

Ces enfants en Centre d’Observation à Montjay près d’Orsay en Centre d’Observation par placement judiciaire m’ont amené à remplir un mémoire bâti de bien d’émotions.

Après une année sous de formidables enseignants de Beaumont , dont cet inoubliable Patte-Malson (L’Enfant Sauvage – Jazz dans la nuit… » et l’obtention du C.A.E.I, je pris en charge une classe de Perfectionnement Professionnel à Antony.. Un beau melting-pot, que mes grands « déclassés », en rupture de scolarité, de société. Leur confiance, durement, c’est l’adverbe de circonstances, acquise, me valut un retour rapide du service militaire pour difficulté de remplacement ! Ils ne m’ont jamais tenu grief de cette claque collective, alors que chacun d’entre eux était rompu aux conflits de rue, distribuée après leurs lourdes moqueries envers une dame croisée en revenant du stade… C’était mérité, m’ont-ils confirmé, au jour de mon départ à la retraite.

Ce type de classe supprimée, pas tenté par la S.E.S. (SEGPA), ’ai postulé pour un poste de direction élémentaire. Dés le début, j’ai voulu abandonner, 30 ans plus tard, j’avais bien du mal à le quitter…

Ma direction, 30 ans d’un seul tenant avec ses routines , rares, ses catas, ses espoirs, ses déceptions,   et ses merveilles… Mes classes « ordinaires », quelle ironie de fait ! Mes classes d’initiation pour non-francophones, pour enfants du voyage… Quel bonheur que cette communauté autour des 500 gosses de notre groupe scolaire ! Quelle émotions partagées pour chaque initiative menée à bien, ensemble… J‘ai la joie renouvelée de suivre bien de nos anciens, vive les réseaux sociaux..

Aujourd’hui, bonheurs d’école nés des écoles de nos enseignants proches, en des fonctions variées, de nos petits-enfants à tous niveaux, un partage extraordinaire même suivi de l’autre côté de la grille. C’est chaud aussi, très !

Enfin, opportunités d’occasions ou engagements durables, initiatives nouvelles ensemble : une vie autour de l’école, après l’école, pendant parfois… Ce sont les ces cadeaux des associations et de ceux qui, plus jeunes, bien impliqués dans leur métier, m’invitent à intervenir… Alors, c’est le conte dit hier, aujourd’hui, l’atelier partagé, la sortie accompagnée… qui tissent la trame de mes souvenirs pour demain…

14 mai 2018

Violence et puis…

Classé dans : EDUQUER,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 19 h 14 min

Violence, harcèlement, humiliation… intolérables même si certains considèrent que les bizutages, les cris, les mots durs, font partie de l’éducation, à l’anglaise, pas nouveau non plus la littérature et les biographies le montrent, la Guerre des boutons, n’était pas une rareté… Plusieurs déménagements m’ont appris la dureté des cours de récréation et parfois celle des adultes ; 40 ans d’enseignement m’ont appris que plus que les textes, la nécessité de la présence, juste, ferme et rassurante des éducateurs est primordiale…

Ma conclusion, ferme, elle aussi : rien, rien n’est possible, aucune application d’intentions, de textes, dans l’éducation comme dans l’instruction sans un consensus réel dans l’équipe d’établissement, tant pour l’élève que pour l’interaction des professeurs, leur soutien mutuel en fait partie… Toutes les écoles qui prennent vraiment en charge l’organisation cohérente de leur établissement, et réagissent face aux problèmes, souvent discrètement, il y en a beaucoup heureusement, le font grâce à une équipe véritable et une direction compétente… Mais là, nous sommes dans la bonne volonté et l’aléatoire… Aucune formation ne prépare à cette logique d’équipe, aucune formation approfondie ne dote les directeurs de vrais outils d’animation… On ne parle, vous ne parlez, que d’un prof face à ses élèves… Encore et toujours l’école est une loterie…

La prise de conscience est manifeste, pourvu que son suivi soit effectif même sous d’autres gouvernements ! Que ce ne soit pas seulement des faits médiatisés, qui, pour un temps agitent notre société…

Aujourd’hui encore, trop souvent, les parents croisent les doigts : « Pourvu qu’il, qu’elle tombe avec ce maître, cette maîtresse, pas avec l’autre… ». Quand, partout, pour tous les établissements penseront-ils d’abord à une école, globalement et pourquoi pas une communauté !

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Victor Coudesabot |
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