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10 avril 2019

Enseigner…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 07 min

Je n’ai aucune qualification prioritaire pour m’exprimer pas plus que nombre d’enseignants de tous niveaux, pas plus que bien des parents, que bien de nos concitoyens attentifs à leur École, bien moins que tous les chercheurs, les gens de réflexion et d’expérience qui consacrent leurs heures à mieux connaître, mieux ouvrir des voies à la transmission des savoirs, à l’instruction comme à l’Education…

Je ne suis qu’un homme qui fut d’abord un élève en de nombreuses écoles de la ruralité, de petites villes, de quartiers plus imposants en grandes cités. Un garçon trempé dans les centres de vacances, le scoutisme autant que les surprises parties, un écolier perdu, un cancre assumé, puis un normalien convaincu, passionné par sa première compréhension d’une évidence : apprendre pour mieux transmettre à ceux en devenir, voire en manque. Une révélation qui ne m’a plus quitté.

A travers mon métier d’enseignant, à travers mes engagements associatifs, j’ai voulu, réussi avec plus ou moins de bonheur selon les circonstances, les cas parfois, répondre à cette conviction.

Longtemps, ce fut dans le cadre de ce que nous nommions alors l’enseignement aux inadaptés, de tous âges, avant que ne se créent des structures plus adaptées, puis encore plus longtemps en établissement ordinaire, notamment en direction, ordinaire englobant une belle hétérogénéité…

Comme bien de mes collègues, j’ai frappé à bien des portes, ouvert bien des ouvrages, tentés bien des essais…

Toutes ces années, de toutes ces heures intenses par leurs espoirs, leurs doutes, leurs réussites et leurs échecs, de tous ces moments heureux et malheureux n’ont fait que renforcer mes orientations pour les transformer en certitudes.

-                     l’élève, qu’il soit très jeune, à peine organisé dans sa communication ou qu’il soit adulte toujours en besoin d’apprendre est unique. Ignorer ce truisme essentiel c’est non-seulement « assassiner Mozart » mais c’est aussi refouler la chance de chacun d’utiliser les ressources qu’il possède et qu’un regard trop formaté ne permet pas de faire éclore.

-                     un élève peut acquérir des connaissances par lui-même, avec le soutien d’un enseignant particularisé, voire même matérialisé par la vaste richesse de nos vecteurs depuis qu’existent des marques de mémoire, de transmission. Mais l’apprenant ne pourra jamais s’épanouir sans la confrontation avec les autres. le groupe est écoute, questions, propositions, recherches, essais et miroir…

-                     j’ai appris avec mes premiers élèves dits a-scolaires dits en difficultés d’apprentissages et ou de comportements combien ils avaient de similitudes dans leurs besoin de savoir, autant que de diversités dans leurs possibilités d’y répondre. j’ai appris combien était grande leur fragilités, avec tous j’ai appris, après l’avoir vécu moi-même, combien étaient lourds de conséquence les incidents de leur vie, combien ils pouvaient les sublimer ou les éteindre…

 

Nul n’est une île en lui-même, certes, mais ignorer que ces îles sont susceptibles de s’éroder au lieu de se solidifier est une erreur essentielle

Notre vocation, pour moi ce n’est pas un mot énorme, est d’accueillir l’enfant que l’on nous confie, de le mener de son niveau d’être pensant à un niveau supérieur en lui fournissant les savoirs, les outils qui lui donneront l’autonomie à laquelle ses aptitudes le conduisent. Cela sans angélisme aveugle, mais sans découragement non plus.

Notre fonction est de mettre nos élèves en situation collective de recevoir notre enseignement dans une classe, certes groupe de niveau, mais bien connu en son hétérogénéité et bénéficiaire d’une pédagogie adaptée, voire différenciée.

Ces principes peu à peu établis, pendant presque 10 ans, solitaire en mes classes dites de perfectionnement, élémentaires ou professionnelles, je dus les confronter d’abord à ma première classe élémentaire, un CE2, puis à toute l’école qui m’était confiée.

Pour la première, j’ai dû m’ajuster et comprendre les nuances, les pas de blocage de lecture par exemple mais des compréhensions rapides ou lentes, des précocités surprenantes devant une situation problème, passer de mes 15 élèves que j’accompagnais presque un par un, à ma trentaine globalement mieux armée mais individuellement divers, me demanda bien des remises à jours. Merci tous mes profs de Beaumont, merci mes maitres de stage, merci ce prof de gym de l’Ecole Normale qui avait su me dire : « Pense que tu es ton élève, pour savoir si tu es clair, fais fermer les yeux à ta classe pour anticiper un mot à écrire, un calcul à effectuer, un saut à prépare… » ; Il m’a fallu cette gymnastique, entre autres, pour passer de la classe spécialisée à la classe « ordinaire »… Merci à mes années de perfectionnement qui m’ont appris à rechercher les moments d’intérêt général pour capter l’attention de tous, les rassembler dans l’écoute et leur curiosité. Merci encore à eux qui m’ont appris à mettre en valeur ce que chacun avait de fort à faire valoir…

Pour la seconde, la responsabilité d’une école, ce fut plus difficile. Les habitudes de vie solitaire, avec des comptes à rendre uniquement à mon inspecteur ^pour mes méthodes, à mon directeur (c’était une école énorme dans une banlieue industrielle où j’alphabétisais des adultes certains soirs) pour mes obligations administratives et de surveillance, ne m’avaient pas préparé à ces fonctions.

Très vite, j’ai dû me pencher sur des « cas » : quelques comportements difficiles pour la vie en communauté, que je voyais débarquer en garde dans ma classe de croque-mitaine, des enfants du voyage, des enfants primo-arrivants, les retards scolaires étaient traités soit par le redoublement, soit par l’orientation en classes spéciales dans un autre établissement…

Plus tard, l’organisation des cycles a permis un suivi des enfants n’ont plus par niveaux mais par classes successives, avec possibilité de moments pour revenir combler des lacunes ou surpasser pour profiter d’une précocité. Les problèmes de conduite faisaient l’objet d’une réflexion collective avec des déplacements ou des attentions particulières…

 

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Victor Coudesabot |
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