Réfléchir et dire… un peu

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13 septembre 2017

Timothée et Bérangère grandir…ou pas…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 19 h 30 min

Dans cette famille, tout pourrait aller bien mais… car dans les histoires il y a toujours, un mais, il y a un gros problème, deux problèmes plutôt. L’un se nomme Timothée et a six ans, l’autre Bérangère a cinq ans

Lui veut grandir très vite et fait des exercices pour tirer sur ses bras, ses jambes, son cou, il porte des vêtements de trois tailles trop grandes, il grossit sa voix…

Elle ne veut pas vieillir : elle pose des annuaires sur sa tête pour ne pas grandir, elle plie les jambes en marchant, elle parle d’une toute petite voix et utilise des mots de bébé, refuse d’aller à l’école.

Elle ne veut coucher que dans un petit lit et porte des vêtements trop petits.

Elle ne veut plus entendre : « Mange ta soupe tu grandiras ! – Sois une grande fille, va aider maman à la cuisine ! » Et tous ces gens qui viennent à la maison : «  Oh mais quelle grande fille nous avons-là ! Bientôt la grande école !…  Bérangère ne peut plus entendre ce mot : elle  veut des petites histoires pas des grandes ! Elle veut des petits plaisirs pas des grands ! Elle veut des petits câlins, pas des grands ! Elle veut même une petite mère et un petit père, pas une grand-mère ou un grand-père.

Que faire ? que faire ? se lamentent les parents.

Timothée mange des litres de soupe, il marche sur la pointe des pieds, il écoute les mots des grandes personnes et les répète sans les comprendre en faisant des grimaces.

«  Oui mon cher… j’ai absolument vu un  giga papillon sur la vitre de ma voiture, c’est un poulet qui me l’a collé… » par exemple.

« Envoyez Bérangère vivre chez des pygmées, suggère un ami et Timothée  chez des géants on verra bien… »

D’abord, Bérangère se plaît beaucoup dans le village des petits bonshommes mais ça ne dure pas longtemps : ils parlent aussi avec des grosses voix et la font travailler comme une grande ! Pas question, elle est et veut rester une petite fille qui fait des risettes et suce son pouce, c’est tout !

Chez les géants, Timothée aussi se plaît au début, il veut devenir comme eux mais voilà, ils le prennent dans leurs bras, sur leurs épaules, lui parlent doucement pour ne pas lui faire peur… Il ne peut rien faire seul. Il prend un outil… vite un géant lui enlève et dit :

« Attention mon petit, tu vas te blesser. Donne, je vais le faire pour toi… » Timothée est très vexé !

A leur retour, les parents sont encore plus tristes…

Un soir, arrive à la maison un oncle, médecin partout dans le monde, il revient encore d’un grand voyage. Le papa est heureux de retrouver son frère et la maman prépare une petite fête.

Au début, le tonton est étonné de voir Bérangère vêtue en bébé et Timothée en jeune homme mais il ne dit rien car il comprend vite, il a beaucoup voyagé.

A la fin du repas, on lui demande de raconter ses aventures.

« Oui, mais pas devant la petite Bérangère, elle aurait trop peur. A son âge, il vaut mieux se coucher avec un biberon et garder les histoires terribles pour les grands. Tiens, je vais même aller te border moi-même. »

Il prend Bérangère dans ses bras, la conduit dans sa chambre, la prépare pour la nuit  en lui chantant une berceuse : «  Dodo l’enfant do… ». Il  la poudre, lui met une couche, un pyjama, une combinaison, un bonnet. Il lui donne une tétine et un bisou. Bérangère essaie de parler mais tonton lui dit :

«  Ne te fatigue pas, moi tu sais, je ne comprends pas les areu, areu. » .

Il s’en va en fermant doucement la porte.

Jamais Bérangère n’a été traitée ainsi, au contraire plus elle demandait à être traitée en bébé et plus ses parents se fâchaient mais là quand même c’est un peu trop. Elle entend la voix des autres qui racontent, qui s’étonnent, qui rient et elle est toute seule dans son petit lit. Elle en oublie de faire des caprices et de chouiner, elle pleure doucement.

Timothée est fier d’être resté avec les grands et croit tout ce que dit tonton. Celui–ci raconte n’importe quoi : il parle de montagnes volantes, de nuages de crapauds, de courses de menhirs et le garçon avale tout sans se rendre compte qu’il se moque de lui. A la fin du repas, Timothée se lève pour aller se coucher mais son oncle le retient : « Attends, mon grand, tu vas rester avec moi, nous allons tout ranger, faire la vaisselle, nettoyer. Papa et maman pourront aller se reposer ! »

« Mais moi aussi je veux aller me reposer ! crie Timothée

- Mais non, c’est bon pour ta sœur, toi l’homme, tu es grand ! Tu peux travailler, non ? »

Et c’est ce qu’ils font ! Timothée n’en peut vraiment plus à la fin.

Son oncle lui dit – Bon, nous avons terminé. Demain, nous ferons les courses ensemble, laverons la voiture, tondrons la pelouse et rangerons encore la maison. Tout le travail des grands quoi ! Allez, serre moi la main et bonne nuit ! »

-       Mais quand pourrai-je jouer moi ?

-    Jouer ? C’est pour les enfants ça, pas pour les grands comme nous !

Timothée va se coucher mais lui aussi a les yeux bien humides.

Le lendemain matin, Bérangère a laissé maman lui donner des vêtements de petite fille et n’a même pas regardé sa tétine. Elle a dit « Papa, je ne veux plus de petit lit dans ma chambre, maintenant je suis grande ! »

Timothée s’est levé bien fatigué encore pourtant il dit à son oncle : – On commence par quoi ?

- Ce que tu veux, mais où sont tes vêtements de grands ?

- Je, je les garde pour plus tard, ceux de mon âge me vont mieux, je crois..

- C’est vrai et bien je vais te dire ce que nous allons faire : les courses puis une bonne partie de foot avec papa, maman et ta sœur. Qu’en pensez-vous ?

Papa et maman sont d’accord ; Bérangère commence à dire : – Je suis trop petite, puis vite reprend, non je serai avec papa et on va gagner…

Depuis l’oncle est reparti. Un jour, il l’a promis, lorsque Thimothée aura bien joué, bien étudié, il l’emmènera dans un de ses voyages pour soigner les gens

-Et moi ? demande Bérangère.

- Toi aussi ma petite, tu vas devenir grande doucement. Toi aussi tu vas jouer. Tu sais, c’est important de courir, sauter, chercher, cacher, deviner… On grandit aussi en jouant, en apprenant et puis un jour, toi aussi tu pourras voyager, avec moi, avec Timothée, avec papa et maman… Tu seras devenue grande et pourtant nous t’aimerons toujours, beaucoup, beaucoup… »

Vous savez, Timothée a 7 ans maintenant et Bérangère 6 ans et ils en sont bien contents.

24 août 2017

L’oiseleur,

Classé dans : contes et légendes,NOUVELLES — linouunblogfr @ 21 h 09 min

  La nuit tombe, au loin des lumières tremblotent, assez loin pour qui a pour profession la clandestinité des braconniers et à qui l’obscurité est la complice nécessaire.

Sur le sentier d’automne s’assombrissent les dorures des feuilles mortes. Au terme de cette piste, je sais où se blottit la cache aux cèpes, mais aujourd’hui bien avant de l’atteindre, fantasque, mon esprit s’envole… Savez-vous que lorsque la flamme la lèche, la bûche pleure ? Est-ce que, en chaque tronçon amputé de l’arbre vibre un cœur de génie dont aucune fibre ne s’assèche ? Moi n’étant pas de bois, je ne peux dire que « Peut-être.. ». Pourtant, une voix, celle de mon grand-père certainement car c’est par lui qu’aux contes je crois, sa voix donc, m’a ouvert la porte à ces « Peut-être », et depuis, souvent sans m’annoncer, j‘en franchis le seuil…

           

 Il était une fois, en une autre forêt profonde, domaine des boisilleurs de droit comme des maraudeurs, un tranquille oiseleur qui, sans éclats d’humeur, s’adonnait à son labeur clandestin.

Que la mésange ou que le geai se prenne à ses gluaux ou que l’ageasse curieuse réponde à son appeau, il n’en éprouvait aucune peine. Tranquille, dans son sac il enfermait ses conquêtes. Sereinement, ainsi, il emplissait sa bourse de piécettes que lui comptaient de quelconques acheteurs. Que sa proie ailée gonfle la panse d’un barbon, adoucisse la couette d’une mégère ou s’agite dans une cage à la croisée d’une demoiselle, peu lui chalait.  Pour lui, cueillir les baies des buissons, couper la baguette d’un coudrier, saigner le pin, piller la ruche sauvage, piéger connils et goupils autant que prendre aux rets une compagnie de perdrix… tous ces exploits se valaient. A nulle de ces « choses », il n’accordait la faculté, la probabilité d’un émoi. Jamais en son esprit cette pensée n’avait eu de prémices d’éveil…

Pourtant… Car toujours, dans un récit qui se veut rédempteur, il y a un pourtant qui désoriente le personnage faraud …

Cette autre sylve n’était le repaire d’aucun rebelle, nulle bande de malandrins, nul Robin des Bois jamais n’avait éveillé les frondaisons de leurs colères et de leurs rires. C’était un couvert gentillet, résigné où l’oiseleur prélevait sa dîme.

Pourtant encore, un secret existait ! Aucun bois, bosquet même ne demeure s’il n’est pas animé. Ce n’est pas parce que la formule magique des druides a été égarée que le secret s’est envolé !

Dans cette forêt, comme en toutes, l’âme subsiste.

Hallier après hallier, intrusion après intrusion, sans s’en douter, l’oiseleur s’en approchait.

Un beau matin, dans le cœur de la forêt, il a pénétré. Rien n’intriguait sinon l’étrangeté de deux ormes enlacés, parmi une profusion de fayards, sous la garde massive de chênes dispersés. Ces deux ormes étaient, le centre de cette clairière touffue. C’était comme cela ; du moins cela avait dû devenir comme ça. Philémon et Baucis celtiques peut-être, ces deux ormes étaient bien nés de graines véritables, nourries de riche humus, gorgés de soleil et d’espace. Quels géniteurs avaient laissés échapper ces semences ? Quels vents les avaient unies ici ? Etaient-elles d’une famille nombreuse ? Des pousses fraternelles avaient-elles accompagné leur prime croissance ? Nul témoin pour le dire et si à leur tour, ils avaient essaimé, ce n’était pas dans leur voisinage car, de leur essence, ils étaient les seuls représentants.

Peu à peu, la hardiesse de leur port, la plénitude de leur rassurante robustesse et sans doute, la fertilité de leur territoire tutélaire avaient attiré, concentré les baliveaux. De cercle en cercle, une futaie s’étaient créée, un bouquet, un bosquet, un bois, une vraie forêt s’était développée… De cent lieues à la ronde, la vie rampante, bourdonnante, trottinante et voletante… était venue emplir sol, sous-sol et feuillages. Notre oiseleur allait puiser sans vergogne dans cette manne.

Ce jour d’automne, il découvrit les ormes ancestraux dont les saisons avaient emmêlé sans les blesser, sans les flétrir, les branches jumelles.

Cœur de la forêt, ils étaient le refuge préféré de la gente ailée et le rendez-vous quotidien de tous les plumages. Une aubaine pour notre prédateur. Déjà son cerveau inventait les pièges, échafaudait un plan d’allées et venues pour les jours à venir. Plus de quêtes hasardeuses : il avait découvert le lieu de toutes les rencontres, de toutes les moissons…

Il essarta un cercle à plusieurs pas des deux arbres et y prépara son foyer. Branches sèches tombées, brindilles des buissons, billes nourrirent cet âtre primitif. Il pouvait y préparer sa poix, durcir la pointe des baguettes cruelles. Curieuse mais non inquiète, la faune s’était d’abord tenue coi, mais devant les gestes calmes, elle s’était rassurée et les rumeurs habituelles avaient à nouveau bruissé.

Les préparatifs achevés, tout fut troublé : en quelques coups forts frappés sur le tronc des ormes, l’oiseleur fit se déserter toutes les branches. Il grimpa à la cime et redescendit en enduisant copieusement l’écorce de sa glu. Parfois, une branchette craquait sous sa semelle ou sa paume et chutait en ricochant. Ce bruit répété tenait éloigné les oiseaux réfugiés sur les arbres voisins.

Bientôt, il se retrouva prêt pour une longue attente. La journée s’était écoulée sans lenteur, la nuit allait bientôt envahir la forêt. Elle serait fraîche.

De son sac, il tira quelque provende. Engourdi dans sa cape de berger, il s’appesantit, près de cendres à peine fumantes. Une obscurité familière, semblable à bien des veilles passées. La perspective d’un butin exceptionnel devait égayer ses songes.

Le premier rayon venu d’orient perça le feuillage, pénétra sous sa capuche et l’éveilla. Tout de suite, des yeux, il questionna les ormes… et ne comprit pas leur réponse.

Aucune aile ne se débattait, aucune boule emplumée ne pendait, les deux arbres jumeaux étaient toujours déserts.

Vite dressé, il s’étonna des volutes de fumée qui stagnaient dans l’aurore calme. Trop !

L’oiseleur comprenait le comment ; son esprit prompt à l’observation, cueillait tous les détails, mais le pourquoi lui échappait.

La fumée s’élevait du foyer, longeait les rameaux qui le surplombaient, sautait de ramilles en rameaux pour rejoindre les ormes.

Loin de s’atténuer, les rubans s’épaississaient pendant leur cheminement et la houppe des arbres baignaient dans cette cotonnade! Les  petits nuages qu’il avait remarqués flottant autour des troncs étaient, à l’évidence, le reliquat d’une gangue qui devait couvrir le fût. Le résultat de cette molle protection était que nulle vie n’avait pu s’y risquer. Impossible d’y affronter l’âcreté des émanationss. Les habitués de ces asiles s’étaient tenus loin des branches coutumières devenues invivables.

Ce qui rendait notre chasseur perplexe, c’était la richesse de cette fumée, car aucune humidité, aucun combustible carboné ne la justifiait.

Il lui fallut se pencher sur son foyer et entendre, voir les morceaux d’orme, à peine calcinés, pleurer, pleurer dans les braises. Lorsque son regard suivit le ruban de fumée, de chaque rameau, de chaque feuille, il voyait sourdre la même sève régénérante.

Les deux ancêtres pleuraient et leurs larmes nourrissaient la fumée ; la poix déposée par l’oiseleur fondait sous cette chaleur autant que chassée par la sudation accrue des ormes.

Le trouble était né dans le cœur de l’oiseleur devant la volonté salvatrice de ces arbres, cette union pour le combattre, lui le pillard expert… Toutes les larmes versées attendrirent son âme asséchée.       

Peu à peu, le chant des oiseaux sauvés montait des ormes nettoyés.

 

L’oiseleur ne les a plus quittés. Il est devenu le plus habile des sculpteurs qui se fut trouvé en cette contrée. Des bois ramassés dans cette forêt, la forêt des ormes, il tirait des créations, des oiseaux surtout, qui à jamais palpitaient chez qui savaient les tenir, les approcher.

 

Le soir, devant la cheminée, je fends les châtaignes et mon œil a bien noté, j’en suis troublé, que les bûches enflammées, dans l’âtre pleurent…

Regardez, vous aussi vous les verrez…

 

Cœur de bois, cœur d’émoi, si j’ai rêvé, tant mieux pour moi !

 

14 juin 2017

Grandir… ou pas…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 14 h 40 min

Timothée et Bérangère

 

Dans cette famille, tout pourrait aller bien mais… car dans les histoires il y a toujours, un mais, il y a un gros problème, deux problèmes plutôt. L’un se nomme Timothée et a six ans, l’autre Bérangère a cinq ans

Lui veut grandir très vite et fait des exercices pour tirer sur ses bras, ses jambes, son cou, il porte des vêtements de trois tailles trop grandes, il grossit sa voix…

Elle ne veut pas vieillir : elle pose des annuaires sur sa tête pour ne pas grandir, elle plie les jambes en marchant, elle parle d’une toute petite voix et utilise des mots de bébé, refuse d’aller à l’école.

Elle ne veut coucher que dans un petit lit et porte des vêtements trop petits.

Elle ne veut plus entendre : « Mange ta soupe tu grandiras ! – Sois une grande fille, va aider maman à la cuisine ! » Et tous ces gens qui viennent à la maison : «  Oh mais quelle grande fille nous avons-là ! Bientôt la grande école !…  Bérangère ne peut plus entendre ce mot : elle  veut des petites histoires pas des grandes ! Elle veut des petits plaisirs pas des grands ! Elle veut des petits calins pas des grands ! Elle veut même une petite mère et un petit père, pas une grand-mère ou un grand-père.

Que faire ? que faire ? se lamentent les parents.

Timothée mange des litres de soupe, il marche sur la pointe des pieds, il écoute les mots des grandes personnes et les répète sans les comprendre en faisant des grimaces.

«  Oui mon cher… j’ai absolument vu un  giga papillon sur la vitre de ma voiture, c’est un poulet qui me l’a collé… » par exemple.

« Envoyez Bérangère vivre chez des pygmées, suggère un ami et Timothée  chez des géants on verra bien… »

D’abord, Bérangère se plaît beaucoup dans le village des petits bonshommes mais ça ne dure pas longtemps : ils parlent aussi avec des grosses voix et la font travailler comme une grande ! Pas question, elle est et veut rester une petite fille qui fait des risettes et suce son pouce, c’est tout !

Chez les géants, Timothée aussi se plaît au début, il veut devenir comme eux mais voilà, ils le prennent dans leurs bras, sur leurs épaules, lui parlent doucement pour ne pas lui faire peur… Il ne peut rien faire seul. Il prend un outil… vite un géant lui enlève et dit :

« Attention mon petit, tu vas te blesser. Donne, je vais le faire pour toi… » Timothée est très vexé !

A leur retour, les parents sont encore plus tristes…

Un soir, arrive à la maison un oncle, médecin partout dans le monde, il revient encore d’un grand voyage. Le papa est heureux de retrouver son frère et la maman prépare une petite fête.

Au début, le tonton est étonné de voir Bérangère vêtue en bébé et Timothée en jeune homme mais il ne dit rien car il comprend vite, il a beaucoup voyagé.

A la fin du repas, on lui demande de raconter ses aventures.

« Oui, mais pas devant la petite Bérangère, elle aurait trop peur. A son âge, il vaut mieux se coucher avec un biberon et garder les histoires terribles pour les grands. Tiens, je vais même aller te border moi-même. »

Il prend Bérangère dans ses bras, la conduit dans sa chambre, la prépare pour la nuit  en lui chantant une berceuse : «  Dodo l’enfant do… ». Il  la poudre, lui met une couche, un pyjama, une combinaison, un bonnet. Il lui donne une tétine et un bisou. Bérangère essaie de parler mais tonton lui dit :

«  Ne te fatigue pas, moi tu sais, je ne comprends pas les areu, areu. » .

Il s’en va en fermant doucement la porte.

Jamais Bérangère n’a été traitée ainsi, au contraire plus elle demandait à être traitée en bébé et plus ses parents se fâchaient mais là quand même c’est un peu trop. Elle entend la voix des autres qui racontent, qui s’étonnent, qui rient et elle est toute seule dans son petit lit. Elle en oublie de faire des caprices et de chouiner, elle pleure doucement.

Timothée est fier d’être resté avec les grands et croit tout ce que dit tonton. Celui–ci raconte n’importe quoi : il parle de montagnes volantes, de nuages de crapauds, de courses de menhirs et le garçon avale tout sans se rendre compte qu’il se moque de lui. A la fin du repas, Timothée se lève pour aller se coucher mais son oncle le retient : « Attends, mon grand, tu vas rester avec moi, nous allons tout ranger, faire la vaisselle, nettoyer. Papa et maman pourront aller se reposer ! »

« Mais moi aussi je veux aller me reposer ! crie Timothée

- Mais non, c’est bon pour ta sœur, toi l’homme, tu es grand ! Tu peux travailler, non ? »

Et c’est ce qu’ils font ! Timothée n’en peut vraiment plus à la fin.

Son oncle lui dit – Bon, nous avons terminé. Demain, nous ferons les courses ensemble, laverons la voiture, tondrons la pelouse et rangerons encore la maison. Tout le travail des grands quoi ! Allez, serre moi la main et bonne nuit ! »

-       Mais quand pourrai-je jouer moi ?

-    Jouer ? C’est pour les enfants ça, pas pour les grands comme nous !

Timothée va se coucher mais lui aussi a les yeux bien humides.

Le lendemain matin, Bérangère a laissé maman lui donner des vêtements de petite fille et n’a même pas regardé sa tétine. Elle a dit « Papa, je ne veux plus de petit lit dans ma chambre, maintenant je suis grande ! »

Timothée s’est levé bien fatigué encore pourtant il dit à son oncle : – On commence par quoi ?

- Ce que tu veux, mais où sont tes vêtements de grands ?

- Je, je les garde pour plus tard, ceux de mon âge me vont mieux, je crois..

- C’est vrai et bien je vais te dire ce que nous allons faire : les courses puis une bonne partie de foot avec papa, maman et ta sœur. Qu’en pensez-vous ?

Papa et maman sont d’accord ; Bérangère commence à dire : – Je suis trop petite, puis vite reprend, non je serai avec papa et on va gagner…

Depuis l’oncle est reparti. Un jour, il l’a promis, lorsque Thimothée aura bien joué, bien étudié, il l’emmènera dans un de ses voyages pour soigner les gens

-Et moi ? demande Bérangère.

- Toi aussi ma petite, tu vas devenir grande doucement. Toi aussi tu vas jouer. Tu sais, c’est important de courir, sauter, chercher, cacher, deviner… On grandit aussi en jouant, en apprenant et puis un jour, toi aussi tu pourras voyager, avec moi, avec Timothée, avec papa et maman… Tu seras devenue grande et pourtant nous t’aimerons toujours, beaucoup, beaucoup… »

 

Vous savez, Timothée a 7 ans maintenant et Bérangère 6 ans et ils en sont bien contents.

6 juin 2017

La fourmi amoureuse…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 10 h 05 min

 

A grands pas Salomon s’éloigne de son palais, dans le désert, il aime méditer.

Une fourmilière l’arrête, elle est là, au bout de sa sandale…

Aussitôt les fourmis viennent saluer l’empreinte de ses pas;

Une seule continue sa besogne infinie sans se soucier de la présence du grand roi.

Salomon la voit à l’écart, se penche sur son corps minuscule:

« - Que fais-tu bête menue? »

« - Vois, roi des rois, un grain après l’autre, je déplace ce tas de sable. »

Etonné, Salomon essaie de raisonner:

« - O fourmi généreuse n’est-ce pas un labeur exagéré pour tes faibles forces?

 » Ce tas est élevé, tes yeux n’en voient pas le sommet. »

La fourmi de répliquer avec une révérence respectueuse:

 » – Grand roi, ne t’arrête pas à ma taille.

 » C’est pour l’amour de ma bien aimée que je travaille:

 » Elle m’a demandé de faire disparaître l’obstacle qui nous sépare.

 » Si, à cette œuvre j’use toutes mes forces,

 » Au moins je mourrai dans l’étrange et bienheureuse folie de l’espérance.  »

D’après Attar (poète perse 1150 – 1220)

 

14 décembre 2016

Petit Pierre et le bonhomme de neige

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 12 h 03 min

                C’est bientôt Noël, Petit Pierre est dans le parc près de sa maison. Il est content parce que la neige est épaisse, mais il s’ennuie un peu.

            Que peut-on faire dans un parc tout seul quand la neige est tombée… des boules ?  Oh non…  A qui les lancer ?

            Ou alors une grosse, oui, pour faire un beau ventre de bonhomme puis une autre belle plus petite pour la tête ;

            Pierre roule ses boules… Il a froid, il saute et frotte son nez.

            Bon maintenant, il faut un beau foulard pour le cou du bonhomme, un chapeau sur son crâne… Vite, Petit Pierre court à la maison, ramène ses trésors : une carotte pour le nez, deux moitiés de pomme de terre pour les oreilles, dans le trou de la bouche, il enfonce une vieille pipe

            Il dessine les bras, les jambes, accroche une canne au côté du bonhomme et voilà !

Et non il manque quelque chose…Quoi donc ?

            Mais oui, les yeux ! De sa poche d’anorak, Petit Pierre sort deux belles agates claires ave des ailes de papillons multicolores  dedans. Voilà fixé l’œil droit, puis l’œil gauche… Petit Pierre est fier : son bonhomme est réussi, vraiment !

            Petit Pierre tape des pieds, mouline ses bras ; il se réchauffe et souffle un gros nuage de vapeur sur le visage de son bonhomme.

-        Soudain, il entend une grosse voix :

-        Ouais, je suis très beau ! Tu as bien travaillé !

            Quel bond pour le garçon ! Il tourne sur lui-même, il tourne autour du bonhomme de neige… Personne !

- Ah, ah, ah, que tu es drôle ! Ne cherche pas, c’est moi, ton copain tout froid. Ton souffle m’a donné vie. C’est bientôt Noël, je voudrais en profiter pour aller voir les rues de ta ville !

-Mais, mais, bredouille Petit Pierre, un bonhomme de neige, ça ne parle pas, ça ne bouge pas, ça ne regarde pas…

- Moi en tout cas, si. Allez viens, souffle fort sur mon nez, et en route.

            Petit Pierre avance doucement suivi par le bonhomme qui glisse sans bruit sur la neige du parc

            Ils arrivent dans la rue aux vitrines illuminées, une rue pleine de gens pressés.

Petit pierre se demande ce que vont penser toutes ces personnes..

            Et bien, elles ne s’étonnent pas ; si elles pensent, c’est seulement que Petit Pierre est avec un copain très bien déguisé en bonhomme de neige. Ce ne serait pas sa pipe qui fume et ses yeux qui remuent, on dirait un vrai !

            Le bonhomme de neige, lui, ne regarde que les lumières des magasins. Il est ravi, heureux…

            Petit Pierre lui souffle

–       Ne t’approche pas trop, ça chauffe toutes ces lampes ! Tu commences à fondre.

–       Tant pis, c’est trop beau

–       Allez viens, retournons dans le parc tout froid, ici la neige est sale, grise.

-        Non, non, je suis trop bien.bonhomme de neige

Et arrive ce qui doit arriver à tout flocon, tout glaçon réchauffé ; notre bonhomme de neige fond, fond, diminue, diminue…

Tombent la canne puis le foulard, la pipe aussi puis le nez carotte ; le bonnet glisse et bientôt les yeux ne brillent plus.

Petit Pierre entend un dernier gros : « MERCI ! »

Puis sur le trottoir, il n’y a plus qu’une belle flaque d’eau.

 Petit Pierre rentre chez lui, triste bien sûr mais peut-être a-t-il rêvé… Dans sa chambre, il dessine un magnifique bonhomme de neige, tout semblable à son copain.

           Petit Pierre a souvent rebâti des bonshommes de neige, il a soufflé dessus très fort, mais aucun n’a fait briller ses yeux, pris une grosse voix et glissé derrière lui… mais un jour d’hiver, peut-être…

            Chaque soir, Petit Pierre regarde son dessin et parfois, juste, juste avant de s’endormir, il voir deux billes briller et une pipe fumer.

 Allez, bonne nuit Petit Pierre…  Le principal, c’est d’avoir rêvé puis, avec un peu de volonté d’en faire une réalité, même le temps d’une boule de neige…

13 décembre 2016

MES AMIS DU CLOWN DU SPECTACLE…

Classé dans : contes et légendes,spectacles,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 10 h 11 min

 

                     Depuis un peu plus de 5 ans, j’accompagne une petite compagnie du CLOWN du SPECTACLE. Faire valoir, grincheux, un peu scénariste et secrétaire, monteur de flyers, critique de répétitions… je m’implique et m’applique quand je le peux…

Après presque 4 années de clown auprès d’enfants hospitalisés, notre ami Jean-Pierre a créé sa compagnie

logo clown

Le CLOWN de THEÂTRE, derrière son nez rouge abrite un énorme coffre à trésors.

Il parle très, très peu… Il bouge beaucoup ; il ose quelques grimaces, il exagère tous ses gestes, toutes ses mimiques….

Le CLOWN de THEÂTRE  ne soulève pas le sable d’un cirque, mais fait vibrer les planches d’une scène.

Il a des pensées, des envies, des peurs et des bonheurs… il nous les fait partager… Nous nous inquiétons avec lui, nous sommes soulagés avec lui… Lui et nous, c’est pareil, le temps d’un spectacle…

Le clown de notre spectacle est très, très maladroit, il parle peu, mais sait être, se faire entendre même par ses silences…

Seul ou avec des complices acteurs, danseurs, musiciens, avec moi parfois comme empêcheur de tourner en rond sous les huées des enfants… il est entouré d’une bonne équipe technique, de décorateurs, de scénaristes…

La Compagnie compte 5 pièces à son répertoire…

 

AFFICHE NOUVELLE PEINTREAFFICHE- Couchtot??????????Affiche Melodies -Affiche CARMEN

 

Notre Clown accompagne aussi des expos, des mariages, des inaugurations,..

Avec lui, j’ai eu le bonheur de monter et animer deux spectacles de rue…. Pas de quoi vieillir trop vite… ?
« C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens » écrivait quelqu’un qui s’y connaissait, Molière !

Et nous le vérifions à chaque rencontre avec grands et petits…

Un jour peut-être souhaiterez-vous que nous venions jouer pour vous, vos amis….

 

27 novembre 2016

Un conte pour tous: MON AMI TIMBO

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 20 h 10 min

Dans la ménagerie du cirque TABOUM, Timbo le lionceau se laisse mourir..  Des chasseurs l’ont enlevé dans un grand filet. Il a été mis en cage, transporté en voiture, en avion, en train, en camion puis vendu au cirque pour être dressé.

Son dompteur ne peut rien tirer de Timbo ; le lionceau reste dans le coin de sa cage. Même quand on l’en sort, il s’aplatit, ne bouge pas, ne grogne pas, ne mange pas…

Autour de lui, les autres animaux se désespèrent. Tous ont essayé de lui parler : les autres lions bien sûr, les tigres, les éléphants, les chevaux, les ours, les chiens savants, les otaries aussi, même les puces car dans ce cirque on montre un ballet de puces ! Rien n’y fait et Timbo maigrit, maigrit, il peut à peine marcher maintenant.

Les gens du cirque ne savent plus quoi inventer ! Le vétérinaire lui fait des piqûres pour le soigner mais ça ne suffit pas. Timbo est trop triste, beaucoup trop triste…

C’est Sherpa, le tigre,  qui propose une solution : il faut donner envie de vivre à Timbo et lui, il ne connaît qu’une façon de distraire les gens tristes : faire le cirque !

- Comment ? dit l’otarie, nous ne sommes que des bêtes dressées. Sans nos dompteurs, nos écuyères nous ne pouvons pas jouer.

- Et sans les acrobates, les jongleurs, les magiciens, les musiciens, les clowns aussi, comment monter le spectacle ? s’inquiète l’ours.

- Depuis le temps que nous regardons les numéros, grogne l’éléphant, nous les connaissons tous. En répétant bien et vite, nous allons organiser un spectacle formidable pour TIMBO.

- Moi, rugit le lion je connais un vieux dompteur. Il ne travaille plus ; il nettoie les pistes. C’est mon ami Je suis certain qu’il nous aidera…

C’est ainsi que moi, Thomas, lors de ma visite , le lendemain, dans la ménagerie, je ne peux m’en passer, j’ai été attiré par mon ami, le lion Mazza. On se comprend rien qu’en se regardant tous les deux

Il me fit tout comprendre et j’ai décidé de les aider.

Pendant trois nuits, alors que tous les gens du cirque dormaient, les animaux, eux, ont travaillé. J’ai ouvert et refermé les cages ; mes amis  se glissaient sous le chapiteau et répétaient, répétaient puis sans bruit, regagnaient la ménagerie.

Enfin le lundi soir, jour sans spectacle, tout était prêt.

Vers minuit, j’ai porté, il était lourd, le petit lion fatigué dans un fauteuil roulant et je l’ai roulé sous le chapiteau. Tout était éteint. J’ai installé Timbo à la meilleure place des gradins. Le lionceau ne bougeait toujours pas.

Soudain, une douce musique s’éleva ; les lumières s’allumèrent doucement, bleues, vertes, orange… Des chevaux pleins de plumes, de sonnettes caracolèrent autour de la grande piste ; un coup de cymbales et des tigres bondirent sur leur dos puis les lions sautèrent par-dessus ces pyramides. L’ours, au milieu, claquait son fouet.

Les otaries se dandinaient sur des vélos à une roue en se lançant des ballons…

Timbo ouvrit un œil puis l’autre ; il redressa sa grosse tête. Tout ce mouvement, toutes ces lumières, cette musique le surprenaient. Peu à peu, il se redressait. Lorsque les singes se mirent à jongler avec des bananes, il était émerveillé. Les agiles éléphants, en équilibre sur un énorme ballon, le firent presque applaudir,

Merveille, les chiens savants apparurent habillés en clowns blancs, en gugusses. Ce ne furent que pirouettes, chutes dans des bassines, nuages de farine, fausses claques, tartes à la crème, farces…

Maintenant Timbo, riait, riait. Il n’était plus triste.

Doucement, je lui apportai un grand bol de pâté que le petit lion commença à manger en regardant le spectacle…. presque sans s’en rendre compte. Bientôt, il dévora le reste du pâté, puis ce fut un jambon, un rôti…. Il avait tellement faim.

Le spectacle se termina par un grand défilé. Le petit lion debout sur ses pattes arrière applaudissait de toutes ses forces.

Les animaux vinrent tous l’entourer et ce fut une grande joie pour tous. Ses pattes m’entouraient…

Le lendemain, les gens de la ménagerie furent très étonnés de voir Timbo sur ses pattes, bien éveillé et rugissant de plaisir.

Très vite le petit lion guidé par ses amis les animaux devint célèbre Les petits, les grands, tous voulaient le voir bondir, traverser les cerceaux de feu, rugir… Il était magnifique.

Timbo était devenu le Roi du Cirque TABOUM et moi, je suis son ami.

Peut-être, un jour, un beau jour forcément, viendras-tu l’applaudir…un-lion-dans-un-cirque-

21 novembre 2016

Les bons contes font…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 16 h 23 min

Soirée contes, il y avait longtemps, que je m’étais pas plongé dans un bain de rêves éveillés… La coïncidence voulait que dans la journée, j’avais, au hasard d’un poste de voiture, entendu un moment d’émission où l’on parlait de la nécessité, quasi vitale du rêve, du rêve possible même si improbable au rêve carrément fantastique… Rêve pour se projeter, rêve pour s’évader, rêve pour dépasser un blocage, une peur… Alors que nous parlions projets d’écriture non aboutis, de nouvelles, de contes, Sonia, me livra ses trésors de réflexion,  d’auto exploration ou de rencontres avec des personnalités de son chemin de vie retrouvés dans et avec les contes de Jacques Salomé.

Bruno Bettelheim, j’ai fréquenté par besoin professionnel presque, Jacques Salomé, un peu aussi, sans trop d’envie et pas pour les contes… Pourquoi pas ? Je retiens deux livres à la médiathèque : « Contes à guérir » et « Contes à grandir et Contes pour grandir de l’intérieur ». Je reçois bientôt le message me disant que le premier est à ma disposition… En allant le chercher, je suis attiré par une affiche ! Vendredi, «   La médiathèque Montaigne vous invite à assister à une soirée conte exceptionnelle…. Petits et grands pourront voyager dans l’univers magique d’un grand monsieur du conte, Didier Kowarski dont la présence dans notre région est rare et précieuse… »

J’étais libre, il était bientôt l’heure, la coïncidence est trop séduisante alors pourquoi non ?

J’ai entendu des contes, des légendes en veillée, près d‘une cheminée, d’un feu de camp et surtout auprès de mon Pépé, blotti près de lui ou sur des sentes des forêts agésinates… J’ai conté auprès d’enfants, en colo, à l’école, en classes de découvertes, en autres activités avec la bibliothèque de Saussan… parmi des adultes parfois, rarement. Ah si, je me souviens d’une balade sur la longue plage de LA PANNE en Belgique, à reculons et sous un ciel à la Brel…

J’ai écrit des contes, des adaptations ou des inventions, comme on invente un trésor, pas forcément précieux, mais surgi entre nos mains… J’ai pratiqué la « littérature orale » avant d’écrire avec des enfants ; nous avons même illustrés des contes.  Je conserve précieusement ceux récemment élaborés puis montés avec Romane et Lucas, les plus jeunes de mes petits-enfants…

Mais, me caler dans un siège, dans cette pénombre au silence bruissant, parfois plus sonore d’exclamations, de frémissements, de soupirs d’attente, de rires libérateurs… Libre d’entendre, de flotter sans avoir l’envie de dire… il y avait longtemps. La salle était bien remplie, une belle centaine d’adultes, une trentaine d’enfants. 1 h ½ à suivre le courant d’une rivière au lit changeant au rythme changeant… Nous suivions un diseur, c’est mon ressenti, un ouvreur de pistes, un poseur de questions, des questions pour lesquelles nous devions chercher en nous les réponses, ou les extraire des contes, des poésies, des galéjades, des anecdotes, voire des énigmes, dans l’immédiat ou différés… Oui, un cours, parfois calme, presque muet, parfois tumultueux, agité, clownesque…. plein de vaguelettes irisées à suivre en surface et de sens profond à pécher en profondeur… A chacun de retenir sa provende et jouer avec les plus frétillants ou les plus étranges.

Le conteur de ce soir, Didier Kowarski, fut un magicien sans trucage, un manipulateur de l’imagination avec une seule astuce sa voix, une seule technique, l’ordre des portes ouvertes.

Comme pour le rêve, le conte mène forcément au réveil, un réveil qui nous laisse autre, un peu… C’est bien. Je crois que pour vivre notre réalité, pour oser plonger dans nos rêves, qui n’en a pas ? nous avons besoin de contes… Parfois, ils ont écrits, filmés, chantés… quand ils suivent une voix, des mots, des gestes parmi nous, c’est mieux, je crois…

Un soir, il y a longtemps, j’avais 8 ans, l’âge de Romane et de Lucas, mon Pépé, m’a conté, intrigué avec une certaine petite bête envahissante dans une maison mystérieuse, à en troubler toutes nos nuits… Depuis, j’ai raconté cette histoire en de très nombreuses occasions, en l’adaptant aux circonstances, avec toujours autant d’émotion et de plaisir, un conte qui dépasse les âges  et qui m’est souvent demandée transformée, mieux c’est devenue un conte à deux, trois voix, parfois, dans la voiture, monte une proposition : « Papou je vais te dire une histoire de la petite bête… » et vogue le voyage avec la création de la Xème version

15 octobre 2016

Voici l’histoire de TAI TAI et les trois grains de riz…

Classé dans : contes et légendes,Non classé — linouunblogfr @ 10 h 14 min

                   Un beau conte écrit par notre amie Jacqueline….

 

Il était une fois, dans un lointain pays d’Asie, un petit garçon qui vivait avec ses parents et ses sept frères et sœurs; il s’appelait TAITAI, Son papa et sa maman travaillaient beaucoup pour nourrir toute cette petite famille; mais l’année de la grande sécheresse, ce fut un désastre, La terre était tellement sèche, que le riz qu’il cultivait ne poussait plus, et les réserves que le papa avait faites diminuaient sans arrêt,

Un jour le papa de TAITAI appela son fils ainé :

« Tu es l’ainé de tout nos enfants et tu es le plus fort et le plus courageux, alors TAITAI il faut que je te dise la vérité, nous n’avons plus que trois grains de riz pour nourrir la famille et il n’y a pas d’eau pour faire pousser le riz, Alors TAITAI je vais te confier ces trois précieux grains de riz, et dès demain matin tu partiras vers les montagnes enneigées tout là bas au loin et grâce à l’eau que tu trouveras, tu pourras au moins faire pousser ces grains de riz et nous ramener une bonne récolte pour nourrir tout le monde; je suis sûr que tu y arriveras,

Dès le lendemain matin, à l’aube TAITAI pris le chemin de la montagne courageusement après avoir embrassé son papa sa maman et ses frères et sœurs; je vous promets leur dit-il de faire tout mon possible pour faire pousser ce riz et quand je reviendrai nous ferons une grande fête tous ensemble,

Ils le regardèrent partir plein d’espoir,

TAITAI pris le chemin de la montagne, il gravit des collines, des montagnes, traversa des forêts, pris des chemins semés d’embuches, il eut peur aussi parfois, en entendant des bruits de bêtes bizarres dans la forêt, en écoutant le vent dans les branches qui soufflait si fort, mais qui semblait quand même lui montrer le bon chemin…. Mais dans tout son parcours il ne trouvait pas d’eau, il était désespéré ; il gardait bien soigneusement ses trois grains de riz bien serré dans son petit mouchoir,,, Il fallait absolument trouver de l’eau,

Un soir alors que la nuit commençait à tomber, il entendit un vrombissement au dessus de sa tête, on aurait dit un hélicoptère vroom vroom, vrom ,,,, Il eut peur et voulu se cacher dans la forêt, mais tout à coup il sentit sur son épaule quelque chose qui le chatouillait en tournant la tête il vit un joli papillon avec de grandes ailes qui lui fit un clin d’œil et lui dit :

-                  Où vas tu comme ça petit bonhomme, tout seul sur le chemin ??

-                  Je vais chercher de l’eau pour mes grains de riz répondit TAI TAI mais la route est longue et j’ai peur de ne pas trouver le bon chemin,

-                  Ne t’inquiète pas TAI TAI, maintenant que tu m’as rencontré, tu ne seras plus tout seul et je vais bien t’indiquer le chemin, on m’appelle BOMBYX et je connais toute la région, et toutes les forêts, j’ai toute ma grande famille qui vit la bas un peu plus loin dans la forêt de muriers et ils travaillent tous beaucoup à produire du fil de soie, Pour trouver de l’eau TAI TAI il te faut juste traverser ce grand champ continue encore à monter cette montagne en face de toi, et vois la bas les traces blanches, ce sont les premieres nevées ; tu trouveras de l’eau plus très loin,

TAITAI repartit, plein de courage, guidé par BOMBYX son nouvel ami, et grimpa, grimpa encore et encore… Tout à coup, devant lui une rivière, un lac, une cascade, de l’eau partout ; une eau claire, pure, qui chantait en cascadant par dessus les pierres, TAITAI était fou de joie :  enfin de l’eau !! Mais comment la transporter ?? Heureusement BOMBYX eut encore une idée :

-                  Pour pouvoir la transporter, dit il, tu devras monter encore un peu plus loin vers la neige, il y a plein de stalactites. Tu pourrais ainsi en découper quelques unes et les transporter pour arroser tes trois

grains de riz,

-                  Bonne idée répondit TAI TAI , allons vers la neige…

Ainsi il découvrit pour la première fois ces merveilleux cristaux de glace qui scintillaient au soleil ; des stalactites accrochées aux rochers, des dentelles de glace transparentes comme du verre et qu’il pourrait ainsi transporter.

Il fit donc sa cueillette de glace, et commença à la transporter dans ses petites mains, pour aller arroser ses trois grains de riz,,, En chemin, la glace se mit à fondre au soleil, et passa à travers ses doigts tout gelés !!!

Plus d’eau pour les trois grains de riz !!! Comment faire alors ?? TAI TAI regarda tristement BOMBYX qui le suivait toujours sur le chemin :

- je n’y arriverai jamais, lui dit il, et mon père qui m’attend dans mon petit village pour nourrir mes frères et sœurs ; je dois absolument trouver une solution,

BOMBYX vint de nouveau au secours de son ami :

- J’ai une idée » lui dit il, je vais faire confectionner des petits sacs en fil de soie par ma petite famille, ainsi tu pourras mettre toute la glace que tu ramasseras dedans, et tu pourras vite la transporter pour aller arroser tes grains de riz;

-                  Oh BOMBYX comme tu es un ami précieux et généreux, grace à toi on trouve toujours une solution… Vite au travail,

Et voilà nos petits amis les vers à soie préparant des sacs et des sacs de soie. BOMBYX volait de l’un à l’autre pour les encourager, et TAITAI allait chercher des piles de glace qu’il empilait pour remplir ensuite les sacs de soie…

Ainsi il put transporter tant et tant d’eau et de glace, que les trois grains de riz, furent bien vite tout ragaillardis. TAITAI put semer et semer le riz; grâce à ces trois grains de riz si bien arrosés avec cette eau précieuse et claire venant de la montagne

Bientôt un beau champ de riz s’étendit devant lui.

Il put enfin faire une belle récolte de riz, et descendit à son village avec ces petits sacs de soie remplis cette foie non pas d’eau ou de glace, mais d’un bon riz bien blanc et bien nourrissant  pour toute sa famille,

Quant il arriva dans son village quelle belle fête pour le recevoir, son papa était si fier de lui et sa maman le prit tendrement dans ses bras et pleura de joie; tous ces frères et sœurs l’entourèrent et dégustèrent avec lui ces merveilleux grains de riz,

Grâce à TAI TAI, à son courage, à sa persévérance,  toute la famille était heureuse bien nourrie et enfin réunie,

Les soirs de pleine lune dans ce lointain pays d’Asie, on entend parfois un étrange vrombissement, vrom, vrom, vrom… Ce n’est pas le vent ou la tempête, non, c’est seulement BOMBYX qui vient dire bonne nuit à tous ses nouveaux amis.

                                                             

FIN

4 juin 2016

Licia, Nathan et Lucas entent dans le monde des livres.

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 11 h 52 min
lire au parcPetite histoire pour lire…

            Un enfant trouve un livre oublié sur un banc.

Un grand livre, un bel album. Au milieu du livre, sur les deux pages s’étale une grande photo glacée. « Curieux pour un album illustré par des dessins ! « .

Qu’est-ce que c’est que ça ?

Nathan, lève le livre, examine bien la photo et se gratte la tête…!

En observant mieux, il distingue autre chose : une petite fille et un petit garçon qui lui font des signes.

Il approche son œil, il touche la photo du bout de l’index et … son doigt s’enfonce dans le papier comme si c’était de l’eau limpide.

Il met deux doigts, trois doigts… la main droite entière, la main gauche… Au fur et à mesure, il les voit diminuer, devenir minuscules.

Nathan passe un bras, deux bras, les épaules, une jambe, deux jambes et puis enfin la tête.

Et voilà, il est derrière la photo !

En regardant derrière lui, comme à travers la vitre d’une fenêtre, il aperçoit la rue et le banc sur lequel il a ramassé l’album.

Il sent qu’une main lui touche l’épaule. C’est la petite fille.

- Bonjour, je me nomme Licia !

- Moi, c’est Nathan.

- Et moi Lucas, dit l’autre garçon.

Nathan s’étonne : – Mais que m’arrive-t-il ? Que faisons-nous ici ? Où sommes-nous ?

Licia répond : – Ben voilà, tu as fait comme nous, par curiosité. Tu as plongé dans la photo et tu es entré dans ce livre.

Lucas lui  propose : – Si tu le veux, nous allons te faire visiter ce grand parc.             Regarde, au fond de cette prairie, tu as le Petit Chaperon Rouge qui joue avec les trois petits cochons. Sur la colline, là-bas, Peter Pan court avec les 101 dalmatiens.

Licia continue : – Dans cette maisonnette, sous les pins, tu pourras rencontrer Harry Potter et les 7 nains… Tous, tous, ils t’attendent pour te raconter de belles histoires !

Nathan s’inquiète : – Mais, on peut ressortir ?

Lucas le rassure : – N’aie pas peur, tu peux repartir quand tu le veux. Exactement comme tu es venu. Mieux, le temps n’a pas avancé et tu ne seras pas en retard pour rejoindre tes parents.

- Et pour revenir ici ?

- Ça c’est plus difficile ! Si tu trouves un autre livre avec une photo du parc sur la double page du milieu, pas de difficulté ; tu recommences comme aujourd’hui.

- Sinon, lui explique Licia, il faut choisir un livre qui te fait envie, l’ouvrir, regarder, deviner, et te raconter l’histoire…

- Mais, la bonne magie, dit Lucas, celle avec laquelle tu pénètres dans les pages, c’est la lecture…

-La lecture de Maman, de Papa, de Papy, de Mamy, de tes grands amis…

-Un jour, ce sera ta lecture et alors tu auras découvert la vraie porte enchantée.

-Allez, viens, décident Licia et Lucas en prenant la main de Nathan. Nous allons rencontrer tous les personnages des albums et puis, après nous repasserons de l’autre côté de la photo et nous partirons chacun de notre côté…

En route sur le beau chemin des livres…

 

Alain, « Comme ça », pour des enfants de maternelle!

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Victor Coudesabot |
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