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31 octobre 2017

3- Manu. suite…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 22 h 26 min

Une cassette audio est arrivée à l’adresse d’un hebdomadaire. Sans doute avec regret mais avec loyauté, le rédacteur l’a dupliquée et communiquée son contenu aux agences de presse comme le lui demandait l’expéditeur.

L’Interrupteur, Prof d’atelier mécanique dans une S.E.G.P.A., avait mené une vie de baroudeur mercenaire après un service militaire où il avait fait son apprentissage de réparateur automobile… Un directeur de S.E.S., l’ancien sigle des Sections d’Enseignement Général Pré professionnel Adapté, l’avait débauché dans le garage où il avait fini par se fixer.

Lui, l’ascolaire qui avait croisé ses pas, sans s’y intéresser, avec ceux des enfants de plusieurs continents. Lui, qui avait connu des petits mendiants, des petits prostitués, des enfants soldats et des gosses dorés sur tranche. Lui, le prof par accident, a été envahi par ses élèves si complexes. Par eux, il a compris que, dès la naissance, leur voie vers la marginalité, très souvent, était tracée.

Manu était devenu un de ces spécialistes consacrés aux adolescents en difficulté. Un homme qui savait que ses élèves n’étaient pas ses enfants mais des gamins globalement intéressants et individuellement passionnants. Des enfants dont on attendait « simplement » qu’il en tire quelque chose pour leur donner une chance de devenir quelqu’un. Vous voyez, bien du flou. Heureusement, dans sa section spécialisée, parmi les profs de métier, jamais il ne s’était senti seul.

Leur établissement n’avait pas encore été trop touché par l’encadrement des écoles et des collèges, sinon par une arrivée plus importante de « cas » à retirer du cursus « normal ». Cet isolement les protégeait, un peu.

Mais…

Un lundi matin, son atelier a reçu chiens et policiers…

Sa paix s’achevait, sa lutte commençait.

Son atelier, son établissement, l’Ecole n’était plus un lieu protégé, sacré. Il avait failli ! Même si ses ados l’avaient remercié, lui manifestaient une certaine admiration, Manu savait qu’il n’était plus à la hauteur de leur confiance. N’importe quelle décision arbitraire pouvait briser cette sérénité.

Pire, il a réfléchi, il a pensé ! Pas à sa classe, pas à ses élèves mais à tous les enfants, à l’Ecole et à nos devoirs d’adultes oubliés.

Il n’était plus « une île éducative complète en lui-même »       Il s’est senti élément important d’un devenir, celui de l’enfant vers la maturité.

Il a remonté la chaîne de la croissance, de la connaissance. Il en a découvert la beauté, la logique, la riche diversité.

Il a compris aussi les inégalités, les handicaps, les accidents et les erreurs d’un système oublieux de l’être pour ne plus fabriquer que la forme.

Il s’est imprégné de ces révélations avec toute sa rage, son intransigeance, enfouies depuis ses révoltes adolescentes.

Son combat, son bref combat perdu d’avance, commençait. Il devait s’achever par son corps embrasé.

Puis renaître avec notre réveil !

Emmanuel n’était plus capable de se sentir le protecteur des enfants qui lui étaient confiés. Tout avait explosé avec cette intrusion, alors il s’est voulu le catalyseur, le détonateur d’une explosion plus vaste, le réveil du volcan scolaire assoupi.

Pourquoi défendre l’Ecole ?

Parce qu’il a compris, entre les quatre murs de sa classe, de son atelier, que la seule chance de s’épanouir, de se reconstruire pouvait, devait passer par une Ecole attentive et efficace.

Parce qu’il a compris que maintenant à cause de toutes les portes refermées, l’Ecole était devenue une usine à gosses, avec classement sans suite des pièces défectueuses.

Tout a été dit, écrit ! Bien sûr, le désespoir et la folie qui en découlait, furent d’abord les plus affirmés.

D’autres réveils sonnèrent, celui des clandestins de la pensée, des anarchistes muets, des pamphlétaires souterrains et enfin des écrivains, des grandes voix médiatiques. Des Académiciens firent leur mea culpa.

Des éducateurs de tout poil s’entre-regardèrent, certains avec crainte. Allait-on les accuser d’avoir laissé faire, d’avoir profité des mesures lénifiantes ?

D’autres avec honte : ils savaient mais avaient mis leur mouchoir par-dessus leur révolte.

Ceux qui avaient préféré quitter l’enseignement pour ne pas collaborer, redressaient la tête. Contrairement au grand public, marqué par le spectaculaire du sacrifice, ces grands veilleurs de la condition humaine avaient lu, relu, commenté, discuté, disputé les messages majuscules et naïfs, apparemment naïfs, que déposait le coupeur de couvrant.

Les syndicats ont été bien massacrés, mais il restait si peu de mouvements indépendants que les nouveaux secrétaires ont eu beau jeu de rejeter sur leurs prédécesseurs le déclin de leur vitalité. Eux, minoritaires désormais, géraient les carrières individuelles dans un grand Machin, après la disparition des commissions paritaires.

Dans un autrefois pas si lointain, on avait accusé les parents d’être trop permissifs, nocifs, générateurs de délinquance…Aujourd’hui, on les mettait en accusation pour avoir abandonné à l’Etat leurs responsabilités éducatives !

Les familles se défendirent et exigèrent que se posent les questions sur ce que la société avait construit pour leurs enfants. La vox populi, la colère populaire même, peut devenir aussi tonnante que la vox dei !

Un temps mort était exigé,- non, imposé !- pour qu’un  vrai bilan constructif s’établisse. Pas une consultation nationale comme il s’en était tenu dans le passé, une de ces consultations riches en échanges et pauvres en concrétisations…

Nul ne sait qui a lancé le mot d’ordre, mais très vite a circulé un message, un seul, vers les autorités : «Finies les réformes sans nous, nous les refusons, nous réfléchissons, nous proposons, et vous, mettrez en œuvre ! »

Les réunions se sont instituées spontanément. Dans aucun endroit officiel, même pas une école, mais chez les uns ou les autres, dans des théâtres, des salles de bal, des cinémas, des cafés, selon l’occasion, l’offre d’un propriétaire.          Partout des groupes se sont formés, au bureau, à l’usine, dans les salles d’attente, chez les commerçants…

Les conversations trouvaient vite leur sujet, les rendez-vous se fixaient.

Le gouvernement finit par promettre un grand débat national mais il fut rejeté par les Français, en respect des vœux, du testament maintenant, de Manu.

Bien sûr, des manifestations se sont ébauchées, des appels à la violence ont retenti.

Des collégiens, lycéens, étudiants ont crié à leur libération, à leur avenir formaté, à l’inégalité scolaire, à la sélection par la chance d’appartenir à la bonne école, au bon collège, au bon lycée, à la bonne université…

Toutes les facs étaient devenues autonomes, joli qualificatif pour traduire : concurrentes.

Rivales non seulement par leurs résultats mais aussi dans leur chasse aux moyens, aux profs, aux commanditaires, et aux disciplines originales, voire superficielles.

Les enseignants, réveillés par le sacrifice de leur collègue, ont su calmer les plus violents d’entre eux. Non seulement, ils ont refusé de répondre à l’appel de leurs élèves mais ils les ont amenés à la modération et à la participation, aux concertations plutôt qu’aux emportements de colère.

 

 

 

 

30 octobre 2017

2 L’écrivain public.SUITE

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 20 h 45 min

« … ET L’ECOLE RENAÎTRA DE MES CENDRES… » à suivre…

Nous avons découvert Sylvain en même temps que nous était révélée l’identité de Manu.      Les médias nous les ont livrés à travers leurs articles, les témoignages directs du Web ou les émissions d’analyse, de supputations des chaînes radio et TV.

C’était un personnage, ce Sylvain. Quarante-cinq ans, il allait de bars en cafés-restos citadins du début octobre jusqu’à fin avril. De mai jusqu’en septembre, ses routes le menaient de bistrots ruraux en estaminets, de village en village.

Nomade, il a beaucoup appris ainsi, sur les tables où se rédigeaient les cris, les plaintes, les joies, les amours de ses pratiques…      Il s’était façonné une vie à sa mesure, celle d’une bohème organisée. Une vie pleine de celles des autres ! Une vie dont les saisons étaient rythmées par ses engagements parisiens et provinciaux.

Pendant sa session fraîche, il ne quittait sa clientèle de la capitale que pour un rendez-vous hebdomadaire, dans une maison de retraite de la banlieue essonnienne.    Il y animait un remue-méninge, – est-ce moins barbare que « brainstorming » ? – où se développaient des souvenirs réels, rêvés, transformés…

Qu’importe !    Des mémoires revécues par, pour leurs acteurs eux-mêmes d’abord, pour les enfants, petits-enfants ensuite.

Pour lui, des bibliothèques vivantes qu’ils feuilletaient.   C’était, près de chez lui, près de son deux-pièces H.L.M, la dernière demeure de sa grand-mère. Elle n’était plus là, le laissant seul survivant d’une famille jadis fournie et intense.

Un accident de car leur avait retiré, en un même moment, toute la parenté réunie pour le mariage de sa sœur.

Le véhicule loué, bloqué sur un passage à niveau, livré à la motrice d’un convoi d’entretien, n’avait libéré aucun survivant.     Sylvain était allé chercher sa grand-mère pour rejoindre le restaurant où le couple de la pièce montée attendrait longtemps ses mariés. C’est cette seule image que Sylvain a retenue de l’auberge décorée, parce que c’est elle que transportait le patron lorsque le téléphone a sonné…

Bien sûr, rien n’a été simple ; accepter la fatalité n’était pas possible.

Les indemnités importantes versées par les compagnies assurances n’ont rien atténué. Sylvain se refusa longtemps à les considérer, laissant le notaire se charger de leur placement. Celles attribuées à sa grand-mère garantirent les frais de la résidence pour personnes âgées et les soins indispensables à un esprit incapable de supporter l’immense vide creusé dans sa vie.

Sylvain avait vingt ans. Son bac obtenu sans problème, il entamait en fac des études littéraires et se voyait bien en journaliste, voire reporter…

Impuissant à guider une existence devenue le jouet du destin, il a confié sa volonté défaillante à un encadrement sans discussion.     Hasard des relations, de la proximité sans doute, ce fut dans la vie militaire qu’il s’immergea, lui aussi. Son engagement dans l’armée de l’air se réalisa sans douleur. Il accepta la discipline comme on se munit de béquilles. Il accepta les autres et leurs histoires, pourvu que la sienne ne soit pas fouillée. Il accepta la responsabilité du foyer du soldat. C’est là qu’il devint écrivain public pour ses copains.

Il fut aussi, lorsqu’il ne conduisait pas un camion, coiffeur, sans expérience mais bien servi par sa bonne volonté appliquée.  Il couvrait parfois quelques frasques de gars un peu éméchés. Lui-même sentait que l’alcool lui tendait les bras de l’oubli, mais que l’étreindre serait sa fin.

Voilà une lutte qu’il pouvait mener !    Ses dépannages épistolaires de sous-off, d’officiers parfois, lui permettaient ces coups d’éponges et lui ont ménagé une période de deux ans assez tranquille.

Ses permissions le menaient uniquement vers sa grand-mère.     Il a quitté l’uniforme avec, sinon un métier, une fonction : écrire pour les autres.

Sylvain a officialisé sa petite entreprise en se déclarant auto entrepreneur avant le terme. Un forfait fiscal, des frais réels, une assurance en cas de clients hargneux et vogue l’écriture.    Pas de patron, mais des clients très, très variés, exigeants autant que confiants.

S’il avait voulu éviter les horaires infernaux, c’était loupé !    Pas de bureau imposé, des bureaux adoptés après bien des essais et fidélisés ensuite. Essentiellement dans Paris : cinq troquets, cinq journées et une matinée en réserve pour les urgences ou les imprévus… Le dernier après-midi était consacré ses amis de la Résidence.

Le dimanche, fara niente…    Quoique les devoirs à la maison existent aussi chez les écrivains publics.

Les jours ouvrables, toute l’année presque, travail de 10 h à 12 h, selon les circonstances, puis Sylvain déjeunait, aux frais du bistrotier ; avec lui, selon le coup de feu.

Après une sieste, parfois coquine, il reprenait son écoute et ses lignes de 14 h jusqu’à 19, 20 h, plus souvent…    Vingt euros pour une heure, avec, quelquefois, une rédaction immédiate, une commande, des recherches, des appels…

Sylvain acceptait tout. Il écrivait pour des employeurs potentiels, pour des administrations, des familles…

Il rédigeait des ruptures, des déclarations, des devoirs d’étudiants aussi.

Des discours solennels, des mots d’amitié pour un mariage, un anniversaire, pour des grands mais pour des petits aussi qui voulaient dire leur affection à un parent, à leur frère, leur sœur un jour de baptême par exemple…

Il aidait aussi à composer des mots d’accompagnement pour l’ami, le proche qui avait quitté notre monde…

Une fois, seulement, il avait refusé une demande, pour une lettre anonyme ! Un comble lorsque le corbeau est assis à votre table !     Des tranches d’existences réelles, imaginées ou souhaitées ! Il évitait surtout de se laisser empoigner et pénétrer par la vie de ses clients.

Prendre pour important ce que le solliciteur s’efforce d’exprimer, s’imprégner de sa personnalité, pas de son vécu, Sylvain y réussissait bien.     Il aurait pu devenir voyant et anticiper les lendemains espérés par chacun.

En entendant les confidences de ses pratiques, il a commencé à puiser dans ses finances, presque oubliées. Il ne remettait pas de subsides directement.

Ses amis taverniers, ça c’était sa volonté, étaient ses intermédiaires. Ils expliquaient ces providences par la générosité occasionnelle d’un gagnant chanceux, anonyme… Jamais Sylvain ne devait le regretter, à Paris comme en province.    Souvent, très souvent, le dépanné devenait dépanneur, toujours par l’entremise du bistrotier.

Dans chaque café, il avait son coin, ses habitudes. Ses clients naissaient du bouche-à-oreille. Le patron, la patronne prenaient les rendez-vous, établissaient l’ordre de passage.      L’attente favorisait la consommation ; la présence de l’écrivain public valait une attraction.

Certains patrons lui avaient proposé de s’installer à demeure, mais Sylvain tenait à son nomadisme, au caractère si particulier des quartiers qu’il avait choisis.      Il aimait chaque ambiance, chaque richesse différente des conversations de comptoirs. Plus que les brèves, si ré-vélatrices de l’humeur sociale, il aimait glaner les blagues, les notait. Il en avait des pages et des pages qu’il cédait à la douzaine, pour les réunions post-travail, pour les repas de famille, les retrouvailles entre copains, copines… Un à-côté non négligeable !

Sylvain gagnait bien sa vie : peu de besoins, d’envies, nourri, pas de bureau, des transports parisiens collectifs ou individuels.      Le vélo loué, quelle belle idée !

Lors de ses débuts, Sylvain transbahutait son dico, sa machine à écrire, son magnétophone, des feuilles, des stylos… Une petite valise était nécessaire.      L’ordinateur portable, son imprimante, les mémoires annexes… lui ont bien simplifié les fournitures de base. Tous ses hôtes lui permettaient de se connecter sur internet. Ses ressources documentaires et ses relations étaient devenues infinies.

Abandonné l’usage du téléphone au comptoir ou dans la cabine ; son mobile professionnel lui a assuré le contact avec tous, par répondeur interposé le plus souvent.        Sa régularité allait jusqu’aux siestes accompagnées. Une femme dans chaque port, les mêmes, pas d’embrouille !       Il avait créé un véritable réseau de remplaçants pour que ses habitués ne soient pas lésés par ses absences, roulement et saisons obligent.     Tous y trouvaient leur compte : les étudiants, les profs qui constituaient le gros de son fonds de suppléants, autant que les demandeurs.

Si le contact n’était pas aussi cordial et efficace que Sylvain l’espérait, il abandonnait la doublure. Les clients, surtout aussi craintifs que l’étaient souvent les siens, au début, étaient rois !     Ce lundi 31 janvier, Sylvain atteignait son « bureau » de la rue de Grenelle.    Incroyable combien de synthèses d’articles, de rapports et de discours, il avait rédigé pour des fonctionnaires d’en face, lourdement chargés de boulot ou au cerveau éreinté.

Trois jours après, à son réveil, sous ses pansements, dans sa tête, il n’était plus seul, à jamais.

 

29 octobre 2017

L’AUTODAFE 1

Classé dans : mon livre — linouunblogfr @ 17 h 34 min

« …et l’école renaîtra de mes cendres’ » à suivre

« N’HUMILIEZ PLUS LES ENFANTS ! »

«DONNEZ UNE CHANCE A NOTRE JEUNESSE ! »

« RECONSTRUISEZ L’ECOLE ! »

« MA VIE CONTRE UNE VERITABLE ECOLE ! »

« JE DOIS TOUT A MES ELEVES, MÊME MA VIE ! »

 

Chaque jour, depuis le Premier de l’An 2011, l’une des déclarations grandiloquentes de cet ultimatum a fleuri, sur les murs des monuments parisiens, dans les couloirs du Métro, du R.E.R., aux stations de vélib, sur le net. En bandeaux majuscules, en affichettes, en collages, en graffiti… Simples et précises.

Au début, peu de journaux en firent état. Pas assez de matière sans doute, trop naïf… Puis, un transfo éteint plongea un quartier dans l’obscurité. Près des manettes baissées, un même message réclamait le réveil des parents, des éducateurs, des politiques pour que renaisse l’Ecole.

Les médias ont ironisé sur cette pression puérile, ce chantage sans otage ni violence. En partie seulement, parce qu’en hiver, même brièvement, les coupures de courant, ça refroidit !

Presque chaque soir, un nouveau transformateur cessa ses fonctions jusqu’à agacer et interpeller. Après les paris sur le futur quartier visé, sur l’identité du mauvais plaisant, des regards se sont posés sur l’objet des messages, l’Ecole.

L’Etat, lui, ne bronchait pas, sauf par un porte-parole, naturellement bien informé, condescendant, qui annonçait l’arrestation imminente du coupable. Les moyens de l’E.D.F. (société devenue privée) et de la Police (encore Nationale) créditaient cette éventualité.

Le dénouement flamboya, le lundi 30 janvier 2011, à l’entrée des bureaux, rue de Grenelle, lorsque s’annonça la voiture ministérielle.

Avant que quiconque puisse intervenir, un individu a bondi d’un porche et s’est enflammé contre la portière arrière.

Sélectionné pour ses réflexes, le chauffeur arracha la voiture et pénétra dans la cour, mais le kamikaze, sans doute totalement imbibé de carburant, ne pouvait échapper ni aux rétines des spectateurs ni aux objectifs de caméras, ni au Ministre surtout.

Les agences de Presse avaient été prévenues que le coupeur de courant allait venir rencontrer le ministre tôt ce matin-là.

Lorsque, enfin, le feu fut maîtrisé, il ne restait plus qu’un corps carbonisé sous une bâche toilée. Un autre brûlé gisait, déjà objet de premiers soins.

Aucune image n’avait échappé aux appareils professionnels ou amateurs.

Moi, Isabelle, mère de famille tranquille dans mon village occitan, je ne le savais pas, mais ce second brûlé entrait dans ma vie, autant que l’esprit du premier allait envahir le mien.

A ce moment, tout était lancé et ce sacrifice suprême allait entraîner tant de points d’interrogation que l’ironie, l’indifférence et le dédain devenaient caducs…

Malgré les confusions semées par le gouvernement pour mettre en doute la stabilité psychique du défunt, l’ef-fervescence grandit.

Radios, chaînes de TV, presse et bien sûr, internet, multiplièrent les indignations, mais aussi les interrogations, les essais de compréhension, les supputations…

Quelle désespérance pouvait conduire à un tel geste ?

Ce sont des débats que les médias ne devaient plus ignorer. La toile s’illuminait trop pour ne pas les obliger à réactiver les émissions d’échanges, de controverses.

Dans le café, à l’angle de la rue, Sylvain, l’écrivain public, avait bondi impulsivement ! Ses yeux avaient connu ceux de Manu. Pour lui, tout a changé, pour moi, tout allait changer, pour notre société rien ne devait plus être comme Avant…

Edition après édition, chaque instant fut détaillé.

Manu avait tout préparé : son jerrycan était caché sous un porche dont la porte était maintenue entrebâillée. Il avait pris un café, deux cafés, ses derniers, dans le bistrot de Pierrot, le copain de     Sylvain. Rien n’avait signalé ce client au garçon, sinon qu’il avait payé aussitôt ses consommations ; pas de dettes au moment ultime !

Il n’avait même pas bousculé Sylvain qui arrivait. Sa sortie ne fut pas plus agitée que celle de quelqu’un qui constate son retard.

Dès que la voiture ministérielle s’était annoncée, Emmanuel s’était levé, sans hâte, simplement, était entré dans l’immeuble voisin, en était ressorti enveloppé dans un imper qui déjà s’enflammait.

Ça! Sylvain l’avait vu, enregistré, sans admettre ce qui arrivait. Pas plus que ne le comprirent, les journalistes et photographes, qui arpentaient les trottoirs dans l’attente du mystérieux Interrupteur.

Sylvain, lui, au moins, a réagi, sans réfléchir…

Il a hurlé au patron: « Pierrot, ton extincteur ! »

Il a arraché, non sans casse, le rideau de la baie et s’est précipité sur la torche encore collée à la portière avant que la voiture ne s’arrache vers l’entrée du ministère.

Tout de suite, il ne fut que douleur, son front, ses mains, puis partout.

Il a ouvert grand la toile pour en étouffer les flammes. C’est à ce moment que Manu s’est tourné vers lui, dernier mouvement volontaire ? Chute incontrôlée?

Aucun cri ne s’est échappé de cette bouche au souffle de feu, mais ces yeux, écarquillés, directs, soudains liquides, fondus… Jamais Sylvain ne pourrait les oublier.

Pas plus que ne les oublierait le Ministre qui l’instant précédent avait aussi fixé ce visage collé à sa vitre teintée.

Sylvain se sentit arraché, jeté, roulé, étouffé…

Par qui ? Photographes, journalistes, policiers, passants… Il est incapable de s’en souvenir. Il est tombé en arrière, a ressenti un choc et puis plus rien… Jusqu’à son émergence à la conscience, trois jours plus tard.

Il n’était pas seul, le sentait, l’entendait, mais dans le noir total.

Sylvain ne souffrait pas, pas encore, trop d’analgésiques pour ça. Il ne se posait aucune question non plus mais éprouvait l’agitation de l’air enflammé et le regard tendu vers lui.

Dans sa tête, avec son réveil, jaillirent un cri, un hurlement, des yeux en larmes, une bouche ouverte et des flam-mes, des flammes.

Plus tard, il me dira que, contre toute possibilité, il avait compris « Maman ! », craché avec ces flammes. Le hurlement, il devait l’admettre jusqu’à l’écœurement, à travers les reportages passés en boucle dans chaînes TV, c’est lui qui le poussait.

Sur les images, il s’est reconnu, agité près d’Emmanuel, son rideau, vain, entre les mains. Il a compris l’origine de ses brûlures. Il s’est vu tiré brutalement, en arrière, par un inconnu qui le sauvait.

Sur l’écran, ses bras se tordaient, son grand corps basculait, heurtait le trottoir…

Lui, avait aussi ses images imprimées, bien imprimées… Ce que nul appareil n’avait capturé, c’était ce regard en fusion mais direct ; c’était ce cri de feu, vers lui, pour lui ou en lui…

Dans son esprit, Sylvain n’était plus seul !

 

26 octobre 2017

Quels débouchés pour demain ?

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 14 min

 

Dans quel monde du travail vont déboucher les élèves formés dans une nouvelle Education Nationale ? Donner sa chance au Futur, mais n’est-ce pas utopique ?

Permettez-moi de choquer en exprimant un constat. Notre pays a perdu la bataille industrielle et agricole. Nous ne pouvons aujourd’hui, tant mieux si demain me contredit, concurrencer les grandes nations qui se sont dotées de nos techniques dans de très nombreux domaines, mais les exploitent avec un  fort rendement et un coût très inférieur au nôtre.  Bien sûr, nous suivons avec espoir les luttes des altermondialistes, du commerce équitable, nous essayons de contrecarrer les délocalisations, de moraliser le travail à bas salaires, l’emploi des enfants dans des grands pays émergents, mais le placement des capitaux internationaux, les conséquences de crises chez les actionnaires lointains ne garantissent aucune stabilité à nos pôles d’emploi. Seuls nos artisans, nos petites entreprises locales demeurent indépendants de ces fonds fluctuants. A quel prix ? Avec quelle laisse, tenue serrée par les banques ? Avec quelle incertitude des lendemains ? Soyons lucides, la France possède deux grandes richesses fondamentales et notre ambition peut servir l’une et l’autre. D’abord, notre pays est un énorme réservoir de connaissances, d’ingéniosité, de recherches, de découvertes.    Je ne parle pas seulement de nos chercheurs si malmenés, de nos savants, de toutes nos technopoles où s’échafaude le Progrès au niveau le plus pointu…  Je parle aussi de tous nos concitoyens ingénieux qui créent, inventent des ‘’trucs’’ pour mieux vivre. Le Concours Lépine n’est que la crête occasionnellement éclairée de la vague d’inventivité, de cette recherche permanente qui mobilise nombre de nos petits inventeurs.

Notre pays n’a pas de pétrole, mais a des idées, paraît-il ! Ces idées sont des richesses qu’il nous faut cultiver, proposer, développer, vendre… Nos brevets sont parfois, souvent, bradés sous prétexte de cessions d’installations, exploités ensuite à l’étranger. C’est un fait, et nous ne pouvons concurrencer les bas salaires étrangers, mais nous pouvons développer nos laboratoires, nos ateliers, nos groupes expérimentaux pour devenir une pépinière de découvertes. Encourager, investir dans la recherche dans tous les domaines, pour améliorer la technique la plus élémentaire ou la technologie la plus futuriste est une mine de ressources qui doit garder, sur notre territoire, notre potentiel de découvreurs.

- La seconde richesse inaliénable de notre pays, c’est son patrimoine.
La France par son Histoire, la diversité de ses régions, ses spécialités, possède des trésors d’artisanat, de végétations originales, de gastronomie, d’architecture, d’art, de littérature, de traditions inépuisables.  Le tourisme est en passe de devenir la plus grande source de revenus de notre commerce. Nos hôtels, nos villages sont la cible d’investisseurs qui ne se trompent pas dans leurs placements… Faudrait-il en avoir honte ? Faudrait-il considérer comme mineure cette attractivité ?  – Rien que nous, Français, représentons un vaste vivier de chalands pour notre propre pays… Reconnaître cette opportunité, c’est ouvrir bien des chantiers, revaloriser bien des professions où la main est essentielle, promouvoir bien des arts de l’embellissement, de la restauration… C’est aussi prolonger les trésors de notre civilisation passée pour mettre en valeur ceux de nos contemporains, de nos visionnaires…  Maître d’Ecole, maîtres d’ateliers, maîtres des villes et des champs, compagnons, que de revalorisation de toutes nos disciplines, de toutes nos langues, de tous nos métiers sont possibles et pas simplement à titre associatif, comme par exemple pour la merveilleuse reconstruction médiévale de Guénelon dans l’Yonne… Ce n’est pas condamner nos usines, notre élevage, notre agriculture, ni nos pêches, mais c’est ouvrir, élargir les perspectives d’emplois, ne pas attendre que la peau de chagrin du travail ait perdu de sa surface, dramatiquement…

Autour de ces deux mines, il faut vivre : services aux personnes, commerces, environnement et évidemment sn,té, éducation, logement, loisirs… seront toujours des pourvoyeurs d’emplois encore faudra-t-il que nos ayons les moyens d’en bénéficier, tous…

Si nous ne préparons pas ces débouchés, nous aurons failli et rendu stériles les beaux outils que nous voulons mettre au point: l’Instruction, le Savoir-Faire, les Apprentissages, sous toutes leurs formes !

 

25 octobre 2017

RELIGIONS

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 34 min

J’ai toujours évité de parler religion, par respect pour tous mes amis, mes anciens élèves, les membres de ma famille et les croyants et non-croyants sincères dont j’entends ou lis les témoignages.

Pourtant les questions, les réflexions auxquelles m’invitent nombre de ces personnes et nombre de perplexes, me font franchir le pas de mes convictions… « Mes », ce qui ne cautionne ni une Vérité ni une Légitimité, uniquement le fruit de mes expériences, de mes circonstances et de mes entretiens.

Je suis né dans une famille bivalente : une partie paternelle très croyante, voire cléricale, à l’ombre de fait et d’idées de l’énorme église qui avoisinait la boulangerie familiale et une partie athée, profondément empreinte de l’humanisme laïc.

Les représentants les plus influents de ces deux convictions dans ma commune, partageaient au moins l’intelligence de croire d’abord au mieux être et devenir de l’individu ; ils pratiquaient un altruisme concret   L’hypocrisie des factions les amenait, et j’en fus maintes fois témoin, à se rencontrer clandestinement… souvent pour trouver des solutions à des problèmes… Quitte à se bousculer dans les joutes orales publiques…

Toute ma vie, J’ai rencontré bien de ces hommes, de ces femmes, qui religieux ou non furent des acteurs, des moteurs parfois, pour les actions auxquelles j’ai été amené à participer, scoutisme, création de maison de jeunes, aides à l’habitat, à l’enfant et à l’adulte fragilisés, soutien de familles, centres de vacances, pupilles de l’Education, bibliothèque, vie scolaire bien sûr… Il arrive à chacun de subir des épreuves qui révoltent et font douter de la vie même et alors la ferme présence de telles personnes aide à dépasser ces situations personnelles désespérantes…

Je crois en l’individu et en son potentiel de solidarité ; tant mieux pour lui si ses convictions intimes lui apportent la force d’être. Ce qui différencie l’homme de l’animal, (J’emprunte à Vercors et ses ANIMAUX DENATURES), c’est sa faculté d’abstraction, de ses idées jusqu‘à la spiritualité et c’est cette capacité d’idéalisation, qui le mène, parfois même dans les moments les plus noirs…

Par contre je ne me fie pas du tout aux Institutions dont l’histoire n’est que trop souvent la justification de dominations, de tortures, de massacres perpétrées par des chefs à l’aide de fanatiques, sous couvert d’idéologies absolues, et je n’omets pas les idéologies politiques despotiques, religieuses ou non ! Toutes sans exception depuis les premières déifications sauvages, du cannibalisme rituel aux sacrifices humains dédié à telle ou telle entité, au soleil, aux jugements des dieux, aux arènes, aux guerres de religion, aux missions de « conversion » dans les contrées lointaines, aux fascismes… toutes accompagnaient des tyrans en mal de pouvoir, d’asservissement, de richesses… Même les propriétaires exigeaient de leurs employés, de leurs fermiers l’obéissance à l’Eglise… Je ne peux oublier que longtemps la lecture, l’écrit fut considérés comme sacrilège, trop susceptibles de démystifier des textes obscurs. La négation de découverte, de la rotondité de la Terre à des vaccins, du refus de l’âme aux femmes à l’interdiction de la liberté de leur maternité, du rejet des différences individuelles… tout est contraire à la nature profonde de l’humanité : son droit d’être et son obligation au respect d’autrui dés lors qu’il ne nuit pas…

Je répète que cela n’enlève en aucune façon la qualité profonde de tous ces gens qui ont ponctué l’histoire de l’humanité en mettant la charité active en pratique, que ce soit avec la force de leur foi religieuse ou de leur foi laïque.

24 octobre 2017

Homme et femme

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 03 min

Je ne crois pas, désolé Aragon, que la femme soit l’avenir de l’homme mais son alter ego indissociable en une profonde complémentarité pour donner une chance à l’avenir, ça oui !!!

Bravo à vous qui évoquer de ces femmes admirables qui bien que « nanties » ont donné et donnent toujours d’elles-mêmes pour que la vie soit toujours la gagnante, célèbres ou modestes, inscrites dans l’Histoire ou dans le quotidien, militantes bénévoles ou professionnelles de toute nature, elles cimentent chaque jour notre fragile humanité et colmatent nos fissures…

J’aimerais aussi que de tels documents, il est certainement des auteurs de talent qui l’on fait, illustrent au même titre les actes des hommes… Le tout serait non pas fondu dans le creuset de la vie mais additionné, imbriqué, mis en évidence…

Contre-point de la seule infection nuisible : la méchanceté et de la seule attitude qui lui donne des forces, l’indifférence!

8 octobre 2017

COULEURS D’AUTOMNE

Classé dans : poésies* — linouunblogfr @ 21 h 05 min

 LES POESIES DE JEAN-CLAUDE

Les arbres ont perdu un peu de leur verdure

Pour des couleurs d’automne, de rouille et de carmin,

Que le souffle du vent traversant les ramures,

Vient déposer leurs feuilles, sur le bord du chemin.

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On aperçoit au loin tout à flanc de coteaux

Des châtaigniers noueux, pliés sous leurs fardeaux ,

Qui s’étirent dans l’ombre d’un lever de soleil,

Comme s’ils sortaient d’une nuit de sommeil.

.

La lumière les anime éclairant les feuillages

En donnant plus d’éclat et de couleurs dorées.

Le froid les atténue doucement  au passage

Avant de les ternir, aux prochaines gelées.

.

Puis, quand vient le soir où les couleurs pâlissent,

On entend tout au loin le murmure d’un ruisseau…

Où de frêles roseaux agitent leurs canisses,

Tout comme un métronome, indique le tempo.

.

De ce parfum amer que les herbes dégagent,

A celui des bois morts, imbibés de rosée

Senteurs des romarins et des  menthes sauvages,

Se mettent en accords, en cette fin d’été.

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                          Jean- Claude  FAGES

7 octobre 2017

Instit spécialisé il y a… longtemps

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 20 h 51 min

L’école fut dès le début mon refuge, en dehors du Nid de mon grand-père… mon refuge et très vite mon enfer, pendant 17 ans, jusqu’à mon bac en fait… Il en fut de même pour la « la rue », c’est-à-dire cet espace polymorphe entre la maison et l’établissement scolaire… de la rue aux colos, au scoutisme, à la MJC, aux boums… spectateur, acteur passif ou responsables, pris dans des bulles gigognes.

Une formation particulière,

 

J’ai eu la chance dès ma dernière année d’ENI en 1961, que me soit confiée une classe de perf à Boulogne Billancourt, côté usines bien sûr. J’ai eu la plus grande liberté possible pour gérer la conduite de ma classe.

Je n’ai rien inventé, mes maîtres de stage en classe spéciale, en perf, m’avaient bien ouvert la voie, souvent avec du FREINET, DECROLY… à leur sauce… Moi aussi, j’ai adapté !

C’est pendant ces années que j’ai appris l’importance de composer le rythme de la classe avec mobilisation, apprentissage, pause, fatigabilité ! Seine à l’époque, je bénéficiais des avantages de PARIS. D’autant mieux que notre établissement était Ecole d’application pour l’EN d’AUTEUIL : des intervenants très diversifiés, comme pour les autre classes… peu à peu, ils se sont lassés devant trop de diversité… et j’ai pu être délivré de ces horaires imposés.

Classe unique pour enfants en difficultés souvent multiples, pour 15 élèves, mes prépa s’étalaient sur des fiches cartonnées en colonnes parallèles ménageant les activités collective, telles l’accueil du matin, la météo, le journal parlé… le chant, le travaux manuels,  les apprentissages par besoins, très spécifiques, groupe par groupe, les soutiens individuels parfois par des grands « tuteurs »…

Mon souvenir le plus vif, ce petit Pierre, bloqué qui n’acceptait que ma parole. Un jour que j’avais dû quitter la clase pour amener un enfant à l’infirmerie, je revenais dans le couloir de notre préfabriqué quand j’ai été saisi par une voix dans la classe. J’ai glissé un œil par la vitre de séparation et je suis resté stupéfait. Petit Pierre, 6 ans, le fermé, le renfermé, le dos au tableau récitait, non, déclamait, le Corbeau et le Renard, le mimait comme d’autres l’avaient joué. Et ces autres étaient muets, saisis Je suis rentré sans rien dire d’autre que « Bien ! » Aurai-je pu dire autre chose sans pleurer d’émotion. Peu à peu, Petit Pierre est revenu parmi nous, même en sport, même pendant les récrés…

Plus amusant, non moins encourageant : une maman, celle de Joël, qui se félicitait des bons résultats de son fils, 12 ans, qui atteignait à la lecture. «  Je voudrais qu’il devienne un maître plus tard… » Devant mon étonnement, elle m’a rassuré : « Pas un vrai, un comme vous ! »

C’est un peu ce que pensaient certains collègues de ce Cours Complémentaire modèle rattaché à l’Ecole Normale d’Auteuil, même après ma formation spéciale, mon titre de Certifié d’Aptitude à l’Enseignement des Inadaptés (c’est comme cela que l’on disait alors), de la classe de perfectionnement donc de son titulaire, des marginaux…

Je le fus officiellement pendant 10 ans, notamment, avant les SES, les SEGPA, en classe particulière dite « Perfectionnement professionnelle » avec des élèves jusqu’à 18 ans… dans un des grands ensembles d’accueil des quartiers de Paris voués à la reconstruction, en fait, beaucoup de troubles du comportement, de rejets de l’école, voire de la société.

Ces années, ce long apprentissage, avec ces enfants, ces ados, bien malmenés par la vie, m’ont conduit à mieux comprendre tous eux que j’allais avoir en responsabilité pendant  29 ans dans mes classes et l’école « ordinaires » que je dirigeais.

3 octobre 2017

Écrire selon Juliette

Classé dans : je pense donc... — linouunblogfr @ 16 h 21 min

écrire             Écrire… Écrire pour s’envoler, écrire pour oublier, écrire pour dénoncer, écrire pour vivre. S’exprimer, laisser libre court à son imagination, frotter doucement sa plume sur son papier, faire glisser passionnément son stylo sur son cahier, taper machinalement sur les touches de son clavier. Ne pas revenir en arrière, ne jamais regretter ni même appréhender. S’identifier à ses personnages, se reconnaître dans chaque tâche d’encre, suffoquer, rire, pleurer… Puis souffler. Souffler de bonheur, se sentir rassuré, perdu, amoureux. Voilà ce à quoi s’engage un écrivain, voilà ce dont il doit être capable. Voyager et faire voyager, détester et faire détester, apprécier et faire apprécier. Et ce uniquement grâce à la magie des mots. Puis finalement écrire pour laisser des traces, des idées, des souvenirs. Écrire pour ne jamais être oublié et pour que l’on n’oublie jamais. Une différence subtile, certes, mais ne valait-elle pas la coup d’être écrite ?

ÊTRE UN ANE…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 9 h 38 min

l'âneJ’ai reçu ce beau texte, bien plus long car il comportait une morale et des encouragements… je le préfère ainsi… libre pour chacun de s’y projeter, rire ou méditer

Je suis né dans un village AIZENAY qui tirerait son nom du latin (je ne m’y lance pas ) signifiant « conducteur d’ânes », sans doute en rapport avec les nombreux moulins à vent qui ponctuaient la région.

Plus tard, enseignant spécialisé, je suis devenu l’un de ces conducteurs d’ânes, ce vocable si longtemps attribué aux écoliers mal dans leur scolarité. Aujourd’hui, ils sont parents, grands-parents proches de la retraite pour certains.. et dans l’ensemble mes ânes mal partis sont bien sortis du puits.

Souvent, je me dis que leur simplicité de réponse dans les situations compliquées, (que d’exemples me restent), me fait regretter de n’avoir et de n’être pas plus âne pour éviter les chemins tordus de la réflexion et les remises en question trop intellectuelles (comme celle-ci d’ailleurs PLOUF !) Je regarderai autrement les ânes Philippe et Martin, de notre village, désormais.

                 L’âne au fond du puits

Un jour, l’âne d’un fermier est tombé dans un puits.
L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire. Finalement, il a décidé que l’animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne.
Il a invité tous ses voisins à venir et à l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer l’âne dans le puits.
Au début, l’âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement.
Puis à la stupéfaction de chacun, il s’est tu.
Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’il a vu.
Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant.
Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.
Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus.
Bientôt, chacun a été stupéfié que l’âne soit hors du puits et se mit à trotter!’

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Victor Coudesabot |
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