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29 novembre 2017

33 – Ressources.suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 21 h 35 min

« …l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Nous avons eu la chance de pouvoir occuper presque toute la petite salle d’un café juste abandonnée par les employés d’une banque voisine et de nous retrouver à une douzaine, isolés des allées et venues.

Nous avons plaisanté, échangé des bribes de présentation personnelle, mais le bruit rendait impossible une conversation un peu cohérente..

A peine, le café, l’indispensable café, a-t-il été avalé, que nous sommes partis retrouvés nos banquettes de cirque.

Les rapporteurs ont continué leurs exposés.

Sérieux, un Lyonnais nous a parlé moyens.

- La grande inégalité des ressources en locaux, matériels, fournitures, budgets, personnels, accès aux centres culturels et sportifs, doit cesser, à tous les niveaux !

Les moyens de fonctionnement comme d’investissement doivent être dispensés par les tuteurs territoriaux, sur des bases identiques à tous les établissements publics de mêmes catégories.

Le rapporteur a bien insisté sur la compensation nécessaire auprès des collectivités si diverses dans leurs finances pour atteindre cette même couverture des besoins fondamentaux. Une allocation ! L’Etat, responsable du droit pour tous à l’enseignement, doit égaliser les dotations attribuées aux établissements.

Ensuite, la spécificité évidente des populations, des conditions géographiques, sociales, des disciplines enseignées conduit à des avenants justifiés et fortement souhaitables.

Il a rejoint notre collègue marseillais qui avait parlé autonomie la veille :

- Les projets judicieux, mobilisateurs, favorables à l’éducation, l’instruction, l’éveil… doivent pouvoir devenir des réalités sans dépendre d’une course aux subventions. Il n’est pas normal que des élèves se transforment en vendeurs de gâteaux, de billets de loterie… pour gagner leur droit à une activité.

Leur participation à sa conception et à sa gestion, y compris financière, est instructive, pas la quête..

Il existe des œuvres et des services officiels dont la vocation est d’alimenter ces initiatives… Ce sont eux qu’il faut encourager et développer…

Un Réunionnais a titillé notre curiosité mais nous avions, tous, sa question au fond de nos conversations :

- Quid du nouveau ministre ? Et si nous parlions ministère et mammouth :

Naturellement, un tel mouvement avait provoqué bien des bouleversements. Le ministère avait éclaté. Le traumatisme subi par sa plus haute autorité, avait justifié son éviction, mais aucun remplaçant proposé par le Gouvernement, Président et Premier ministre, ne trouvait grâce aux yeux des Français.

Celui que nous voulions devait avoir fait ses preuves tout au long de l’échelle éducative, devait avoir une bonne connaissance du monde associatif, de la psychologie de la famille autant que de l’enfant. Il devait être doué d’une grande écoute, mais aussi d’une belle fermeté pour mettre en œuvre sans atermoiement le Plan adopté par le Parlement après la proposition de tout un peuple.

Rares étaient les personnes parvenues à une haute fonction ayant ce profil et ce cursus expérimenté. Quelques proviseurs, quelques présidents d’Université, débarqués après les révoltes étudiantes mais jamais découragés attiraient les regards.

Paradoxalement, ce sont les entretiens menés par nos délégués, les enquêtes des journalistes qui nous ont conduits vers notre candidat. Mieux, nous avons insisté pour que les sept postulants pressentis, trois femmes et quatre hommes fassent partie du cabinet de notre ministre de prédilection.

Aucune importance n’avait été attachée à l’appartenance politique, ce qui avait suscité bien des obstacles, bien des embrouilles à déjouer

Ainsi se sont écoulées ces deux premières journées

Même si peu de nouveautés s’exprimaient, même si certains d’entre nous reconnaissaient des modes de fonctionnement, des expériences, vécus dans des écoles de leur connaissance ou lus dans des revues, des ouvrages, voire des romans, entendre leur donner une volonté d’existence, les inscrire dans une étude pour toute notre Ecole, faisaient chaud au cœur.

Si des sceptiques de la bonne volonté ou du lendemain, grimaçaient, notre optimisme les reléguait à l’arrière-plan… Pour le moment !

28 novembre 2017

- 32- L’école et son environnement. suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 21 h 45 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

 Le mercredi, les exposés se sont poursuivis.

L’hétérogénéité des populations scolaires, la grande diversité des potentialités, sont des truismes que notre école doit assumer, très tôt, nous a rappelé une Bordelaise.

- L’attention portée à tous les enfants, depuis leur plus jeune âge et, plus précisément, dès leur entrée à l’école maternelle, constitue la meilleure prévention des diversités d’apprentissage.

Dans la plupart des situations, la seule pratique professionnelle de l’équipe éducative répond à cette attente. Elle le ferait encore mieux avec une formation psychologique plus poussée et avec un effectif dans ces classes, si importantes, plus favorable à l’individualisation.

Pour d’autres élèves marginalisés par leur personnalité, leur précocité, leur retard ou un handicap avéré, un dépistage rapide, une pédagogie différenciée, des soutiens adaptés ou parfois des orientations spéciales doivent égaliser les chances et s’efforcer de compenser les déficits.

Chaque établissement doit pouvoir disposer de ce personnel complémentaire essentiel. S’en remettre à la seule augmentation du temps de travail, à la seule bonne volonté d’intervenants non spécialisés est un leurre, un manquement à nos devoirs vis-à-vis de tous les enfants.

Les temps particularisés de soutien ne sont pas à rejeter d’emblée, mais ne doivent pas alourdir la journée d’enfants déjà en difficulté, ni les marginaliser. Ils doivent être de vrais moments de consolidation. Ils ne doivent pas être des instants émiettés, voués, surtout, à occuper le volume de présence à l’école des enseignants, amputé par la suppression sans consultation du samedi matin.

Elle en a profité pour vilipender la casse de la carte scolaire

- Sous prétexte de mixer les populations d’élèves cette initiative n’a fait qu’ouvrir en grand la divagation des inscriptions, promouvoir le bouche à oreille comme le mode de choix d’un établissement ! C’est vrai, autrefois, quelques arrangements permettaient des inscriptions indues, hors du secteur, mais maintenant, ces mouvements sont autorisés et, par le jeu du bon vouloir des autorités, amènent à de nouveaux ghettos

Les écoles de « bonne réputation », disons de « bonne fréquentation » sont recherchées par les familles sélectives. Les autres se voient abandonnées aux enfants de parents qui « s’en fichent » finit-on par murmurer.

A peine le temps d’une ponctuation et notre Girondine aligne les constats :

- L’adaptation de l’école à son environnement, est devenue difficile ; leur fracture s’est accentuée. La réduction de la semaine, la suppression du samedi matin, la création de ces Etablissements d’Enseignement Primaire éclatés, la nomination de responsables administratifs nomades n’ont fait qu’accentuer la mort des écoles de quartier et de village.

Nous redemandons le retour à des écoles à taille et relations humaines…

J’ai pensé à Bernard, notre bougon qui avait refusé de remplacer de jeunes collègues dans les services minimum des jours de grève.

Venant de la Creuse, rocailleuse comme sa voix, un instit pensionné n’a pas hésité à proposer la participation de retraités actifs, ce potentiel de personnes qualifiées, pour remplacer, en urgence, un enseignant à l’absence imprévue, ces petites absences rarement couvertes. Il a suggéré que ces mines d’expériences puissent, dans chaque Académie, participer aux moments de réflexion pour des projets, des bilans autant que des actions nouvelles…

Nombreux anciens qui siégeaient avec nous hochaient la tête mais, était-ce des mouvements négatifs, affirmatifs ou simplement dubitatifs ?

Même sur la base du volontariat, cette opportunité fait peur, comme une porte ouverte aux restrictions de personnel. Pourtant, nous en comprenions bien le caractère occasionnel, aléatoire et solidaire, mais…

Officieusement, certains des ex-enseignants présents participaient à la vie de leur collège, lycée ou école communale, en catimini presque, c’est dommage…

27 novembre 2017

- 31 – Mon coffre aux trésors. suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 23 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Le soir, je triais des documents à côté d’Alice. Elle m’a demandé pourquoi j’avais mis un dossier à part.

- Ah, celui-là ! C’est mon « coffre à trésors ». J’ai rangé, au fond de ce compartiment velouté de tendresse, quelques messages que j’ai reçus directement, sous enveloppe ou par courriel. Des clins d’œil d’amis inconnus qui rêvent leur Ecole pour eux, leurs enfants, leurs petits enfants, pour aujourd’hui, pour l’avenir.

Je suis particulièrement sensible à ceux d’expéditeurs, n‘ayant aucun lien avec l’Ecole. Que leurs souvenirs et leur imagination !

- Tu permets ? A moins, que ce ne soit secret…

- Mais non, au contraire. J’y puise des encouragements et parfois des sourires. Tiens, regarde celle-ci, lui dis-je en lui tendant une feuille. Il s’agit de la lettre d’un retraité informaticien :

« Mon point de vue, mon rêve ? Mon école serait mixte, assez petite. Chaque classe serait d’un effectif limité. Elle s’inscrirait dans mon village ou mon quartier. Pas plus.

L’école d’un état où le principe de précaution serait applicable avec bon sens, en tenant compte de la réalité et non pas d’une vue technocratique.

Je pourrais emmener ma classe participer à la vie de quartier sans casse-tête administratif préalable. J’y ferais du sport mais du sport de base qui n’aurait pas besoin d’équipement particulier onéreux.

Une corde lisse pendrait, accrochée à la branche d’un tilleul. J’y ferais des exercices, des activités que je pourrais reproduire aisément en dehors de l’école, seul ou avec des copains.

Pour toutes les matières théoriques enseignées, le programme commencerait la première année par un survol, puis, en deux ans, effectuerait des piqués sur tel ou tel aspect. En français par exemple, j’apprendrais sans tenir compte, la première année, de tous les cas particuliers. J’apprendrais d’abord  le présent, le futur et l’imparfait sans aller tenter de cohabiter tout de suite avec le subjonctif présent ou imparfait.

En histoire, j’allégerais l’étude de la préhistoire, du Moyen Âge, etc… pour faire un peu de place à une époque plus récente que l’on n’aborde jamais faute de temps et peut-être pour être sûr d’être politiquement correct.

En géographie, je privilégierais l’Europe.

En éducation civique, je m’intéresserais de façon plus détaillée aux institutions élues au suffrage universel.

En ce qui concerne les arts, je mélangerais la pratique du dessin, de la peinture avec des messages relatifs à la télévision, au cinéma ou au théâtre pour éclairer les futurs consommateurs.

Je choisirais une méthode d’apprentissage de la musique qui ne passe pas uniquement par le solfège.

L’autorité des enseignants serait totalement rétablie tant vis à vis des élèves que des parents.

Je réintroduirais le développement du bon sens, l’apprentissage d’un sens pratique multi facettes, du concret. J’y apprendrais aux élèves à travailler, de temps en temps, en groupe, avec d’autres élèves de la classe ou de l’école.

J’initierais à une autre langue, le plus tôt possible.

La découverte du monde bureautique et du réseau s’y ferait progressivement.

Je confierais aux enfants l’entretien de plantes, le suivi de petits animaux.

Une note d’humour concluait : Je n’ai pas eu le temps de calculer le budget correspondant… Amitiés ! »

Robert avait abandonné fauteuil et journal et écoutait attentivement Lisette.

Je connaissais ces mots pour les avoir souvent relus, mais les entendre prononcer avec émotion me réchauffait encore plus.

- Un autre message, un commerçant, me plaît également, par son insistance sur le plaisir comme vecteur des apprentissages, veux-tu nous le lire ?

Alice, n’avait pas besoin d’encouragements, et les yeux de Rob étaient  éloquents.

Le visage coincé dans mes paumes, je me suis abandonnée à sa voix :

« Pour faire très simple, mon école idéale est un lieu où l’on prend du plaisir.

Le plaisir d’apprendre, le plaisir de viser un savoir, sans se préoccuper des délais et des compétences attendues ; le loisir d’expérimenter, de se tromper, de recommencer.

Un endroit où des instits donnent envie d’apprendre, sont attentifs au savoir-être, aux savoir-faire, avant les savoirs purs.

Des profs qui croient en leur rôle.

Trop bien ! Je veux bien y retourner dans celle-là…

Garder toujours à l’esprit la notion de plaisir.

Un prof qui ne prend pas son pied quand il partage ses connaissances ne peut pas donner l’envie et le plaisir d’apprendre.

Apprendre de manière contrainte ne sera jamais de même qualité que d’apprendre avec plaisir ! »

Alice a continué à cheminer dans mes précieuses archives et ce voyage nous a menés assez tard dans la nuit.

Pour ces correspondants, pour ceux qui, bien que déshabitués de la page à remplir, ont voulu m’écrire, l’Ecole était devenue ma responsabilité, c’est tout !

26 novembre 2017

- 30 – L’équipe. suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 20 h 18 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Ce fut une longue journée, à peine coupée par un repas hasardeux. A un comptoir, sur un coin de table ou dehors, sandwich à la main, chacun a essayé de se caser.

Karine et moi avons eu la chance, préparée, de retrouver Thibault à une table dans un petit troquet un peu écarté… Lucas était là, tout sourire et je m’en suis emparé pour faire exploser ses fossettes coquines…

Pas longtemps car la reprise était fixée à une heure afin de ne pas terminer trop tard ce soir-là.

En regagnant notre gradin, nous avons eu le plaisir d’y retrouver Sylvain, toujours costumé en homme invisible mais apparemment plus alerte.

Nous lui avons résumé rapidement les interventions et très vite sommes redevenus des auditeurs sages, attentifs…

Une Alsacienne est passée sur sa digestion pour souhaiter que disparaissent, vraiment, tous les résidus de tolérances archaïques, même dans sa région si bouleversée par l’Histoire.

- Gommer les signes d’expressions religieuses, politiques, régionalistes, nationalistes ou anarchistes n’est pas restreindre la liberté de penser mais garantir, dans une enceinte d’éducation publique, une neutralité ouverte à toutes options, mais hors de l’Ecole Républicaine. Il ne s’agit non plus de, stupidement, édulcorer les cours d’Histoire ou d’Education Civique, trancher dans la littérature, pour éviter toute allusion engagée. Les événements sont là, leurs causes, leurs conséquences aussi, leur traitement impartial doit rester possible…

Un Charentais, patron d’une P.M.E. multiservices a mis sur le tapis ce que, peu à peu, j’avais perçu comme le fonds de toute réussite de collectivité organisée.

- Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises, a besoin d’une équipe solide.

Chacun de ses membres doit avoir reçu une formation qui le prépare à cette interaction communautaire. Il doit bien saisir tous les paramètres intérieurs et extérieurs qui influent sur la vie d’un établissement scolaire. Monde protégé,  certes, mais pas imperméable ni étranger à son environnement.

Il a insisté sur la direction d’école devenue si administrative.

- Une équipe pédagogique, comme tout groupe organisé, a besoin d’un animateur disponible, compétent, reconnu, valorisé et soutenu

De fait, la direction est l’axe de l’institution. Sa défaillance n’entraîne pas celle de l’établissement mais compromet sa cohésion. Un responsable d’école est amené à réagir rapidement et efficacement aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école…

A été ensuite abordée, avec un bel accent de la Canebière, l’autonomie. Cette notion délicate, pernicieuse, même pour les universités, ne doit pas accentuer la seule capacité des établissements à se débrouiller, se combattre, se concurrencer, pour attirer les subsides, les sponsors, les élèves à hautes possibilités donc porteurs de notoriété future.

Singulariser les modes de fonctionnement selon les écoles peut être une belle complémentarité dans notre système éducatif mais aussi la source de doublons et de gabegie…

- 29 – OBJECTIFS FONDAMENTAUX. suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 10 h 34 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendre! »

Mardi, de la bouche du métro à l’entrée du cirque, le trottoir bruissait de nos saluts, de nos bavardages et des plaisanteries que nous échangions avec les reporters, le plus souvent voués aux seules prises de vues. Ils semblaient tous pouvoir nous identifier, au moins par notre région.

Les délégués se reconnaissaient. Au hasard des places, des contacts antérieurs peut-être, des interventions d’hier, des affinités se créaient. Comme dans un jeu d’enfants, des petits groupes fusionnaient, mouvaient…

Les relations des uns devenaient celles des autres…

 Karine m’a appris que Sylvain, fatigué, avait appelé un de nos Sages du Bureau permanent. Il pensait pouvoir nous rejoindre dans l’après-midi.

Nous avons poursuivi la présentation des thèmes traités par chaque comité d’Académie…

Difficile de les aborder avec concision et même avec l’assurance que des groupes d’approfondissement les reprendraient, nous ne pouvions qu’être frustrés. Pourtant tous avaient été traités depuis février, avaient été remis sur le chantier des groupes spontanés, des Comités…

La séance a été ouverte par un rapporteur de l’Essonne.

- Notre postulat, maintes fois confirmé, la mission première de l’Ecole est d’instruire !

Cette mission ne peut s’accomplir que si tous les responsables de l’Ecole tiennent précisément compte de la diversité des contextes éducatifs et de la nécessaire adaptation aux situations les plus complexes, nous a-t-il martelé et développé.

Un Toulousain, aux accents de Nougaro, avait hérité de la tâche ardue de définir les objectifs fondamentaux de toute notre institution scolaire. Il s’est efforcé de dégager les dénominateurs que nous voulions communs à tous les observateurs et usagers de l’Ecole, même si des désaccords sur les méthodes pouvaient les opposer.

Il les a énumérés en limitant au mieux ses commentaires, mais nous ressentions tous ses efforts pour les réprimer :

Un savoir basique pour s’exprimer à l’oral, à l’écrit, comprendre une communication, résoudre une situation arithmétique usuelle.

L’acquisition de compétences cognitives et méthodologiques pour varier les apprentissages, les approfondir et se doter des capacités personnelles pour se perfectionner.

L’obtention d’informations documentées, vécues pour orienter les études à poursuivre.

La formation spécifique la plus riche possible répondant à l’orientation retenue.

La mise en place, à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires afin qu’il aille aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités, en compensant au mieux ses handicaps…

Une oratrice de Haute-Savoie s’est emballée sur les structures de l’école :

« Essentielles ! Primordiales ! Vitales ! »

Pas de qualificatifs assez sonores pour elle. Conseil d’établissement, conseil de cycle, équipes pédagogiques, équipes éducatives, conseils coopératifs, groupes de projets…

De quoi décourager un candidat à l’enseignement !

- Elles constituent un tissu scolaire, véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi !

Nous n’avions pas hiérarchisé les thèmes présentés, un tirage au sort préalable guidait l’appel des rapporteurs…

Plus calme, une Lilloise a listé les documents de références, de réflexion et de mise en œuvre qui accompagnent la vie d’un établissement.

Elle a insisté sur la synthèse des harmonisations décidées dans et entre les cycles..

- La clarté pour tous des projets spécifiques par classe, par regroupements divers, à moyen ou court terme, est nécessaire. L’engagement dans un projet d’activité a valeur d’accord et lie ses acteurs afin qu’il devienne une réalité où chacun trouve sa place..

Les modalités de vie éducative adoptées par le Conseil des maîtres doivent se relire aisément, surtout si, tout en respectant l’esprit global de fonctionnement de l’établissement, chaque enseignant imprime ses « trucs », son originalité, ses richesses personnelles à sa classe.

…Les orientations, les contrats passés avec tous les intervenants concernés, la famille et l’enfant, établissent un protocole de prise en charge pour le meilleur suivi de chaque élève nécessitant un enseignement particularisé. C’est autant une reconnaissance de l’utilité du rôle qu’un outil de solidarité autour de l’enfant concerné.

Le règlement de convivialité est un document important auquel se réfèrent les adultes et les enfants de l’établissement. Il rappelle les règles de vie en commun et justifie les avertissements ou les sanctions éventuelles…

L’acte le plus important est le Projet de l’Ecole, sa Bible, puisqu’il intègre son esprit de fonctionnement, adapte ses progressions aux réalités de son secteur et définit les actions optimales pour atteindre les objectifs que lui attribue l’Education Nationale.

Sa rédaction par tous les enseignants, ses ambitions, autant que son pragmatisme, sont garantis par sa présentation en Conseil d’Ecole à tous les acteurs significatifs de la vie de l’Etablissement. Ils en font une référence pour toute sa durée officiellement définie. Etat des lieux de l’école, de sa population, de ses ressources, de son organisation et de ses réponses pour remplir sa mission, ce document est un guide qui n’exclut surtout pas son évolution, son adaptation selon les circonstances….

 

25 novembre 2017

L’Ecole de Killian… suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 11 h 03 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

 Le trajet était assez bref ! Le wagon, bien rempli, exhalait les fortes odeurs de fin de journée ; un bouquet plus que varié ! Mais la cueillette de sourires, non négligeable, était aussi surprenante que sympathique, le plaisir du retour sans doute… Cela tombait bien, je me sentais guillerette !

Robert et Alice savaient que le dîner, la soirée se-raient à nous. Ils m’ont encouragée à rejoindre Yann et mes deux trésors.

Nous avions bien discuté avant mon départ à propos de mes réunions à Montpellier et, déjà, les soirées à la maison, leurs échanges dans la cour de récré avaient bien dégrossi Juliette et Killian.

Pourtant, quand en grimaçant vers l’objectif de la webcam, ils m’ont demandé si je m’amusais bien, j’ai tenu à rectifier cette mauvaise interprétation de mon voyage :

- Bonjour les trois grands !

Trois avec un peu d’imagination parce que leur gros plan me laissait peu de chance d’apercevoir Yann.

- Je ne m’amuse pas mais je vais bien et je suis contente de ce que je fais. Savez-vous quoi au juste ?

Killian n’a pas laissé le temps à Juliette de s’aligner au départ, il a foncé :

- Ouais !‘’Oui’’, a grondé le papa. Quand j’étais là, il laissait passer…  Toi et tes copains, vous n’aimez pas l’école. Vous en voulez une autre !

A peine le temps d’un soupir, insuffisant pour ses voisins, et Killian a déclaré :

- Moi, j’en veux une au fond de la mer ! »

Triple regards convergents et interrogatifs vers lui…

- … On aurait des tuyaux, pour sortir de la grande bulle. On rencontrerait tous les poissons, même des pas connus…

On irait dans des fermes et on apprendrait à manger des algues…

Balle à Juliette, elle rentre dans l’histoire de son frère et s’inquiète, pratique :

-  Comment tu irais?

- Ben en ascenseur à air, directement dans la grosse bulle en verre, tiens ! »

C’est évident, ma chère sœur !

Elle joue le jeu :

-Tu apprendrais à lire, à écrire et à compter là-dessous ?

- Il faudra bien ! (ça y est, il a plongé !). Sinon comment on pourrait connaître tout ce qu’il y a au fond ? On ne saurait pas comment ça marche ou comment ça vit !

- Et écrire ?

- Encore plus besoin, si on veut marquer tout ce qu’on trouve, si on veut le raconter aux autres sur la terre et dans les écoles des autres mers…

- T’auras un ordinateur ?

- Forcément, le papier ça tiendrait pas longtemps dans le mouillé ! Même avec l’ordinateur, il faudra quand même écrire, dessiner, mettre des photos… pour tout garder.

- Apprendre à compter, alors ?

- Fastoche ma vieille : dans la mer on compte tout ; il y a des milliards de poissons.

Il ouvre largement les bras pour embrasser cette multitude.

-Des crabes. Moins de baleines, mais c’est plus gros. Les requins aussi faudra les compter, en faisant attention…

-Tu resteras dans la mer plus tard ?

-J’sais pas, j’suis trop petit. Pis, après la mer, je voudrais avoir une école de rivière, de montagne, de désert, de forêt, de jouets ( !) …

-Tu n’as pas fini d’aller en classe ! Essaie-t-elle de le décourager.

-Ça fait rien, si ça me plaît…

Et c’est nous qui cherchons comment justifier l’Ecole, mettre les enfants en appétit…

Ni Yann, ni moi, n’avons interféré dans leur échange. Ils étaient tellement dans leur jeu de construction que nous immiscer aurait tout brisé…

Un jour, je leur dirai que ce n’est pas si loufoque cette idée d’une Ecole perpétuelle et omniprésente…

Peu de place pour Yann et moi lors ce premier rendez-vous.

Quand nous avons commencé à parler de ma journée, les deux curieux, ont foncé, surtout lorsque j’ai raconté la rencontre avec Karine et avec Sylvain.

Lui, ils le connaissaient. Les conversations surprises, la télé, et toujours Radio Copains…

J’ai dédramatisé. J’ai dit la vérité : je n’avais pas vraiment eu le temps de lui poser de questions. On verra plus tard…

Ils se sont enfin lassés et j’ai pu retracer les grandes lignes de ce début de séjour parisien. L’accueil des horlogers, l’arrivée et la rencontre avec Karine, l’organisation de notre session, la découverte de Sylvain, mon trac sur la piste, le retour en métro et mon optimisme…

Yann a donné son appréciation notée : « 15 sur 20, semble à l’aise ! »

Quant à lui, rien de spécial, du courant… Menteur ! D’habitude, il est au bureau, ne prépare pas les repas, ni les vêtements des enfants. En revanche, il participe bien au ménage en fin de semaine et se spécialise, en vaisselle, dans la catégorie gamelles…

Donc pour le courant, il repassera… Non quand même pas, pour le linge, j’ai prévu quelques heures de chèque emploi…

Une voisine vole à son secours…

Il est un peu agacé pourtant : jamais son père, mes parents et surtout sa mère n’ont éprouvé si souvent la nécessité de le joindre. Inquiétudes, manque de confiance, traduit-il !

Il a interdit les visites, si je peux revenir samedi et dimanche, mais il ne peut museler le téléphone

Le comble, c’est lorsque Juliette et Killian s’emparent du combiné avant lui… Il a l’impression de les entendre faire leur rapport et se délecter à détailler ses initiatives ménagères…

Il n’arrive même pas à détourner la conversation vers moi.

Après des câlineries virtuelles, c’est chaud l’éloignement, nous avons renvoyé au lendemain la suite du feuilleton familial…

Maintenant, porte ouverte à notre groupe du village élargi à d’autres chateurs autorisés.

Premier contact avec Alain. Il s’est chargé de prévenir tout le monde, messagerie arabe, pour notre colloque.

J’ai déplié le menu de ce lundi, exposé en détails mes impressions et mes commentaires.

Chacun y va de sa question ; j’apporte les précisions et inscris les points sans réponses, pour l’instant.

Comme après un examen, ils s’inquiètent auprès de la candidate :

- Tu n’as pas oublié de dire… ?

- Et eux, qu’est ce qu’ils pensent de… ?

- Quelle était l’ambiance… ?

- Est-ce qu’ils y croient… ?

- Et dehors, t’as rencontré des gens pour, des gens contre… ? »

Je n’ai rien omis. J’ai tout raconté, la colère de Karine en ouverture, l’intervention surprise d’Huguette et la venue de Sylvain.

Déception, il ne nous a pas parlé de Manu !

Eux aussi me percevaient détendue depuis mon entrée dans le cirque et se réjouissaient de recevoir mes ondes d’espoir.

Notre ancien, Bernard, m’a proposé de faire, après chacune de nos rencontres, le compte rendu sur le blog. Il avait tout noté. Demain matin ou cette nuit, il me résumerait les premières réactions.

Ils savaient déjà pour Karine et Huguette, normal : les infos. Cela s’était passé dehors. La presse ignorait et devrait encore l’ignorer, la présence de Sylvain

Pourtant avec l’ambulance, les pansements…

Peut-être de la discrétion… Dans certaines rédactions, oui ! Toutes, je n’y crois guère.

A présent, à table, je suis espérée.

D’abord, apéro, Carthagène maison et rapport en guise de biscuits. Attention, j’ai école demain…

24 novembre 2017

27 – Deux sourires magnifiques.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 8 h 58 min

La première journée s’est achevée vers 18 heures. Notre planning était content, nous respections ses prévisions en temps de passage individuel et en nombre de prestations accomplies.

Même si demain s’avérait plus dense, un début de journée moins perturbé, l’allongement éventuel de notre journée laborieuse devraient nous permettre, dès mercredi, d’éclater en groupes de travail par thèmes.

Nos au revoir, cordiaux, se sont rapidement échangés. Beaucoup de bises, à droite, à gauche, devant, derrière, de sourires, de poignées de main viriles pour les hommes, d’épaules frappées et chacun s’est envolé. Parfois en petits groupes selon affinités, domiciles ou discussions entamées.

Son ambulance attendait le brûlé. Bisous effleurés, des  « A demain ! » prometteurs et, hop, un Sylvain disparu!

Thibault était déjà arrivé.

Le mari de Karine et leur fils, Lucas, nous ensoleillaient de deux magnifiques sourires.

Vraiment tout y participait, les yeux, les petits plis des commissures, ceux du front, tant chez le père que chez le bambin.

La voiture attendait, garée en double file.

Re bises à ma nouvelle amie, primeur pour l’immense Thibault, comme mon Yann. « Ô so pas rin  p’tits, t’cho grands! » aurait pu dire la Chaumoise, et clowneries pour faire naître les éclats de rire de Lulu…

Je m’enfourne dans la gueule du Métropolitain, destination… les bras de d’Alice et de Robert

J’ai rendez-vous avec mes trois amours par téléphone ou par écran, Yann a bien équipé mon ordinateur portable…

Nous avons prévu une conversation à plusieurs. Application de mon initiation maison à la messagerie instantanée, via Windows Live Messenger, avec mes complices, du village et du Comité héraultais

Puis, j’aurai mes devoirs du soir à rédiger. Une page d’écriture pour laisser, à tous ceux qui voudront se connecter, une trace de mes impressions et notes sur notre blog.

Pas de temps à perdre !

 

22 novembre 2017

26 – Hors la loi. suite

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 45 min

« …Et l’Ecole renaîtra de mes cendres… »

- Nos interrogations ont porté, surtout, sur le succès des stratégies mises en place dans plusieurs classes, plusieurs établissements, avant la canalisation, le formatage.

C’est de là que partaient les pistes positives.

 Sont-ils des hors-la-loi, ces enseignants qui se méfient, des diktats pédagogiques, des programmes imposés ?

Je le dis au présent car il est impossible que leur esprit se soit endormi, même si prudence et lassitude les ont découragés !

Ils faisaient leur marché, privilégiaient les principes fondamentaux et ne prenaient dans toutes les réflexions novatrices des penseurs patentés que ce qui pouvait améliorer la pratique de leur métier.

Parfois, leurs méfiances n’étaient dues qu’à la mauvaise digestion des consignes.

Tout n’était pas à balayer.

Les structures de réflexion, de mise en œuvre, tels les Projets d’Etablissement, les Conseils de Cycles, des Maîtres, d’Ecole, les Equipes Pédagogiques, les équipes éducatives, les Commissions de Circonscription pour les enfants en difficulté n’ont pas toujours pu remplir vraiment leur rôle.

C’est dommage, car il aurait dû être déterminant.

Cette efficacité, faible ou irrégulière, est imputable, selon la majorité des avis, et nous n’en avons pas manqué, aux lacunes de la formation, au peu de temps de suivi nécessaire à un travail collectif efficace !

Aujourd’hui, c’est pire, l’encadrement des initiatives, le scepticisme face à la «  course à la rentabilité » ne peuvent qu’amener la pratique des enseignants à se scléroser.

Les professeurs, les équipes qui utilisaient leur connaissance des élèves, faisaient preuve de motivations souvent heureuses pour les amener au savoir, pour l’ancrer, se sont retrouvés muselés.

Des revues avaient relaté, conté ces originalités.

Il était regrettable qu’elles les aient si souvent qualifiées d’expériences.

Non parce qu’elles débouchaient sur un fiasco, mais parce qu’elles ne duraient pas, mais parce qu’elles n’étaient pas généralisées, mais parce qu’elles restaient liées à un enseignant, une école, un regroupement, mais parce qu’elles n’étaient pas encouragées…

Elles ont, souvent, trop, été mal comprises, considérées comme des pertes de temps.

Pourtant, dans l’univers des médias, l’attention était plus grande.

Que de lectures, d’émissions radiophoniques, télévisuelles, que de documentaires, romans, séries, films, récits ont mis un Cas en valeur !

Un prof est confronté à une situation particulière, pédagogique, familiale ou sociale.

La démarche pour l’aborder, la traiter, la résoudre, donne l’occasion de souligner l’ingéniosité de l’enseignant, réel ou figuré.

Admiration souvent émue des spectateurs !

Un prix, parfois, couronnait l’adhésion du public.

Hypocrites, les « Hauts Responsables » félicitaient les lauréats… et préparaient les baillons des fonctionnaires.

Certaines tentatives persistent. Elles sont devenues clandestines et malheureusement rares, ces dernières saisons scolaires…

Avec un peu d’attention, de clairvoyance, de bonne volonté, nos promoteurs de décrets empilés l’un après l’autre, auraient pu comprendre le chemin à suivre plutôt que d’en faire une impasse.

Au contraire…

La transformation des écoles en Etablissements Publiques d’Enseignement Primaire a permis de confier leur administration et leur animation à n’importe quel fonctionnaire agréé par les Représentants de l’Etat.

Des gérants sont, de toute évidence, très peu préparés aux innovations pédagogiques et éducatives.

Bien sûr, il est apparu, à travers les avis de lecteurs, d’auditeurs, les enquêtes, que tous les parents, tous les enseignants, n’étaient pas des partisans fanatiques de la pédagogie motivée, différenciée, adaptée.

Toutes les classes, toutes les écoles ne vivaient pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassuraient ainsi des parents qui y retrouvaient « l’école d’avant ».

Mais…

Aucun bilan n’a établi le parallélisme et le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des établissements à projets motivants «des classes où l’on joue ! », et ceux  inscrits dans des classes ou des établissements où l’on suit avant tout « le » Programme, sans céder à la “dispersion”.

Pour condamner l’Ecole, seules des statistiques en vrac sur des évaluations faussées, orientées, ont tenu lieu d’épouvantail, sans nuance, sans appel…

Nous avons étayé ces observations par l’analyse d’apports variés et riches !

Dès le début, dans les petits groupes initiaux puis les regroupements, nous nous sommes tous interrogés sur les raisons des échecs, sans parti pris, sans avis préconçus, sans restrictions non plus.

Tous se sont exprimés, des simples particuliers, des familles, des professionnels, des bénévoles mêmes, des enfants et des institutions, beaucoup.

Une mise en cause sincère, profonde… a conduit à un premier constat : pas d’écoute, pas d’analyse, pas de considération, pas de débats, pas d’échanges officiels, pas d’adaptation, pas de généralisation, un grand voile étendu sur les travaux des grands courants pour une pédagogie nouvelle pragmatique…

Marginaliser les recherches, ignorer les essais semblent être la seule doctrine acceptable rue de Grenelle !

Sans doute encore un problème d’audition ! Il nous faudra veiller au bon état de l’ouïe chez notre prochain Ministre…

J’ai regagné ma place, saluée, comme tous les intervenants, par les applaudissements des délégués.

J’étais crispée et je comprenais totalement le soupir de Karine après sa prestation.

Il fallait relâcher la pression, à donf, ma fille !

 

21 novembre 2017

- 24 – Le cirque des délégations.25 – Sylvain suite

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 20 h 46 min

« … Et l’Ecole renaîtra de mes cendres! »

Nous sommes alors entrés dans l’enceinte de notre Cirque.

Enfin, nous avons ouvert la Bourse des réflexions collectées dans toute la France, métropolitaine, outre marine, et chez nos émigrés.

La première journée, nous avons parlé, lu, présenté et écouté.

Certains constats étaient déjà des propositions, d’autres étaient à clarifier, mais il nous fallait d’abord tout entendre, tout exposer, puis classer par  grands chapitres.

Une idée, forte, a uni nos volontés, orienté nos réflexions :

Pour une vraie chance, l’Ecole doit être Une dans son esprit, sa finalité, dans sa mise en œuvre, sa cohérence, sa cohésion. Elle doit se décliner en établissements, en structures variées, adaptées, mais logiques dans leur succession. L’ennemi, c’est la rupture !

Nous ne nous étions pas quittées avec Karine. Elle a présenté, en début de séance, la motion que lui avait confiée le Comité de la Roche-sur-Yon. Elle exposait leurs réflexions sur les programmes.

                     25 – SYLVAIN PARMI NOUS.

Nous étions tous regroupés sur les quatre premières rangées de banquettes, le responsable de l’organisation nous interpellait ; tel un Monsieur Loyal, depuis la sciure de la piste, devant la lice veloutée de rouge foncé.

Derrière nous, isolé dans sa rangée, un inconnu, suivait avec attention nos échanges.

Un inconnu, pas vraiment ! Je pense que tous ici savaient ou avaient deviné qui il était…

Les pansements de son visage, de ses mains, ses sourcils, ses cheveux rasés, la rougeur de son peu de peau visible, l’identifiaient sans erreur possible.

Sylvain était parmi nous.

Nous étions fin avril et il me semblait que même près de trois mois après avoir essayé de sauver Manu, ses brûlures auraient dû le garder hospitalisé.

Karine s’est retournée et lui a fait signe de venir nous rejoindre.

Deux, trois refus, puis finalement il a enjambé les dossiers des rangées qui nous séparaient.

Bon, les jambes allaient bien…

De véritables gamines ! Nous avions l’impression d’approcher une vedette ; avec un peu d’audace, il allait devoir subir nos demandes d’autographe.

En murmurant, nous nous sommes présentées : Karine, Vendée et Isabelle, Hérault ; lui a confirmé : Sylvain, de partout !

La voix, basse, était grave, mais nette. A quoi nous attendions-nous ?

Sagement, nous avons patienté jusqu’à la première pause pour faire plus ample connaissance.

A la reprise, c’est moi qui allais plancher

Faire connaissance… Après seulement que l’un des membres du Bureau National a officialisé la présence de Sylvain et que les applaudissements nourris qui l’ont salué, s’éteignent.

Nous avions la priorité de la découverte et comptions bien en user…

- Comment allez-vous ? N’est-ce pas un peu tôt pour vous exposer à l’air ? Ne craignez-vous pas d’infection ?

D’entrée, je le saoulais de questions, comme si j’avais eu à faire à un inconscient.

- Laisse, je pense que s’il est ici, c’est avec toutes les garanties de la Faculté ! Non ?

- Oui et non…

Sylvain s’est essayé à sourire en nous répondant. Les yeux étaient expressifs, mais avec les pansements et ses lèvres parcheminées, ce n’était pas gagné.

- J’ai une permission de journée pendant tout le temps de votre réunion, mais le soir, retour et soins intensifs.

Je ne pouvais pas vous savoir tous ici, à Paris, près de moi, rassemblés pour conclure le projet voulu par Manu. Je devais être présent et entendre vos paroles.

Je suis certain que vous me comprenez, que tous ici comprendront, comme les responsables de votre Bureau qui ont autorisé ma venue.

Pas le temps d’aller plus loin…

La séance reprenait ; c’était à moi.

Nous avions convenu d’éviter de nous appesantir sur les points qui avaient déjà ou seraient abordés par d’autres rapporteurs ; sauf pour réparer un oubli, suggérer une modification…

Des échanges préalables, coordonnés par notre cellule informatique, avaient permis d’alléger chacune de nos contributions. Elles étaient bâties autour d’un ou deux thèmes seulement.

Mes dossiers, éventuellement, me permettaient d’intervenir avec de solides arguments sur pratiquement tous les sujets abordés par les autres rapporteurs, si besoin était.

Leur traitement, en groupes de travail, était programmé pour les deux jours suivants, ensuite viendraient la présentation de leur synthèse, les propositions et l’écoute des suggestions, des corrections en réunions plénières.

La rédaction définitive de la Charte, chapitre par chapitre, devait se  dérouler le cinquième et sixième jour. Le dimanche, suspension.

La présentation du texte complet, assemblé le lundi, avant les ultimes corrections, était prévue pour le mardi suivant.

Cette Générale, nous l’avions confiée à notre collègue délégué du Vème arrondissement parisien.

Un acteur célèbre, connu pour son franc-parler et ses engagements.

Son timbre de voix sonore, sa marque, profond, pleinement audible, capable de jouer avec aisance entre la solennité et la légèreté, ne faillirait pas, comme ce qui nous menaçait pratiquement tous, pour cause d’émotion paralysante.

L’Hérault, par ma bouche, devait évoquer les établissements qui, autrefois, fonctionnaient si bien grâce à leurs initiatives, leurs projets adaptés, leur organisations structurées selon les besoins réels, et leurs activités motivantes, mobilisatrices…

Je me suis lancée.

20 novembre 2017

23 – La passante avec soucis. suite…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 36 min

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

Nous partions rejoindre notre place sur les gradins du cirque, portés par les applaudissements qui approuvaient le coup de gueule de Karine et soulignaient la confusion du journaliste.

Quand…

…Une dame, d’allure B.C.B.G., simple promeneuse avons-nous cru, à tort, nous a retenus.

Sa voix, surprenante de vibration, sans doute causée par son audace, a survolé la presse et les sympathisants venus nous encourager.

- Vous savez, nous sommes bien coupables, nous les supporters sans condition de notre champion de Président !

Je n’étais pas à une impasse près…

Autrefois j’avais bien salué le dresseur de Mammouths ! Pauvre de moi !

Je vous confesse avoir cru, sincèrement, que la mise à l’équerre des écoles, l’autorité ou l’autoritarisme en tous espaces d’Enseignement était la seule prescription, à appliquer sans déroger.

Des fausses bonnes innovations, bien empaquetées, nous ont séduit et caché le sale travail.

Un couloir s’était élargi au milieu de la Presse, bordé par des curieux, des passants, des sympathisants, des délégués. Il convergeait vers cette nouvelle intervenante, ouvrait une avenue éclairés d’heureux étonnements, entre elle et nous !

- Par exemple, nous, parents, grands-parents ou simplement citoyens soucieux du futur de notre civilisation, voulons et c’est légitime, le meilleur des services pour nos enfants, pour tous.

L’annonce de la création des Jardins d’Eveil ne m’a pas choquée, au contraire, et je me suis indignée qu’il soit lui aussi l’objet de méfiance, de rejets.

Pour une fois, j’ai essayé d’argumenter mon soutien à ce projet, mais écoute et documentation ont ouvert ma compréhension, alimenté mes désillusions.

Etait-ce une auto flagellation, un acte de contrition ? Déjà, nous commencions à regarder nos montres.

Lancée, la voix affermie nous a expliqué cette révélation…

- Je pensais et pense toujours :

Oui, je suis pour un plan d’éducation et d’instruction, concerté, débattu, cohérent pour notre jeunesse, de la naissance à l’autonomie, l’entrée en vie professionnelle.

Non, je ne suis pas pour un plan de réduction des coûts et le transfert des charges, sans logique, aux collectivités.

Pourquoi laisser les communes prendre sur leurs épaules le fardeau de l’école avec leurs seules ressources, si inégales ?

Oui au jardin d’éveil pour tous… Multiplions les possibilités d’accueil, les activités d’éveil véritable.

Oui, favorisons le savoir-faire des crèches, la formation des intervenants et surtout la liaison harmonieuse avec familles, écoles, associations…

Mais pas au détriment des Petites Sections, de la Grande et bien sûr de la Moyenne !

Je vous ai bien entendu, Madame la Déléguée, face à cet abruti. Je me réjouis de votre combativité, égale certainement à celle de vos collègues, comme le prouve la confiance accordée par ceux qui vous ont choisie.

Vous avez évoqué notre Ecole Maternelle défunte, moi aussi je veux participer à son épitaphe, en espérant sa résurrection.

Deux textes m’ont choquée :

Le premier ratifiait l’allégement plus qu’inquiétant des objectifs officiels, en Moyenne et surtout en Petite Section. Il a minimisé arbitrairement l’importance de ces niveaux, jusqu’à la suppression de la première classe.

A contrario, il gonflait fortement ceux de la Grande Section.

Avec de telles régressions, le glissement de la première classe vers le Jardin d’éveil s’est justifié, en toute hypocrisie. Couches, siestes, comptines, occupationnel en attendant les parents, a ironisé Monsieur le Ministre.

L’alourdissement des apprentissages en Grande Section, lui, relevé avec insistance, par ceux qui l’avaient manigancé, a permis l’escalade de ce niveau vers la «Grande Ecole »

Tant de connaissances à acquérir, c’est déjà pour le C.P., presque !

Quant à la Moyenne Section, c’est vrai, il restait cette classe… Ben, ne pouvant rester isolée, n’est-ce pas, elle s’est éclatée entre Jardin d’Eveil et Primaire. Au choix sans doute, selon la maturité de l’enfant…

Vous avez raison la messe, était dite. La Maternelle était enterrée ! Et des générations sacrifiées à la technocratie…

J’ai été infirmière pour jeunes enfants handicapés. Je  peux attester de l’importance de leur accueil en ces anciennes écoles protégées, cette pédagogie pré élémentaire si éloignée des rejets, des racismes, des ségrégations par la seule innocence de l’acceptation naturelle des différences.

La culture de la pratique des mêmes exercices de communication, de l’apprentissage d’un même langage, de l’éveil par les mêmes interrogations, par la référence confiante aux mêmes adultes, était une chance inestimable.

Nos technocrates n’ont su, eux, l’apprécier qu’en termes d’économie.

Tout est possible à cet âge où le mixage est un fait, pas un sujet de curiosité, à cet âge où éducation rime avec progression, répétition, réflexion, proposition, satisfaction. A cet âge où savoir se conjugue au présent immédiat dans l’impatience de l’utilisation…

Nous, adultes, déteignons vite et cette candeur de la course à la connaissance, pour le plaisir seulement,  disparaît inéluctablement

Avant, lorsque s’achevait la mission de l’Ecole Maternelle, commençait celle des classes élémentaires, et, se mettaient en place des codes structurés…

Des journalistes, impatients, voulaient identifier cette intervenante imprévue que nous semblions ne plus pouvoir interrompre :

- Qui êtes-vous ? Est-ce un montage ? Qui représentez-vous ?

- Qui je suis ?  Je suis une bonne sauvage de province. Une Huronne voltairienne, une indienne ! Dites « Hugh ! », comme Huguette, et vous me nommerez suffisamment !

Laissez-moi terminer, je suis venu parler après m’être trop tue, et puis je m’en irai…

Le second texte, de mars 2009, -horrible année !- a  ouvert la direction des E.P.E.P. à tous les fonctionnaires de plus de dix ans d’ancienneté. La seule expérience exigée n’est encore, qu’administrative. Elle est sans doute jugée suffisante pour la prise en main d’un grand établissement, de quinze classes et plus ; pas forcément regroupées en un même lieu, un même village.

Je suis une élue de petite ville, voyez, je me découvre. J’ai accepté avec beaucoup d’enthousiasme, la responsabilité de la jeunesse, tous les âges, dans et autour de l’école, et je ne suis pas rassurée !

La disparition des maternelles alimentera en effectif le personnel enseignant de ces Etablissements Public d’Enseignement Primaire mais des quartiers, des villages perdront leur centre de vie éducative…

La peau de chagrin de l’Ecole sera alors rétrécie, au plus juste.

Huguette, la bonne sauvage, avait capté nos esprits et les minutes s’écoulaient sans précipitation.

- Quid des vraies réformes indispensables pour pallier les manques de notre système scolaire : une véritable formation, une solide équipe d’école, des directions éclairées, reconnues, une réelle adaptabilité aux différences individuelles et aux différences locales… ?

Aujourd’hui, nous constatons la victoire facile des économistes, plus apte à réduire des budgets de service que des dépenses d’apparat. Haro sur les pédagogues et sur les élus naïfs, utopistes, tous ces boucs émissaires, fautifs professionnels…

Ah, si l’Ecole avait eu des grands pontes pour inciter notre Président à réfléchir et l’amener à contredire ses ministres !

De nombreux intellectuels, des chercheurs célèbres la  soutenaient mais ils étaient moins électoralement importants que les médecins avec leur clientèle, par exemple, ou que des grands financiers même en crise…

L’ancienne infirmière, bien actuelle Maire Adjointe, a soupiré, a souri et a repris son chemin en agitant, vers nous, sa main au-dessus de sa tête, bien haut :

- Nous vous faisons confiance …

Ses derniers mots, pratiquement chantonnés.

Elle s’éloignait, ignorante des journalistes, des photographes qui flairaient une personnalité digne de leurs lecteurs…

 

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Victor Coudesabot |
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