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29 novembre 2019

Passeurs de mots et d’images…

Classé dans : lire — linouunblogfr @ 15 h 00 min

  Une bibliothèque, c’est comme un éclairage public… Pas vitale, mais bien utile… Comme pour les lampadaires, il est des bibliothèques de belle stature et de forte intensité, des médiathèques, il en est d’autres plus modestes… Dans un quartier, un village, c’est souvent une lumière qu’il est bon d’entretenir.  On y collectionne de l’intelligence en lignes pour la tenir à la disposition de tous. Mieux, on y  rassemble des témoignages de cette intelligence passée et contemporaine, si possible, capables de satisfaire des goûts divers et de susciter des curiosités…

Cela ne veut pas dire qu’elle détient des trésors de sagesse : l’intelligence des auteurs, comme celle des personnes qu’ils font revivre ou qu’ils créent, peut être façonnée de qualités humaines bien diverses : de la générosité à la mesquinerie, de la bonté à la méchanceté, de la naïveté à la lucidité, de la simplicité d’esprit au génie… toute la palette de la psychologie et de la sociologie étale ses teintes, ses nuances et ses mixages… dans nos rayons.

Choisir, bénévolement ou professionnellement d’appartenir à l’espèce des «Passeurs d’histoires, de savoirs » pour plagier Vincenot, c’est un beau chemin.

Comme tous les engagements, il a ses intensités et ses faiblesses ; appartenir à une collectivité qui partage cette croyance dans l’écrit et tous ses avatars imagés, sonores… permet de modérer ensemble les trop-pleins d’enthousiasme et de trouver le réconfort nécessaire parfois…

La richesse de ce groupe, c’est aussi celle de la convivialité active au service des autres, pour la bibliothèque ou médiathèque, au service du public, connu et potentiel.

La seule nécessité est le respect ! Respect de la finalité globale de rôle que nous jouons ensemble. Respect de la forme que chacun a choisi de lui donner. Respect des personnes dans les paroles comme dans les actes…

Assurer la plénitude de l’accomplissement de cet engagement dans la mesure du possible et des circonstances, aussi petite soit la taille que nous pouvons lui donner, est une base appréciable.

Choix, engagement, respect… et un autre mot auquel je suis attaché, c’est celui de crédit : croire en ce que l’autre accordera et redonnera, faire crédit à ceux qui partagent notre choix de promouvoir l’écrit dans notre lieu de lumière, faire crédit de leurs belles intentions et de leur volonté de bien servir ensemble…

Aucun de ces lieux de mots offerts n’est anodin dans son ingéniosité : contes – livres à découvrir – débats philo – échanges de lectures – écritures de nouvelles – films – médias ouverts par la technologie sans cesse développée….

 Mariniers de mots et d’images, une belle façon de naviguer et d’être !

Belle suite à vous tous !

Alain

20 novembre 2019

C’est bête hein !

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 19 min

AIGRETTES CORMORANS2VOL DE DEUX FLAMANTS ROSES VOL DE FLAMANDS

C’est bête hein !

Hier : devant la fenêtre sur l’autre rive du canal une scène qui me retient. Une aigrette bien blanche sur ses pattes sombres suit à pas rigides le bord du quai. Ses yeux fixent le cormoran bien noir lui. Il plonge, émerge, replonge et ressort, dans de grandes ondes concentriques. Parfois, il a une prise qui s’agite. L’aigrette s’envole vers son bec, attrape le poisson sans provoquer de résistance, puis retourne s’en repaître sur l’herbe. Le cormoran replonge, sans doute pour lui cette fois… Les deux complices doivent me réserver ce numéro car, à peine hors de mon champ de vue, ils font demi-tour. Un goéland les survole mais n’intervient pas… Sur la clôture, deux pies en uniforme noir et blanc échangent des commentaires. Avec la fin de l’automne et pendant tout l’hiver, le canal et ses éperlans est un refuge bienveillant pour eux. Plus loin, je sais que des flamants se regroupent dans un étang écarté, que des colverts et leurs canes naviguent prés des buissons du bord et qu’un long héron cendré protège son territoire. Mon spectacle favori est le vol d’étourneaux. Autant je n’apprécie pas la rencontre avec un de ces garnements au bec pointu et aux petits yeux perçants, accroché à la branche d’un tamaris, autant j’admire sans réserve leur vol en bande, les figures extraordinaires que le groupe dessine dans l’espace. J’ai appris que ces ballets sont appelés « Murmurations » ? et l’envol des flamants roses une « Flamboyance », c’est magique, non ? … Mais ça, ce sera pour ma balade…

Je n’ai pas d’animal at home, j’en ai eu chez mes parents, Dolly le loulou blanc puis Sultan le fier berger allemand. Leur présence nous était familière. Si nous n’en avons pas à domicile, trop de mouvements sans doute, nous en retrouvons chez nos enfants. Les montagnards avec leur chat, ce malin Chopper explore des espaces même enneigés mais est bien content de gratter à la baie pour retrouver chaleur et nourriture. Pour sa petite maîtresse, c’est une évidence indiscutable. Pas plus discutable que son avenir : « Je serai vétérinaire, pas docteur… Tu comprends, les animaux, eux, ils ne peuvent s’expliquer, alors ils ont besoin de nous… » Les Franciliens de Montgeron ont des poisons rouges. Il y a quelques jours, l’un deux s’est retrouvé le ventre en l’air. Tristesse de son petit copain à deux pattes avec lequel il se regardait par-delà le verre, avec lequel il échangeait des secrets sans doute… Nous l’avons enterré cérémonieusement au pied d’un arbre. J’ai été prié de le saluer en évoquant non pas l’au-delà mais les heures passées à se parler en silence.

Les deux plus grandes petites filles ont un lapin, le second, la perte du premier fut un drame… Il les suit en vacances, donc nous sommes souvent avec ce « 4-pattes » comme disent les superstitieux marins. Lorsqu’un visiteur familier arrive, souvent, il demande des nouvelles de Doucky avant de solliciter les nôtres… Bien sûr les deux grandes lui parlent, mais j’ai souvent surpris l’un des adultes, allez, moi aussi, s’adresser à lui comme témoin d’une pensée, d’une décision…  Un confident bien discret

Tout cela en regardant des oiseaux devenus nécessaires au premier coup d’œil du matin vers dehors…

C’est bête, et non !

 

18 novembre 2019

moi instit…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 17 h 36 min

Je n’ai aucune qualification supérieure pour m’exprimer, je n’en ai pas plus que nombre d’enseignants de tous niveaux, pas plus que bien des parents, que bien de nos concitoyens attentifs à leur Ecole, bien moins que tous les chercheurs, les gens de réflexion et d’expérience qui consacrent leurs heures à mieux connaître, mieux ouvrir des voies à la transmission des savoirs, à l’instruction comme à l’Education…

Je ne suis qu’un homme qui fut d’abord un élève en de nombreuses écoles de la ruralité, de petites villes, de quartiers plus imposants en grandes cités. Un garçon trempé dans les centres de vacances, le scoutisme autant que les surprises parties, un écolier perdu, un cancre assumé, puis un normalien convaincu, passionné par sa première compréhension d’une évidence : apprendre pour mieux transmettre à ceux en devenir, voire en manque. Une révélation qui ne m’a plus quitté.

A travers mon métier d’enseignant, à travers mes engagements associatifs, j’ai voulu, réussi avec plus ou moins de bonheur selon les circonstances, les cas parfois, répondre à cette conviction.

Longtemps ce fut dans le cadre de ce que nous nommions alors l’enseignement aux inadaptés, de tous âges, avant que ne se créent des structures plus précises, puis encore plus longtemps en établissement ordinaire, notamment en direction ordinaire, englobant une belle hétérogénéité…

Comme bien de mes collègues, j’ai frappé à de nombreuses portes, dont des associations diverses, ouvert bien des ouvrages, tentés bien des essais…

Toutes ces années, toutes ces heures intenses par leurs espoirs, leurs doutes, leurs réussites et leurs échecs, tous ces moments heureux et malheureux, n’ont fait que renforcer mes orientations pour les transformer en certitudes.

-                  L’élève, qu’il soit très jeune, à peine organisé dans sa communication ou qu’il soit adulte toujours en besoin d’apprendre, est unique. Ignorer ce truisme essentiel c’est non-seulement « assassiner Mozart » mais c’est aussi refouler la chance de chacun d’utiliser les ressources qu’il possède et qu’un regard trop formaté ne permet pas de faire éclore.

-                  Un élève peut acquérir des connaissances par lui-même, avec le soutien d’un enseignant particularisé, voire même matérialisé par la vaste richesse de nos vecteurs depuis qu’existent des marques de mémoire, de transmission. Mais l’apprenant ne pourra jamais s’épanouir sans la confrontation avec les autres. le groupe est écoute, questions, propositions, recherches, essais et miroir…

-                  J’ai appris avec mes premiers élèves dits a-scolaires, dits inadaptés, dits en difficultés d’apprentissages et ou de comportements… combien ils avaient de similitudes dans leurs besoin de savoir, autant que de diversités dans leurs possibilités d’y répondre. J’’ai appris combien était grande leur fragilité ; avec tous j’ai appris, après l’avoir vécu moi-même, combien étaient lourds de conséquence les incidents de leur vie, combien ils pouvaient les sublimer ou les éteindre…

 

Chacun n’est pas un Robinson Crusoé… « Nul n’est une île riche en ressources innées en lui-même… ». Négliger que ces îles soient susceptibles de s’éroder au lieu de se solidifier est une erreur essentielle.

 

Notre vocation, pour moi ce n’est pas un mot énorme, est d’accueillir l’enfant que l’on nous confie, de le mener de son niveau d’être pensant à un niveau supérieur en lui fournissant les savoirs, les outils qui lui donneront l’autonomie à laquelle ses aptitudes le conduisent. Cela sans angélisme aveugle mais sans découragement non plus.

La mise en œuvre de notre fonction, dans notre forme de société, nous conduit à mettre nos élèves en situation collective, à assurer notre enseignement dans une classe, groupes de niveau sinon d’âges. La prise en compte de cette double réalité, diversité et objectifs programmés pour l’ensemble, doit, et heureusement mène souvent, à une pédagogie adaptée, voire différenciée.

 

Ces principes peu à peu établis, pendant presque 10 ans, en solitaire, dans mes classes dites de perfectionnement, élémentaires ou professionnelles, je dus les confronter d’abord à ma première classe élémentaire, un CE2, puis à toute l’école qui m’était confiée.

Pour la première, j’ai dû m’ajuster et comprendre les nuances, pas de blocage de lecture par exemple mais des compréhensions rapides ou lentes, des précocités surprenantes devant une situation problème, passer de mes élèves que j’accompagnais presque un par un, à ma trentaine globalement mieux armés mais individuellement divers, me demanda bien des remises à jours. Merci tous mes profs de Beaumont, merci à mes maîtres de stage, merci à ce prof de gym qui a su me dire « Pense que tu es ton élève pour savoir si tu es clair… Fais fermer les yeux à ta classe pour anticiper un mot à écrire, un calcul à effectuer, une notion à répéter, un saut à préparer… ». Il m’a fallu cette gymnastique, entre autres, pour passer de la classe spécialisée à la classe « ordinaire »… Merci à mes années de perfectionnement qui m’ont appris à rechercher les moments d’intérêt général pour capter l’attention de tous, les rassembler dans l’écoute et la curiosité. Merci encore à eux qui m’ont appris à mettre en valeur ce que chacun avait de fort à faire valoir…

Pour la seconde, la responsabilité d’une école, ce fut plus difficile. Les habitudes de vie solitaire, avec des comptes à rendre uniquement à mon inspecteur, pour mes méthodes, à mon directeur (c’était une école énorme dans une banlieue industrielle où j’alphabétisais des adultes certains soirs) pour mes obligations administratives et de surveillance, ne m’avaient pas préparé à ces fonctions.

Très vite j’ai dû me pencher sur des « cas » : quelques comportements difficiles pour la vie en communauté, que je voyais débarquer en garde dans ma classe de croque-mitaine, des enfants du voyage, des enfants primo-arrivants, les retard scolaires étaient traités soit la le redoublement, soit par l’orientation en classes spéciales dans un autre établissement…

Plus tard, l’organisation des cycles permis un suivi des enfants non plus par niveaux mais par classes successives, avec possibilité de moments pour revenir combler des lacunes ou surpasser pour profiter d’une précocité. Les problèmes de conduite faisaient l’objet d’une réflexion collective avec des déplacements ou des attentions particulières.

Très vite s’est imposé la nécessité de prendre en compte le suivi de tous les élèves de l’école, voire du groupe scolaire avec des liens farts et réguliers entre maternelle et élémentaire… Mois fréquents mais utiles avec le collège.

Notre établissement intégrait des enfants primo-arrivants non francophones, des enfants du « voyage » et répondait parfois aux demandes d’accueil d’élèves en réinsertion après prise en charge en instituts… Toutes actions auraient été impossibles sans une compréhension claire des familles et un engagement collectif des enseignants…

Ce système permettait de gérer le projet global et ses finalités diverses, faire des bilans nécessaires pour les ajustements, de considérer les enfants de toute l’école, voire de tout le groupe scolaire, comme l’objet de l’attention de chacun. Les règles de vie bien établies par tous et notamment avec les élèves était expliquées aux familles, tant en réunions générales, qu’en rencontres personnalisées. Les familles, les partenaires locaux étaient le plus souvent impliqués dans nos projets et nos recherches de solutions…

Peu à peu s’est formé une communauté, traduites en actes, en confiance, en transparence et permettant le règlement des conflits. Le principe de l’école sécurisée, non pas refermée sur elle–même mais tranquillisée lorsque ses portes étaient refermées sur la journée de classe était admise par tous, pas d’intrusion mais des moments d’explication.

J’aurai bientôt, peut-être, 4 fois 20 ans et toujours mon regard vers un enfant le singularise, difficile, impossible d’oublie qu’un jour je fus instit et que toujours je fus et je demeure éducateur.envol

12 novembre 2019

FONCTIONNAIRE

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 35 min

J’ai été fonctionnaire et je le reste en esprit, avec fierté.

Je connais beaucoup d’employés publics qui sont dans ces dispositions : être fonctionnaire c’est s’engager dans le service envers les habitants de notre pays, cela comporte des avantages, discutables en ces temps de précarisation, mais aussi des devoirs… Faire des fonctionnaires des caricatures est facile, et parfois justifié malheureusement, mais ce ne sont pas les fumistes qui doivent faire oublier la grande majorité des fonctionnaires vraiment utiles, en tous domaines… Les conditions d’exercice des tâches étant de plus en plus difficiles, les ratés se multiplient ; ce n’est pas le fonctionnaire compétent et concerné qui est en cause, c’est le système… Nos jeunes candidats doivent savoir que le service public a des épines parfois bien acérées… Courage quand même, l’engagement sincère est à soutenir !

11 novembre 2019

Espoir , désespoir…

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 15 min

 Si l’inquiétude, le désarroi pour demain existent, si l’addition des années écoulées est lourde et pèse sur le moral face à l’avenir, si tout semble justifier « la médaille d‘or du pessimisme », la primarité au quotidien est trompeuse : nous sommes très nombreux, chacun à son niveau de moyens culturels, de santé physique, psychologique et financiers… à cultiver son jardin sans trop vouloir regarder par-dessus le mur du voisin et encore moins l’horizon, en courbant le dos et en râlant.

              Peut-être est-ce notre façon de survivre mais certainement pas celle d’émerger…

              Faut-il incriminer ceux auxquels nous avons confié les rênes de notre société depuis… très longtemps, ce qui permet d’inclure les dirigeants de toute idéologie, sans doute. L’erreur du gouvernement actuel semble être d’avoir ignoré, minimisé, la poudrière que représentent l’ambiance générale et les inquiétudes spécifiques des groupes sociaux et professionnels… Notre erreur, à nous, serait, encore une fois, de trop, de tout attendre, des repreneurs de la Maison France.

           Nous avons besoin d’être réveillés, non pas pour saisir la portée d’un marasme qui nous dépasse, mais bien pour faire le point de tout ce qui est positif et d’en faire le ciment de l’apaisement et de la reconstruction.

              L’une de nos forces, en plus de la créativité individuelle, mal valorisée, est certainement le nombre d’actifs dans nos associations, toutes nos associations. L’expression de leur solidarité conviviale comme les regroupements sportifs, culturels, amicaux et de solidarité humanitaire, voire caritative… Il existe une vague sociale réelle, certes pas un tsunami, mais puissante, ancienne, pugnace, qui va de la journée ponctuelle des voisins à la Croix-Rouge permanente.

              Axer le regard des médias sur ces infrastructures serait un bon sursaut contre la morosité qui nous larve. Aucun gouvernement, aucun responsable territorial ne devrait pouvoir ignorer ces mouvements… Eux seuls seront les ressorts de demain comme ils furent, comme ils sont les bouées d’hier et d’aujourd’hui.

            Pour terminer, passionné d’Ecole, je suis atterré de noter que tant d’élèves se sentent mal à l’école… Et pourtant, les familles disent faire confiance à notre institution… Quand a-t-on vraiment réfléchi à la construction d’une école de l’accueil, de l’envie, du suivi ? Pourtant les enquêtes n’ont pas manqué, officielles ou médiatiques…

Pour tous les points soulevés, nous attendons de nos gouvernants, des candidats, non pas la liste de leurs regrets ou des fautes des autres, pas plus que des promesses de contes de fée,  mais bien qu’ils nous donnent envie de comprendre, échanger et enfin nous impliquer vers un renouveau possible, vers la médaille d’or de l’optimisme.

 

 

 

11 novembre et autres …

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 9 h 26 min

 

Ecrit par Louis BUTON, soldat  dans les tranchées de Verdun, résistant en 1943, déporté jusqu’en mai 1945

 Sur les bancs de mon école, j’avais appris à aimer la France on m’avait dit que la vie était un bien précieux auquel on ne doit pas attenter, que tuer était une lâcheté, un crime qu’il ne fallait pas commettre.

«La vie d’un homme est sacrée, nous devons la respecter » me disait mon bon vieil instituteur. Je m’étais donc engagé dans cette existence avec Ces principes acquis en classe.

 Je haïssais les querelles et parfois m’interposais en conciliateur dans bien des heurts… en un mot j’étais pacifiste.

 Aussi, quel ne fut pas mon émoi lorsqu’éclata la guerre de 1914 ! Quel désarroi et quelle lutte je dus livrer ! J’aimais la paix mais j’aimais la France. Cette dernière attaquée, il fallait la défendre. Comment concilier les deux ?

 La deuxième voix l’emporta. Je partis ! Je fis mon devoir ! J’ai combattu, j’ai souffert. J’ai tué pour que vive mon beau pays

 Quelle ne fut pas ma joie de pouvoir après la tourmente dès 1919, reprendre la             route que je m’étais tracée vers la liberté pacifique. J’ai lutté dans la mesure de mes faibles moyens pour le rapprochement des peuples et la suppression des armées ; je voulais croire, après cette tuerie, que tous les hommes pouvaient être frères…

Notre grand-père n’était pas un soldat de métier, pas plus que ceux des armées de la révolution, pas plus que ceux de ma génération pendant la « Guerre d’Algérie ».

Ils se sont battus, avec ou sans conviction, ils ont tué, ils ont obéi, souffert, ont été blessés, dans leur esprit ; dans leurs corps. Nombreux sont morts, pendant et après le conflit.

Ils ont grogné, râlé, parfois avec véhémence mais ils ont tenu parce qu’ils étaient, ensemble, des citoyens-soldats qui, luttant pour leur survie, celle des leurs, celle de leur pays… « voulaient croire, après cette tuerie, que tous les hommes pouvaient être frères… »

Que la mémoire de ces hommes et de ces femmes soient honorée est une évidence, c’est la seule qui me fera chanter encore la Marseillaise, dans ces moments de souvenir.

Que soit honorée aussi celle des hommes et des femmes qui souffrent, meurent pour avoir rencontrer la violence dans l’exercice de leur métier au service des autres, en toutes circonstances hélas, le danger guette, le militaire, le policier, l’infirmière, l’électricien, le bûcheron, le pompier, le médecin, l’enseignant, le reporter… lui sont soumis lorsque frappent les éléments et l’agressivité … Même à son bureau l’hôtesse d’accueil peut subir l’agression d’un esprit déchaîné.

Qu’elle soit honorée en une, plusieurs, cérémonie, particulières, pour les victimes du devoir, de l’engagement professionnel ou associatif, accompli jusqu’à l’extrême.

Alain

9 novembre 2019

– « J’peux pas, faut que je joue ! » suite et … presque fin.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 11 h 29 min

LA FIN DE MON RÊVE D’ECOLE : »l’Ecole renaîtra de mes cendres… »

- « J’peux pas, faut que je joue ! »

 

Une autre célébration se préparait, celle des dix premiers Ateliers de Manu.

Sylvain et les gestionnaires du premier né de cette chaîne avaient apporté leur concours pour l’étude de chaque initiative.

Le principe en était simple : un groupe solide de jeunes volontaires, sans qualifications précises ou en difficulté pour accéder à un travail, souhaitait se lancer dans la création d’un service de dépannage, d’entretien réellement utile.

Si l’environnement familial, social, était réceptif, encourageant, sans a priori défaitiste, si des locaux s’avéraient possibles, à financer éventuellement, si une évaluation de la clientèle potentielle montrait un réel débouché, alors, avec le soutien des jeunes responsables déjà en activité dans les Ateliers crées, une formidable machine d’entraide, de bénévoles éclairés se mettait en œuvre. Elle accompagnait le groupe des candidats jusqu’à l’ouverture du nouvel Atelier de Manu. Jamais il n’était délaissé et, à son tour, multipliait les formations, les emplois pour des jeunes seulement armés de leur bonne volonté.

Une chaîne mutualiste avait été officiellement créée et solidifiait l’ensemble des Ateliers autant qu’elle les encadrait. Les élèves d’Emmanuel tenaient à cette attention et ne voulait que, en aucune circonstance, soit ternie la référence à leur Prof.

C’est eux qui avaient choisi la date de la Fête des Ateliers. Ils avaient, sans beaucoup de casse-tête, et avec une décision indiscutable, opté pour le 31 janvier, anniversaire de la disparition de Manu.

La dernière semaine de septembre, les réjouissances ont été géantes. Chaque village, chaque petite ville, chaque quartier des plus grandes, s’étaient engagés pour le même samedi à multiplier les initiatives commémoratives et festives.

Les média lui ont donné un air de Téléthon, et il y a eu des dons, beaucoup et bienvenus.

Souvenez-vous, nous avions évoqué l’idée d’une banque de ressources pour aider les projets, compenser des inégalités trop importantes entre les moyens d’établissements. Sans occulter les obligations des collectivités de tutelle, cette manne devait pouvoir solutionner bien des cas minoritaires mais importants pour l’adaptation d’une école à ceux de sa population les plus marginaux.

Les écrans se sont emplis de ces témoignages de confiance retrouvée en l’école. Elle n’avait pas vraiment été perdue, égarée seulement parmi trop de contradictions, affaiblie par une inquiétude diffuse mais grandissante.

C’était fini, pas oublié, pas angélisé, les yeux s’étaient ouverts et les piqûres de nos rappels, telles ces fêtes, aideraient à ne pas les fermer !

Il paraît que notre rayonnement européen ne serait pas impossible ! Nos nouveaux élus se verraient bien en initiateurs modèles…

Pourquoi pas ?

Toute la famille était descendue au village. Sylvain y était désormais en cette période, un peu prolongée quand même, en tant qu’écrivain public. Il n’était pas souvent seul ! Son sourire, celui de sa belle compagne brune, laissaient penser que peut-être, le célibataire au cœur d’artichaut avaient distribué toutes ses feuilles pour arriver à l’essentiel…

Beaucoup de discours ont été encore lancés au grand vent de notre hexagone, de nos îles, de nos départements et territoires lointains, de villes étrangères aussi où se sont réunis nos émigrés.

Moi je n’en ai retenu que leur belle musique et deux ou trois mots.

Pour conclure, je rends à David ce qui lui est dû : j’ai aimé quand parmi tant de grandes et belles envolées, lui, a dit incidemment :

- S’il vous plait, messieurs, mesdames les parents, les éducateurs, les spécialistes de l’Education, ne noyez pas l’enfant dans son avenir !

« Que veux-tu faire plus tard ? » est un leurre paralysant, angoissant. Laissez-le profiter de son présent.

Ma petite fille à qui je disais : « Veux-tu venir te promener avec moi ? » m’a répondu, gravement : « J’peux pas, faut que je joue ! »

J’ai compris ! Leur temps est précieux puisqu’ils n’arrêtent jamais d’apprendre, d’essayer, pour comprendre.

Je me tiens tranquille désormais. J’attends, rarement longtemps que mes petits-enfants me disent : « Papou, ex-plique-moi, raconte-moi… ».

Alors je suis heureux de devenir, un peu, pour eux, un Maître d’Ecole !

Voilà, Isabelle, poursuit sa route sans nous…

Elle a toujours le sourire…

Et cric et crac, soun counte es acabat !

Mais est-ce un conte, une lubie de « dreamer » ?

Pour l’Essentiel, non… Pour toutes les autres lignes, oui, sans doute.

C’est une conjuration du sort, deux doigts croisés, fort, fort, fort…

 

Nature – DESESPOIR D’UNE FLEURETTE merci Jean-Claude

Classé dans : poésies* — linouunblogfr @ 11 h 21 min

DESESPOIR

D’UNE

FLEURETTE

La rosée du matin a déposé ses larmes

Sur la fleur endormie au-dessous des ramées,

Où la brume d’automne sur les feuilles perlées,

De ses sanglots ardents, écoule tout son charme.

Dans un profond sommeil, de douces plénitudes,

Où scintillent d’éclats ses pétales aguerris,

Elle rêve d’un soleil, qu’une prochaine embellie,

Viendra par ses rayons, drainer sa solitude.

Elle attend le jour que sa couleur d’airain,

Agrémente la campagne de sa triste pâleur,

D’une terre qui s’endort, sous le froid précurseur.

Il faut garder l’espoir qu’un souffle imminent,

Redonne de la vie à ton cœur frémissant!

Lui murmure le vent, dans un calme serein …

6 novembre 2019

Pour conter à un enfant qui n’aime pas la grammaire.

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 21 h 45 min

 Je sais que LA GRAMMAIRE EST UNE CHANSON DOUCE mais je n’ai pu m’empêcher de raconter la mienne pour répondre à une demande…

La grammaire est une aventure formidable autour des mots. Si, si !!

Ce fut vraiment extraordinaire lorsque les gestes, les grognements pour désigner quelque chose sont devenus, peu à peu, des sons articulés, organisés et attachés à un objet, une personne, un animal, un acte, une idée….

Ce fut une joie importante lorsque tes parents t’ont entendu utiliser tes mots à toi, étrange, au début, puis copiés de façon amusante, sur ceux des personnes qui t’entouraient puis, identiques  « Tu n’es plus un bébé ! ». Enfin, tu te faisais comprendre, sans gestes, sans grimaces, sans te mettre en colère quand nous nous trompions sur ce que tu voulais dire. Nous avions les mêmes mots !

 N’empêche que chaque jour des gens, toi, moi, nous, des savants, des travailleurs, des copains, des sportifs, même les muets, les sourds … inventent des mots nouveaux, pour mieux désigner, se comprendre ou simplement s’amuser…

Une vie sans mots qui bougent, qui se créent, serait vraiment triste.

Je suis certain que même Robinson Crusoé, lorsqu’il était encore seul dans son île, se parlait, donnait des mots à ce qui l’entourait, ce qu’il faisait, ce qu’il pensait…

 

Des mots, de toutes les formes, de toutes langues, de toutes imaginations, il en faut, ça c’est plus que sûr !

Mais pourquoi nous casser la tête avec eux à l’école puisque Papa, Maman, Papy, Mamy, les amis… peu à peu nous les apprennent ? C’était mieux dans les tribus, non ?

Je n’en suis pas certain parce que gare à toi si tu te trompais de mots pour demander, obéir, chasser, te nourrir… Moins, il y avait de mots et plus on pouvait se tromper surtout s’ils se prononçaient pareils ! Entendre « mur » tout seul, c’était quoi, des pierres les unes sur les autres, un fruit comestible, le fruit des ronces, il fallait l’accompagner de gestes, de mimes    Pas simple…

 Avant, bien avant même, de trouver des signes pour tracer les mots sur du sable, des écorces, des pierres, des peaux, du papier… il fallait une sacrée mémoire pour essayer de se souvenir de tous les mots nouveaux… même si on restait enfermé dans sa grotte…

Toi, tu n’as pas envie de rester isolé, non ! Alors, il faut comprendre et te faire comprendre le mieux possible.

 Les signes pour garder les mots, l’écriture, furent quand même le second progrès le plus extraordinaire pour la grande histoire de la COMMUNICATION ! Pour comprendre ce que connaissaient les anciens, pour ne pas oublier nos découvertes, pour envoyer et recevoir des messages à ceux qui étaient loin… écrire, c’était formidable… On n’a pas fait mieux que parler/écouter, écrire/ lire… Le téléphone, l’écran d’internet ne sont que des bons moyens pour aller plus vite, plus loin, plus longtemps et aider à se comprendre…

Du dictionnaire, à l’encyclopédie, à Google nous avons des réserves de mots et d’explications de plus en plus extraordinaires…

 

MAIS TOUT ÇA CE N’EST QUE BULLES DE SAVON INUTILES SANS LE PLUS IMPORTANT, L’ESSENTIEL….. TOI ET TON CERCEAU !!!

 Si tu as de magnifiques outils dans un atelier bien rempli en matériaux, sans que tu saches t’en servir, qu’en feras-tu ?

Si tu as une belle équipe de copains en bonne santé mais que vous ignorez tout des règles d’un sport, des astuces pour être performants, des installations.. Que ferez-vous ?

Le plus perfectionné des ordinateurs reste un tas de ferrailles, de plastique, de fils si tu n’as pas appris ses modes d’emploi.

Tu peux te poser la question en peinture, musique, utilisation d’une machine…

Toi qui es astucieux, je te vois sourire : « Pas de problème : j’inventerai, je ferai des essais, nous chercherons des règles, je lirai des modes d’emploi, nous chercherons des gens qui savent pour nous expliquer… »

Et bien oui, tu inventerais comme les hommes et les femmes d’hier et d’aujourd’hui, de demain aussi parce que sans communication, on ne vit plus ensemble. Tu trouverais des « maîtres », tu lirais des explications… Tu créerais l’apprentissage, allez disons-le, les cours, les profs, l’Ecole quoi.

 Un sage de l’Antiquité disait que la langue pour s’exprimer, c’est la meilleure ou la pire des choses selon son utilisation, d’autres affirment que cette parole est d’argent et le silence d’or… Nous, on dira simplement que écouter/lire est aussi important que parler/écrire.

Pour terminer cette partie de réflexion, à ceux qui haussent les épaules et affirment que l’on peut s’exprimer autrement qu’avec des mots, que mimer, peindre, sculpter, danser, dessiner… c’est aussi communiquer, je réponds « D’accord avec vous ! Mais toutes ces formes demandent autant, plus encore souvent d’apprentissages que pour le travail des mots     Je le sais bien, j’ai essayé sans beaucoup de succès… même pour me mettre en colère parce que je ratais, pour trouver, exprimer, m’expliquer, dire ce que j’écoutais, observais, contemplais, beau, moche, difficile, facile… ben , comme pour toi, il me fallait des mots !

 Ces mots dont on ne peut se passer, il faut bien en faire un bon usage, le meilleur possible même !

Les inventer, c’est faire du VOCABULAIRE (bonjour le latin pour désigner l’ensemble des mots) (utiliser ta voix.) – avec un mot tu peux en fabriquer beaucoup d’autres selon ce que tu veux en faire (c’est toute sa famille que tu crées alors).

Certains te paraissent insuffisants, alors tu leur trouves des cousins « petit c’est bien mais minuscule, microscopique, c’est mieux non ? » Tu les maries même dans des expressions «  grand – immense – très grand – hyper géant -  vachement super géant… ». Ce qui n’est pas terrible, ce sont ceux qui se prononcent, se lisent parfois pareils mais ne veulent pas dire la même chose  (même si en cherchant bien autrefois, ils étaient très cousins «  la plage arrière de la voiture n’a pas beaucoup de sable sauf si tu reviens de la plage du bord de mer ». « Livre, est-ce le poids du paquet de beurre ou les pages reliés de mon histoire ? C’est casse-pieds, tiens, est-ce que cette expression veut vraiment dire que ces histoires de mots m’écrasent les orteils ? Parfois un mot suffit pour se faire comprendre « Aïe – assez – vite… » Encore faut-il savoir à quelle occasion tu cries ça. Si c’est écrit, il faut même lui ajouter un petit signe pour comprendre comment tu le prononces.

 

1 novembre 2019

COMPRENDRE…

Classé dans : être — linouunblogfr @ 21 h 52 min

Comprendre n’est pas admettre, encore moins tolérer,

mais sans doute ouvrir la voie à la discussion

et à la vie ensemble dans les limites du respect mutuel 

COMPRENDRE

 

 

Victor Coudesabot |
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