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28 février 2017

MECHANCETE ET BENEVOLAT

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 18 h 01 min

            Ce qui m’effraie le plus, la maladie la plus grave à mes yeux c’est la méchanceté. Si je passe en revue toutes mes années de cours de récréation, élève puis enseignant, toutes mes années d’animation comme gamin, ado, responsable, si je me repasse toutes les conversations échappées d’un groupe d’enfants ce qui revient le plus c’est il, elle est méchant(e) ! avec tous ses corollaires circonstanciel, avec tous les formes d’expression de cette méchanceté… Parfois, à notre question, l’enfant répond «  il est bête ! » mais ce n’est souvent qu’une nuance quasi synonyme pour éviter le poids de « méchant ! ».

            L’acte qui blesse, qui veut blesser, la ^parole humiliante, le rejet, la mise à l’écart sont souvent de courte durée et peuvent frapper alternativement l’un ou l’autre, méchant d’un jour, victime un autre… Sauf avec les plus faibles, vite les plus vulnérables, les proies du groupe… Hélas, le héros qui va devenir le protecteur de l’opprimé, si traditionnel dans notre littérature n’est pas aussi courante que le raconte les auteurs… Heureusement elle existe, même si le « chevalier » a surtout besoin d’un faire-valoir, d’un écuyer dévoué…

J’ai toujours considéré que notre présence adulte, vigilante, était essentielle dans le microcosme de la cour de récré. « la dure loi de la cour » est éducative paraît-il, peut-être, certains abusent de notre protection, certainement, est-ce une raison pour laisser s’aguerrir nos petits et laisser leurs bleus devenir des traumatismes durables ? Dautant plus que les brimades, les agressions ne sont pas toujours évidentes : un ostracisme, des paroles humiliantes, le silence de l’isolement parfois blesse mieux qu’un coup. « Y veulent plus me causer ! » est un cri de détresse…

En face nous avons : « il, elle, l’a mérité, il est sale, il a fait pleurer mon copain, il a triché…, il a cafté… les raisons sans doute fondée, quoique « pas de fumée sans feu » soit un adage terrible !

Et puis la tache d’huile, et parfois même hors de l’école, étendue à la fratrie, aux générations écolières suivantes… la vendetta aveugle… qui crée des prédateurs et des proies jusqu’à ce que les victimes résignées deviennent des loups solitaires dont les actes sont des revanches nécessaires…      Là, nous entrons dans le vaste registre des thrillers les plus noirs, pas moins plausibles que les marâtres cruelles de contes ou les ogres…

Finalement, je viens d’expliquer, sinon justifiée la méchanceté, sur le principe de l’antériorité, le méchant de la cour de récré serait une jeune victime d’oppression, de perturbation, vécues ou en cours. De son contexte éducatif, donc !

Si c’est vrai alors pourquoi ne sommes nous pas tous méchants ? D’abord, c’est ans doute moins net, et je suis convaincu que nul n’échappe aux pulsions de méchanceté : «Ça me ferait du bien si le  frappais ! » Dans des circonstances de grande injustice de la vie, décès, ruine d’un projet, … combien n’ont pas voulu s’en prendre au monde entier ? Démolir, nuire, faire souffrir aveuglement ? Le bonheur ai-je lu récemment, sans pouvoir en citer la provenance, est un état d’apaisement, d’équilibre entre deux crises. Bon, alors les occasions d’être abattus ou agressifs ne manquent pas.

Ce n’est pas cette méchanceté latente, parfois salutaire quand elle met en contradiction mon envie de violence avec ma nature apaisante. Non, ce que je crains par-dessus tout c’est la méchanceté délibérée, constante quelles que soient ses sources originelles. la méchanceté devenue une forme d’être, une raison d’être même.

Je la redoute surtout chez les gens intelligents, c’st à dire capables d’analyser, de structurer, de faire se compléter, s’enrichir, de faire s’épanouir les idées… Pas besoin d’avoir étudier pour cela, ça aide comme un apprentissage et ça fournit des connaissances, mais ne développe pas nécessairement les aptitudes à l’intelligence… J’ai connu des élèves dits en difficultés intellectuelles capables de concevoir plus vite et mieux que moi le montage d’une maquette, d’un moteur… Mo je lisais la notice, eux concevaient les démarches et les mémorisaient… Moi je relisais. La bêtise à l’inverse est l’inaptitude à concevoir puis utiliser les connaissances. Ne pas pouvoir lire est un manque pas une infirmité !

L’intelligence, mon cher Esope est la pire et la meilleure des choses ! C’est un outil sans cesse perfectionné qui se révèle une arme terrible au service de la méchanceté. Il est probable, certain, que les grands ennemis de l’humanité, étaient des méchants intelligents.

Parlons un peu de la bonté, est-elle le contraire de la méchanceté.si j’étais féru en philosophie peut-être que j’aurai dû parler du bien et du mal, mais ça c’est trop fort pour moi. par contre être bon ça me parle. « Être bon c’est être con ! » Vox populi,

Comme il est agréable de penser bon en termes d’aptitude : de la capacité au don en passant par l’art !

En quoi suis-je bon, sincèrement, pour dire, voire inventer des contes, mener une leçon et une classe, animer des jeux, écrire un peu de tout, diriger une équipe… J’ai pu constater que ça marche mais je connais mes limites et je sais reconnaître ceux qui excellent dans ces domaines. Sans y réussir aussi bien que je le voudrais, j’aime bien peindre, bricoler, courir, marcher, skier… Je m’en contente, à tort sans doute.  Un gamin que je complimentais pour son dessin d’un bateau sur une mer agitée, m’a répondu « Tu vois pas, il est pas beau, je ne sais pas dessiné l’eau ! » Cela dit pendant ¼ h il avait tiré la langue et pris du plaisir à ce qu’il faisait. Lucide le bonhomme ! Peut-être qu’un meilleur prof que moi lui a enseigné à peindre les vagues et que lui l’a assimilé. Ce bon là est à la portée de chacun et c’est un bonheur formidable d’écouter, regarder, voir s’impliquer l’homme et la femme passionnés, les gens d’art. Leurs critères sont nets comme pour mon gamin : ils ont pris du plaisir à faire et ils ont réussi à la hauteur de leur projet. C’est bien élaboré, bien fini et même beau souvent !

Evidemment ce n’est pas cette bonté, qui me pose question mais bien celle qui fait qualifier le bon de con. C’est vrai que l’on ajoute ‘’trop’’ souvent, peut-être que modérément bon, on est moins con ?

Bon c’est, foin des définitions, les dicos sont là pour ça, non seulement ne pas faire de mal, essayer au moins, mais surtout être attentif à l’autre. Où est la niaiserie là dedans, sinon dans la peur du regard des goguenards sur un jobard ? où est la mièvrerie ? Être bon c’est servir l’autre à être mieux en partant du principe qu’apaisement vaut tranquillisants et que se construire, reconstruire peut- alors être possible. Être bon c’est penser à soi aussi, savoir que le danger vient plus d’une personne ignorée, rejetée, que d’une personne écoutée, aidée. ce n’est pas tendre la joue gauche lorsque la droite a été giflée, non plus, l’acte de sanction doit se faire justement puis être expliqué. Pardonner n’est pas bonté, comprendre n’est pas admettre. j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises, de revenir sur le passé avec mes anciens élèves, j’ai compris que je n’avais pas toujours été tendre, mais toujours présent quand ils avaient besoin de moi, je suis persuadé qu’il m’est arrivé d’être injuste, ces fameuses sanctions collectives notamment, mais j’expliquais toujours !!!

Un souvenir avec mes grands en rupture d’école voire de société, en revenant du gymnase, j’ai senti ma colère gonfler, arrivés dans la cour je les ai alignés presque sans parole, et je les ai giflés un par un , une vingtaine de gaillards habitués aux bagarres de rue, j’avais 26 ans eux de 14 à 18 ans ! Pas un n’a moufté. « Vous avez compris ? La dame que vous avez insultée, dont vous vous êtes moquée, aurait pu être, votre mère, votre sœur, comment auriez-vous réagis alors ? Durement ! Moi j’ai eu honte de vous, mes élèves ! » Nous n’en avons reparlé que 34 ans plus tard à mon départ en retraite. Apparemment, ils n’avaient pas oublié. J’étais bon ? J’étais con ?

Des bons, j’en ai connus, j’en connais beaucoup, des méchants aussi.

J’aime que bon soit la qualité des gens de bonne volonté des bénévoles.

Question récemment posée : pour toi, c’est quoi être bénévole ?

J’ai répondu…

            Etre bénévole, c’est une façon de vivre, d’être en soi, et une façon de vivre, d’être dans l’humanité, concept plus large, plus flou que celui de société et par cela même, plus ouvert en opportunités pour tenir compte des autres.

Plus que la force de vie, s’ancre l’Espoir, celui de la boîte de Pandora, celui du bûcheron implorant la venue de la mort et trouvant des prétextes, des travaux inachevés, pour la repousser lorsqu’elle répond à ses appels. Aspirer au repos ultime même, en des circonstances d’intense lassitude, de souffrance, n’est-ce pas espérer en cette porte, non pas de sortie mais de secours ?

Comment faire preuve d’élan, d’engagement vers les autres si on ne possède pas cet espoir ?

J’ai eu la chance, de côtoyer, de faire, avec d’autres bénévoles… Ensemble, nous avons rêvé, réfléchi, tenté, espéré, désespéré, réussi, abandonné, aimé, détesté… Nous avons souvent été des « Auvergnats » à la Brassens, moqués, exploités par les « Croquants » du même poète. Nous avons ri et pleuré aussi. Nous avons éprouvé beaucoup, beaucoup d’émotions, de la rage au bonheur. Ce bonheur d’avoir rendu d’autres heureux, d’avoir tiré hors de l’eau la tête de quelques uns qui se noyaient…  Ce sentiment de réconfort final est le plus difficile à éprouver car il nous laisse vacants en fin d’action, donc vulnérables à l’émotivité, alors que la colère et la rage, donne de l’énergie, celle du désespoir.

            Le plus souvent, le bénévolat est assimilé, avec condescendance, à amateurisme et gratuité du geste. C’est vrai et faux !

Vrai, parce qu’être amateur, c’est aimer et que le cœur a des élans que ne soutient pas toujours la raison, mais faux parce que, pour donner corps à ces élans, pour faire, souvent, les amateurs deviennent de vrais spécialistes de l’objet de leurs passions et se donnent les moyens de comprendre et d’agir.

Vrai, quant à la gratuité du geste, parce que l’acteur de la belle volonté, n’attend ni bénéfice matériel ni honneurs, ni reconnaissance, en principe, mais ça, c’est autre chose car donner sans que soit apprécié, donner son prix humain, à l’action, ce n’est pas la renier certes, mais c’est un partage raté. Même si ce ne sont pas les bénéficiaires de l’aide apportée qui en témoignent, il est chaud de pouvoir trouver chez ceux qui ont vu, suivi et constaté la réalisation, le reflet de l’effort, de l’implication  fournis. Le bénévole n’est pas un robot ; il éprouve des émotions et leur partage est important… Un mot, un sourire, une tape… valent plus que toutes les médailles, lorsqu’ils sont prodigués au bon moment…

Faux car lier bénévolat à la seule absence de rémunération est une aberration !

            Chaque jour, chaque heure, des hommes de femmes, de tous âges, de toutes conditions, accomplissent pendant leur temps de travail ou en complément, des actions généreuses conséquentes.

L’accueil, l’accompagnement, la démarche, le suivi hors temps professionnel, la politesse même, le respect, sont des élans de bonne volonté qui font que celui qui les reçoit, retrouve espoir et confiance… Mieux, il trouve une réponse à son problème, un regain d’énergie pour se remobiliser….

Pas d’exclusive pour ces métiers, tous, tous, peuvent être l’occasion de ces plus qui lient les individus.

Autour de mon école de la banlieue parisienne, il existait, il existe toujours, un groupe, une amicale de presque deux cents personnes, parents ou non, qui se mobilisent pour améliorer les relations, animer nos festivités, donner des ressources à nos projets… et, plusieurs fois agir pour secourir des familles en détresse…

Aujourd’hui, j’appartiens, dans un petit village, à une association,  dont les membres croient que transmettre par l’écrit est un lien social indispensable. Elle s’est vu confier la gestion d’une bibliothèque, modeste mais active… Nous avons des contacts réguliers très chaleureux et constructifs avec nos lecteurs eux, tant pour discuter livres qu’aider à des enquêtes, des devoirs, pour les écouter, apprendre autant d’eux qu’ils apprennent de nous… Nous contons avec bonheur et régularité aux bébés-lecteurs, aux enfants des écoles, nous animons quelques expositions, organisons des veillées… Nous avons fêté l’anniversaire de ses 30 années d’existence ; notre bibliothèque a ponctué bien des événements et même  donné naissance à un animal totémique…

Je ne sais si nous apportons plus, moins, que les intervenants employés en collectivités territoriales, différemment sans doute parce que nous avons des permanences tournantes, des spécialisations selon nos choix et les compétences de chaque membre de notre groupe, parce que nous avons besoin de confrontation de tous les points de vue avant de prendre des orientations… Peut-être que nos liens avec les gens du village, avec ceux dont nous partageons les activités dans d’autres activités, nous permettent-ils des contacts privilégiés… Nous savons la fragilité du bénévolat en général, son usure aussi. Pour l’instant, nous regardons le bilan de nos fréquentations et les témoignages de satisfaction de nos lecteurs et avons le sourire.

J’ai la chance de vivre mon bénévolat avec des personnes largement impliquées dans d’autres  actions, association locales ou nationales.

J’ai la chance de vivre mon bénévolat dans un village dont le tissu associatif est réel, dont, dans l’ensemble, les responsables, «tiennent le coup », parfois difficilement. Pourtant, je regrette la disparition de certains mouvements faute de relève…

J’ai la chance de trouver dans ma famille, mes amis, de véritables acteurs du bénévolat tel que ces lignes vous l’ont présenté.

J’ai la chance de connaître des élus véritablement imprégné de leur engagement au service des autres, c’est sans doute celui qui est le plus difficile et fait avec foi, lucidité et compétence le plus utile.

            Cette communauté d’engagement, d’esprit et d’actes, oserai-je dire cette communion, est une richesse dont je suis fier.

Je sais que nombre de bénévoles se mettent à la disposition d’œuvres où les « consommateurs » sont plus nombreux que les acteurs. Mais, aider à ce que chacun se sentent bien, mieux parfois, n’est-ce pas aussi favoriser la convivialité, base de relations apaisées ?

Je comprends la réticence à cet engagement. Parfois, lorsqu’un parent me disait : « Je renonce à mon appartenance à un mouvement altruiste, parce ce que cela prends (vole) du temps à ma famille… », ma réponse était, le plus souvent car il faut bien s’adapter aux cas :

« Si vous êtes convaincu de votre utilité dans ce mouvement, si vous y trouvez votre épanouissement, si vous en êtes fier, alors faites le partager aux vôtres. Pas en les impliquant, ça c’est leur choix, mais en vous expliquant, en partageant vos émotions, la chaleur ressentie dan vos réussites et l’inquiétude dans vos ratés…

Je n’ai jamais rencontré un enfant qui ne soit fier, au fond, de savoir ses parents appréciés et utiles, dans leur travail comme dans leurs engagements. Tout est une question de dosage, c’est difficile, pas de renoncement !»

Etre bénévole, ce n’est ni se résigner à abandonner ce qui nous fait plaisir, ni se sentir dévalorisé en regard de ceux qui accordent la priorité à leur réussite sonnante et trébuchante, en écus comme en grelots notoires

 Etre bénévole, c’est servir avant de se servir, comme une simple politesse de tour de table.

Et puis, finalement, devant son miroir, jusqu’au dernier clin d’œil, pouvoir se dire «  Tu as bien vécu ! Malgré, tes erreurs, tes fautes même, tes attentions pour les autres ont fait de toi un individu qui a, un peu aidé, à ton échelle, à huiler le cheminement de l’humanité. »

Mon prof de philo, la philo est éternelle, nous avait fait disserter sur l’ontogénèse reproduisant la phylogénèse, j’aime mieux penser que l’histoire d’un être humain laisse une empreinte sur celle de l’humanité, si possible, une trace positive et constructive… même par simple bonne volonté !

Pourquoi tout cela aujourd’hui ? Parce que j’ai peur que la méchanceté gagne !

J’ai peur que les bons trop souvent à la recherche du compromis ne restent dans l’attente d’une accalmie, j’ai peur que les bons ne puissent que soigner les blessures…

Bien sûr, le malheur fait peur, la misère fait peur, bien sûr que comme dans le conte russe de LA MOUFLE, à force de se tenir chaud en accueillant encore ert encore tout éclate !

Mais bon sang, aura-t-on plus chaud lorsque dehors les autres seront morts ?

Sera-t-on plus tranquilles lorsque les « barbares » n’auront-plus d’autres alternatives que de nous envahir.

27 février 2017

ECOLE ET INEGALITES SOCIALES

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 9 h 57 min

C’est une évidence : l’Ecole ne réduit pas les inégalités sociales, elle n’en a ni la vocation, ni les moyens MAIS en son contexte voué à l’instruction et l‘éducation, elle a la possibilité de donner à chaque enfant, non seulement le même accueil qu’à tous les autres. Elle doit sinon tenir compte les des handicaps comme des précocités et se donner les moyens de mener l’élève vers le plus haut niveau possible… Son microcosme doit être à l’abri des crises extérieures certes mais aussi devenir le fruit d’une interaction intelligente avec les familles, les intervenants… Il ne s’agit nullement de raboter les différences, de les camoufler sous un uniforme mais bien de les reconnaître et de travailler ensemble à les rendre positives pour les apprentissages et la vie sociale.

Je sais, vous me répondrez inégalité des moyens, avec raison souvent, mais déjà si ces besoins étaient bien listés, si les passerelles entre école et soutiens étaient recherchés et si l’équipe analysait ses ressources et les valorisait, alors le mieux serait en route.

Des écoles fonctionnent très bien ainsi, mais c’est aléatoire et fait de notre système une loterie : « tomber dans la bonne classe, dans la bonne école… »

Pourquoi est-il si difficile d’instaurer dans chaque établissement, en tous donc, un vrai projet adaptable aux populations, aux circonstances. Pourquoi est-il si difficile de le faire connaître aux familles, avec ses ouvertures, ses exigences et aller vers une communauté éducative non pas envahissante mais consciente des actions menées ? La généralisation d’une équipe consciente de ce projet et véritablement solidaire est-elle impossible?

 

24 février 2017

mille-feuilles politique et administratif

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 11 h 36 min

Le gâteau a-t-il besoin d’être si gros et nous si peu écoutésMILLE FEUILLES?

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eau gâteau et beaux gâteaux

-        N’est-il pas possible de réaliser un organigramme politique et administratif de toutes les structures véritablement nécessaires à la vie de notre pays ?

-        N’est-il pas possible que nous, les citoyens, réclamions sa mise en place, quitte à revoir la constitution ?

-        Notre pays est un  puzzle difficilement gouvernable, cette diversité est sa richesse comme son obstacle, mais il y a une aberration à voir, pour chaque élection, des candidats nous  présenter leur programme, souvent plus pour nier celui des autres et également pour oublier tout ce qui a pu être réalisé de positif auparavant mais surtout nous oublier, nous, sauf pour se faire applaudir.

-        Serait-il impossibles, avec nos moyens de communication si développés, de réaliser la synthèse de nos souhaits, à nous les citoyens, d’en faire un tableau avec ses nuances et de les soumettre  aux candidats : un vrai programme des citoyens pour des élus possibles. La démarche inverse donc ?

-        Ce serait nous admettre comme des acteurs capables de réflexions sur notre réalité et de propositions non pas comme des spectateurs à séduire puis à manœuvrer.

-        Un rêve sans doute mais n’est-ce pas ça la démocratie ?

 

23 février 2017

Pour une même chance, des écoles adaptées, variées…

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 19 h 04 min

Les réformes ou les instructions officielles précédentes traitant du contenu des enseignements, tend à les réduire, à les uniformiser et laisse penser, au moins dans sa présentation, que les disciplines d’éveil sont à réserver aux élèves qui assimilent sans problème le minimum fondamental. Or il est patent de constater que les résultats ne sont  pas à la hauteur des intentions qui ont présidé à ces orientations.

Quel est donc ce minimum sur lequel tout le monde est d’accord?

- Un savoir  basique pour s’exprimer à l’oral, à l’écrit, comprendre une communication, résoudre une situation arithmétique usuelle.

- L’acquisition de compétences cognitives et méthodologiques pour varier les apprentissages, les approfondir et se doter des capacités personnelles de se perfectionner.

- L’obtention d’informations documentées, vécues pour orienter les études à poursuivre.

- La formation spécifique la plus riche possible répondant à l’orientation retenue.

- La mise en place à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires pour  lui permettre, d’aller aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités en compensant au mieux ses difficultés.

Je ne crois pas qu’un ministre depuis Jules Ferry, ait été ou soit prêt à laisser lier son nom à une orientation scolaire, à des projets de réforme…  qui ne respecteraient pas ces grands principes. Ce serait nier l’engagement républicain pour l’accès de tous à l’instruction et se fermer le potentiel de progrès en tous domaines que doit, devrait représenter une jeunesse bien scolarisée. Répéter l’évidence de ces fondamentaux n’est pas constructif. Fournir les moyens de les respecter, s’interroger sur les causes des échecs et sur les stratégies mises en place dans les classes, dans les écoles où les résultats sont positifs, serait plus utile.

Il existe un nombre important d’enseignants qui se méfient, ce qui ne veut pas dire rejettent, des bouleversements pédagogiques et institutionnels programmés. Ils privilégient les principes précédents et ne prennent dans toutes les réflexions novatrices qui leurs sont proposées (imposées ??) que ce qui améliore la pratique de leur métier. Parfois ces méfiances sont dues à la mauvaise digestion des apports. Les structures de réflexion, de mise en œuvre sur le terrain, comme les projets d’école, conseils de cycles, des maîtres, d’Ecole etc.… ne remplissent pas encore vraiment leur rôle par manque de préparation, manque de temps, manque de suivi pour un nécessaire travail en équipe.

Alors, pour amener au savoir, pour l’ancrer, ces enseignants utilisent leur connaissance des élèves et font preuve d’initiatives motivantes et souvent heureuses.

Evoquez vos lectures, vos émissions radiophoniques ou télévisuelles… traitant de l’école . Chaque documentaire, chaque feuilleton, chaque film et chaque récit mettent en valeur un Cas : un enseignant confronté à une situation particulière pédagogique, familiale ou  sociale. La démarche suivie pour l’aborder et la traiter, parfois la résoudre donne l’occasion de découvrir l’ingéniosité de l’enseignant réel ou figuré, avec l’admiration souvent émue des spectateurs.

J’affirme que la  réalité de l’année scolaire est pour beaucoup d’enseignants et donc pour beaucoup d’élèves, à tous les niveaux, aussi passionnante. Je renvoie chacun vers les revues pédagogiques qui relatent ces initiatives. On peut regretter qu’elles soient si souvent qualifier d’expériences, non parce qu’elles ne durent pas mais parce qu’elles ne sont pas généralisées et restent liées à un enseignant, une école, un regroupement. Elles sont trop souvent mal comprises et qualifiées de pertes de temps.

Je sais aussi que toutes les classes, toutes les écoles ne vivent pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassurent ainsi des parents qui y retrouvent « l’école d’avant ».

J’aimerais qu’un bilan établisse le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des écoles à projets motivants «  des classes où l’on joue… » et ceux  inscrits dans des classes ou des écoles où l’on suit avant tout le programme sans céder à la « dispersion ».

En 40 ans j’ai connu les deux fonctionnements et j’ai participé à bien des réunions, des concertations où l’on débattait  du bien fondé de l’une ou l’autre des orientations avec autant de convictions et de bonnes intentions d’un côté et de l’autre.

Pour ma part, parce que j’ai exercé mon métier pour des enfants en difficulté, parce que j’ai aidé à élaborer des projets d’école ou des projets d’activités spécifiques, parce que j’ai participé à leur mise en œuvre et parce que j’ai véritablement estimé que les élèves concernés avaient enrichi leurs connaissances, leurs savoir-faire, trouver motifs à utiliser, à perfectionner « leurs bases fondamentales », oui je crois en ces enseignants qui  veulent que leurs élèves vivent leurs apprentissages plutôt que de les subir.

Je déclare que les structures de l’école sont essentielles, primordiales même : conseils de cycle, d’établissement, projet d’école, projets d’activités, concertations, équipes pédagogiques, équipes éducatives…qu’elles constituent un tissu scolaire qui est le véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi.

Je voudrais que la confiance en sa capacité de traduire les directives officielles soit accordée à l’équipe pédagogique, pas seulement pour passer de la pommade, mais pour lui donner la responsabilité et les moyens de remplir un engagement que peu de ses acteurs ont oublié : la mission première est d’instruire avec tout ce que cela comporte d’adaptation aux situations.

Je voudrais que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragée dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifiques, encouragée dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes.

- conforté par une trame de circonscription étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les écoles.

- conforté par des intervenants spécialisés pour l’aide aux enfants, aux familles, aux enseignants  en difficulté.

- conforté par le soutien des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures mais aussi, accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes soient à la hauteur des besoins.

- et conforté avant tout par une équipe pédagogique solide, animée par un responsable bien préparé, reconnu et disponible pour répondre tant au suivi des actions pédagogiques, éducatives, ré-éducatives qu’aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école. La fonction de direction mal traitée depuis si longtemps, si usante, si décourageante, si peu attractive aujourd’hui, et pourtant si prenante, mériterait enfin une attention particulière, pour lui donner une vraie dimension de responsable et d’animateur, en oubliant la triste expérience des Maîtres-directeurs.

Je me méfie de l’autonomie si elle ne doit qu’accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves .

Donnons notre confiance éclairée, soutenue, aux enseignants. Aidons à faire de l’école une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs capables de faire aimer à apprendre et où leur appétit, leur personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la variété.

Espérons qu’au-delà de toutes considérations partisanes et économiques, un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs de bonne volontés, naisse enfin ; cela ne se fera pas sans que chacun y soit associé, pas à pas. C’est la seule façon de donner une chance à l’école de demain, une chance au futur…

Un souhait très fort, que j’ai formulé pendant tout mon temps de direction :

la création d’un groupe de travail spécialement consacré à la direction d’école.

J’ai exercé pendant 28 années les fonctions de directeur chargé de classe ; j’y ai trouvé de nombreuses occasions de satisfaction, de plaisir même mais aussi bien des moments de pression, de doute, de découragement. Je ne pense pas que cela soit très différent aujourd’hui et le peu de candidature à ce poste l’atteste.

Nombreux sont les directeurs désabusés qui abandonnent, nombreux sont les jeunes enseignants sollicités pour prendre ces responsabilités ; nous sommes loin des limites d’âge pour postuler.

Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises a besoin d’une équipe solide.

Une équipe pédagogique a besoins d’un animateur solide, reconnu, valorisé.

—————————-

Il existe un potentiel de personnes qualifiées, qui peut peut-être aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Bien sûr, cela n’ira pas sans un lever de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ? Je crois que ce système se pratique dans certains pays.

Je pense également que ces mêmes retraités actifs représentant une mine d’expériences dont chaque académie pourrait s’entourer dans ces moments de réflexion pour des bilans autant que des actions nouvelles.

Vous parlez d’école..?

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 17 h 20 min

Je suis attentif à tout ce qui s’échange sur notre école. Parfois cela me galvanise, parfois cela me désole et parfois cela me met en rogne, mais ce qui est certain c’est que j’aime mieux les mobilisations que l’indifférence…

Je réagis, parfois :

Formation :

Souvenirs: Je suis passé par l’Ecole Normale et estime que nos profs, alors souvent instits au départ, donnaient de bonnes bases, parfois même de bons « trucs ». J’ai gardé les conseils démontrés d’un prof de gym devenu responsable de Formateurs sportif de haut niveau : « Votre classe pense et peut prévoir : faites imaginer le mouvement, le mot, le calcul, les yeux fermés au besoin puis faites réaliser… » Même à 74 ans, j’applique, pour mes petits enfants, pour ceux que j’anime encore parfois, pour des amis, pour moi surtout. Aujourd’hui, vous souriez de mes « trucs » car vous en utilisez de plus élaborés, en relaxation, méditation…

Nous apprenions beaucoup dans les classes d’accueil, les stages; beaucoup sur nous en situation aussi. C’est en préparant le CAEI pour classes spéciales que j’ai vraiment acquis des connaissances en psychologie et sociologie appliquées, en pédagogie différenciée également. Là aussi, les insertions en stages furent déterminantes.

Par la suite, j’ai apprécié les réunions pédagogiques de circonscription avec des inspecteurs capables de les transformer, non en conférences, mais en véritables concertations avec échanges d’expériences. Enfin, j’ai beaucoup apprécié nos réunions d’équipes, parfois par cycles, par école, par groupe scolaire et parfois avec rencontres école /collège. Nous n’étions pas des grands érudits de pédagogie universitaire, nous ne connaissions pas toutes les recherches, mais ensemble, nous avions les moyens de nous perfectionner, voire harmoniser et nous adapter en fonctions des cas individuels et de l’évolution de nos populations. N’est-ce pas la vraie chance pour l’école?

Il y a les méthodes reçues ou ressenties et il y a surtout et avant tout ce que l’enseignant réalise en fait et en faits avec ses élèves. Il y a ce qu’une véritable réflexion d’équipe conduit  à mettre en place. Le reste est soit caricature, soit mauvaise compréhension de son travail.

Rester au plus simple des besoins de l’enfant, sans trop extrapoler :

Une anecdote non deux: un enfant montre un dessin, un personnage sans tête. Discussion psychologique autour de l’absence de tête, explications de l’enfant coupant court aux élucubrations : « Je n’avais pas la place… ». Autre plus en accord avec vos remarques: je complimente un enfant: «Il est beau ton mouton. »  » C’est pas un mouton, c’est mon chat. Je sais pas faire les chats, tu veux pas me montrer? » Ce jour là j’ai compris, ce n’est pas de flatterie même pour encourager, dont nos élèves ont besoin mais d’aide pour apprendre.

 

Les enfants apprenaient mieux « avant » :

Je suis de l’âge de vos parents, voire grands parents peut-être… Sur 35 élèves de notre CM2, 5 ont été présentés en 6ème (concours) 3 admis)… Les autres parfois plus aptes que nous, allaient en classe de certif (nous le passions aussi au cours complémentaire) puis en apprentissage avec centre ou non… Certains ont obtenu leur certif dans de bonnes conditions et après, souvenez-vous bien des « bachotages » intensifs … Devenu instit, j’ai eu à donner des cours de français, math… à des adultes de tous âges qui avaient bien oublié, perdu, leurs acquis scolaires. Plus qu’aujourd’hui, l’école était inégalitaire…. Aujourd’hui, elle est simplement un melting pot dont les normes sont aberrantes et où la loterie domine: celle du bon lot tiré par un enfant, « Cette année il a un bon maître  » ou « Mon enfant est dans une bonne école ».

 

Relevé : Quand est-ce que s’arrêtera cette guéguerre anti pédago? Ce qui compte, n’est ce pas que CHACUN trouve SON chemin, qui n’est pas nécessairement le même pour tous, n’est-ce pas…

Et comment, surtout si ces chemins conduisent vers le seul but: porter un enfant vers un mieux, c’est plus facile à écrire qu’à réaliser mais c’est possible. Un peu assez d’entendre dire qu’avant c’était plus facile… 40 ans, de 60 à 2000, j’ai connu bien des circonstances diverses, bien des coups de déprime, de doutes mais aussi de réussites et de bonheur. Retrouver des anciens élèves me conforte plus que tout. Un collègue m’a dit à mes débuts:  » Ne te ronge pas pour les textes. Adapte à ta réalité de classe et puis attends le contre-texte ». Ce qui compte c’est le contexte, l’équipe, et les solutions ensemble pour s’épauler.

 

Pour des collègues belges qui se soucient de la langue :

La connaissance de sa langue et son respect, au moins face à des élèves, sont essentiels bien sûr. Son usage commenté pour l’enseigner et pour corriger peut se faire en reprenant son histoire (souvent évolutive) autant que ses règles et en rebondissant sur les déformations exprimées par no jeunes… Mais il serait bon aussi que tous les communicants médiatiques, encore plus entendus que les profs soient attentifs à leur langue.

21 février 2017

Les marchands de sable de la politique.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 11 h 37 min

               Purée de campagne, un vrai pâté où chacun mêle les ingrédients (pardon les promesses) et même les transforme à chaque présentation !

Il est possible de comprendre que l’électorat se compose de convaincus envers et contre tout pour des diverses raisons tenant à leur histoire. Difficile d’en discuter seul un événement personnel peut les faire douter. Une partie de l’électorat potentiel, que je ne pense pas très élevé, qui  ne votera pas par indifférence ou par rejet de tout acte officiel, peut-être la pêche ou les manifs leur conviennent-elles mieux. Puis, il y a le nombre important de ceux qui sympathisent ou non, mais qui voudraient pouvoir se forger un choix à partir de données concrètes.

Quand auront-ils :

-des éléments de programmes clairs et fixes pour chaque grand domaine de la gestion que les candidats se proposent de mener pour notre pays ?

-Un état des lieux positif et négatif de l’existant et de ce qui est en cours ; sans rejet systématique des faits e ou idées des « autres ».

-En face les actions à poursuivre, à modifier, à supprimer et à créer

-Enfin les moyens, financiers, mise en œuvre, politiques…  pour  les réaliser, avec les délais.

Sommes-nous trop infantiles pour n’avoir que des contes longs et variables au lieu des comptes nets?

Il est vrai que le plus utopique, le plus difficile mais le plus démocratique serait que des programmes soient proposés par nous les électeurs et que les candidats y réagissent… Cela mériterait bien des réflexions…  Mais, qui serait assez neutre, assez fou pour gérer ces cahiers de doléances pour en faire des cahiers de propositions… On peut rêver, mais sans volonté, bonne nuit les petits… Les marchands de sable continueront à veiller sur nous !

20 février 2017

Où est l’école dans cette campagne?

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 20 h 44 min

Pourquoi, dans cette campagne, ne parle-t-on pas vraiment d’enseignement, d’éducation nationale, (Je laisse l’éducation individuelle aux familles avec aides si besoin)  ? Nos politiques candidats parlent d’Ecole et de reformes de structures. Comme d’habitude, elles seront soient imposées, soient bâclées voire abandonnées par démagogie plus que par démocratie, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient inutiles pour beaucoup mais mosaïques, sans ciment entre elles… Une seule fois en 50 ans (56 même) j’ai participé à une véritable consultation –réflexion (M.SAVARY je crois), amenant chaque école à réunir sa communauté, exprimer des remarques positives ou non, les faire remonter d’échelon en échelon comme des cahiers de doléances… Puis finalement, plouf, changement de gouvernement et comme me l’avait répondu M.FERRY sur une radio : «  Les placards des ministres de l’Education  Nationale sont chargés en projets bien rangés.. ».

Dans des établissements, ces concertations ont conduit à un profond changement relationnel, d’abord dans l’équipe pédagogique, avec et non pas contre, la communauté des familles et intervenants… Dans des écoles, cela persiste heureusement mais de façon aléatoire…. Livres, envolées déclamatoires seront-ils suivis de cette osmose véritable dont a besoin notre système ? Tout dans l’histoire de notre Ecole montre que sans elle, nous continuerons à faire du puzzle sans jamais atteindre à un tableau clair pour tous les acteurs…

  … Et l’école restera une loterie pour les enfants…

19 février 2017

Reconstruire l’ECOLE

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 19 h 17 min

En 2009, j’ai écrit puis fit publier un livre «…  et l’école renaîtra de mes cendres !».            Bien sûr aussi, les ventes en furent limitées. Il me valut surtout des rencontres diverses et quelques débats en général consensuels et insatisfaisants…

J’avais écrit parce qu’après 40 ans d’Ecole, 60 ans si je compte mes années d’élèves, après avoir connu de petits établissement de 15 élèves au total, d’autres très importants, de 40 classes à Paris, des écoles de campagne en Vendée et dans l’Yonne, des écoles du 16ème parisien, de la banlieue chaude, de la  banlieue huppée et des grands ensembles pompidoliens, enseignant spécialisé en classes multifonctions, enseignant en classe ordinaire ou en classe d’intégration, directeur de 6 classes puis de 13 classes, jamais déchargé d’enseignement, j’ai gardé intact, ma vocation et ma foi en l’Ecole.

La casse systématique des fondements de notre institution : la formation des professeurs, l’attachement de l’établissement à sa population, le fichage des enfants, la sape des soutiens, le rabotage du nombre des enseignants, la perspective der regroupements des écoles dans de grandes structures encore plus déconnectées des réalités, la semaine amputée… L’apaisement des contestataires tièdes, pas des « désobéisseurs » auxquels j’ai dédié mon livre, par la menace, les sanctions et les compensations indemnitaires, même pour corriger des évaluations… m’ont conduit à me libérer… sur le papier.

C’était la première et sans doute la seule fois, si on oublie des articles, naguère dans l’EDUCATION, et quelques interventions radiophoniques

J’espérais bien qu’avec le changement de gouvernement, ma colère deviendrait caduque. Je me suis empressé de correspondre avec les candidats à la Présidentielle et aux législatives, avec des réponses souvent positives.

Pendant toutes mes années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes, pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole….

Ce que je disais, seul ou avec mes amis, lors de ces rencontres, ce que j’ai essayé de traduire dans mon livre, c’est que :

L’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

               Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin «  Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

 

Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication

 

               Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

 

               Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’était ma seconde revendication :

 

               Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis mis n œuvre par tous… 

Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes).

 

Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

 

Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale… Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

 

Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux. Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux… Nous en sommes loin.

 

Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythme, programme, devoirs…etc.  Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

 

Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats , n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

J’aimerai que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

17 février 2017

Nous voulons comprendre

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 20 h 50 min

Dans ma Vendée natale, on dit « tapisser les rets » quand on ravaude les trous des filets. C’est ce que nous proposent nos politiques, tous,  du conjoncturel : ravauder, réparer, colmater… c’est nécessaire et la situation l’impose avant le naufrage mais POUR QUOI ? Rigueur ? Réduction de personnel public ou privé, fermeture de classes, de chambres, d’aides… bon, mais même question POUR QUOI ?

Qui saura nous donner une image claire de note école, de notre service hospitalier, de notre emploi, de nos logements, de notre solidarité nationale, de notre armée, de notre justice… etc. Personne pour l’instant. Faut-il croire que parler d’idéal, de structures abouties est une hérésie, un gros mot, une utopie digne des contes de fée ?

Non, nous citoyens lambda, savons les effets de la crise, les dysfonctionnements imputables au passé comme au présent, nous savons qu’un malade doit être soigné, mais pour obtenir quelle France ? Personne, aucun groupe ne nous persuade de la reconstruction de notre pays… Que du replâtrage… Nous avons besoin de croire à une société revue et corrigée pour accepter les efforts…

Considérez-nous comme intelligents, messieurs les candidats-décideurs, idéalistes, oui, sinon à quoi bon lutter, mais intelligents aussi.

16 février 2017

CES PROFS QUI ABANDONNENT LE «MAMMOUTH »

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 17 h 14 min

 

J’entends : « L’enseignement c’est bien à condition d’en sortir ! »

Je suis de la génération de normaliens « MAJAX » pour me situer et je me suis évadé du métier non pas par un tour de passe-passe mais par la retraite et avec énormément de regret…

J’ai commencé par les alentours des usines Renault à Boulogne, classe d’enfants inadaptés disait-on alors, puis les ados toujours en rupture scolaire ou sociale d’un grand ensemble tout neuf, et enfin une direction avec classe dans l’Essonne, population très diverse de professions libérales, employés de la police de la SNCF, migrants de l’est, de Turquie, d’Afrique, du Portugal, enfants non francophones, enfants du voyage… un melting-pot très riche !

En 40 ans, des occasions de quitter : promotions, œuvres périscolaires, journalisme, écriture aussi… se sont révélées mais ma place était dans l’école et autour de l’école… J’ai eu le bonheur de vivre avec passion les avatars de l’Ecole et de notre groupe scolaire, de les partager avec une communauté dont je ressens encore la chaleur 16 ans après ! Les retours de mes anciens, j’avais 25 ans avec des jeunes de 18 dans mes débuts, sont formidables, merci internet. Mon automne se réjouit de leur vécu, s’attriste parfois aussi car la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Bien sûr, on, qui juge tout, me dira autre temps, autres élèves…  Bon sang non !

Fondamentalement les enfants sont les mêmes et n’étaient ni plus difficiles ni plus faciles avant, les parents ni plus aisés, ni moins, à mobiliser !  Je connais bien des établissements actuels qui ne se préoccupent pas trop des ordres et contrordres, qui les adaptent et surtout, s’adaptent à leur population et à leur mission ! Même le temps de l’enfant, les rythmes scolaires inclus, est un fait bien installé pour certains, c’était notre cas depuis plus de 15 ans !

L’Ecole que j’ai connue, les écoles que je connais, qui remplissent au mieux leur fonction, le doivent à leurs enseignants surtout lorsqu’ils ont su créer une équipe valable, cohérente… Pour le reste, évidemment qu’il faudrait rendre équitables et judicieuses les ressources, alléger les effectifs, évidemment qu’il faudrait mieux rétribuer nos maîtres… Evidemment qu’il ne suffit pas de dire : « Ils ont bien du mérite ! »… Evidemment que nos profs, débutants et anciens auraient besoin de soutien, de mises en réflexion régulières… mais les enfants, élèves d’aujourd’hui, adultes de demain ne peuvent pas attendre, et les enseignants du quotidien qui ont le goût de leur métier le savent bien ! Bravo à eux et dommage pour les enfants que l’école demeure une loterie pour laquelle les parents croisent les doigts «  Pourvu qu’il tombe bien cette année ! »

Je signerai Manu en souvenir d’une personne qui a rêvé qu’un jour l’école devenait vraiment le souci, puis le réveil de tous !

 

 

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Victor Coudesabot |
Savoirses |
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