Réfléchir et dire… un peu

Un site utilisant unblog.fr

14 juin 2017

Grandir… ou pas…

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 14 h 40 min

Timothée et Bérangère

 

Dans cette famille, tout pourrait aller bien mais… car dans les histoires il y a toujours, un mais, il y a un gros problème, deux problèmes plutôt. L’un se nomme Timothée et a six ans, l’autre Bérangère a cinq ans

Lui veut grandir très vite et fait des exercices pour tirer sur ses bras, ses jambes, son cou, il porte des vêtements de trois tailles trop grandes, il grossit sa voix…

Elle ne veut pas vieillir : elle pose des annuaires sur sa tête pour ne pas grandir, elle plie les jambes en marchant, elle parle d’une toute petite voix et utilise des mots de bébé, refuse d’aller à l’école.

Elle ne veut coucher que dans un petit lit et porte des vêtements trop petits.

Elle ne veut plus entendre : « Mange ta soupe tu grandiras ! – Sois une grande fille, va aider maman à la cuisine ! » Et tous ces gens qui viennent à la maison : «  Oh mais quelle grande fille nous avons-là ! Bientôt la grande école !…  Bérangère ne peut plus entendre ce mot : elle  veut des petites histoires pas des grandes ! Elle veut des petits plaisirs pas des grands ! Elle veut des petits calins pas des grands ! Elle veut même une petite mère et un petit père, pas une grand-mère ou un grand-père.

Que faire ? que faire ? se lamentent les parents.

Timothée mange des litres de soupe, il marche sur la pointe des pieds, il écoute les mots des grandes personnes et les répète sans les comprendre en faisant des grimaces.

«  Oui mon cher… j’ai absolument vu un  giga papillon sur la vitre de ma voiture, c’est un poulet qui me l’a collé… » par exemple.

« Envoyez Bérangère vivre chez des pygmées, suggère un ami et Timothée  chez des géants on verra bien… »

D’abord, Bérangère se plaît beaucoup dans le village des petits bonshommes mais ça ne dure pas longtemps : ils parlent aussi avec des grosses voix et la font travailler comme une grande ! Pas question, elle est et veut rester une petite fille qui fait des risettes et suce son pouce, c’est tout !

Chez les géants, Timothée aussi se plaît au début, il veut devenir comme eux mais voilà, ils le prennent dans leurs bras, sur leurs épaules, lui parlent doucement pour ne pas lui faire peur… Il ne peut rien faire seul. Il prend un outil… vite un géant lui enlève et dit :

« Attention mon petit, tu vas te blesser. Donne, je vais le faire pour toi… » Timothée est très vexé !

A leur retour, les parents sont encore plus tristes…

Un soir, arrive à la maison un oncle, médecin partout dans le monde, il revient encore d’un grand voyage. Le papa est heureux de retrouver son frère et la maman prépare une petite fête.

Au début, le tonton est étonné de voir Bérangère vêtue en bébé et Timothée en jeune homme mais il ne dit rien car il comprend vite, il a beaucoup voyagé.

A la fin du repas, on lui demande de raconter ses aventures.

« Oui, mais pas devant la petite Bérangère, elle aurait trop peur. A son âge, il vaut mieux se coucher avec un biberon et garder les histoires terribles pour les grands. Tiens, je vais même aller te border moi-même. »

Il prend Bérangère dans ses bras, la conduit dans sa chambre, la prépare pour la nuit  en lui chantant une berceuse : «  Dodo l’enfant do… ». Il  la poudre, lui met une couche, un pyjama, une combinaison, un bonnet. Il lui donne une tétine et un bisou. Bérangère essaie de parler mais tonton lui dit :

«  Ne te fatigue pas, moi tu sais, je ne comprends pas les areu, areu. » .

Il s’en va en fermant doucement la porte.

Jamais Bérangère n’a été traitée ainsi, au contraire plus elle demandait à être traitée en bébé et plus ses parents se fâchaient mais là quand même c’est un peu trop. Elle entend la voix des autres qui racontent, qui s’étonnent, qui rient et elle est toute seule dans son petit lit. Elle en oublie de faire des caprices et de chouiner, elle pleure doucement.

Timothée est fier d’être resté avec les grands et croit tout ce que dit tonton. Celui–ci raconte n’importe quoi : il parle de montagnes volantes, de nuages de crapauds, de courses de menhirs et le garçon avale tout sans se rendre compte qu’il se moque de lui. A la fin du repas, Timothée se lève pour aller se coucher mais son oncle le retient : « Attends, mon grand, tu vas rester avec moi, nous allons tout ranger, faire la vaisselle, nettoyer. Papa et maman pourront aller se reposer ! »

« Mais moi aussi je veux aller me reposer ! crie Timothée

- Mais non, c’est bon pour ta sœur, toi l’homme, tu es grand ! Tu peux travailler, non ? »

Et c’est ce qu’ils font ! Timothée n’en peut vraiment plus à la fin.

Son oncle lui dit – Bon, nous avons terminé. Demain, nous ferons les courses ensemble, laverons la voiture, tondrons la pelouse et rangerons encore la maison. Tout le travail des grands quoi ! Allez, serre moi la main et bonne nuit ! »

-       Mais quand pourrai-je jouer moi ?

-    Jouer ? C’est pour les enfants ça, pas pour les grands comme nous !

Timothée va se coucher mais lui aussi a les yeux bien humides.

Le lendemain matin, Bérangère a laissé maman lui donner des vêtements de petite fille et n’a même pas regardé sa tétine. Elle a dit « Papa, je ne veux plus de petit lit dans ma chambre, maintenant je suis grande ! »

Timothée s’est levé bien fatigué encore pourtant il dit à son oncle : – On commence par quoi ?

- Ce que tu veux, mais où sont tes vêtements de grands ?

- Je, je les garde pour plus tard, ceux de mon âge me vont mieux, je crois..

- C’est vrai et bien je vais te dire ce que nous allons faire : les courses puis une bonne partie de foot avec papa, maman et ta sœur. Qu’en pensez-vous ?

Papa et maman sont d’accord ; Bérangère commence à dire : – Je suis trop petite, puis vite reprend, non je serai avec papa et on va gagner…

Depuis l’oncle est reparti. Un jour, il l’a promis, lorsque Thimothée aura bien joué, bien étudié, il l’emmènera dans un de ses voyages pour soigner les gens

-Et moi ? demande Bérangère.

- Toi aussi ma petite, tu vas devenir grande doucement. Toi aussi tu vas jouer. Tu sais, c’est important de courir, sauter, chercher, cacher, deviner… On grandit aussi en jouant, en apprenant et puis un jour, toi aussi tu pourras voyager, avec moi, avec Timothée, avec papa et maman… Tu seras devenue grande et pourtant nous t’aimerons toujours, beaucoup, beaucoup… »

 

Vous savez, Timothée a 7 ans maintenant et Bérangère 6 ans et ils en sont bien contents.

Investir dans la jeunesse pour donner une chance à l’avenir

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 11 h 41 min

Enfance, jeunesse c’est un tout qui se subdivise en étapes de croissance psychologiques et physiques et qui se différencient selon l’environnement familial, social, géographique et culturel. A la base ce ne sont pas les individus qui créent leurs diversités mais les réponses que leurs conditions de vie les conduisent à donner à leurs besoins de vie et de reconnaissance.

Toutes ces réponses ne sont pas socialement heureuses mais que proposons-nous pour changer cela ? Des réussites individuelles nous abusent et font croire que la seule bonne volonté et la seule ténacité suffiraient…

Alors quoi ? Ma petite expérience, éclairage de ce qui marche : EMMAUS, les ATELIERS DES RESTOS, les ORPHELINS d’AUTEUIL… et toutes les œuvres discrètes et actives me persuadent que c’est ce tissu social, adapté à son environnement qui est la véritable chance pour nos jeunes, donc pour notre avenir. Il est certain que les collectivités locales largement soutenues par l’Etat sont à privilégier.

Le bénévolat reste l’essentiel de cette trame si des encadrements, des soutiens pros lui garantissent la stabilité. Combien d’associations formidables ont disparu car le propre du bénévolat est l’usure, le vieillissement de ses membres.

Pour achever ce message, je tiens à vous redire que rien n’est possible sans prendre en compte l’école dès la maternelle. Que de confiance donnée aux familles en difficulté, que d’élans donnés et que de suivis avortés ! Une équipe solide à l’école et dans l’agglomération, village, secteurs, quartiers, villes… seule chance pour exploiter les ressources ouvertes dans notre pays.

 

Bon courage aux hommes et femmes de bonne volonté pour que naisse un véritable Cahier de Propositions

 

13 juin 2017

Anniversaire…

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 58 min

Anniversaire… Que d’avis exprimés qui se résument par j’aime et je n’aime pas, parfois en accusant ces marques du calendrier d’être fautives du temps passé, du vieillissement présent, parfois aussi d’être des empreintes douloureuses… d’autres aiment parce qu’elles sont au contraire significatives de durée de vie, des peintures persistantes, même si pâlies, de temps éphémères heureux…

Les anniversaires, ce sont des portes, que l’on découvre successivement dans le couloir de l’existence, ces portes nombreuses, très nombreuses… Nous n’en ouvrons que quelques unes, les autres resteront un mystère, mais celles franchies tissent notre passé et marquent durablement notre mémoire de route… Notre journal de vie s’écrit avec ces dates d’anniversaires et les saluer non seulement le ponctue, mais surtout leur donne un renouveau, plein de continuité et parfois de souhait en un mieux…

Si l’oubli est impossible, demain peut au moins le compenser par d’autres actions, d’autres sentiments…

Progrès ?

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 20 h 04 min

Question primordiale : «  Si on quitte notre arbre que va-t-il- nous arriver ? »

Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible. » Antoine de Saint-Exupérydescendre ou pas...

Lassitude… inquiétude…

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 10 h 29 min

Lassitude… inquiétude…

Que nous, base, les petits, les sans grade… nous inquiétons de l’avenir proche, c’est compréhensible et les infos que nous traduisons comme nous le pouvons vont dans ce sens… Cette inquiétude est visible dans les sondages, dans les rassemblements de rue… aussi agités soient-ils, ils restent peu représentatifs de l’ensemble de notre population,  mais guère visibles dans notre quotidien… Par contre ce que je ne comprends pas ce sont les vitupérations, les cris de ceux qui pendant plus de dix ans furent aux commandes ! Quelle peut être leur crédibilité ? Le jeu de chaises musicales « pousse-toi que je prenne la place » alimente, c’est certain notre colère.

Le raz bol est beaucoup, beaucoup plus contre nos politiques, tous nos politiques qui vont de la véhémence hargneuse des postulants à la trop grande tranquillité des tenants… Le problème de fond, c’est à mon avis, notre trop grande passivité et le trop grand nombre de frileux qui, hors le téléthon, sont incapable de se mouiller pour au moins faire preuve de solidarité active…

Le règne de la critique et du non engagement est hélas bien ancré. A croire que nous n’attendons qu’une chose : le sacre d’un Tuteur qui nous dirige sans trop nous solliciter, qui commande… et auquel nous obéirons, surtout s’il désigne des minorités boucs émissaires… et auquel nous finirons par couper les ailes puis la tête… Même De Gaulle fut chassé… Vive ceux qui agissent autour d’eux pour ceux qui ont besoin de  soutien et de confiance… hélas, M.BRASSENS, il y a plus de croquants que d’Auvergnats !

12 juin 2017

POUR LIRE

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 18 h 15 min

lire

             Lire rend émotif, cultivé, sensible, rieur, paradoxal, joyeux ; heureux, passionné, frissonnant, libre d’aimer les mots ou de les détester… de les critiquer… d’être vivant !             L’image saisit, touche, imprègne et souvent conduit aux lignes…. Le livre laisse le temps de la réflexion, du retour, d’adapter notre vitesse… pour goûter, ressentir, pour comprendre. Lire c’est voyager dans la vie des autres, profondément… C’est sans doute tout cela qui fait peur aux despotes de la pensée sans discussion, pour cela que le livre est le premier à être condamné…

Ray Bradbury a bien donné la pire des  températures :451 degrés Fahrenheit, celle à laquelle un livre s’enflamme et consume le droit d’apprendre, de penser pour n’avoir plus que l’obligation de croire….

Ce qui n’exclut nullement les découvertes créatrices de toutes formes d’expression… Ce sont d’autres formes de lecture…

 

Passeurs de livres

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 18 h 07 min

                Une bibliothèque, c’est comme un éclairage public.. Pas vitale, mais bien utile… Comme pour les lampadaires, il est des bibliothèques de belle stature et de forte intensité, il en est d’autres plus modestes… Dans un quartier, un village, c’est souvent une lumière qu’il est bon d’entretenir.  On y collectionne de l’intelligence en lignes pour la tenir à la disposition de tous. Mieux, on y  rassemble i des témoignages de cette intelligence passée et contemporaine, si possible, capable de satisfaire des goûts divers et de susciter des curiosités…

Cela ne veut pas dire qu’elle détient des trésors de sagesse : l’intelligence des auteurs, comme celle des personnes qu’ils font revivre ou qu’ils créent, peut être façonnée de qualités humaines bien diverses : de la générosité à la mesquinerie, de la bonté à la méchanceté, de la naïveté à la lucidité, de la simplicité d’esprit au génie… toute la palette de la psychologie et de la sociologie étale ses teintes, ses nuances et ses mixages… dans nos rayons.

Choisir, bénévolement ou professionnellement d’appartenir à l’espèce des « passeurs d’histoires, de savoirs » pour plagier Vincenot, c’est un bel engagement.

Comme tous les engagements, il a ses intensités et ses faiblesses ; appartenir à une collectivité qui partage cette croyance dans l’écrit et tous ses avatars imagés, sonores… permet de modérer ensemble les trop-pleins d’enthousiasme et de trouver le réconfort nécessaire parfois…

La richesse de ce groupe, c’est aussi celle de la convivialité active au service des autres, pour la bibliothèque, au service du public, connu et potentiel.

Bénévole, j’ai appartenu avec bonheur à un tel groupe; nous avons le choix de la forme et de l’intensité que nous voulons donner à cet engagement : des impératifs de disponibilité, de goûts, d’aptitudes aussi, rendent obligatoires la diversité de cet engagement, et c’est ce qui en assure sa richesse

La seule nécessité est le respect ! Respect de la finalité globale de l’action qui nous réunit. Respect de la forme que chacun a choisi de donner à son engagement. Respect des personnes dans les paroles comme dans les actes…

Assurer la plénitude de l’accomplissement de cet engagement dans la mesure du possible et des circonstances, aussi petite soit la taille que nous pouvons lui donner, est une base appréciable.

Choix, engagement, respect… et un autre mot auquel je suis attaché, c’est celui de crédit : croire en ce que l’autre accordera et redonnera, faire crédit à ceux qui partagent notre choix de promouvoir l’écrit dans notre lieu de lumière, faire crédit de leurs belles intentions et de leur volonté de bien servir ensemble…

Belle suite et épanouissement à tous ceux qui donnent vie aux livres !

 

10 juin 2017

1960 débuts d’instit…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 10 h 52 min

L’école fut dès le début mon refuge, en dehors du Nid de mon grand-père… mon refuge et très vite mon enfer, pendant 17 ans, jusqu’à mon bac en fait… Il en fut de même pour la «  rue », c’est-à-dire cet espace polymorphe entre la maison et l’établissement scolaire… de la rue aux colos, au scoutisme, à la MJC, aux boums… spectateur, acteur passif ou responsables, pris dans des bulles gigognes.

Une formation particulière,

J’ai eu la chance dès ma sortie de l’ENI en 1961, que me soit confiée une classe de perf à Boulogne Billancourt, côté usines bien sûr. J’ai eu la plus grande liberté possible pour en gérer la conduite.

Je n’ai rien inventé, mes maîtres de stage en classe spéciale, en perf, m’avaient bien ouvert la voie, souvent avec du FREINET, DECROLY… à leur sauce… Moi j’ai adapté !

C’est pendant ces années que j’ai appris l’importance de composer le rythme de la classe avec mobilisation, apprentissage, pause, fatigabilité ! Seine à l’époque, je bénéficiais des avantages de PARIS. D’autant mieux que notre établissement était Ecole d’application pour l’EN d’AUTEUIL : des intervenants très diversifiés, comme pour les autre classes… peu à peu, ils se sont lassés devant trop de diversité d’élèves… et j’ai pu être délivré de ces horaires imposés.

Classe unique pour enfants en difficultés souvent multiples, pour 15 élèves, mes prépa s’étalaient sur des fiches cartonnées en colonnes parallèles ménageant les activités ensemble, telles l’accueil du matin, la météo, le journal parlé… le chant, le travaux manuels,  les apprentissages par besoins, très spécifiques, groupe par groupe, les soutiens individuels parfois par des grands « tuteurs »…

Mon souvenir le plus vif, ce petit Pierre, bloqué qui n’acceptait que ma parole. Un jour que j’avais dû quitter la clase pour amener un enfant à l’infirmerie, je revenais dans le couloir de notre préfabriqué quand j’ai été saisi par une voix dans la classe. J’ai glissé un œil par la vitre de séparation et je suis resté stupéfait. Petit Pierre, 6 ans,   le fermé, le renfermé, le dos au tableau récitait, non, déclamait, le Corbeau et le Renard, le mimait comme d’autres l’avaient joué. Et ces autres étaient muets saisis Je suis rentré sans rien dire d’autre que « Bien ! » Aurai-je pu dire autre chose sans pleurer d’émotion. Peu à peu, Petit Pierre est revenu parmi nous, même en sport, même pendant les récrés…

Plus amusant, non moins encourageant : une maman, celle de Joël, qui se félicitait des bons résultats de son fils, 12 ans, qui atteignait à la lecture. «  Je voudrais qu’il devienne un maître plus tard… » Devant mon étonnement, elle m’a rassuré : Pas un vrai, un comme vous ! »

C’est un peu ce que pensaient certains collègues de ce Cours Complémentaire modèle rattaché à l’Ecole Normale d’Auteuil, même après ma formation spéciale, mon titre de Certifié d’Aptitude à l’Enseignement des Inadaptés (c’est comme cela que l’on disait alors), de la classe de perfectionnement donc de son titulaire, des marginaux…

Je le fus officiellement pendant 10 ans, notamment, avant les SES, les SEGPA, en classe particulière dite « Perfectionnement professionnelle » avec des élèves jusqu’à 18 ans… dans un des grands ensembles d’accueil des quartiers de Paris voués à la reconstruction, en fait, beaucoup de troubles du comportement, de rejets de l’école, voire de la société.

Ces années, ce long apprentissage, avec ces enfants, ces ados, bien malmenés par la vie, m’ont conduit à mieux comprendre tous eux que j’allais avoir en responsabilité pendant  29 ans dans mes classes et l’école « ordinaires » que je dirigeais.

9 juin 2017

Enseigner, selon moi…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 11 h 52 min

Enseigner, c’est apprendre à vouloir faire, par mise en situation, par envie, curiosité… puis apprendre à faire bien, puis apprendre à faire mieux…

L’élève qui rabâche des mots, des tables, des dates, des règles, des formules… est comme l’apprenti auquel on demande de marteler sans cesse un morceau de fer, limer, raboter un morceau de bois, gâcher du ciment, taper des lignes… pour peaufiner d’abord le geste sans viser une réalisation aboutie, pétrir sans voir naître son pain.

Un élève, un apprenti qui constate ses manques,  a besoin, mieux ressent la nécessité d’explications nouvelles ou correctives, progresse avec intelligence, son intelligence. Je me souviens d’un enfant plutôt réfractaire aux apprentissages formels amené à jouer de la trompette dans une fanfare ; que de couacs, peu à peu corrigés pour obtenir un air satisfaisant avec des conseils qui lui ont donné confiance er envie de savoir plus, mieux et se lancer dans les études musicales…

Ainsi, à  celui qui ânonne les notes d’une portée, je préfère l’élève, l’apprenti, confronté à une tâche véritable, progressive en complexité, mais vérifiable : écrire un texte, résoudre une situation mathématique, cuisiner un plat, monter un mur… Un élève qui voit ses lacunes pour finaliser son devoir, son projet,  a besoin de la méthode et de la connaissance qui lui permettra de progresser visiblement dans sa réalisation. Qu’ensuite, ces savoirs reconnus comme utiles sont à expliquer, mémoriser, approfondir, réviser est évident…  Avec les « leçons », le faire deviendra de tâtonnant, à bien et peut-être, mieux, que le maître d’école ou d’apprentissage, pourquoi pas ?

Quel bricoleur n’a pas d’abord décidé de fabriquer, rater, demander conseils, inventer, puis être fier de son ouvrage, bancal peut être, mais personnel, mais améliorable, mais encourageant… vers des connaissances reconnues comme utiles, nécessaires, mieux comme souhaitées.

Le difficile pour un enseignant est certainement la mise en situation puis l’appréciation des lacunes à combler … Je sais l’obstacle de l’effectif trop important, du temps mal réparti, des espaces mal adaptés… mais le plus important est sans doute celui de la formation à cette pédagogie.

En classes spéciales, en école maternelles aussi, l’enseignant est peut-être plus près de cette souplesse ; ça marche et je sais des pays nordiques qui ont mis en place cet enseignement plus différencié, personnalisé… Des novateurs français ou étrangers l’ont mis sur rails mais pas notre Education Nationale. Il faut dire que notre société n’est pas prête à privilégier l’intelligence, l’envie de connaître, au détriment de la spécialisation  matraquage qui conduira à en faire des techniciens formatés.

Une anecdote vécue : Lors d’une semaine passée en centre d’information à la forêt et à la météo, non loin de notre école, une maman m’a objecté que c’était une perte de temps éloignée des « fondamentaux ». Je lui ai proposé de nous accompagner et de participer aux activités de ce CM1 ; avec les enfants, elle a mesuré, calculé, tracé les itinéraires, classé plantes et animaux, lus les appareils de mesures puis aidé groupes ou élèves à rédiger les observations …  Elle a retrouvé les acquis de base nécessaires pour réaliser ces travaux, parfois même au-delà du programme spécifique… Surtout elle a vu l’application des enfants.

L’élève, l’apprenti abouti est celui qui se détache du lot des robots, sera celui qui va au-delà de sa spécialité et fera preuve d’originalité parce qu’il aura appris à vouloir faire mieux et autrement, libéré des formalismes et surtout avec les bases acquises se montrer inventif, progressif, apte à évoluer tant dans sa vie professionnelle, dans a vie sociale, sa vie familiale et ses loisirs !

Enseigner c’est conduire un enfant, un adolescent, un adulte fragilisé par ses lacunes, vers la liberté et les moyens d’être bien quelque soit sa personnalité, ses moyens, handicaps ou précocité…

 

REDOUBLEZ

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 11 h 34 min

Redoublement ni un problème ni une solution…

En 40 ans d’enseignement, j’ai le plus souvent vu la proposition de redoublement ET  l’orientation vers un soutien, discutée avec les parents et l’avis après débat laissé aux parents voire à l’enfant : un redoublement sans projet accepté par tous est le plus souvent inopérant…

De là à interdire…

Redoublement interdit veut dire, voudrait dire, étude concertée avec toute l’équipe, les parents, les intervenants éventuels pour la mise en place de solutions avant qu’arrive la proposition de redoublement. Il est certains cas où elle s’avère l’une de ces actions possibles, mais elle aussi avec des ressources psychopédagogiques d’accompagnement réelles.

Une école véritablement basée sur le suivi des élèves par toute l’équipe, voire par les intervenants complémentaires devrait pouvoir mettre en place des soutiens, des actions circonstanciées, avant qu’arrive la proposition de redoublement…

C’est heureusement, souvent le cas, mais n’a rien d’une généralisation…

Comme tous les points de fonctionnement, régulièrement rediscutés, réactualisés, et sans doute pour longtemps, ils ne trouveront leur véritables solutions voire épanouissement, que lorsque chaque établissement sera bien structuré, bien clair dans son projet, doté d’une équipe plus que d’une juxtaposition de classes et pourvu de moyens spécifiques, en correspondance avec sa population scolaire et les problèmes identifiés.

Les meilleures intentions parachutées sur le quotidien des établissements sera cautères sur jambes de bois, sans ce préalable.

12
 

Victor Coudesabot |
Savoirses |
P4corneille |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | the blonde box
| Shareprof
| Cgt56chba