Réfléchir et dire… un peu

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20 septembre 2018

Une richesse : nos enfants – un outil : l’Ecole !

Classé dans : EDUQUER — linouunblogfr @ 22 h 13 min

Certes l’Ecole ne peut pas tout…. elle est un des paramètres importants pour le présent et le devenir de l’enfant, mais évidemment pas le seul. Les influences sont permanentes, parfois même lorsqu’il dort, parfois même avant de naître- Je me souviens d’un document formidable visionné et discuté lors de ma formation CAEI (Alors on disait Certificat d’Aptitude à l’Enfance Inadaptée) montrant comment un bébé très agité retrouvait l’apaisement en revivant sa période prénatale à travers un système qui lui faisait entendre la voix, ressentir les attitudes sereines d’une Maman qui avait été très perturbée et donc perturbante pendant sa grossesse.

Bien sûr je suppose que ce souvenir et le sentiment qu’il m’a laissé pourraient être discutés, pourtant je pense que tout le temps où des enfants me furent confiés en tant enseignant spécialisé ou en classe élémentaire, que directeur, qu’intervenant en associations, responsable de centre de loisirs… Je n’ai jamais oublié l’environnement et ses facteurs multiples parfois complexes qui participent à la construction d’une personnalité… « Nul n’est une île complète en lui-même… », évidemment en oubliant la fin de cette citation, surtout pas un enfant….

En ce qui concerne l’Ecole, sa mission est essentielle, bien que ni première, ni unique: elle accueille un enfant qui a déjà son vécu, des structures, des acquis… un enfant qui se construit en permanence à chaque moment de sa journée, dans ses réussites et des échecs , dans ses bonheurs et ses peine…Elle doit en tenir compte sans pour autant oublier qu’elle agit d’abord dans une collectivité ordonnée, interactive, avec ses objectifs, ses  règles et ses impératifs de convivialité

L’enfant est une pierre précieuse avec ses caractéristiques propres, un gemme (Pierre brute découverte dans la terre), que l’on peut certes laisser croître en enfant sauvage, à la cueillette de tout ce qu’il pourra glaner pour   grandir », mais nous avons plutôt choisi de le façonner en embellissant, valorisant ses ressources propres, compenser ses difficultés et assurer son épanouissement individuel et sa meilleure intégration dans cette société.

Plus encore, il faut lui donner les moyens de s’adapter pour réagir au mieux à tous les changements qu’il devra volontairement ou non rencontrer…

A nous, ensemble surtout, de faire de l’Ecole un bel outil. Ce n’est pas une exigence facile à assumer mais il y a déjà bien des établissements, des équipes qui chaque jour la remplissent avec enthousiasme et succès. Le partage de ces vécus est essentiel !

Comment intégrer tous les paramètres qui ont influé et influent sur le devenir de nos élèves sans perdre la spécificité du microcosme précis qu’est l’établissement scolaire pour transmettre des connaissances mais aussi assurer un savoir-faire et un pouvoir être fondamentaux ?

Il ne s’agit pas de reprendre ce qui a été écrit par vos intervenants en ce article «  est-ce qu’on attend trop de l’Ecole ? » et que je partage mais d’y joindre ma réflexion…

Chaque entrée est une aventure ; d’abord pour les enfants qui commencent une nouvelle vie, toujours vers la grande école vous remarquerez : entrée à la maternelle, sans doute la plus importante, même pour les habitués de la crèche, puis au C.P. « Tu vas apprendre à lire, à écrire ; c’est toi qui liras des histoires à Papa, à Maman… ». En 6ème, l’émancipation commence sa marche, avec ses séductions et ses inquiétudes.     Au lycée, le regard des autres est devenu encore plus important…  Ce n’est pas « ado. » qui prévaut, comme si c’était un terme d’adulte un peu méprisant, mais pubère suite à « pré-pubère » au collège, comme si l’évolution biologique était plus significative que celle de la psychologie, pour eux, pas pour les parents ! Les niveaux suivants, étudiant, apprenti, ne sont pas les plus détachés des responsabilités familiales mais se vivent, ou devraient se vivre en cogestion…

A chaque étape de la croissance s’affirme l’empreinte de l’éducation personnelle. Les strates, génétiques, familiales et sociales, circonstancielles ou programmées, s’additionnent et s’entremêlent.

Prolétaire, dans son étymologie romaine désignait le citoyen qui n’a que ses enfants comme richesse… C’est un mot magnifique dont je veux oublier la connotation de pauvreté, pour ne garder que celle de richesse présente en route vers l’avenir

Ce n’est pas occulter l’importance de tous les éducateurs qui interviennent, à travers leurs engagements professionnels ou bénévoles auprès des jeunes que de préciser que la mission de l’enseignant est de

Pour que l’école ne soit pas une loterie, il faut généraliser ces initiatives ce qui n’a jamais empêché les demandes, les implications, les revendications afin d’obtenir des conditions meilleures pour tout notre système éducatif.

19 septembre 2018

Je suis la somme de tous mes âges…

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 22 h 24 min

Je suis la somme de tous mes âges…

Je retrouve une lettre bouleversante trouvée après le décès d’une pensionnaire de maison de retraite : A sa question « Que voyez-vous en moi ? », elle répond âge après âge par toutes les étapes de sa vie avec leurs joies, leurs peines, leurs attentes, leurs responsabilités et avec tous ceux qui les ont ponctuées.  Elle concluait ainsi :

« Je me souviens des bons et des mauvais jours. Dans ma tête, je refais le voyage de l’amour et revis mes expériences passées. Et j’accepte que rien ne dure toujours…

Alors ouvrez les yeux et regardez de plus près ! Ce n’est pas une vielle femme fragile et rigide, c’est MOI ! »

Oh tellement vrai! Hier, comme d’autres fois, nous étions près d’un ami qui répondait surtout à nos pressions de mains, nos mots brefs pour le faire sourire… Un homme dont nous connaissons toutes les étapes de vie, sinon les détails, et dont nous savons l’intensité de cette vie. Et nous ne pouvions croire inactif esprit endormi alors nous lui parlions d’hier mais aussi d’aujourd’hui, des vignes justes vendangées, de la tempête qui s’annonçait, des enfants et petits enfants, de leurs blagues et leurs jeux… De nous et nos journées… Et, peu à peu, d’autres autour de nous se rapprochaient… C’est la vie qui était là avec ses rides et ses marques de joie… Comme nous savons que chaque jour d’autres alternent ces visites et ces partages, que des assistantes ne ménagent ni les mots, ni les sourires ni les câlins parfois, alors, nous sommes heureux, pour eux, pour nous qui sommes maintenant des n’âgés comme disent nos petits enfants.. Comme cette dame, chacun est lui, chacune est elle avec tant et tant de j’ai été en eux… La somme de tous nos âges.

18 septembre 2018

Le siècle des réfugiés

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 23 min

Un homme des médias , évidemment d’intelligence  sinon d’humanité, vient de conspuer tous ceux qui n’avaient pas un prénom péché dans le calendrier… Pas français mais quoi comme ceux qui ont été les  celtes,, les Romains Goths Wisigoths et ces occupants de notre territoire, ceux qui ont donné leur nom de conquérants à notre pays… La liste de leur prénom, de celle des rois, des évêques seraient éloquentes.

 

Quel siècle n’a pas été celui des réfugiés? Ecoutez avec sincérité sans dire « Oui mais lui, il nous ressemblait… » Laissez cela à ceux qui, même enfants d’émigrés, ont besoin de semer la peur de l’autre pour exister, pour ambitionner de diriger…

 Paroles: Leny Escudero
Musique: Julian Escudero
Année: 1982

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

Ils sont toujours les bras ballants
D’un pied sur l’autre mal à l’aise
Le cul posé entre deux chaises
Tout étonné d’être vivant
Ils sont souvent les en-dehors
Ceux qui n’écriront pas l’histoire
Et devant eux c’est la nuit noire
Et derrière eux marche la mort

Ils sont toujours les emmerdants
Les empêcheurs les trouble-fêtes
Qui n’ont pas su baisser la tête
Qui sont venus à contre temps
Dans tel pays c’est mal venu
Venir au monde t’emprisonne
Et chaque jour on te pardonne
Puis on ne te pardonne plus

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

On peut souvent les voir aussi
Sur les photos des magazines
Essayant de faire bonne mine*
Emmenez-moi au loin d’ici
Ils ont des trous à chaque main
C’est ce qui reste du naufrage
Ils n’ont pas l’air d’être en voyage
Les voyageurs du dernier train

Ils sont toujours les séparés
Le cœur perdu dans la pagaille
Les fous d’amour en retrouvailles
Qui les amènent sur les quais
Et puis parfois le fol espoir
Si elle a pu si elle arrive
De train en train à la dérive
Et puis vieillir sans la revoir

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés

Nage libre

Classé dans : lire — linouunblogfr @ 10 h 43 min

Lu dans mon bouquin du moment

« … S’endormir avec l’écran, c’est mettre au chômage le rêve. Surtout ne pas voir ce qui sommeille en nous, qui prend vie quand on s’endort… »

Effectivement, peu voire pas d’espérance dans ce livre « Nage libre » ; surtout du présent à consommer quand il est agréable, à avaler avec une grimace quand il est aigre et à subir vite pour mieux le rejeter quand il est douloureux, comme on le peut… La fuite des rêves qui ne libèrent que cauchemars gris… La plongée brutale dans un sommeil qui plombe, sans passage par le sas du demi-sommeil…

Puis… pas d’espérance mais  brusquement l’éveil de l’envie, celui dans ce livre de refaire un présent fort mais accrochant, tentant… Pour lui, c’est une révélation dans son  quotidien, nager. Un défi, nager mieux, plus longtemps, retrouver son présent nouveau dans demain, mieux encore…

Bien sûr naitra l’envie de partager ce plaisir avec quelqu’un, un témoin privilégié, et peut être enfin rêver avec des couleurs arc-en-ciel…

17 septembre 2018

Sur le chemin de la montagne.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 59 min

Ecrit sur le chemin de montagne lors d’une promenade ; nous étions tous le deux Eulalie et moi. D’abord nous avons découvert une remise où le Père Noël range ses vieux traîneaux :

Ensuite Eulalie a commencé une histoire ; Papou a suivi avec une autre puis la demoiselle a dit : « Et si nous en inventions une ? »

Et voilà le résultat :

titre : le lutin et le monstre

Papou et moi Eulalie, on regarde les vaches à gauche et il y a un pré à droite…  On y voit un nain tout affolé et une ombre sortir de la forêt. On ne sait toujours pas ce que c’est…

il vient vers nous en criant…

Eulalie demande au nain : « Tu n’as pas de pouvoirs magiques ?

-      Si, mais j’ai fait tomber ma baguette magique là-bas ! »

Eulalie dit à Papou :

« Je dois aller la récupérer ! »

Papou répond :

« Non, c’est trop dangereux ! »

Mais Eulalie va la chercher ; elle sent le vent du monstre derrière elle.

Quand le monstre arrive pour lui sauter dessus, le lutin prend sa baguette et dit : « Hi han ! Hi han !… » Et là, le monstre se transforme en âne et comme l’âne, ça ne mange que de l’herbe !

Pour récompenser Eulalie, le petit bonhomme lui donne une petite baguette magique. Elle ne peut que soigner les bobos et arrêter de faire se disputer les autres…

 

Fait à Faucigny fin juin 2018 et rédigé toute seule par notre héroïne.

 

15 septembre 2018

LE TABLIER

Classé dans : VIVRE ENSEMBLE — linouunblogfr @ 21 h 13 min

Histoire du tablier

 

Quand j’avais 7 ans, je vivais dans un port vendéen, à Croix de Vie, mes parents tenaient un café… Je me souviens d’un jeune matelot que l’on surnommait « Donne ta dorme » … J’ai fini par avoir l’explication. La dorme, c’est le creux du tablier que les femmes à la poissonnerie ou à un autre travail pouvaient remonter pour faire une poche où dormait le bébé. Quand le mousse revenait de pêche avec crustacés ou poissons données par le patron du bateau, il disait fièrement à sa mère : «  Donne ta dorme la mè, te vas voir ce que j’vas t’y bayer.. » et il remplissait le creux du tablier avec sa part de pêche…

J’ai retrouvé dans un mail, un texte qui m’a ramené vers ce tablier à tout faire… (A Frontignan, il semble que le surnom des habitants « les ventres bleus » provienne de ce tissu protecteur qui servait à écailler les poisson… Pourquoi, pas.. J’ai découvert depuis qu’il existe d’autres versions évoquant ce tablier de nos grandes mères, alors fouillez aussi, toutes sont passionnantes voire émouvantes.

Et toi, te souviens-tu du tablier de ta Grand’Mère ?

Le principal usage du tablier de Grand’Mère était de protéger la robe en dessous, mais en plus de cela :

- Il servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau.

- Il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, et, à certaines occasions, pour nettoyer les frimousses salies.

- Depuis le poulailler, le tablier servait à transporter les œufs, et de temps en temps les poussins. !

- Quand des visiteurs arrivaient, le tablier servait d’abri à des enfants timides.
- Quand le temps était frais, Grand’ Mère s’en emmitouflait les bras.

- Ce bon vieux tablier faisait office de soufflet, agité au dessus du feu de bois.

- C’est lui qui transbahutait les pommes de terre et le bois sec jusque dans la cuisine.

- Depuis le potager, il servait de panier pour de nombreux légumes ; après que les petits pois aient été récoltés, venait le tour des choux.

- En fin de saison, il était utilisé pour ramasser les pommes tombées de l’arbre.

- Quand des visiteurs arrivaient de façon impromptue, c’était surprenant de voir avec quelle rapidité ce vieux tablier pouvait faire la poussière.

- A l’heure de servir le repas, Grand’ Mère allait sur le perron agiter son tablier, et les hommes aux champs savaient aussitôt qu’ils devaient passer à table.

- Grand’ Mère l’utilisait aussi pour poser la tarte aux pommes à peine sortie du four sur le rebord de la fenêtre pour qu’elle refroidisse ; de nos jours, sa petite fille la pose là pour la décongeler.

Il faudra de bien longues années avant que quelqu’un invente quelque objet qui puisse remplacer ce bon vieux tablier qui servait à tant de choses.

En souvenir de nos Grand-Mères, envoyez cette histoire à ceux qui savent, et à ceux qui pourront apprécier :  l’histoire du tablier de Grand’mère.

d’après Francine ANDREOLETTI, L’Echo d’Oranie

 

13 septembre 2018

Une éducation au Vivre ensemble et à l’altruisme.

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 49 min

 

Oui à l’Education à l’altruisme par le pragmatisme !

Par l’interaction dans les apprentissages, dans les projets établis ensemble, mis en œuvre ensemble…

Par les réflexions, les soutiens mutualisés…

Par la réalité de groupes d’action, classes, écoles qui fonctionnent en symbiose et en complémentarité,…

Par la mise en place de réflexes pour faire appel en cas de besoin autant que de répondre à cet appel…

Alors vivre ensemble devient une force qui construit chacun non par les dits, mais par le vécu… Ce qui n’exclut ni les débats, ni les affirmations individuelles mais simplement les intègre dans la convivialité. Cela conduit, durant tout un cycle, durant toute la scolarité dans l’établissement qui vit ainsi vers une éducation de chacun à être vigilant pour les autres ; tant pour en recevoir, chaque moi en a besoin, que pour donner, chaque toi, chaque vous, chaque tous en ont besoin.

Utopie ? Je ne crois pas et je suis même certain que nombre d’enseignants, d’animateurs s’emploient à en faire une réalité…

Difficile ? Oh oui, car même une société en danger refuse d’en faire un besoin de l’immédiat.

Nous sommes dans un monde où accumuler des connaissances, des biens, paraît plus nécessaire que s’assurer des savoir être, des savoir mettre ensemble…Un monde où le bénévole, l’altruiste est taxé de naïveté quand il n’est pas soupçonné de tromperie…

L’éducation à l’altruisme pour s’épanouir ensemble est vitale, et elle ne dépend pas de programmes, d’instructions, qui ne peuvent qu’en bénéficie, mais bien de la qualité de ses équipes pédagogiques…

Il ne s’agit pas de vivre en essaim ou de préparer le Meilleur des Mondes mais de donner à chaque individu la capacité de développer ses talents en ne niant pas ceux des autres , en ne les écrasant pas pour mieux rouler, avant d’être écrasés à notre tour… mais au contraire en s’y ajustant pour rouler ensemble.

Alors, peut-être que cette attention à tous deviendra une attention fraternelle à celle qui nous porte, nous supporte, notre Terre.

4 septembre 2018

L’Arbre de Monsieur Gibs merci Juliette

Classé dans : Non classé — linouunblogfr @ 21 h 26 min

L’Arbre de Monsieur Gibs un beau conte créé par Juliette

 

« Antonin… Antonin… »

Un instant, le petit garçon crut avoir rêvé. Soit il devenait fou, soit l’arbre venait réellement de l’appeler. Il en fit le tour une fois, puis deux. Rien à l’horizon.

« Antonin… », reprit la voix enrouée. Non, il n’était pas fou. Le chêne l’appelait bien. Il n’osa pas lui répondre.

Du haut de ses six ans, Antonin s’inventait souvent des histoires dans cette grande forêt, à quelques pas de chez lui. Ses parents le laissaient sortir le soir, mais aussi le week-end.   L’enfant n’avait ni frère ni sœur. Il se répétait que Papa et Maman avaient déjà du mal à s’occuper de lui tout seul, alors s’ils étaient deux, trois ou encore cinq comme chez la vendeuse de fruits, ils n’arriveraient pas à vivre. Les autres enfants du village étaient différents d’Antonin. Toujours à courir partout, faire du bruit, s’ébattre, certes, mais au prix de bien des agitations, des conflits…    Quand Antonin se rendait seul dans la forêt, il s’amusait aussi. Il aimait le petit ruisseau près de la cabane, les plantes, les arbres surtout. Il respectait toutes les richesses naturelles simples dont nous jouissons.

Antonin avait passé une grande partie de son après-midi à poursuivre un écureuil pour repérer sa maison et peut-être même sa famille ! Il était passionné par les animaux et leur environnement. Il détenait chez lui un petit carnet dans lequel il notait ses découvertes quotidiennes.

La boule rousse l’avait, bond par bond mené ici, au centre de la forêt, là où s’imposait le plus grand arbre, celui dont on ne distinguait même plus la pointe des branches dominantes. Il devait être âgé d’un nombre extraordinaire d’années d’après sa hauteur et son envergure. Antonin n’avait jamais vraiment osé l’approcher, encore moins l’escalader. Même à cet instant, alors que ce vétéran s’adressait directement à lui, il conservait une certaine distance de sécurité mais surtout d’admiration. Plus tard, il voudrait vivre dans un arbre comme celui-là, à travers lui se sentir en osmose totale avec la nature, uniquement conscient du souffle du vent dans sa nuque et du bruissement des feuilles, telle une berceuse délicate.

« Approche Antonin, reprit le feuillu, n’aie pas peur. Assieds-toi entre mes racines, je t’en prie. »

Doucement, le petit garçon s’exécuta. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre mais, trop curieux pour reculer, il prit le risque.

« Tu m’as l’air d’être un petit garçon très intéressé par la nature, désires-tu en apprendre davantage ? Tu sembles fatigué, repose toi sur ce petit duvet d’herbe juste devant toi, je vais te conter une histoire… »

Et le vieil arbre parla, s’exprima inlassablement, d’une voix douce mais néanmoins imposante, comme celle de notre papy, une voix qui ne doit pas s’arrêter, qui nous tient en haleine jusqu’au bout, qui nous berce mais ne nous endormira pas car on désire connaître la suite du conte…

« …C’est alors que la petite fleur, Poucette, arriva dans un champ tellement sombre, tellement noir, qu’elle se sentit perdre pied. Les fleurs ici n’avaient aucune couleur, elles n’avaient jamais connu la joie, le soleil, un simple sourire. Depuis des générations de conflits à l’origine oubliée, elles ne cessaient de s’entre-tuer, ne connaissant que l’orage et la tempête. Poucette voulait agir, elle désirait les aider, les sortir de cette profonde grisaille, de cette haine aveugle et pourtant grandissante. Cependant, du haut de ses quatre pouces, elle ne savait que faire…

Alors, elle longea les champs de bataille, évita les bombes empoisonnées et les ronces. Un petit sentier était encore dessiné dans le sol. II fut un temps, il avait dû être mis en valeur, bordé de rosiers et d’herbes fraîches, souriantes. Il fallait qu’il retrouve son bonheur enfui et qu’il le répande vers toutes ces fleurs trop ternes.

Poucette courait sans s’arrêter ; jamais une fleur n’avait couru aussi vite auparavant. Elle dispersait sur son passage des graines de soleil. Arrivée de l’autre côté du champ, elle se retourna et se rendit compte que le sol commençait à se métamorphoser, passant du gris, du bistre au vert, au violet, au rouge et au bleu lumineux. Les semences solaires, commencèrent à prendre vie et à ponctuer de couleurs vives tout le long du sentier. Enthousiasmée, Poucette eut une idée fantastique. Elle trempa deux de ses pétales ensemble dans chacune des teintes. Ensuite, elle peignit un à un tous les éléments tristes autour de cette scène, dessinant des sourires par-ci, des rires par-là, mêlant du jaune et du rouge, du bleu et du vert. Tous les buissons, toutes les fleurs, tous les chemins furent parés de couleurs joyeuses. Poucette rit même de plaisir malicieux en dessinant au ciel un sourire multicolore. C’était son arc-en-ciel…

Vois-tu Antonin, Poucette réussit à rendre la gaieté à ce monde si longtemps assombri et à éveiller ses habitants à de meilleurs sentiments. Semer le bonheur, ce devrait être le but de chaque être vivant sur Terre.

-   Et elle fait quoi Poucette maintenant ?

- Aujourd’hui, Poucette s’est éteinte, comme tout le monde, mais elle a eu une existence bien remplie pour une petite fleur ! Allez, file chez toi, il se fait tard, tes parents t’attendent ! »

Antonin fit un énorme câlin à l’arbre avant de s’enfuir en courant sur le chemin de sa maison, le sourire aux lèvres, la tête encore remplie de belles images. Habituellement, il racontait tout ce qu’il découvrait, mais ce jour-là, il ne dit rien. Ce chêne s’était adressé à lui ; il lui faisait confiance : ce n’était pas à Antonin de dévoiler ses secrets.

Ainsi, tous les jours, en sortant de l’école, le garçon s’enfonçait en courant dans les profondeurs de la futaie pour retrouver son vieil ami. Ces heures magiques menaient son esprit dans un univers lointain, dans lequel les animaux, les fleurs et les arbres agissaient comme des humains. Dans cet univers, l’homme n’était pas intervenu, il ne s’était approprié ni clairière, ni végétation… Près du grand chêne, Antonin appartenait à ce monde protégé.

Néanmoins, plus l’hiver avançait et plus son ami, souvent pris par des quintes de toux lancinantes, peinait à terminer ses histoires. L’enfant enroula une écharpe autour de son tronc et le jour suivant, lui porta un bol de sirop. Le lendemain, le bol était vide : l’arbre l’avait donc bu. Le jeune garçon chaque jour, échangeait une soupe ou un vêtement contre un récit. Son ami ne buvait jamais devant lui, Antonin se disait qu’il préférait garder son secret et respectait ce choix.

Un jour, Antonin arriva au centre de la forêt ; il tenait au creux de son gant quelques marrons chauds préparés par Maman. Il les posa au pied de l’arbre et, à son habitude, frappa trois fois. Celui-ci ne répondit pas. Son sourire disparu, Antonin attendit quelques minutes, assis dans l’herbe. Il se leva et frappa à nouveau. Toujours pas de réponse. L’écureuil du premier jour, grimpa sur sa jambe et l’observa d’un regard empli de tristesse.

Antonin comprit. Il n’y aurait plus d’histoires.

Il rentra chez lui attristé par cet arrêt soudain de rendez-vous auxquels il s’était tant attaché. Sa mère le croisa dans le village et nota vite les sanglots que son fils ne parvenait plus à contenir. Il lui raconta tout… Elle le prit dans ses bras pour le consoler. Sur sa joue rosie par le froid, une larme coula.

Elle aussi avait connu Monsieur Gibs, le vieil homme caché dans l’arbre du centre de la forêt. Il lui avait enivré l’esprit de la même manière et avait donné un sens à son enfance, jusqu’à ce que le poids de la maturité se pose sur ses épaules.

Monsieur Gibs était l’une des meilleures personnes qu’elle ait rencontrées ; l’une de celle dont la confiance vous permet de comprendre que le bonheur est éternel à qui accepte d’y croire.

 

Cette confiance née du vieux sage, comme Poucette, Antonin était prêt à la semer à son tour.

3 septembre 2018

Un conte pour les enfants sages : TIMBO

Classé dans : contes et légendes — linouunblogfr @ 21 h 45 min

 

Timbo

Dans la ménagerie du cirque TABOUM, Timbo le lionceau se laisse mourir…  Des chasseurs l’ont enlevé dans un grand filet. Il a été mis en cage, transporté en voiture, en avion, en train, en camion puis vendu au cirque pour être dressé.

Son dompteur ne peut rien tirer de Timbo ; le lionceau reste dans le coin de sa cage. Même quand on l’en sort, il s’aplatit, ne bouge pas, ne grogne pas, ne mange pas…

Autour de lui les autres animaux se désespèrent. Tous ont essayé de lui parler : les autres lions bien sûrs, les tigres, les éléphants, les chevaux, les ours, les chiens savants, les otaries aussi, même les puces car dans ce cirque on montre un ballet de puces ! Rien n’y fait et Timbo maigrit, maigrit, il peut à peine marcher maintenant.

Les gens du cirque ne savent plus quoi inventer ! Le vétérinaire lui fait des piqûres pour le soigner mais ça ne suffit pas. Timbo est trop triste, beaucoup trop triste…

C’est Sherpa, le tigre, qui propose une solution : il faut donner envie de vivre à Timbo et lui il ne connaît qu’une façon de distraire les gens tristes : faire le cirque !

- Comment ? dit l’otarie, nous ne sommes que des bêtes dressées. Sans nos dompteurs, nos écuyères nous ne pouvons pas jouer.

- Et sans les acrobates, les jongleurs, les magiciens, les musiciens, les clowns aussi, comment monter le spectacle ? s’inquiète l’ours.

- Depuis le temps que nous regardons les numéros, grogne l’éléphant, nous les connaissons tous. En répétant bien et vite, nous allons organiser un spectacle formidable pour TIMBO.

- Moi, rugit le lion je connais un vieux dompteur. Il ne travaille plus ; il nettoie les pistes. C’est mon ami Je suis certain qu’il nous aidera…

Lorsque le père Thomas est venu voir son ami le lion, le lendemain, Mazza lui expliqua tout et l’ancien dresseur décida de les aider.

Pendant trois nuits, alors que tous les gens du cirque dormaient, les animaux, eux, ont travaillé, Thomas ouvrait et refermait les cages ; ses amis se glissaient sous le chapiteau et répétaient, répétaient puis sans bruit, regagnaient la ménagerie.

Enfin le lundi soir, jour sans spectacle, tout était prêt.

Vers minuit, le vieux Tom mit le pauvre petit lion fatigué dans un fauteuil roulant et le roula sous le chapiteau. Tout était éteint. Thomas installa Timbo à la meilleure place des gradins. Timbo ne bougeait toujours pas.

Soudain une douce musique s’éleva ; les lumières s’allumèrent doucement, bleues, vertes, orange… Des chevaux pleins de plumes, de sonnettes caracolèrent autour de la grande piste ; un coup de cymbales et des tigres bondirent sur le dos des chevaux puis les lions sautèrent par-dessus ces pyramides. L’ours, au milieu, claquait son fouet.

Les otaries se dandinaient sur des vélos à une roue en se lançant des ballons…

Timbo ouvrit un œil puis l’autre ; il redressa sa grosse tête. Tout ce mouvement, toutes ces lumières, cette musique le surprenaient. Peu à peu, il se redressait. Lorsque les singes se mirent à jongler avec des bananes, il était émerveillé. Les gros éléphants en équilibre sur un gros ballon le firent presque applaudir,

Merveille, les chiens savants apparurent habillés en clowns blancs, en gugusses. Ce ne furent que pirouettes, chutes dans des bassines, nuages de farine, fausses claques, tartes à la crème, farces…

Maintenant Timbo, riait, riait. Il n’était plus triste.

Doucement Thomas lui apporta un grand bol de pâté que le petit lion commença à manger en regardant le spectacle, presque sans s’en rendre compte. Bientôt, il dévora le reste du pâté, puis ce fut un jambon, un rôti…. Il avait tellement faim.

Le spectacle se termina par un grand défilé. Le petit lion debout sur ses pattes arrière applaudissait de toutes ses forces.

Les animaux vinrent tous l’entourer et ce fut une grande joie pour tous.

Le lendemain, les gens de la ménagerie furent très étonnés de voir Timbo sur ses pattes, bien éveillé et rugissant de plaisir.

Très vite le petit lion guidé par ses amis les animaux devint célèbre Les petits, les grands, tous voulaient le voir bondir, traverser les cerceaux de feu, rugir… Il était magnifique.

Timbo était devenu le Roi du Cirque TABOUM ;

Peut-être le verras-tu avec ses amis…

2 septembre 2018

L’AUTRE CHEMIN merci Gilbert-Laurent

Classé dans : EDUQUER,Non classé,poésies* — linouunblogfr @ 21 h 37 min

 

L’AUTRE CHEMIN

Le chemin de l’école, usé par les souliers,

S’enfonce dans les bois qui longent la rivière.

Dédaignant le tracé traversant la gravière

Qu’utilisent toujours les parfaits écoliers,

 

Une allée tortueuse et toute en escaliers,

Un sentier forestier aux profondes ornières

Traverse néanmoins de belles sapinières

Avec des chants d’oiseaux piaillant dans les peupliers,

 

Qu’il est appétissant le printemps revenu

De chiper çà et là quelque fruit bienvenu

Prestement préservé dans une gibecière,

 

Il est plus amusant d’errer dans la nature

Qu’assis à un pupitre apprenant l’écriture !

N’avez-vous jamais fait l’école buissonnière ?

 

 

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