Réfléchir et dire… un peu

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12 août 2018

L’ECOLE DU DESERT … merci Gilbert-Laurent

Classé dans : BONNE PIOCHE,être,poésies* — linouunblogfr @ 17 h 18 min

L’ECOLE DU DESERT

Du sable, des cailloux, une végétation rabougrie,

Le silence comme seul partenaire,

La ville est bien là à quelques kilomètres

Mais c’est déjà le désert.

Au milieu de ce nulle part lunaire

Trônant dans la plus vaste cours de récréation du monde

Un simple cube en pisé

Aux murs légèrement rougeâtres

Au toit en tôle ondulée.

ECOLE DU DESERT1

 Ici il ne pleut pas mais les hivers sont froids.

La passion du savoir a motivé les nomades,

De leurs mains ils ont bâti cet ilot de la connaissance.

Chaque matin des enfants délaissent leurs khaïma

Et deviennent des écoliers estimables

Avec leurs cartables colorés,

Leurs cahiers bon marché,

Leurs stylos multicolores.

Ces gamins bravent la chaleur épouvantable du printemps

Le froid insidieux des hivers de l’oriental marocain.

Qu’importe le nez qui coule, les pulls effilochés

Ils sont de bons élèves sages

Appliqués ce matin pour une leçon de tamazigh.

L’instituteur, natif d’un village voisin,

Ne cache pas sa fierté devant ce petit miracle,

Avec beaucoup d’émotion j’écoute,

J’écoute ces jeunes enfants de 6 à 12 ans

Dignes dans leurs tenues disparates

Psalmodier l’alphabet berbère.

           ECOLE DU DESERT2

Que d’abnégation de la part d’Abdel, l’instituteur,

On sent qu’il l’aime sa classe !

Ses élèves sont ses enfants

Qui un jour grâce à lui

Poursuivront peut-être leurs études dans une grande ville,

Ils échapperont pour les plus volontaires au métier de berger.

Tout cela fait chaud au cœur,

Une seule et unique classe de 12 m2,

Et même si les conditions matérielles sont basiques

Elles ne rebutent personne,

Surtout pas Abdellatif

Et son envie de transmettre ses connaissances.

C’est à regret que je quitte

L’Ecole du Désert de BOUARFA

Et souhaite bonne chance à mon ami Abdel.

           ECOLE DU DESERT3

 

Gilbert-Laurent LAVAGNE 25/09/2014

14 juillet 2018

Pieges de la langue française

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 19 h 41 min

Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser »

On peut donc le dire dans les deux sens.

2.  « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette »
3.  « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C’est-à-dire qu’il ne comporte aucun « e ».

4.  L’anagramme de « guérison » est « soigneur »
Curieux, non ???

5.  « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul !

6.  Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot.

Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », «pauvre », « meurtre  , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».

7.  « Endolori » est l’anagramme de son antonyme « indolore ». C’est assez paradoxal !!!

8.  « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d’être de genre masculin mais deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l’amour au pluriel. C’est ainsi !!!

9.  « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x]

« Oiseau »  est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles.  Eh oui !!!

15 mai 2018

Bonne pioche du jour : Ecrire

Classé dans : BONNE PIOCHE,je pense donc... — linouunblogfr @ 17 h 41 min

 

Bonne pioche du jour : Ecrire

Quand on pioche, on creuse, « in a cavern… excavating for a mine… disait notre chanson Clémentine en cours d’anglais ». Ce que l’on met à jour n’est pas toujours un trésor mais rarement anodin,  alors je pioche en chineur…

A la lumière, 1+1+1+1+1+1, on touche on regarde, on sent,  on goûte, on écoute, peut-être… On brasse les résultats, on explore les caches de notre mémoire et on réfléchit.. Beaucoup de travail pour ce brave on…  La suite, c’est selon chacun heureusement : réalisme du connu et magie du supposé, tout ça fait notre vérité « A chacun la sienne… ».

Ce matin, j’ai enrichi mon coffre de bonnes pioches,  j’ai ramené de mon exploration de papiers, un petit opuscule qui titrait « des livres pour s’évader », une assertion qui n’a rien de nouvelle mais au contraire brille de tout son éclat mille fois ravivé :

« Si la parole est d’argent, si le silence est d’or, l’écriture est la magie des deux, la pierre philosophale. »

Je me suis vissé à l’œil ma loupe d’orpailleur et j’ai analysé ma pépite :

« La parole est d’argent… » : L’argent représente le pôle féminin, lunaire, pas forcément lunatique, ça c’est valable pour chacun de nous, la transparence, le psychisme, l’âme et le monde intérieur. Blanc et lumineux, l’argent symbolise aussi la pureté.

« …le silence est d’or… » (Un taiseux ne dort  pas forcément, au contraire ; de même qu’un bavard peut être bien secret). Revenons à l’or, le pôle mâle, actif, (pas forcément brouillon, bouillonnant aussi), solaire, diurne et chaud… Fragile parfois, notamment confronté à Mercure pas le messager volant ni planète, mais le corrosif hg capable de le dissoudre notre or, mais sans l’altérer, et à un brasier qui le liquéfie. Lui aussi représente la pureté, la majesté, temporelle ou divine…   Sa faiblesse me plait à ce grand séducteur : relativement mou, il ne peut servir d’outil de force ou d’arme…

J’en retiens que mes deux métaux ne sont pas  hiérarchisés  sauf en monnaies, monnaies, mais donnent l’image d’une belle complémentarité, celle du yin et du yang.

« …l’écriture est la magie des deux… » : J’ai lu que l’écriture est apparue afin que nous les roseaux pensant, nous nous souvenions… De quoi, de nos acquis en tous genres biens, savoirs, faits… ?  Si j’ai bien suivi me leçons sur la préhistoire, il semble aussi que le scripteur gravait des souhaits pour un projet, pour une demande de circonstances favorables… J’aime à penser qu’il se souciait de l’agréable, du beau dans sa codification et qu’il prenait, lui et les autres, les lecteurs, du plaisir à « lire et relire »…

Cela me ramène un peu à ce mercure capable de faire se transformer l’or sans le faire disparaître ; ce serait « la représentation symbolique de la communication (transmettre ce que je sais ou crois) reliée à l’intuition (ce que je pense, j’imagine), l’expression de notre moi profond, le lien entre notre  l’âme et notre personnalité… »

Ecrire c’est forcément puiser dans ses savoirs, ses aptitudes, ces acquis tous fruits du vécu mais pas que pour les narrer, pas que pour les accommoder, pour les imprimer avec l’encre du présent, pour les fixer à l’ancre du moment d’écriture, de beaux dires naissent chaque jour, combien de fixent ? Ecrire c’est donner un port à notre mémoire, un droit de pérennité pour le futur..

Me gusta la idea, pourquoi pas, Quand j’écris,  je me dis que parole et écrit sont les matériaux précieux d’un bâtisseur, un bricoleur du dimanche, un tâcheron du quotidien, un architecte de pyramides ou de tours audacieuses…

Rien sur la lecture, parce qu’elle est tout, mon trésor enfoui n’est que néant s’il n’a aucun liseur.

« La pierre philosophale… » : Celle qui pourrait changer les métaux vils en métaux précieux, comme l’argent ou l’or, guérir les maladies ; prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles… Papier, disque dur ou pas, parpaings… tout s’érode, vieillit, s’écroule…     Avec la lecture décodée, revue, source de réécriture… l’Idée demeure, « ne se perd pas, ne se créée pas, se transforme… »  A nous de transmettre les codes et ouvrir les portes vers des lendemains riches des hier, des aujourd’hui, fondus en or et en argent. A nous de faire que la pierre philosophale soit surtout une pierre de Rosette capable d’interpréter toutes les hiéroglyphes de notre humanité en marche incessante.

Çà va bien, c’est bien en le pensant, c’est mieux en l’écrivant, c’est chouette en le gardant pour relire … plus tard

8 avril 2018

La Dernière Classe » (Alphonse Daudet)

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 22 h 00 min

 
Rappel: Daudet  est né à Bezouce ( Gard ) entre Remoulins et Nîmes

 

La Dernière Classe »

(Alphonse Daudet)

 Ce matin-là j’étais très en retard pour aller à l’école, et j’avais grand peur d’être grondé, d’autant que M. Hamel nous avait dit qu’il nous interrogerait sur les participes, et je n’en savais pas le premier mot. Un moment l’idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à travers champs.

Le temps était si chaud, si clair.

On entendait les merles siffler à la lisière du bois, et dans le pré Rippert derrière la scierie, les Prussiens faisaient l’exercice. Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes ; mais j’eus la force de résister, et je courus bien vite vers l’école.
En passant devant la mairie, je vis qu’il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches.

C »est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les batailles perdues, les réquisitions, les ordres de kommandantur.

Et je pensai sans m’arrêter : « Qu’est-ce qu’il y a encore ? »

Alors, comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son apprenti en train de lire l’affiche, me cria :

– « Ne te dépêche pas tant, petit ; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école ! »
Je crus qu’il se moquait de moi, et j’entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.
D’ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage qu’on entendait jusque dans la rue, les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu’on répétait très haut tous ensemble en se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables :

« Un peu de silence ! »

Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu; mais justement ce jour-là tout était tranquille, comme un matin de dimanche. Par la fenêtre ouverte, je voyais mes camarades déjà rangés à leurs places, et M. Hamel, qui passait et repassait avec la terrible règle en fer sous le bras. Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme. Vous pensez, si j’étais rouge et si j’avais peur !

Eh bien, non. M. Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement :
« Va vite à ta place, mon petit Frantz ; nous allions commencer sans toi. »

J’enjambai le banc et je m’assis tout de suite à mon pupitre. Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu’il ne mettait que les jours d’inspection ou de distribution de prix. Du reste, toute la classe avait quelque chose d’extraordinaire et de solennel. Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d’habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous, le vieux Hauser avec son tricorne, l’ancien maire, l’ancien facteur, et puis d’autres personnes encore. Tout ce monde-là paraissait triste; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords qu’il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.

Pendant que je m’étonnais de tout cela, M. Hamel était monté dans sa chaire, et de la même voix douce et grave dont il m’avait reçu, il nous dit :

« Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine… Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui c’est votre dernière leçon de français. Je vous prie d’être bien attentifs. »

Ces quelques paroles me bouleversèrent. Ah ! les misérables, voilà ce qu’ils avaient affiché à la mairie.

Ma dernière leçon de français !…

Et moi qui savais à peine écrire ! Je n’apprendrais donc jamais ! Il faudrait donc en rester là !… Comme je m’en voulais maintenant du temps perdu, des classes manquées à courir les nids ou à faire des glissades sur la Saar ! Mes livres que tout à l’heure encore je trouvais si ennuyeux, si lourds à porter, ma grammaire, mon histoire sainte me semblaient à présent de vieux amis qui me feraient beaucoup de peine à quitter. C’est comme M. Hamel. L’idée qu’il allait partir, que je ne le verrais plus me faisait oublier les punitions et les coups de règle.

Pauvre homme !

C’est en l’honneur de cette dernière classe qu’il avait mis ses beaux habits du dimanche, et maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s’asseoir au bout de la salle. Cela semblait dire qu’ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école. C’était aussi comme une façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s’en allait…

J’en étais là de mes réflexions, quand j’entendis appeler mon nom. C’était mon tour de réciter. Que n’aurais-je pas donné pour pouvoir dire tout au long cette fameuse règle des participes, bien haut, bien clair, sans une faute; mais je m’embrouillai aux premiers mots, et je restai debout à me balancer dans mon banc, le cœur gros, sans oser lever la tête. J’entendais M. Hamel qui me parlait :

« Je ne te gronderai pas, mon petit Frantz, tu dois être assez puni… Voilà ce que c’est. Tous les jours, on se dit : Bah ! j’ai bien le temps. J’apprendrai demain. Et puis tu vois ce qui arrive… Ah ! ç’a été le grand malheur de notre Alsace de toujours remettre son instruction à demain. Maintenant ces gens-là sont en droit de nous dire : Comment ! Vous prétendiez être Français, et vous ne savez ni parler ni écrire votre langue !… Dans tout ça, mon pauvre Frantz, ce n’est pas encore toi le plus coupable. Nous avons tous notre bonne part de reproches à nous faire.

« Vos parents n’ont pas assez tenu à vous voir instruits. Ils aimaient mieux vous envoyer travailler à la terre ou aux filatures pour avoir quelques sous de plus. Moi-même n’ai-je rien à me reprocher ? Est-ce que je ne vous ai pas souvent fait arroser mon jardin au lieu de travailler ? Et quand je voulais aller pêcher des truites, est-ce que je me gênais pour vous donner congé ? … »

Alors d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide: qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison… Puis il prit une grammaire et nous lut notre leçon. J’étais étonné de voir comme je comprenais. Tout ce qu’il disait me semblait facile, facile. Je crois aussi que je n’avais jamais si bien écouté, et que lui non plus n’avait jamais mis autant de patience à ses explications. On aurait dit qu’avant de s’en aller le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d’un seul coup.

La leçon finie, on passa à l’écriture. Pour ce jour-là, M. Hamel nous avait préparé des exemples tout neufs, sur lesquels était écrit en belle ronde : France, Alsace, France, Alsace. Cela faisait comme des petits drapeaux qui flottaient tout autour de la classe, pendus à la tringle de nos pupitres. Il fallait voir comme chacun s’appliquait, et quel silence ! On n’entendait rien que le grincement des plumes sur le papier. Un moment, des hannetons entrèrent ; mais personne n’y fit attention, pas même les tout petits qui s’appliquaient à tracer leurs bâtons, avec un cœur, une conscience, comme si cela encore était du français… Sur la toiture de l’école, des pigeons roucoulaient bas, et je me disais en les écoutant :
« Est-ce qu’on ne va pas les obliger à chanter en allemand, eux aussi ? »

De temps en temps, quand je levais les yeux de dessus ma page, je voyais M. Hamel immobile dans sa chaire et fixant les objets autour de lui comme s’il avait voulu emporter dans son regard toute sa petite maison d’école… Pensez ! depuis quarante ans, il était là à la même place, avec sa cour en face de lui et sa classe toute pareille. Seulement les bancs, les pupitres s’étaient polis, frottés par l’usage ; les noyers de la cour avaient grandi, et le houblon qu’il avait planté lui-même enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu’au toit. Quel crève-cœur ça devait être pour ce pauvre homme de quitter toutes ces choses, et d’entendre sa sœur qui allait, venait, dans la chambre au-dessus, en train de fermer leurs malles ! car ils devaient partir le lendemain, s’en aller du pays pour toujours.

Tout de même, il eut le courage de nous faire la classe jusqu’au bout. Après l’écriture, nous eûmes la leçon d’histoire ; ensuite les petits chantèrent tous ensemble le BA BE BI BO BU. Là-bas au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et, tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux. On voyait qu’il s’appliquait lui aussi ; sa voix tremblait d’émotion, et c’était si drôle de l’entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer. Ah ! je m’en souviendrai de cette dernière classe…

Tout à coup, l’horloge de l’église sonna midi, puis l’Angelus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres… M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m’avait paru si grand.

« Mes amis, dit-il, mes amis, je… je… »

Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put :

« VIVE LA FRANCE ! »

Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main il nous faisait signe : « C’est fini… allez-vous-en. »

Ce conte d’Alphonse Daudet est tiré des  » Contes du lundi « . 
L’histoire se passe en 1871 après la défaite et l’occupation de l’Alsace-Lorraine par les prussiens … » L’Angélus sonna. Suivi des trompettes prussiennes. Le français cessa d’être la langue enseignée » !

31 mars 2018

La fleur et les œufs de Pâques.

Classé dans : BONNE PIOCHE,contes et légendes — linouunblogfr @ 22 h 52 min

OEUFS DE PAQUES

            L’hiver, ce méchant géant, devait retourner dans ses contrées du Nord à l’arrivée du Printemps.

Mais il refusa de céder aussi facilement le terrain à son successeur le Printemps.

Aussi laissa-t-il le vent du Nord souffler à travers le pays. Celui-ci aperçut un jour un pré couvert de fleurs multicolores.

Il cueillit une des fleurs pour l’offrir à l’hiver. La fleur tremblait de peur et de froid devant ce méchant géant, le grand froid du Nord.

« Pitié ! le supplia-t-elle.

-Non ! répondit-il. Je tiens enfin l’un des enfants de mon ennemi en mon pouvoir.

Je veux bien te libérer à une seule et unique condition : que tu couvres mon royaume d’une prairie multicolore.

_C’est impossible » dit la pauvre petite fleur. Et elle se mit à pleurer car elle fut obligée de suivre l’hiver dans son palais de glace.

Le palais n’était que des flocons de neige. La fleur n’y tient plus. « Donne-moi une heure, une seule heure de liberté, demanda-t-elle.

Je prierai les autres fleurs de me suivre dans ton royaume. »

L’hiver finit par accepter :

Une heure pas plus. » Le vent du Nord ramena la fleur au pays du Printemps.

Tout le monde accueillit son retour avec joie : les fleurs, les oiseaux et même les animaux de la forêt.

La petite fleur était heureuse de se retrouver dans son pays, au royaume du Printemps. Mais elle songea aussitôt que son heure de liberté passerait bien vite.

Aussi demanda-t-elle aux fleurs et aux animaux de l’aider. « Nous ne pouvons pas t’accompagner ni t’aider, lui dirent les fleurs et les animaux tristement. Le souffle glacé de l’hiver nous tuerait tous et toutes ! »

Mais un lapin âgé, dont la sagesse était reconnue de tous, prit la parole.

« Nous allons t’aider nous savons ce qu’il faut faire, nous les lapins et les lièvres. Le jour de Pâques, au lever du soleil, le jardin de l’hiver ressemblera à une prairie fleurie.

Après le départ de la fleur, le lapin ordonna à tous ses compagnons de trouver beaucoup d’œufs.

Les lapins et les lièvres coururent alors dans les villages et ils demandèrent à toutes les poules de leurs donner leurs plus beaux œufs.

Les poules acceptèrent bien volontiers et de bon gré, et les lapins et les lièvres retournèrent voir le vieux lapin sage, fiers d’avoir bien accompli leur mission.

« C’est à vous les fleurs de participer pour aider notre amie la fleur, vous allez colorer les œufs de vos plus belles couleurs, et de couleurs si vives que l’hiver les prendra pour des fleurs ».

Les fleurs donnèrent volontiers leurs plus belles couleurs ainsi les lapins et les lièvres s’empressèrent de teindre les œufs.

Le matin de Pâques ils se rendirent dans le royaume de l’hiver et dispersèrent les œufs aux couleurs vives dans la prairie.

A son réveil l’hiver regarda pa r la fenêtre, comme il le fait tous les jours, à son réveil.

Il n’en cru pas ses yeux. Son jardin de neige et de glace était devenu une prairie fleurie.

Il fit souffler le vent du Nord de toutes ses forces, il fit venir le gel glacé, mais les fleurs résistaient.

Alors il libéra la petite fleur. Plus tard, il s’aperçut qu’on l’avait trompé.

Mais il était tellement touché par l’amour des lapins et lièvres pour la petite fleur qu’il ne dit rien. Et hiver, depuis, laisse la place au Printemps…

 

28 septembre 2017

Proverbes de partout…

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 21 h 30 min

                                          Arabe

Jette le chanceux dans la rivière, il en ressortira avec un poisson dans la bouche.

Japonais           

La pluie tombe toujours plus fort sur un toit percé.

                                              Chinois

Le poisson de la rivière n’est pas encore dans ton assiette.

Ghanéen

Attends d’avoir traversé la rivière pour dire au crocodile qu’il a une bosse sur le nez.

Irlandais

Une truite dans la marmite vaut mieux que deux saumons dans la rivière

22 septembre 2017

C’EST L’AUTOMNE

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 19 h 17 min

automne et ses fruitsCITATIONS D’AUTOMNE

 

Extrait de « Automne malade »

Guillaume Apollinaire

 

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs

Les fruits tombant sans qu’on les cueille

Le vent et la forêt qui pleurent

Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

 

Les feuilles

Qu’on foule

Un train

Qui roule

La vie s’écoule

 

La vieillesse embellit tout : elle a l’effet du soleil couchant dans les beaux arbres d’octobre.

[Maurice Chapelan]

 L’automne est le printemps de l’hiver.

[Henri de Toulouse-Lautrec]

 A-t-on bien vu que, lorsque le destin s’en mêle, il va comme le vent et jonche la route avec les coeurs – nos pauvres coeurs humains ? Ainsi se font les feuilles mortes.

[Edouard Estaunié]

Extrait de L’Ascension de Monsieur Baslèvre

 La clémence est autant agréable aux hommes qu’une pluie qui vient sur le soir, ou dans l’automne, tempérer la chaleur du jour ou celle d’une saison brûlante, et humecter la terre que l’ardeur du soleil a desséchée.

[Jacques-Bénigne Bossuet]

Extrait de Politique Tirée de l’écriture sainte

 C’est à l’automne qu’il faut compter la couvée.

[Proverbe russe]

A l’automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l’automne de la vie, ce sont nos souvenirs.

[Flor Des Dunes]

Extrait d’ Et les feuilles tombent

 Les feuilles sèches préparent la tisane de l’automne.

[Ramon Gomez de la Serna]

 L’automne a beau se parer, comme une vieille coquette, s’orner de feuillages pourpres ou mordorés, il n’est que leurre et trompe-l’oeil.

[Harry Bernard]

Extrait de Juana, mon aimée

 L’automne, c’est cousu de moments de grâce, qui ne durent pas.

[Janine Boissard]

Extrait de La Maison des enfants

 A l’automne les arbres font des stripteases pour faire pousser les champignons.

[Patrick Sébastien]

Extrait de Carnet de Notes

 L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver.

[George Sand]

Extrait de François le Champi

 Quand le chagrin est là, une journée dure autant que trois automnes.

[Le Thanh Tong]

Extrait de Nostalgie des guerriers

 Les femmes aussi ont leurs saisons. L’été ne dure pas toujours et après l’été… Ah oui ! Les splendeurs de l’automne ! Mais combien éphémères !! Qui prend le temps de regarder et d’aimer l’automne ?

[Françoise Dumoulin-Tessier]

Extrait de Le Salon vert

 Ce qu’il y a parfois de beau avec l’automne, c’est lorsque le matin se lève après une semaine de pluie, de vent et brouillard et que tout l’espace, brutalement, semble se gorger de soleil.

[Victor-Lévy Beaulieu]

Extrait de L’Héritage

 La végétation s’arrête, elle meurt ; nous, nous restons pour des générations nouvelles, et l’automne est délicieuse parce que le printemps doit venir encore pour nous.

[Senancour]

Extrait d’ Oberman

 A-t-on bien vu que, lorsque le destin s’en mêle, il va comme le vent et jonche la route avec les coeurs – nos pauvres coeurs humains ? Ainsi se font les feuilles mortes.

[Edouard Estaunié]

Extrait de L’Ascension de Monsieur Baslèvre

 La clémence est autant agréable aux hommes qu’une pluie qui vient sur le soir, ou dans l’automne, tempérer la chaleur du jour ou celle d’une saison brûlante, et humecter la terre que l’ardeur du soleil a desséchée.

[Jacques-Bénigne Bossuet]

 

30 mai 2017

Être et avoir

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 10 h 04 min

Je redécouvre, bravo à l’auteur!

Pour les amateurs de langue française, un vrai petit bijou.

Loin des vieux livres de grammaire,

Écoutez comment un beau soir,

Ma mère m’enseigna les mystères

Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,

Il est deux verbes originaux.

Avoir et Être étaient deux frères

Que j’ai connus dès le berceau.

Bien qu’opposés de caractère,

On pouvait les croire jumeaux

Tant leur histoire est singulière.

Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu’Avoir aurait voulu être

 

Être voulait toujours l’avoir.

À ne vouloir ni dieu ni maitre,

Le verbe Être s’est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque

Et faisait un grand numéro,

Alors qu’Être, toujours en manque.

Souffrait beaucoup dans son égo.

Pendant qu’Être apprenait à lire

Et faisait ses humanités,

De son côté sans rien lui dire

Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes

En avoirs, en liquidités,

Pendant qu’Être, un peu dans la lune

S’était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire

Lorsqu’il se montrait généreux

Être en revanche, et c’est notoire,

Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.

Met tous ses titres à l’abri.

Alors qu’Être est plus débonnaire,

Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,

Ce sont les choses de l’esprit.

Le verbe Être est tout en pudeur,

Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères

Pour parvenir à un accord,

Entre verbes ça peut se faire,

Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face

Au milieu des mots rassemblés,

Ils se sont répartis les tâche

Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d’Être

Parce qu’être, c’est exister.

Le verbe Être a besoin d’avoirs

Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables

En arguties alambiquées,

Nos deux frères inséparables

Ont pu être et avoir été.

Vive la langue française ! Oublie ton passé, qu’il soit simple ou composé, participe à ton présent pour que ton futur soit plus que parfait Que vive la langue française

QUE LA LANGUE FRANCAISE EST BELLE MAIS PAS SIMPLE

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 9 h 50 min

 

Dans la catégorie BONNE PIOCHE: partage…

Amateurs de Français… 

Mais comment pourrait-on écrire cette phrase: en avez-vous la réponse ?…  Dans une main, j’ai un VER de terre et dans l’autre, un VERRE d’eau. J’ouvre les deux mains et… les deux VER…. (?!) tombent. Comment faudrait-il écrire: « VER……………… », à votre avis ?

Curieux notre français, n’est-il pas ? On appelle ceci des « Homographes non homophones Car ces mots s’écrivent de la même façon mais se prononcent autrement suivant le sens…. Pauvres Flamands (ou Suisses) qui apprennent le français !

En français : deux mots composés des mêmes lettres se prononcent toujours de la même façon ! En êtes-vous bien sûr ?

Voici quelques exemples d’homographes de prononciations différentes ! (Homographes non homophones) Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis. Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils. Je suis content qu’ils vous content cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier. Ils n’ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses Leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent.

Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent.

Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions.

Voyons aussi quelques exemples d’homographes de même prononciation (Homographes homophones)

Cette dame qui dame le sol Je vais d’abord te dire qu’elle est d’abord agréable. A Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue. On ne badine pas avec une badine en mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs. En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché. Je ne pense pas qu’il faille relever la faille de mon raisonnement.

Le ver allait vers le verre vert et non vers la chaussure de vair gris argenté.

21 mai 2017

drôles d’oiseaux

Classé dans : BONNE PIOCHE — linouunblogfr @ 21 h 26 min

Sais-tu que….

La poule caquette, le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache… ?

L’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage… ?

Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse ?

La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse et si le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait… ?

Le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille.

La biche brame quand le loup hurle.

Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu que…  si le canard nasille, les canards nasillardent ?!

Que le bouc ou la chèvre chevrote ? Que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte ? Que le paon braille, que l’aigle trompète ?

Sais-tu…

Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule ? Que la perdrix cacabe ? Que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit ?

Tu sais tout cela ? Bien…. mais sais-tu, sais-tu …

Que l’alouette grisolle ?

Tu ne le savais pas. Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse ?

C’est excusable !

Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère, et que c’est à cause du chameau que l’on déblatère ? Tu ne sais pas non plus peut-être que la huppe pupule ?

Je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue ?

Qu’importe ! Mais c’est joli: la huppe pupule…

Et encore sais-tu  que la souris, la petite souris grise : devine… La petite souris grise chicote ?

Oui ! Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, que le geai, Que le geai cajole ! »

Que de chants, au joli, au curieux nom et tout ça sans bruitage..

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Victor Coudesabot |
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