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31 octobre 2018

VIVRE au centre du monde

Classé dans : être — linouunblogfr @ 17 h 16 min

Je crois en la vie, même si je la gaspille souvent. Je crois en la vie parce qu’elle est mouvement, même dans une cellule, même dans la chambre close du seul esprit. Je crois à la vie parce que je suis…

J’ai acquis la certitude de la mort, connaissance longtemps refoulée par l’élan même de la vie. Littéraire, platonique, virtuelle dirait-on plus aujourd’hui, elle s’est imposée à moi, brisant les piliers de mes ignorances avec la force d’un tsunami que rien ne peut contenir. Bien sûr, comme et pour cette vague, il y a les lendemains de convalescence, de reconstruction mais jamais d’oubli de la leçon…

Ces leçons furent variées, la première qui m’ait frappé, était une disparition, celle de mon maître en éducation, de mon maître en découverte, en reconstruction, mon « Si tu peux… », longuement récité, appliqué dans le tumulte de mon enfance, les émois de incertitudes de mon adolescence et mes premiers pas matures… Mon grand-père, mon parrain au sens le plus précis si bien traduit dans les engagements du baptême républicain, mon grand-père dont les écrits, plus que les récits, m’ont fait côtoyer la mort brutale des chambres de torture, des exécutions, la mort en masse des tranchées, des camps de concentration sans jamais la personnaliser, mon grand-père, mon découvreur de cette vie qu’il cultivait avec sensualité avec passion, mon grand-père a disparu…

Il nous promenait devant son futur tombeau, qu’il avait voulu grand, bien orienté, confortable, convivial sans doute…  Pour les siens, avons-nous compris ensuite. Rentré à l’hôpital, il n’en est pas ressorti, il avait donné son corps à la science, totalement, comme il s’était donné à la vie.

Je ne connaissais pas encore la mort proche et je ne me suis senti que frustré de lui, amputé mais toujours habité de ses regards, de ses sourires, de ses gravités et de ses mots.

Je ne me suis pas senti concerné par toutes les cérémonies qui ponctuèrent son souvenir officiel, sauf et là j’en suis encore, toujours particulièrement fier, de son nom offert à un groupe scolaire… Lui, le Républicain, le laïc, l’intolérant des doctrinaires, le croyant en l’Homme et le connaisseur en hommes, lui le druide convaincu de la primauté absolue de la connaissance transmise autant que de ce potentiel de bon à la Rousseau si aisément pollué par les artifices de la société, lui mettait tous ses espoirs en l’Ecole.

Aujourd’hui, un film est en cours d’élaboration à partir de lui, exactement à partir de l’homme aux multiples tranches de vie ; de l’homme aux cercles sociaux en 3 D, en même temps concentriques et sécants. Une existence de risques, de chances, de malheurs, de bonheurs, de fermeté et de tendresse, de gourmandise et de sagesse… Nous avons la chance que le maître d’œuvre de ce projet, déjà bien avancé, soit un arrière-petit-fils de notre grand père, un petit cousin réalisateur confirmé, attaché au récit des destinées des êtres ordinaires que les circonstances et le caractère ont conduit sur des routes extraordinaires…

Dans la Grande Librairie, François Busnel demanda à Jean d’Ormesson, pour reprendre le mot de Napoléon visant Châteaubriant, s’il se croyait le « centre du monde ». L’Académicien a souri en répondant : « Non, absolument non… ». Pour moi, Il avait tort ! La question aurait porté sur le « Roi du monde », le « Maître à penser du monde », bien sûr que son amusement aurait été recevable, mais pas le « centre du monde ». Chacun de nous est le centre du monde, ne se dit pas le centre du monde mais se vit ainsi. La preuve, lorsque la conscience de soi disparaît dans l’abîme du coma de la platitude cérébrale clinique, dans la mort enfin, et bien le monde n’est plus, pour moi, pour toi, pour vous, pour chacun d’entre nous, individu…

Je ne sais pas, si la conscience d’un au-delà de la porte fatale, redonne la lucidité et l’inscription en un nouveau monde… Aucun médium, et pourtant la littérature, les « témoignages » abondent, aucune résurrection ne m’a convaincu de cette renaissance.

O combien j’aurais aimé y croire parfois !

Vivre et regarder vivre me convient mieux…

29 octobre 2018

Si on souriait un peu…

Classé dans : humour — linouunblogfr @ 22 h 10 min

Une très belle femme frappe à la porte de son voisin et lui dit.
- J’ai une envie folle de m’amuser, de me saouler et de faire l’amour toute la nuit…  êtes vous occupé ce soir ?
« - Non ! répond le voisin tout heureux « 

« - Alors, vous pouvez garder mon chien ???

……………….

 Une superbe jeune femme sort de chez le fleuriste avec un magnifique bouquet de roses.
Un monsieur s’approche et lui dit :
-Mademoiselle, vous ne pouvez savoir à quel point j’aimerais être à la place de vos roses.
-Ah bon mais pourquoi monsieur?
-Mais pour être dans vos bras, voyons.
-Ah mais ne vous y fiez pas, aussitôt à la maison, je leur coupe la queue.
…………….
Deux hommes sont à la pêche sur glace à leur trou de pêche favori,
Ils pêchent tranquillement en buvant leur bière….
Presque silencieusement, afin de ne pas effrayer le poisson, Bob dit :
- »Je pense que je vais divorcer d’avec ma femme, elle ne m’a pas parlé depuis plus de 2 mois. »
Son compagnon continue lentement à boire sa bière à petits coups et dit alors pensivement :
- »Réfléchis bien; des femmes comme ça, c’est dur à trouver…  »
………………..
Ses amis lui disent qu’il a pris des risques.
- Oh ! À mon âge, on n’est pas cocu … on est secondé ! **

……………..

Le propriétaire d’un cirque a passé une annonce pour trouver un dompteur  de lions.
Deux personnes se présentent :

Un homme de bonne présentation, retraité, de près de 70 ans , et une blonde spectaculaire de 25 ans.

Le patron du cirque, reçoit les deux candidats et leur dit :
« Je n’irai pas par quatre chemins : « mon lion est très fort et a tué mes deux derniers dompteurs. »Ou vous êtes très bon ou ça ne durera pas une minute ! »Voici l’équipement :le banc, le fouet et le pistolet .  »Qui veut commencer ? « 

La blonde dit : « moi j’y vais. »
Elle fait fi de l’équipement, du fouet du pistolet, et entre rapidement dans la cage.

Le lion rugit et court jusqu’à la blonde. Quand il arrive à moins d’un mètre, elle commence à se déshabiller et reste complètement nue, montrant son corps superbe. Le lion s’arrête immédiatement !
Il se couche devant elle et lui lèche les pieds. Petit à petit, il se relève et lui lèche tout le corps pendant un long  moment !
Le patron du cirque n’en revient pas et dit :

« Je n’ai jamais vu ça de toute ma vie !  »
Il se tourne vers l’ancien et lui demande :

 Est-ce que vous pouvez en faire autant ? « 

Et l’homme lui répond :

« Bien sûr … mais d’abord sortez le lion « 

27 octobre 2018

Eau…eau !!! bonne pioche

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 21 h 41 min

L’eau a disparu !

Une grenouille vivait au bord d’un trou rempli d’eau, près d’un ruisseau. C’était une petite grenouille verte, discrète, ordinaire. Elle avait envie de devenir extraordinaire et réfléchissait au moyen de se faire remarquer. À force d’y penser, elle eut une idée. Elle se mit à boire l’eau de son trou, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et elle commença à grossir. Ensuite elle se mit à boire l’eau du ruisseau, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et elle grossissait de plus en plus. En suivant le lit du ruisseau, elle arriva à la rivière, et elle se mit à boire l’eau de la rivière, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et comme la rivière se jetait dans le fleuve, elle alla près du fleuve, et elle se mit à boire l’eau du fleuve, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte !
Et la grenouille gonflait, gonflait !

Comme le fleuve se jetait dans la mer, la grenouille alla jusqu’au bord de la mer, et elle se mit à boire l’eau de la mer, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte qui était la dernière goutte d’eau de toute la terre. Son ventre, ses pattes, sa tête étaient gorgés d’eau, et même ses yeux, qui devinrent tout globuleux. La petite grenouille était maintenant extraordinaire, gigantesque ; sa tête touchait le ciel !

Les plantes avaient soif, les animaux avaient soif, et les hommes aussi avaient terriblement soif. Alors tous se réunirent pour chercher un moyen de récupérer l’eau de la terre.

« Il faut qu’elle ouvre sa large bouche afin que l’eau rejaillisse sur la terre.
– Si on la fait rire, dit quelqu’un, elle ouvrira la bouche, et l’eau débordera.
– Bonne idée » dirent les autres.

Ils préparèrent alors une grande fête, et les animaux les plus drôles vinrent du monde entier. Les hommes firent les clowns, racontèrent des histoires drôles. En les regardant, les animaux oublièrent qu’ils avaient soif, les enfants aussi. Mais la grenouille ne riait pas, ne souriait même pas. Elle restait impassible, immobile. Les singes firent des acrobaties, des grimaces, dansèrent, firent les pitres. Mais la grenouille ne bougeait pas, ne riait pas, ne faisait même pas l’esquisse d’un sourire.

Tous étaient épuisés, assoiffés, quand arriva une petite créature insignifiante, un petit ver de terre, qui s’approcha de la grenouille. Il se mit à se tortiller, à onduler. La grenouille le regarda étonnée. Le petit ver se démena autant qu’il put. Il fit une minuscule grimace, et… la grenouille éclata de rire, un rire énorme qui fit trembler tout son corps ! Elle ne pouvait plus s’arrêter de rire, et les eaux débordèrent de sa bouche grande ouverte. L’eau se répandit sur toute la terre, et la grenouille rapetissa, rapetissa.

La vie put recommencer, et la grenouille reprit sa taille de grenouille ordinaire. Elle garda juste ses gros yeux globuleux, en souvenir de cette aventure.

24 octobre 2018

Réflexion sur la taille d’une école….

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 21 h 50 min

J’ai commencé par 32 classes dans un cours complémentaire près des usines Renault), du CP à la 3ème. J’avais la classe de perf et je me sentais bien isolé, des groupes mais pas de vrais échanges… Puis école de 16 classes, dans un grand ensemble dont 3 spéciales. J’avais celle des ados et nous étions bien seuls. Les collègues fonctionnaient par niveau surtout (ni cycles ni conseil d’école, des maîtres parfois). Puis direction sans décharge de 6 classes dont une CLIN (primo arrivants et enfants du voyage… Beaucoup mieux pour les concertations mais classes mixtes souvent pour équilibrer les effectifs… Enfin 12 classes, plus une Clin, plus un poste adaptation, 1/2 décharge et ce fut formidable pendant 20 ans. De vrais cycles, un Conseil des maîtres actif, des regroupements possibles pour les soutiens ; un solide Conseil d’Ecole avec un vrai projet pour des actions et des suivis personnalisés… Peu à peu, autour, une communauté bien présente sans être envahissante… Des crises parfois dures comme partout mais plus facile à dépasser dans ces conditions.

Je dois ajouter que l’école maternelle travaillait en belle collaboration avec nous, pour les projets, les suivis pédagogiques et les connaissances du travail de chacun, à tous les niveaux… Nous avions la chance de pouvoir compter aussi sur les rencontres avec les profs de 6ème.

Je me suis toujours opposé à la fusion maternelle élémentaire, même quand on me l’a proposée. Je connais des villages qui ont opté pour poursuivre la séparation même si cela entraîne des transports et les résultats sont probants… Tant que cela est possible, il faut ménager ces deux espaces scolaires en multipliant les échanges…

Ce n’est pas tant la taille de l’école qui compte mais bien son équipe, son organisation et j’ose le dire sa direction ! On peut faire sans, c’est mieux avec…

23 octobre 2018

École maternelle

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 12 min

Nous avons cette richesse, en France, d’avoir des écoles maternelles de qualité, souvent menacées hélas. Pour ma part, j’ai une énorme admiration pour ce qui s’y accomplit et parmi mes références d’excellence éducative autant que pédagogique, je compte bien des enseignants pré-élémentaires… Mon expérience d’instit spécialisé m’a confirmé dans le rôle essentiel de ces premières années scolaires ! Plus que toutes autres, elles ouvrent la chance aux enfants, notamment ceux mal servis par leur contexte social ou familial (ce qui ne veut pas dire pauvres ou peu cultivés, les ratés d’éducation éclosent chez toutes les classes sociales… L’excès peut être pire que les manques.)

Pour ma prise en charge de mes élèves en difficulté (de 6 à 18 ans) j’ai mixé mes connaissances MONTESSORI, FREINET, DECROLY, SUMMERHILL… avec mes acquis auprès de collègues expérimentés puis j’ai adapté, encore et toujours à la mouvance de mes diverses classes….

Avant tout je crois à la force des collectivités autour de l’enfant : équipe scolaire – parents – associations – … et à la force des projets aussi bien collectifs qu’individuels… J’ai essayé de vivre ainsi mes 40 ans professionnels et mes 55 de bénévolat au service de l’enfant… Tout ne fut pas réussi, mais quand je retrouve mes anciens jeunes devenus des adultes responsables je me dis que ça valait le coup !

Et nous sommes nombreux à éprouver cette fierté, heureusement…

22 octobre 2018

LE TEMPS D’UN SILENCE merci Jean-Claude

Classé dans : poésies* — linouunblogfr @ 22 h 03 min

Je voudrais profiter d’un moment de silence,

Sans que rien ni personne ne puisse le troubler.

Pas même le vent jaloux qui avec insistance

Ne vienne par son souffle faire gémir les volets.

Mon imagination reste silencieuse,

En respectant en moi cet instant de repos.

Il arrive souvent qu’elle soit capricieuse,

Et que pour l’exprimer, je n’en trouve les mots.

Alors je reste là, sans désir, sans pensée

Bercé par la douceur de ce moment sacré,

Qui réchauffe mon cœur sans atteindre les bords,

Ce silence pour moi est bien plus doux encore.

Parfois, dans mon esprit il vient semer le doute.

Je voudrais le briser pour ne pas m’enfermer

Et rester  au contact bien que je le redoute,

Des clameurs de ce monde, qu’il voudrait occulter.

21 octobre 2018

L’école, ça ne date pas d’aujourd’hui…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 21 h 44 min

     PETITE ECOLE       Apprendre, ce beau verbe incontournable, sans doute avant même que l’Homme descende de son arbre…

Apprendre par soi-même, tirer la leçon de ses expériences d’échaudé où de «bien aise »…

            Apprendre à autrui, par hasard, mieux par intention à agrandir ses connaissances et ses savoir-faire… L’enseignant et l’apprenant !

Survivre pour une société, c’est progresser dans la grande osmose des échanges et des complémentarités individuelles. Progresser même dans les catastrophes régressives auxquelles il faut échapper avec pour seule arme, non pas la force, destructrice, toujours éphémère au bout du compte, mais l’intelligence…. Cette interaction sans cesse renouvelée, perfectionnée de  ontogenèse vers la phylogenèse qui se développe même dans le marasme.

Apprendre est donc la ressource vitale de toute société !

L’un de mes profs en 3ème, s’élevait contre les nostalgiques d’hier, « Avec vous, jamais l’homme ne serait descendu de son arbre ! »

Mais enseigner est-ce si évident ? Il faut la rencontre entre deux volontés, l’une qui montre, démontre parfois, l’autre qui écoute, réagit et assimile.

Il faut, pour l’un et l’autre, y consacrer du temps, tous les experts ne sont pas disposés à « perdre du temps » auprès des arpètes.

Le premier sens originel de la racine d’école, le « skholê » grec signifiait « loisir » parce que consacrer du temps à écouter un maître, hors du temps de travail, «  le tripalum » latin, la torture tout simplement, c’était « fareniente »  pas farniente mais fainéanter…

            Donc ne pouvait se donner le temps d’apprendre en écoutant les sages, druides, philosophes, moines, écolâtres ?  maîstrescholes  régents… que ceux qui en avaient le loisir.

            De schola à escole, la dualité maître/disciples s’est construite longtemps essentiellement  avec ceux des classes sociales qui en avait le temps et qui en laissait le temps à leurs rejetons. Le cadet, pour les nobles, futurs religieux, magistrats, s’ils n’étaient pas militaires en compensation de l’héritage accaparé par l’aîné pouvait prendre le temps d’étudier…

            Peu scolaire jusqu’à Charlemagne, plus de regroupement, pourtant existants avec les écoles communales gallo-romaines vouées à l’imprégnation de la culture, de la langue des vainqueurs chez les celtes vaincus. Peste noire et invasions barbares rendirent moins évidentes les priorités d’instruction.

            Heureusement l’Eglise chère à Clovis, ménagea, dans les monastères pour les novices, à leur porte pour les autres, parfois même dans le maison du curé de village, des lieux d’enseignement… Lire mais pas tout, les psaumes sans les mystères des textes sacrés…

            Alors Charlemagne, pas père de l’Ecole ? Mais pourquoi on le chante alors ? Pourquoi l’afficher dans nos classes la main sur la tête des bons élèves, le courroux aux yeux pour les cancres ?

              Ce « sacré Charlemagne » nous lui devons au moins les prémices des Ecoles Normales, des IUFM, bientôt des centres de formation, ou je ne sais quelle appellation…  S’il essaimait les petites écoles, il promenait surtout avec lui, de palais en palais, son groupe de  maîstreschole, de maîtres es écoles, capables de penser pédagogie, de parler pédagogies et de former des « régents ».

Bon, bien qu’ouverte à tous, la porte n’était franchie que par les enfants de famille qui pouvaient se permettre de se passer des bras de leurs enfants… Le maître, pour compenser la gratuité décrétée par l’empereur, recevait une rétribution, le premier salaire d’enseignement reconnu comme fonction publique. Pas de quoi mener grand train et les cadeaux en nature des familles aidaient bien un quotidien difficile. Il fallait bien être dans l’impossibilité de faire autre chose pour se résoudre à tenir école… D’ailleurs, en dehors laïcs dûment agréés par l’Eglise, la plupart des enseignants étaient des religieux, moines ou curés officiant à leur domicile.

Lire, un peu écrire, compter surtout pour devenir de bons commis et apprendre les « bonnes manières » remplissaient l’essentiel de cette scolarité de base. Les bonnes manières, cette façon de se conduire imitée sur celle des nobles, si séduisante pour les « bourgeois » bien nantis  des villes, au point de vouloir montrer leur urbanité et oublier leur ascendance de « vilains ». Se différencier de la lourdeur et de la rusticité des rustauds des champs…

Ma foi, l’instruction à l’école, existait, certes plus frustre que celle dispensée par les précepteurs dans les familles de bon lignage mais entrait dans les possibilités sociales, dans les esprits… Sans doute dans les espoirs.

Sauf que, la construction balbutiante, perdit beaucoup de son intérêt lorsque les ravages de la Guerre de Cent Ans autant que de la Peste Noire plaça la survie bien avant les études…

Mais nous l’avons posé en truisme dès le début, pas de grande marche de l’humanité sans enrichissement des connaissances et des savoir-faire, même puisé dans les catastrophes…Plus les acquis s’additionnent, se multiplient, plus ils ont besoin d’être organisés, entendus, compris, enseignés donc…classe

20 octobre 2018

Beau jour !

Classé dans : NOUVELLES — linouunblogfr @ 21 h 26 min

 Il s‘assied sur mon banc, au Peyrou le 5 janvier 2010.

« Mir et droujba ! me lance-t-il, c’est mon anniversaire, je viens souffler mes vingt bougies près de vous.»

Que me raconte-t-il celui-là?

« Quand j’étais enfant, je rêvais : « On dirait que »… Plus âgé, j’ai adopté le « si » de la chance « Si je rencontre Magali… ». Étudiant, je m’attache le futur avec des « lorsque » suivis de réussites futures »

Je douche sa flamme ; il en rie :

« Vous plaignez mes 20 ans inconséquents !

Les désillusions détricoteront mes espoirs !

Demain est un illusionniste !»

Il se rapproche de moi.

« Justement, voyez dans ma paume, l’un de ces euros qui vous chagrinent. Hop… il disparaît. Tenez ! Il file vers le ciel.

Mais non… Vous le retenez derrière votre oreille !»

Je grimace, je me plisse et je souris.

Maintenant, il philosophe… !

« Ce qui est escamoté n’est pas envolé. Vos joies sont enfouies mais pas enfuies.

Pensez à la chance qui nous accompagne depuis que des êtres animent notre Terre. Combien de « si » ont permis de traverser guerres, maladies, accidents … pour que naissent les bébés qui furent nous ? Que de 20 ans fêtés ! Et nous voilà, ensemble, au soleil du Peyrou. Quels veinards !

Ma pause se termine, je vais retrouver mon p’tit boulot. »

Il se lève.

« Peut-être à demain, si le banc est libre… Bonne année!

Au fait ! « Mir et droujba », en russe c’est « Paix et amitié », un reste de lecture.»

Il part en courant.

 

Bel anniversaire, mon garçon ! « ANNUM NOVUM FESTUM» : une bouffée de parfums scolaires…

 

Mon année sera belle !

18 octobre 2018

La soif

Classé dans : je pense donc...,VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 25 min

« C’est une fois le puits asséché qu’on se rend compte de la valeur de l’eau. » - Taine

PUITS

Il faudrait apprendre à l’homme à modérer ses soifs… Ce n’est pas toujours facile lorsque la pénurie est là, que la survie se conjugue dans l’instant… La sécheresse, comme le manque affectif peuvent conduire à des boulimies désespérées ignorantes des réserves pour l’avenir.

13 octobre 2018

Le tram de 14 h 03…

Classé dans : NOUVELLES — linouunblogfr @ 21 h 28 min

L’esprit encombré de tristesse, je pénètre dans le tram à St ELOI en quittant l’hôpital.

Une place est libre, les trois autres sont occupées par un grand-père et ses deux petits-enfants. Nœud papillon bleu, feutre gris sur les genoux, mains posées sur le pommeau doré d’une canne, il occupe la place près de la vitre. La fillette, le pouce dans la bouche, un lutin pressé contre elle, se serre contre lui. Mon voisin, petit brunet, perd ses yeux dans ceux du conteur. Car c’est un conte qui  les isole du reste des passagers. Le grand-père m’accueille d’un sourire.

Il évoque, un combat entre un jeune homme et le Seigneur du Désert, une pomme magique, un fougueux cheval de sable… Peu avant  HÔTEL de VILLE, le héros enfin délivre la fille du Seigneur des Sources…

Je me suis laissé apaiser, bercer, hypnotiser par la voix. L’histoire terminée, je m’attends à un « encore » mais c’est un « Maman ! » qui sort de la bouche de la fillette.

Une dame bien chargée, bien souriante aussi, vient les rejoindre. Je lui laisse ma place. Elle s’adresse au conteur en le nommant Monsieur Louis. Malgré le voussoiement, on devine une grande familiarité. Les enfants, eux, disent Louis : « Louis nous a raconté une histoire d’esquimaux, de châteaux enchantés, de dragons…».

Quand a-t-il narré tout cela ?

A ODYSSEUM, surprise, la dame serre la main du mystérieux bonhomme ; les enfants l’embrassent en lui disant : « A mercredi Louis…». Tous trois descendent. Louis et moi sommes les derniers passagers. Ma perplexité doit être visible.

Il le comprend : « Si vous avez un peu de temps, suivez-moi… ».

Nous changeons de quai pendant que le tram manœuvre pour repartir.

Depuis deux ans, Louis passe ses après-midi sur les rails. Souvent, il se contente d’observer, de sourire et faire sourire. Parfois, il lie connaissance, déride un voisin soucieux, conseille, aide… Je veux en savoir plus. Je vais acheter un billet et je reprends la rame avec lui.

Il vit seul, est curieux des autres et aime l’ambiance du tram. Il me relate avec humour ou émotion bien des rencontres fastes…

Un mercredi, les deux enfants se sont posés près de lui avec leur mère au départ d’ODYSSEUM. Un sourire, deux ou trois échanges. Il a vite compris que les courses du mercredi à trois  n’étaient pas une partie de plaisir. Il a proposé aux petits de rester avec lui, dans le même tramway, aux mêmes places, jusqu’à ce que Maman vienne les retrouver.

Ainsi, chaque mercredi après 14 h, il fait surgir contes et légendes, en invente et conduit les enfants à en créer. Quelquefois d’autres auditeurs, s’accrochent à eux le temps d’un trajet. Ce coin de tram est devenu l’âtre du mercredi. Un jour, il le sait, un mal imparable le fera renoncer à ses sorties, renoncer aux sourires de ses habitués. Sa place sera vide.

Moi, je sais que, un jour, à 14 h 03, je reprendrai ce tram…

 

Moi, je sais qu’un jour, à 14 h 03, je reprendrai ce tram…

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Victor Coudesabot |
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